Amnesty international est une organisation non gouvernementale, créée en 1961, qui défend et incite au respect de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. Elle est mène ses actions dans plus de 150 pays, et regroupe plus de 3 millions d’adhérents et de donateurs à travers le monde.

La création de cette ONG se doit à l’avocat Britannique Peter Benenson : en novembre 1960, ce dernier lis un article concernant deux étudiants portugais condamnés à 7 ans de prison pour avoir porté un toast « à la liberté ». Son idée est alors de créer une pression internationale qui mobiliserait l’opinion publique en faveur de ces étudiants : c’est la naissance d’Amnesty Internationale.

L’appel que publie Benenson est publié dans la presse et suscite immédiatement plus de 1000 offres de soutien.

« Ouvrez votre journal n’importe quel jour de la semaine et vous trouverez venant de quelque part dans le monde une dépêche indiquant que quelqu’un a été emprisonné, torturé ou exécuté parce que ses opinions ou ses croyances religieuses ont été jugées inacceptables par son gouvernement. » – Peter Beneson.

La vision d’Amnesty International est celle d’un monde où tout être humain peut se prévaloir de tous les droits énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Problématique 

Défendre et œuvrer pour le respect et la promotion des droits humaines : « défendre les personnes qui ont besoin d’aide ».

Amnesty International agit en mobilisant l’opinion publique afin de faire pression sur les cibles qu’elle dénonce, qui sont entre autre les gouvernements, les groupes politiques armés, les entreprises et les organisations intergouvernementales.

Le moyen d’action de l’ONG est l’organisation de manifestations à travers le monde pour faire passer son message et mobiliser les populations : elle fait entendre ses revendications notamment via des rassemblements silencieux, des pétitions électroniques, des actions sur Internet, des partenariats avec des groupes de militants locaux, des appels ciblés…

Ses campagnes pour mobiliser l’opinion publique peuvent prendre la forme de campagnes locales, nationales ou peuvent être des campagnes thématiques. La mobilisation d’Amnesty International se manifeste souvent par des appels directs (comme par exemple l’écriture de lettres), via les média et la publicité, ou lors de manifestations publiques.

Dans certaines situations d’urgences qui requièrent une attention immédiate, Amnesty International fait appel à des réseaux d’interventions urgentes ou à des réseaux de gestion de crises. Pour toutes les autres actions qu’elle mène, l’ONG fait appel à ses membres.

Au fil du temps, l’action d’Amnesty International a fortement contribué à l’obtention de l’intérêt citoyen sur les questions relatives aux Droits de l’homme et a gagné du pouvoir au point de devenir une source d’information privilégiée pour les Nations Unis.  Le travail et l’influence de l’ONG ont contribué à une prise de conscience quant au bafouage des Droits de l’homme ; en témoigne Felix Dodds –un activiste anglais, « en 1972, il y avait 39 pays démocratiques sur la planète ; en 2002, il y en avait 139. »

L’organisation a recours à différentes méthodes pour obtenir des informations concrètes et fiables qui lui permettront d’intervenir si la situation présente un non-respect des droits de l’homme.

En effet pour être certain que les règles de droit international sont respectées par les tribunaux qui ont affaire à des cas politiques, et afin d’enquêter sur les conditions d’internement et les allégations de torture, Amnesty International entreprend tous les ans de nombreuses missions : des adhérents sont présents comme observateurs lors de procès, établissent des rapports et recueillent des informations sur les personnes emprisonnées pour leurs opinions. (Ce type de mission est habituellement géré par des juristes faisant figure d’expert, de spécialistes reconnus, ou des diplomates ayant quittés leurs fonctions…).

Les membres de l’organisation se mobilisent tant au niveau mondial que local chaque fois qu’ils ont les moyens d’agir sur le cours des évènements. Leurs principaux axes de mobilisation sont les suivantes:

– Mettre fin à la violence à l’égard des femmes, des enfants, des minorités ;
– Défendre les droits et la dignité de ceux qui sont pris au piège de la pauvreté;
– Abolir la peine de mort;
– Combattre la torture et répondre au terrorisme par la justice;
– Faire libérer les prisonniers d’opinion;
– Défendre les droits des réfugiés et des migrants.

Concernant le financement, il représente bien la volonté d’indépendance de l’organisation : celui-ci s’appuie uniquement sur un large soutien du public. En effet, Amnesty International déclare ne solliciter, ni accepter, aucune aide financière des gouvernements. Les centaines de milliers de dons qui lui permettent de mener son action proviennent de ses membres et du public uniquement. (Le budget international est d’environ 23 728 000 livres sterling pour l’année 2003).

Exemples d’actions  menées actuellement par Amnesty International

Aujourd’hui encore, l’organisation se bat pour la défense des droits de l’homme à Haïti, où la population connaît une extrême pauvreté depuis le séisme dévastateur de janvier 2010. En effet, 320 000 personnes sont touchées par cette pauvreté depuis le séisme, et, faute de logement, ont été placées dans des camps aux conditions épouvantables. Mais le plus inquiétant est qu’au moins un quart de ces personnes est menacé d’expulsion des camps. Ils se retrouveraient donc à vivre dans la rue, et leurs chances de se reconstruire serai très faibles… Amnesty se bat contre ses expulsions abusives qui ne respectent pas les Droits de l’Homme.

Amnesty international milite aussi contre l’homophobie. Par exemple, l’organisation vient de publier un rapport concernant ce type de discriminations en Ukraine. En effet, dans leur rapport du 16 mai, Amnesty International décrit les discriminations et violences subies par les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées (LGBTI) en Ukraine. Les attaques contre ces personnes sont entretenues par des déclarations stéréotypées et discriminatoires de certains responsables politiques.

Faits récents

Une des dénonciations récentes d’Amnesty International s’est faite à l’encontre du gouvernement américain et de la justice américaine, qui s’est engagée dans un acharnement judiciaire contre d’Albert Woodfox accusé en 1972 du meurtre d’un gardien blanc dans la prison d’Angola en Louisiane.

En 1972 alors emprisonné pour vol à main armé, Woodfox est accusé, avec un codétenu, d’avoir tué un gardien blanc. Il fut condamné à l’époque par un jury entièrement blanc,  à une peine à perpétuité. Clamant depuis toujours son innocence, il affirme avoir été condamné à tort, à cause de son militantisme aux côtés des Black Panthers dont il avait créé une section au sein de la prison d’Angola pour dénoncer la discrimination racial et l’esclavage sexuel dans de l’établissement carcéral.

Sa culpabilité fut établie sans preuve au moment des faits et des preuves à décharge furent même dissimulées. Lorsque certains juges fédéraux ont, à plusieurs reprises, infirmé la condamnation d’Albert Woodfox, le ministère public a toujours gagné en appel et depuis 1972 son placement en isolement a été renouvelé plus de 150 fois avec pour seul motif : « la raison initiale du placement ».

En 2012, Amnesty International dépose une pétition et récolte des témoignages ainsi que des documents qui démentent la dangerosité d’Albert Woodfox. Par ailleurs, plusieurs rapports des Nations Unies ont déclaré cruelles et inhumaines les conditions de d’incarcération du détenu.

Amnesty International estime que l’isolement imposé à Woodfox depuis plus de 40 ans consiste en un traitement indigne et dégradant et lance un appel (à signer sur le site internet d’Amnesty International) au procureur de l’Etat de Louisiane, James Caldwell, lui demandant de ne pas faire appel du jugement du 26 février 2013 qui annule la condamnation d’Albert Woodfox pour la troisième fois. Dans sa lettre, l’ONG soulève des préoccupations sur l’équité des procédures judiciaires. En voici un extrait :

«  Confiné à l’isolement, sans presque aucun contact avec l’extérieur, sans accès au travail ou à des activités sociales, Albert Woodfox a maintenant 66 ans et son état de santé mentale comme physique se détériore.
Il est temps de mettre un terme au traitement cruel infligé à cet homme en acceptant de le libérer.
Monsieur le Procureur, mettez un terme à l’acharnement judiciaire : ne faites pas appel. »

Pour aller plus loin

Ouvrages en rapport avec Amnesty International:

– Marion OSMONT,  Des hommes vivent ici, éditions Images Plurielles.
– Anne-Marie THOMAZEAU et Alice GRAVIER, Les enfants du monde racontent Amnesty International, édition La Martinière.
– Irène KHAN et Kofi ANNAN, Pauvres en droits, édition Max Milo. 

Annexe :

Amnesty International dans le monde en 2005.


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