La chute de Kadhafi et la déstabilisation régionale

 

 

Projet Milieux : Partie 2

 La chute de Kadhafi et la déstabilisation régionale

Spectre de diffusion de l’insécurité Libyenne dans l’Afrique du NordC:\Users\alexlaparra\Pictures\CdHi3QTXEAA0QLd.jpg

La chute du régime libyen fait perdre à la région un semblant de sécurité. Nous pouvons observer, sans rentrer dans les détails de la guerre civile de 2011, que le désert a été un véritable amplificateur de crise. Certes les zones de conflit se situaient principalement dans les centres urbains du nord du pays pourtant, comme pour une mer qui perd ses ports, la disparition au mieux de l’autorité locale, au pire de l’autorité nationale elle-même, a favorisé le vide étatique dans cette région par nature fragile. La chute d’un acteur majeur des relations arabo-méditerranéo-africaines laisse un vide stratégique. En moins d’un an, le contrôle des puits de pétrole, des stocks d’armes, des routes et des frontières s’est évaporé. A cela s’ajoute une guerre civile, où s’opposent des courants allant de l’islamisme radical aux démocrates laïques, en passant par des républicains et des musulmans modérés au centre. S’ajoute à cette lutte pour le pouvoir central, nombres d’ethnies qui sont en conflit entre elles pour des raisons historiques et qui ne sont pas encore prêtes à revenir au statu quo de l’ancienne dictature.

En parallèle, la route migratoire par le passé fermée est redevenue poreuse. Plusieurs centaines de milliers de personnes ont ainsi de nouveau tenté la traversée et beaucoup ont péries. La réouverture de cette route déstabilise les pays voisins, comme la Tunisie, où la capacité d’accueil arrive à saturation. D’autant que pendant la guerre civile de 2011-2012 ce flux migratoire s’est intensifié avec les personnes fuyant les combats. C’est pourquoi, le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) estime qu’un million de personnes ont fui la Libye uniquement pour la période de février et juin 2011. De plus, ces routes migratoires sont accompagnées des traditionnels trafics de drogues. Ces drogues viennent de la région saharo-sahélienne pour le hachich mais aussi d’Amérique du sud par le Golfe de Guinée avec la cocaïne.

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Le trafic d’armes va commencer à prospérer grâce au conflit et obéissant à une impulsion d’un double mouvement interne et externe. Premièrement lorsque l’OTAN est intervenue contre le régime Libyen[16], elle a changé les rapports de forces dans la région, notamment par l’envoi de moyens militaires (munitions, armes, véhicules) aux forces d’oppositions y compris les plus modérés. En renversant Kadhafi, la France a notamment laissé « se disséminer dans le Sahel ses armes et ses mercenaires sans solde, ainsi qu’ensuite les milices islamistes formées à Tripoli et à Benghazi dont le Sahara devenait le pré-carré »[17]. Il y a donc eu une sorte de naïveté chez les Occidentaux à armer et former une révolution libyenne en espérant qu’elle allait perpétuer son idéal de non-alignement au cœur de la fournaise saharienne.

Deuxièmement, l’arsenal militaire de Kadhafi était l’un des plus importants d’Afrique. Donc, lorsque que l’interventionnisme occidental a renversé le régime, les armes désormais sans surveillance et sans contrôle se sont dispersées sur tout le continent. Cela fut s’autant plus aisé que les frontières n’étaient plus surveillées. Le pays étant déjà très militarisé, il a joué un rôle sans précédent dans la diffusion de l’insécurité en Afrique. La dissémination des arsenaux a permis l’armement de nombreuses milices et groupes criminels. Dès le début des affrontements, les arsenaux sans surveillance, disséminés dans le pays ont été aisément accessibles aux pillards, aux rebelles et aux trafiquants de tous ordres. Les armes Libyennes vont circuler librement en Afrique, se jouant des frontières désertiques y comprit jusqu’au Moyen-Orient. Par exemple, selon une étude issue de Conflict Armament Research[18], en avril 2012 un cargo a été arraisonné au large de la Libye avec plus de 150 tonnes d’armes en destination de la Syrie. On peut noter aussi que des combattants de l’Etat Islamique disposent d’armes provenant du même «lot» que celles des djihadistes sahéliens[19]. Mathieu Pellerin, chercheur associé au programme « Afrique subsaharienne » de l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI), résume cette situation ingérable en précisant que « près de 90 000 Libyens étaient encore armés en mai 2012, tandis que près de 20 millions d’armes circuleraient dans le pays »[20]. Des attaques menées du lac Tchad jusqu’en Centrafrique sont ainsi le fruit de la fourniture d’armes aux opposants libyens par les occidentaux, de la dispersion des arsenaux du régime et de la perte de contrôle aux frontières. Ces armes pillées sont disséminées à travers le Sahara par les mouvements de populations, qui les transportent avec elles, faisant du désert une véritable autoroute et une cache privilégiée.

Ces flux de populations ont plusieurs effets. Pendant la guerre civile, les combattants des milices formées par le régime ou les groupes armés n’étaient pas toujours libyens. A la fin du conflit, ces hommes partis par désœuvrement de leur désert natal, sont revenus. D’autres combattants étaient nés en Libye, dans des familles originaires d’autres pays qui espéraient obtenir la nationalité libyenne. Ces personnes ne peuvent souvent pas revenir dans leur pays pour des questions politiques, économiques, religieuses ou juridiques. Ils deviennent ainsi des apatrides au sein du Sahara. Cette ancienne terre d’accueil et de travail qu’a été la Libye a aussi donné aux populations, tel que les Touaregs, les clés pour déstabiliser par la suite la région du Sahel.

Par exemple, la majorité des cadres des mouvements qui ont déstabilisé le Mali ont été formés militairement dans des camps d’entrainement libyens, ont combattu et sont revenus. Il en est de même pour les Touaregs et les Toubous du Niger. La sécurité régionale (Libye, Mali, Tchad, Soudan…) a donc été entachée par ces nouveaux mouvements internes et externes de populations et d’armes. La toile de fond de ces deux phénomènes est le désert. Pour commencer, il crée un déséquilibre économique et climatique entre des populations de cultures et d’origines différentes. Le rassemblement soudain de populations fuyant les conflits provoque un risque élevé d’épidémie et de pénurie alimentaire. Poussé par l’injustice, des tensions ou conflits éclatent. L’autorité étatique étant faible, elle finit par s’écrouler. Pour terminer, le stock d’armes augmente dans les régions désertiques de manière anarchique et ces arsenaux sont transportés sur de longues distances par des flux de populations (civiles, militaires, mercenaires…) qui ne tiennent pas compte des frontières étatiques.

Les entités terroristes telles qu’AQMI[21], Ansar Dine[22] ou le MUJAO[23], ont pu eux aussi se servir de ces armes et de cette perte d’autorité étatique pour se développer. Le désert étant un espace libre, ils ont pu s’y installer et prospérer. Les terroristes s’adonnent à tout type de trafics et se servent de planques comme centre de commandement d’attaques extérieures en Tunisie, en Egypte, au Niger, au Mali, en Algérie, etc. Le régime libyen a donc servi de base arrière, de formateur et même de fournisseur d’armes aux terroristes agissant dans le Sahel.

Pour illustrer ce propos nous pouvons citer la Passe du Salvador, un point de jonction dans le désert entre le Niger, la Libye et l’Algérie. C’est un carrefour commercial au cœur d’un vide sécuritaire où s’échangent principalement des produits illégaux. Les groupes terroristes, sur fond d’islamisme religieux et de trafic mafieux, y sont devenus les maîtres. Ces groupes s’opposent aussi entre eux dans des luttes armées meurtrières. Le nombre d’entités et de mouvances sont extrêmement nombreux et entremêlés. Les régions désertiques ne favorisent pas, la compréhension des enjeux sur place, bien au contraire. Pour résumer, il semblerait qu’AQMI et Al-Mourabitoune résiste dans le Sahara libyen à la poussée de l’Etat Islamique[24] récemment implanté au nord. Une quatrième grande entité terroriste est présente sur place : Ansar Al-Sharia, une émanation d’Al-Qaïda dirigé par des anciens du Groupe islamique combattant libyen (GICL) auteurs de nombreux attentats. A cet enchevêtrement, il faut rajouter la présence de nombreuses milices politiques et tribales qui se sont armées et qui se déchirent sur l’avenir du pays.

Par ailleurs, la situation en Libye n’a pas uniquement déstabilisé militairement le Sahel, elle a aussi fragilisé la situation économique et sociale des pays voisins par la suppression des importants investissements de la famille Kadhafi. Des pans entiers du commerce malien ou nigérien ont ainsi chuté face à la suppression de la magne pétrolière libyenne. Les régions désertiques ne possèdent que cette richesse pour subsister et se développer, elles en sont donc totalement dépendante.

Toute la stabilité de la Libye reposait sur le commerce de « l’or noir », seul ciment unissant les identités religieuses et tribales, dont les revendications avaient été mises temporairement en sommeil par l’idéologie du Livre Vert[25] du Colonel Kadhafi. Désormais, ces entités décentralisé, n’ont plus de guide unificateur et ont repris leurs luttes, sous fond de convoitises énergétiques et de règlements de compte. Au niveau international, ce même pétrole a vu son prix augmenter et les entreprises sur place tel que Total n’ont plus réussi à assurer la sécurité de leur exploitation. Plus grave encore, certains groupes terroristes ont su tirer parti de la production pétrolière pour se renflouer financièrement.

Il est donc difficile de connaitre réellement la situation sur place. En effet les ONG et les ambassades ont quasiment toutes désertées le pays, en raison des affrontements entre les différentes factions qui luttent pour le pouvoir depuis la chute Mouammar Kadhafi. Mais il est évident que la situation sécuritaire est catastrophique et que le pays n’est toujours pas stabilisé, six ans après la guerre civile. En 2014 après une brève période d’accalmie les tensions ont repris, faisant naître ce qui sera appelé la « deuxième guerre civile de Libye ». Sans unité politique marquante, le pays se déchire encore aujourd’hui et le désert demeure une zone de non droit comme l’illustre les cartes ci-dessous. La chute de Kadhafi a entrainé une redistribution des rôles et des pouvoirs entre les différentes tribus libyennes. La recherche d’une stabilité régionale s’annonce longue puisqu’elle devra passer par une renégociation, violente ou pacifique, de «l’équilibre stratégique » entre les tribus du désert.

 

Etat des lieux en Libye décembre 2015 (à gauche), Septembre 2016 (à droite) source Libération.

L'Etat islamique en Libye La Libye au 13 septembre 2016

Aujourd’hui, il existe un semblant de gouvernement d’Union Nationale basé à Tripoli, soutenu par les occidentaux et dirigé par Faïez Sarraj. Néanmoins, de nombreuses milices contestent le pouvoir central qui peine à rétablir l’ordre, y compris dans les zones qu’il est supposé contrôler. En réalité, pour le moment, le maréchal Khalifa Haftar de l’armée nationale libyenne est l’homme fort du pays. Il contrôle tout l’Est du pays et ne reconnait pas le gouvernement d’Union Nationale.

Le 25 juillet dernier le président français fraîchement élu, Emmanuel Macron, a organisé une rencontre entre le maréchal Khalifa Haftar et Faïez Sarraj. Le but louable était d’unir le pays divisé depuis 2011 et ainsi de faire sortir le pays de sa crise politique et économique. Mais malgré un accord de principe, sans signature, sur un cessé le feu, un certain nombre d’observateurs soulignent une erreur politique de la part de la France. Cette rencontre confère au maréchal Haftar reconnaissance et légitimité tout en fragilisant le gouvernement reconnu par la communauté internationale. L’un des éléments de la déclaration présentée par Paris comme une grande avancée est l’organisation d’élections au printemps 2018. Celles-ci ne peuvent avoir lieu uniquement après la fin de la rédaction d’une constitution et l’approbation par référendum de cette dernière. C’est au gouvernement de Tripoli que revient cette mission, laissant le général à l’abri de futures critiques possibles.

Lors de la première semaine d’octobre c’est le nouvel émissaire de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, qui a fixé par accord entre les deux parties, une nouvelle feuille de route pour une constitution libyenne. Les pourparlers de Tunis ont abouti à des compromis « très importants pour réformer du pouvoir exécutif », a déclaré Abdessalem Nssya, représentant du Parlement libyen, loyal aux autorités de l’Est du pays. Mais malgré ces efforts diplomatiques et politiques, des voix issues de dirigeants africains et de l’Union Africaine elle-même, ont critiqué les dissonances des interventions extérieures et la cacophonie des agendas mise en place. Selon eux les négociations doivent être plus claires et plus productives que de simples déclarations disparates. De plus ils demandent à la communauté internationale de prendre en compte cette fois-ci la voix de l’Afrique, qui semble nécessaire pour mettre fin à cette guerre du désert.

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L’ensemble des pays voisins espèrent que la situation va rapidement s’améliorer mais c’est loin d’être le cas. La grande majorité du sud du pays, peu contrôlable car désertique, ne connaît aujourd’hui aucune autorité stable. De plus, quoique l’on pense de l’ancien dictateur, ce dernier possédait une personnalité et une aura qui influençait l’ensemble du Sahara. « La disparition de Kadhafi est aussi celle d’un médiateur dans les conflits armés de la région »[26]. Le Colonel Kadhafi avait su maîtriser les rouages de son pré-carré avec sa présence sur le dossier Tchadien et la signature des accords de paix avec le Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT) ou encore au Mali avec les accords d’Alger de 2006. Ces derniers ayant d’ailleurs pris fin, l’union entre Ansar Dine et AQMI renversera le nord Mali et nécessitera l’intervention française avec l’opération Serval. Le fait que l’opération Barkhane (cf carte ci-dessous), continuité de celle de Serval, ait lieu dans l’ensemble du Sahara y compris au nord Niger et au Tchad n’est donc pas un hasard. Cette opération illustre la déstabilisation de la totalité du Sahara, qui a découlé de l’effondrement de l’autorité libyenne, seule force militaire et union politique capable de contrôler le territoire.

La réponse au problème est alors simple, si la Libye veut retrouver le contrôle de son désert, un pouvoir central stable et puissant doit émerger. Le désert libyen possède une importance stratégique de premier plan pour la sécurisation de la région, tout comme pour le développement économique au pays. Au même titre que le désert est un carrefour, la Libye se trouve à la croisée des chemins. Espérons alors qu’elle prenne rapidement le bon…

Auteur : Alexandre LAPARRA

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Pouquet Jean, Les déserts, coll.« Que sais-je? », 1972, 125 p.

  1. Le mot latin Desertum suggère le vide, tant végétal qu’animal. Il évoque l’idée de ce qui est abandonné, privé de vie ou inhabité.
  2. Revue Conflits, « Conflits HS n°6 : Décomposition et recomposition du Moyen-Orient », Conflits, automne 2017. Pierre Royer P11
  3. De l’océan Atlantique au golf Arabique, le Sahara s’étire sur 7 500 km et couvre 12 000 000 Km². Ce désert fait partie des hyperarides de la planète où les précipitations peuvent être de 10 mm/an. Contrairement à une idée répandue, le Sahara est un désert plus rocheux que sableux (20%).
  4. Mouammar Kadhafi est resté à la tête du pays du 1 septembre 1969 au 23 aout 2011.
  5. Djiby Sow, La Légalité de l’intervention militaire française au Mali: Contribution à l’étude du cadre juridique de la lutte armée contre le terrorisme international, Editions L’Harmattan, 2016.
  6. Il ne faut pas confondre le désert de Libye propre au pays qui porte ce nom et le désert Libyque qui lui comprend une grande partie du Sahara orientale contrôlé par l’Egypte.
  7. La formule « Bédouinocratie » est du chercheur tunisien Touafik Monastiri.
  8. Le panarabisme est un mouvement politique, culturel, et idéologique fortement séculier qui vise à réunir et à unifier les peuples arabes ou arabisés. Il se propose de défendre l’identité arabe. Kadhafi se revendiquait comme l’héritier de Nasser, l’un des pères de ce mouvement.
  9. Le panafricanisme est une idée politique et un mouvement qui promeut et encourage la pratique de la solidarité entre les Africains où qu’ils soient dans le monde.
  10. De plus il fut à l’initiative (déclaration de Syrte, 9 septembre 1999) de la transformation, en 2002 (sommet de Durban), de l’Organisation de l’unité africaine-OUA en Union africaine-UA.
  11. Par exemple, à la fin de l’année 1981, la Libye cherche à enrôler des combattants pour les envoyer se battre au Liban au côté des Palestiniens et des Syriens. Le pays fut un refuge pour certaine minorités excluent par le pouvoir central malien ou encore algérien.
  12. Plus de 90 % des revenus du pays provenaient, à la veille du soulèvement populaire de 2011, du pétrole. Cela permit la constitution d’une énorme réserve financière : environ 120 milliards de dollars à la Banque de Libye, 70 milliards de dollars dans le fonds souverain libyen, sans oublier les avoirs de la famille Kadhafi estimés entre 50 et 180 milliards de dollars.
  13. Jean-François Daguzan et Jean-Yves Moisseron, « La Libye après Kadhafi : essai de prospective géopolitique du conflit libyen », Hérodote, no 142, 23 septembre 2011, p. 78‑97.
  14. La Libye est le deuxième producteur de pétrole brut en Afrique après le Nigeria et devant l’Algérie. Le pays possède surtout la plus grande réserve de pétrole en Afrique, ses réserves sont estimées à 46,4 milliards de barils en 2011(US Energy Information Administration, février 2011). La Libye est donc un des acteurs majeurs de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) dont elle est membre.
  15. Géopolitique de la Libye, http://www.diploweb.com/Geopolitique-de-la-Libye, consulté le 17 mai 2017.
  16. L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) est intervenue en Libye entre le 19 mars 2011 et le 31 octobre 2011 sous le nom d’opération « Unified Protect ». L’objectif est la mise en œuvre de la résolution 1973 du Conseil de Sécurité des Nations Unies d’une opération qui devait assurer simplement la protection des civils violemment réprimés par le régime du dictateur Mouammar Kadhafi. L’OTAN soutiendra tout de même militairement et financièrement les rebelles et les opposants au régime, qui finira par tomber en octobre 2011.
  17. Frédéric Delorca, Au coeur des mouvements anti-guerre: Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, Mali, Ukraine… témoignage sur quinze ans d’engagement, Paris, Éditions du Cygne, 2014.
  18. « Conflict Armament Research », INVESTIGATING CROSS-BORDER WEAPON TRANSFERS IN THE SAHEL, Novembre 2016
  19. Or Al-Qaeda au Maghreb islamique, actif au Sahel, et l’EI, en Syrie et en Irak, sont des organisations rivales. Cela prouve que les réseaux d’approvisionnements sont nombreux et complexes.
  20. Mathieu Pellerin, « Le Sahel et la contagion libyenne, Mathieu Pellerin, Sahel: Libyan Contagion », Politique étrangère, Hiver, no 4, 21 décembre 2012, p. 835‑847.
  21. Al-Qaida au Maghreb islamique
  22. Signifie en Arabe « Les défenseurs de la religion »
  23. Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest
  24. L’EI compterait entre 1 000 et 3 000 combattants selon un rapport du département d’État américain. Source: M. Hosenball, « U.S. fears Islamic State is making serious inroads in Libya », Reuters, 20 mars 2015.
  25. Le Livre vert (1980) est l’ouvrage idéologique libyen de base où le colonel Kadhafi a voulu décrire une « troisième voie » originale entre le communisme et le capitalisme. Les principes de la Jamahiriya ou l’« État de masse » censé représenter la nouvelle démocratie directe musulmane y sont inscrites. Finalement ce livre est à l’image du Petit Livre rouge de Mao, une légitimation d’un parti unique derrière une démocratie de façade.
  26. Mathieu Pellerin, « Le Sahel et la contagion libyenne, Mathieu Pellerin, Sahel », op. cit.

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