L’Afghanistan est au carrefour des routes et des civilisations.  Au cours de son histoire, il a fait l’objet de nombreuses invasions, ce qui a enrichi son patrimoine ethnique, culturel, linguistique et religieux. Plus récemment, l’invasion soviétique de 1979 à 1989 a entrainé la naissance de factions résistantes. Certaines d’entre elles sont biens moins tolérantes que d’autres. Suite au retrait des soviétiques communistes, l’Afghanistan va devenir le terrain d’affrontement entre ces groupes de résistance,  identifiables par la pratique de deux Islams partant d’axiomes communs, mais dont les différences forment un réel clivage.

Afin d’éclairer ces quelques points, il convient d’étudier en quoi l’importance des facteurs religieux permet à l’Afghanistan de cristallise l’affrontement de deux interprétations différentes de l’Islam.

            Afin de comprendre ce conflit, il est nécessaire d’étudier l’organisation ethnique et religieuse de l’Afghanistan et de sa région. De même, il est primordial de connaitre la nature des deux Islam et des factions les véhiculant. Enfin nous verrons  que l’Afghanistan est le vecteur d’enjeux d’autres Etats.

Description

Les différentes ethnies

L’Afghanistan est une mosaïque ethnique, on y dénombre environ une quinzaine d’ethnies parlant environ 30 langues, ce qui fait que le bilinguisme est courant. Ainsi le pachto et le dari (variante du persan) sont les deux langues officielles.

On peut classer les ethnies d’Afghanistan selon trois groupes :

–       le groupe iranien

–       le groupe turc

–       le groupe regroupant les autres ethnies minoritaires

Le groupe iranien comprend :

–       les pachtounes (les afghans de souche car le mot afghan est synonyme du mot pachtoune) parlant le pachto (langue appartenant au sous-groupe iranien) et formant le plus grand groupe estimé à environ 40 %  de la population

–       les tadjiks, persanophones, parlant le dari (persan parlé en Afghanistan) ou le dialecte Tadjik (persan du Tadjikistan), surtout présents au nord-est, dans la vallée du Panshir et constituant environ 25 % de la population. Ils sont les ennemis récurrents des pachtounes

–       les Hazaras, majoritairement chiites ismaéliens, sont surtout présents dans le centre de l’Afghanistan, parlent des variantes du persan et représentant environ 15 % de la population. D’une manière plus générale les Hazaras sont considérés comme au plus bas de l’échelle sociale en Afghanistan à cause de leurs convictions religieuses (la majorité de l’Afghanistan étant sunnite) et de leurs traits physiques de type mongoloïde

–       d’autres ethnies comme les Aimaks (sunnites de type hanafite, représentant environ 4 % de la population), les Baloutches (sunnites hanafites, représentant environ 2 % de la population) ou encore les Kizilbachs (chiites)

Le groupe turc est composé :

–       des turkmènes, ayant fui les révoltes contre les russes de 1916 à 1930. Ils parlent un dialecte turc et sont sunnites de rite hanafite, et représentent environ 2 % de la population. Ils sont surtout présents dans le nord du pays

–       des ouzbeks, turcophones, sunnites hanafites, représentant 5 %  de la population

On trouve encore de nombreuses ethnies minoritaires tels que les nouristanis, les baloutches (d’origine iranienne) ou les Kirghizes (d’origine turque). On dénombre par ailleurs des ethnies d’origine indienne en très faible proportion.

Ensemble des ethnies dans la région de l’Afghanistan

Ensemble des ethnies dans la région de l’Afghanistan

Cette grande diversité ethnique offre une grande richesse linguistique et culturelle à l’Afghanistan mais c’est également une faiblesse. En effet cela pose de nombreuses difficultés pour créer une nation unie étant donné que des tensions existent entre les différentes ethnies (notamment les pachtounes avec les tadjiks et les hazaras).

 

Religions

L’Afghanistan est à 99 % musulman dont :

–       84 % sunnite

–       15 % chiite

Répartition géographique des deux grandes familles de l’Islam en Europe, au Proche-Orient, Moyen-Orient et Asie

Répartition géographique des deux grandes familles de l’Islam en Europe, au Proche-Orient, Moyen-Orient et Asie

Force est de constater que la majorité de l’islam pratiqué dans la zone de l’Afghanistan est de type sunnite et que seul l’Iran est majoritairement chiite en terme de répartitions géographique et en pourcentage de population (l’Irak étant composé de 51 % de chiites mais on voit qu’ils sont concentrés dans la région du sud-est)

L’Iran est composé de 80 % de musulmans chiites et l’Islam chiite est la religion d’Etat. Ce pays a donc un rayonnement religieux dans le monde musulman et plus particulièrement dans cette région.

L’Arabie Saoudite est composé à 97 % de musulmans sunnites et de 2,5 % de musulmans chiites.  Cet Islam sunnite est de type wahhabite, branche extrêmement radicale. Ce pays se considère comme le pays d’où le rayonnement de l’Islam nait et doit se diffuser.

On note que la région du Cachemire, contrôlée par l’Inde, quasi-totalement composé de personnes de rite musulman sunnite.

Massoud opposé aux talibans : confrontation de deux Islam

               1)   Ahmed Chah Massoud, appelé Le commandant Massoud

Massoud était un chef de guerre doué sur le plan tactique. Ayant combattu  les soviétiques puis les talibans, il a toujours eu pour but de faire en sorte que l’Afghanistan soit libre et qu’une réelle nation afghane émerge.

Par conséquent, il n’est pas étonnant que la vision de l’islam du Lion du Panshir soit un Islam tolérant, et ouvert aux changements de mœurs des sociétés, le tout s’incorporant dans une vision patriotique.

Par ailleurs, cet Islam s’avère favorable à une intégration de la femme dans la société politique afghane (Massoud prévoyait d’en mettre dans le futur gouvernement)

L’extrait de l’article suivant est la preuve même de la vision réfléchie et moderne de Massoud

«  Que signifie pour vous la révolution au nom d’Allah ?

Avant tout, plus de justice, telle qu’elle est enseignée par le Coran. Nous voudrions que notre pays appartienne à ses citoyens et pas uniquement à la Famille. Nous pensions que l’islam en tant que religion devait servir à parfaire l’Etat et non pas à conserver l’ordre ancien au nom d’une tradition ancestrale. Nous voulions une République islamique tolérante, qui respecte les droits et les libertés de l’homme, prône les règles de la démocratie parce que c’est une absurdité de dire que l’islam est en contradiction avec la démocratie… J’ai toujours été et je reste opposé à toute forme de fanatisme. C’est pour cette raison que je haïssais le communisme. »

 Le Monde du 18.09.01

            Devenant un modèle à suivre, les autres ethnies, pratiquant ce même Islam, se rallient à sa cause dans le sillage de l’Alliance du Nord. Ainsi, cet Islam lie les autres ethnies, minoritaires par rapport à l’ethnie dominante que sont les pachtounes, dont la majorité des talibans sont issus.

                 2)    Les taliban

“Taliban” signifie littéralement “étudiants religieux”. Comme dit précédemment, la plupart sont pachtounes et ils sont issus des madrasas, écoles coraniques. Ce mouvement cherche surtout à instaurer un islam pur reposant essentiellement sur la charia. Dans ces madrasas s’exerce l’influence de l’Arabie Saoudite les finançant (nous verrons par la suite pourquoi), aboutissant sur une diffusion du wahhabisme. L’Islam que pratiquent les talibans est donc très radical (interdisant par exemple la musique et le rire)

La dérive de cette idéologie va conduire à un renforcement de ce radicalisme, si bien que les talibans ne tolèrent plus que leur ethnie. De plus ce retour fondamental provoqué par une certaine crainte de l’influence de la modernité, en provenance d’Occident, génère une attitude hostile vis-à-vis de l’Occident.

À la tête de ce mouvement islamiste, Mohammad Omar, plus connu sous le nom de Mollah Omar. Cet ancien pasteur de village est notamment accusé par l’occident d’avoir accordée l’hospitalité à Oussama Ben Laden (originaire d’Arabie Saoudite) ainsi qu‘à certains chefs

Les étudiants en « théologie » entretiennent des liens avec le Jamiat Ulema-e-Islami  (parti pakistanais de droite) Ces relations ne sont ni exclusives ni approuvées par toutes les classes dirigeantes pakistanaises.

Les talibans reçoivent donc l’appui du Pakistan mais cela ne signifie pas qu’ils soient pro pakistanais ou contrôlés par l’Islamabad et encore moins soumis à ses ordres.

La grande force des talibans réside dans la peur qu’ils inspirent pour deux grandes raisons :

–       leur composition ethnique, leur loyauté envers leur communauté d’origine. « L’insurrection des talibans est essentiellement pachtoune. Tous les pachtouns ne sont pas talibans, mais tous les talibans sont pachtouns tandis que les autres groupes ethniques (tadjiks, Ouzbeks, Hazâras….  N’ont rien contre les américains »( cf Propos du Dr Abdullah Abdullah, ancien conseiller de Massoud, leader de l’opposition au Pdt  Hamid Karzaï. In Le Figaro du 19 février 2010) Cette ethnicité des talibans constitue un handicap pour dominer cette  région.

–       la violence de leur idéologie puritaine voire fanatique

Leur comportement est strict mais apporte plus de sécurité. Ainsi, la population, lassée de vivre sous la peur de la guerre, finit par les accepter et les talibans arrivent à contrôler en moins de deux années les deux tiers du pays.

Par les précédentes descriptions, on voit que deux Islam se confrontent, chacun avec ses propres différences tout en conservant certaines caractéristiques communes. Tout d’abord, ces deux Islams sont sunnites et fondamentalistes. Ensuite, la religion joue un rôle d’agent liant et identitaire : l’ensemble des ethnies minoritaires  avec un Islam dont l’essence est conservée d’un côté, et l’ethnie pachtoune majoritaire dont l’Islam a été radicalisé et parfois aliéné dans un autre.

Le jeu des puissances extérieures

 L’Afghanistan était un carrefour entre Asie et Moyen-Orient, le conflit entre les talibans et leurs ennemis a des conséquences sur l’ensemble de cette région d’Asie mineure. Ainsi, d’autres Etats vont intervenir en faveur de tel ou tel camp afin d’atteindre leurs propres objectifs.

1)    Le rôle du Pakistan, de l’Arabie Saoudite, et des Etats-Unis

 « Depuis le départ des troupes soviétiques, Islamabad joue un rôle croissant de puissance régionale. Le Pakistan, qui a un contentieux historique avec l’Afghanistan sur le tracé de la frontière entre les deux pays (ligne Durand), a profité de la présence sur son sol de millions de réfugiés afghans pour manipuler les représentants de la résistance afghane [contre Moscou] établie à Peshawar [ville pakistanaise, près de la frontière afghane]. Un Afghanistan “satellisé” permet en effet à Islamabad d’avoir un accès vers l’Asie centrale et d’enterrer le contentieux sur la ligne Durand…… Le Hezb-é-islami de Gulbuddin Hekmatiyar [pachtoune], vieil allié du Pakistan, a ainsi été utilisé pour tenter de renverser le gouvernement Rabbani [l’allié de Massoud], mais sans succès. Dès lors, le Pakistan a décidé de mettre sur pied le groupe extrémiste des talibans.  »

Extrait de l’article “Le Pakistan est responsable de la guerre”, Courrier International du 22 mars 2001, n° 542

A travers cet article, on note l’ingérence du Pakistan en Afghanistan. Or, rendre puissant les talibans est onéreux et le Pakistan n’a pas la puissance financière nécessaire pour y parvenir. Il fait donc appel à deux Etats disposant de moyens importants : l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis.

Les pakistanais sont obsédés par leur rivalité avec l’Inde. Les militaires Pakistanais veulent à tout prix conserver une « profondeur stratégique » en Afghanistan.  Mais ce point de vue à peu de soutien dans l’opinion Pakistanaise. Celui-ci constate que les talibans attaquent la police et menacent la stabilité du pays.

Concernant l’Arabie Saoudite,  ce pays trouve un intérêt religieux à soutenir le Pakistan.  En effet, l’Arabie Saoudite a contribué au financement de diverses madrasas afin de diffuser le wahhabisme. Cela permet, par effet ricoché, de former des individus sunnites radicaux à caractère anti-chiite et donc anti-iranien, dont l’Arabie Saoudite voit d’un très mauvais œil son rayonnement religieux, qu’elle considère illégitime.

A propos des Etats-Unis, ils ont fourni des aides financières par le passé afin de lutter contre l’expansion du communisme, dans le cadre de la politique du « containment », et à l’époque, permettre la montée en puissance d’islamistes leur semblait être la solution adéquate. Par la suite,  le Pakistan les a convaincus en leur soumettant l’idée d’un tronçon d’oléoducs et gazoducs partant de la Caspienne, passant par l’Afghanistan avant de rallier les mers chaudes via le Pakistan

le parcours des oléoducs et gazoducs, les gisements de pétrole et de gaz ainsi que les conflits et les tensions

le parcours des oléoducs et gazoducs, les gisements de pétrole et de gaz ainsi que les conflits et les tensions

Dans le cas où les taliban auraient pu obtenir le pouvoir, et le Pakistan, également musulman, aurait pu imposer ce choix, choix qui aurait également profité aux Etats-Unis.

Mais quel intérêt a le Pakistan à adopter un tel comportement ?

 « Face à la puissance démographique et à l’immensité géographique de l’Inde, seul l’Afghanistan peut, en cas de guerre, offrir au Pakistan une profondeur stratégique. Il faut pour cela à Kaboul un régime favorable à Islamabad : les talibans, le fondamentalisme sunnite offrant le ciment idéologique de cette alliance. Des tribus pachtounes occupent le terrain de part et d’autre d’une frontière internationale fort théorique. La question afghane devient ainsi une question intérieure au Pakistan. »

            Ainsi, face à son a ennemi qu’est l’Inde, majoritairement hindoue, le Pakistan a tout intérêt à promouvoir et maintenir le régime des talibans, dont l’ethnie s’étale à cheval sur les deux pays. Comme dit précédemment, le caractère religieux est un facteur identitaire dans lequel talibans et Pakistan se retrouvent et se comprennent, ce qui permet la création de cette alliance.

Par ailleurs, ces talibans pourraient servir au Pakistan afin de faire pression dans la région du Cachemire, contrôlée par l’Inde, mais majoritairement de confession religieuse musulmane.

1)    Le rôle de l’Inde et de l’Iran

             L’Inde soutient Massoud et l’Islam qu’il véhicule afin de lutter contrer les taliban, ce qui permet de diviser les forces pakistanaises sur deux fronts :

–       d’un côté Massoud contre les taliban en Afghanistan

–    de l’autre le Pakistan contre l’Inde dans la région du Cachemire, où Islam en majorité et Hindouisme au pouvoir s’affrontent

Cela permet aussi d’éviter une trop grande propagation de cet Islam vers la Pakistan et même dans le reste de la zone.

L’Iran, lui ne tolère en aucun cas que la répression des talibans sunnites vis-à-vis des Hazaras chiites et soutient donc l’Islam de Massoud, permettant une totale cohabitation entre sunnites et chiites. De plus cela permet de contrer cette avancée sunnite radicale, qui pourrait aller s’étendre en Iran.

Par ailleurs, l’Iran, à travers ce soutien envers les minorités chiites, peut vouloir affirmer sa volonté de diffusion du chiisme dans le monde musulman et ainsi assoir son rayonnement religieux dans cette région afin de réduire ce sentiment d’encerclement (étant donné qu’à part les pays de l’arc chiite, le reste du monde musulman est majoritairement sunnite)

            D’un côté, les taliban sont soutenus dans un but stratégique et de diffusion religieuse et de l’autre Massoud l’est afin de lutter contre la propagation de cet Islam, qui pourrait réveiller des tendances similaires dans le reste des Etats de la région.

            On peut voir que la religion joue un rôle plus qu’important dans le conflit afghan. Ces deux Islams jouent un rôle unificateur et étant diamétralement opposé, ils ne peuvent donner lieu qu’à des affrontements lorsqu’ils sont confrontés.  L’un cherche une unification à travers une tolérance de l’autre et une cohésion ethnique alors que l’autre cherche à imposer une unique conception et décimer les autres ethnies.  Le facteur religieux est d’autant plus puissant qu’il est utilisé pour donner plus de poids aux décisions que chaque camp prend. Nous avons également pu voir  son importance déterminante lorsque des puissances extérieures s’en servent afin de faire levier et d’arriver à leurs fins. La religion a donc eu et continue de jouer un rôle important dans la géopolitique des Etats.

 

Bibliographie :

– Ouvrage

Patrick louis. Les minorités sans Etat au moyen Orient. Ed ID.

– wikipédia

Sitographie

http://www.bassirat.net/La-mosaique-ethnique-afghane,380.html

http://www.kaboul.com/langues.html

http://pagesperso-orange.fr/andre.canessa/Massoud/jagielski.htm

http://www.linternaute.com/savoir/idee-religion/dossier/sunnisme-chiisme/carte.shtml

http://www.conflits.org/index70.html

http://www.alterinter.org/article3253.html

Courrier international, Hebdo n° 470,  570, 571, 574, 576, 696

 

 


3 Comments

fabienne faucheux · octobre 20, 2015 at 09:43

………c’est aux occidentaux de quuitter l’Afghnistan , sans eux les Afghgans y verront mieux…….
ce qui choque c’est que les occidentaux font croire qu’il n’y a que la force de frappe et le matérialisme vulgaire qui compte en occident alors que la plupart des occidentaux détestent la facon dont on nous fait vivre en occident ….
le philosophe Nietzsche a dit au XIX ème siècle que en occident Dieu et mort car la voie prise était celle de l’argent du sexe et du travail-machine obligatoire pour faire de la rentabilité …….
ceux qui osent se battre contre le pouvoir chez eux de la barbarie occidentale et qui résistent ont Raison que Dieu l protègent et qu’ils sachent qu’en occident on est de tout Coeur Avec eux…malheureusement pour que Nous nos ayions le pouvoirchez nous ilnous réaliser notre Révoution politique pas économique …l’économie c*est du bluff

fabienne faucheux · octobre 20, 2015 at 09:48

….je viens d’écrire ce texte comme quelqu’un qui est révoltée contre le leadership occidental , dans mon pays on est pour beaucoup dans la rue et on squate……..
vous pouvez me laisser un message sur mon E-Mail que voici :
fabienne_faucheux@yahoo.com
merci sincèrement

La députée féministe afghane Shukria Barakzai échappe à un attentat | interviewscotedivoire · novembre 19, 2014 at 11:33

[…] propager ses idées féministes, une fois les talibans écartés du pouvoir, Shukria lance un magazine hebdomadaire Aina-E-Zan (Le miroir des femmes). […]

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