Taïwan ou République de Chine

Taïwan est une île située au large du sud-est de la Chine continentale, en face de Canton. Le nom de Taïwan est généralement utilisé pour désigner les territoires administrés par le gouvernement de la République de Chine qui comprend Taïwan ainsi qu’un groupe d’archipels : Penghu, Jinmen et Matsu. L’île de Taiwan est aussi connue sous le nom de Chine de Formose, nom que l’île portait jusqu’aux années 60. Les traces d’occupation humaine remontent à 300 000 ans, mais l’histoire relativement récente remonte au 17ème siècle avec l’arrivée des premiers colons chinois. Durant cette période, un métissage culturel a eu lieu. À partir de la fin du 19ème siècle, l’île a attiré les convoitises du Japon. Entre 1895 et 1945, Taiwan sera sous occupation japonaise. Après trois siècles de domination par des puissances voisines, on peut se demander quelles sont les limites aux aspirations d’indépendance de Taiwan ? 

 

 

     I.  Taiwan, un espace complexe et dynamique

 

  1. 1. Démographie, géographie et histoire

L’île a pour capitale Taipei qui est une ville de 2,7 millions d’habitants. Taïwan s’étend sur une superficie de 35 961 km2, la majeure partie du pays est montagneuse, seul l’Ouest est composé de plaines et de collines. L’île est confrontée à divers problèmes majeurs et sa population est en partie concentrée sur la côte ouest. En effet, le climat est régi par la mousson qui est à la fois bienfaitrice puisqu’elle permet d’irriguer les terres mais sa puissance et son arrivée aléatoires la rendent dangereuse. De plus, Taïwan est fortement exposée aux risques sismiques ainsi qu’aux typhons.

Taïwan a une population de 21,5 millions d’habitants et une densité de 632 habitants au km2, ce qui place Taïwan dans les pays ayant l’une des plus importantes densités au monde. La population est divisée en trois sous-populations, il y a 84% de Han qui vivaient avant la colonisation Japonaise, 14% de Chinois qui sont arrivés après 1945 et 2% d’aborigènes.

L’histoire de Taiwan est un exemple qui illustre parfaitement la complexité de l’espace. Après trois siècles de domination chinoise, ou japonaise selon les époques, en 1947 l’île est assimilée par le Kuomintang, parti nationaliste chinois, dans le but d’asseoir leur pouvoir. Cette prise de pouvoir sera suivie d’une forte répression. En 1949, suite à la guerre civile entre les communistes et les nationalistes et la défaite des nationalistes, Tchang Kaï-Chek se réfugie sur l’île et entre en opposition directe avec le gouvernement de la République Populaire de Chine (RPC) créée en 1949. Suite à la perte de la Chine, le Kuomintang conserve son siège au conseil permanent de sécurité de l’ONU et la Chine de Formose est reconnue comme seule représentante de la Chine à l’ONU. Cette situation sera à l’origine de nombreuses tensions au sein de l’ONU telles que la politique de la chaise vide menée par Moscou pour dénoncer la non-reconnaissance de son nouvel allié, la République Populaire de Chine de Mao. En 1950, l’état d’urgence est déclaré et le processus démocratique suspendu et ce jusqu’au milieu des années 90. Le premier président, Lee Teng-Hui, est élu par suffrage universel en 1996.

Son histoire mouvementée a conduit Taiwan à avoir des relations politiques et internationales plus ou moins complexes avec une partie de la communauté internationale. 

  

       2. Le développement économique de Taiwan

Taïwan a un produit intérieur brut d’environ 15 600 $ par habitant (en 2006) alors qu’il y a 50 ans, le revenu par habitant avoisinait les 100$. Le taux de chômage est aux alentours de 4%.

Le développement de l’économie taïwanaise a débuté dans les années 70 avec l’émergence des quatre dragons (Taïwan, Singapour, Hong-Kong et la Corée du Sud). La production de ces pays était basée sur des produits électroniques basiques puis ils ont procédé à une remontée de filières ce qui leur permet d’être aujourd’hui à la pointe en matière de technologie, d’information et de communication avec des entreprises comme ASUS qui est le premier fabricant d’ordinateurs portables au monde ou Acer qui est le 3ème fabricant mondial d’ordinateurs de bureau.

De plus, Taïwan a connu une croissance d’environ 6% depuis 1990, ce dynamisme se traduit par d’importants investissements directs à l’étranger (IDE) sortants et Taïwan bénéficie d’environ 50 milliards d’IDE entrants. De plus, les IDE taiwanais en Chine représentent aujourd’hui 100 milliards de $ américain. On remarque aussi des flux commerciaux extrêmement importants à destination des principaux acteurs économiques mondiaux comme nous l’indique le schéma en annexe.

Ce développement a été favorisé par la mise en place d’importantes infrastructures de communications ainsi que le développement de grandes compagnies de transport, comme Evergreen qui est le 1er transporteur maritime mondial et 4ème transport aérien mondial, qui permettent à Taïwan d’exporter massivement. Taïwan est ainsi parfaitement intégré dans l’économie Sud Est Asiatique et mondiale ce qui lui permet d’être entièrement autonome d’un point de vue économique.

 

 

    II. Enjeux et perspectives politiques

 

  1.  Intérieur

La question du statut de Taïwan se transforme en crise sociale. En effet, il y a une opposition entre les deux principaux partis du pays. Il y a ainsi une division entre ceux d’opinion « chinoise » qui sont favorables à une réunification pacifique ; ceux qui sont « neutres » et veulent préserver le statut quo ; et ceux d’opinion « taïwanaise » qui veulent proclamer l’indépendance. Mais le poids de la menace militaire chinoise fait peser sur Taïwan une pression qui tend à faire accepter la réunification plutôt que de risquer la guerre.

On remarque par ailleurs une résistance et une peur de la réunification. Notamment parce que les Taïwanais ont peur du communisme et de son système totalitaire, que ce soit au niveau de la menace sur leur économie, leur niveau de vie, qu’au niveau du système politique communiste. Il y a aussi la peur de disparaître dans l’immensité du territoire chinois, de ne plus pouvoir être maître de soi. La peur d’être gouverné par Pékin et de n’avoir plus qu’à suivre.

Le poids des propagandes passées se fait également sentir, certains partis politiques n’hésitent pas à définir le Parti communiste chinois d’ «ennemi communiste sans honnêteté ».

 

       2. Relations internationales

Taïwan qui a son propre gouvernement et sa propre armée n’est pas reconnue par la communauté internationale comme un pays, qui se base sur le principe d’une seule et unique Chine. La Chine de Formose n’a été reconnue que de 1949 à 1971 lorsque le siège au conseil de sécurité permanent de l’ONU a été rendu à la République Populaire de Chine. Sa demande d’adhésion à l’Organisation des Nations Unis, le 23 juillet 2007, sous le nom de République de Chine, a été refusée en se basant sur ce même principe.

La reconnaissance de l’indépendance de Taïwan par les pays tiers (autres que la Chine) n’est pas claire : par exemple le World Factbook de la CIA mentionne Taïwan sur la liste des pays du monde, mais après les autres pays, qui eux sont classés par ordre alphabétique. La reconnaissance internationale ou non d’un État taïwanais est liée à la possibilité d’établir des relations diplomatiques. Actuellement, la République de Chine entretient des relations diplomatiques avec seulement 24 États, sur les 195 membres des Nations Unies.

À l’exception de ces 24 pays la majorité des pays du monde ne reconnaît que la Chine, depuis l’éviction de la République de Chine de son siège du conseil de sécurité de l’ONU car préalablement à l’ouverture de toute relation diplomatique, la République populaire de Chine (RPC) exige la reconnaissance du principe d’« une seule Chine ». Étant donné l’intérêt de la diplomatie en vue d’établir de meilleures relations commerciales, les Etats-Unis, l’Union Européenne (via son Parlement), la Russie et bien d’autres pays soutiennent explicitement ce principe. La Chine considère Taïwan comme une province rebelle. On peut dire que le poids économique croissant de la RPC constitue une des limites à l’indépendance de Taïwan.

Dans ce contexte de tension entre Taïwan et la République Populaire de Chine, une loi anti-sécession a été votée par le Parlement Chinois en mars 2005 pour parer à une éventuelle annonce d’indépendance de Taiwan. Cette loi a pour but d’institutionnaliser la politique de la RPC sur le problème du statut de Taïwan. La nouvelle loi insiste sur l’unification pacifique de la Chine et stipule les démarches à entreprendre par le Gouvernement de Pékin. Mais cette loi indique aussi que la RPC pourrait utiliser des moyens non pacifiques en cas d’actes d’indépendance de  la part de Taïwan.

Par la suite, en mai 2005, des accords ont été signés entre le Parti Communiste Chinois et les partis de l’opposition, le Kuomintang et le Qinmindang. Ces accords ont pour but de faciliter le rapprochement des familles entre Taïwan et la Chine, faciliter le commerce entre le continent et Taïwan via le retrait des droits de douanes et créer un rapprochement entre les deux armées.

 En ce qui concerne les relations entre Taïwan et le Japon, il n’y a aucune tension notable dans la mesure où les Taïwanais n’ont pas subi les mêmes exactions que les Chinois durant l’occupation. En effet, ce dernier n’a pas considéré Taïwan comme un ennemi héréditaire à détruire, mais comme une possession à développer ; l’occupation japonaise a permis l’éradication du brigandage. Lorsque les Japonais ont abandonné Taïwan à la fin de la seconde guerre mondiale, ils ont laissé sur l’île un début d’industrialisation avec des infrastructures de communications.

 

Ainsi l’avenir de Taïwan est divisé entre son indépendance et la puissance diplomatique croissante de la Chine qui a la ferme volonté de faire de cette île sa vingt-troisième province. Comme l’affirme Hu Jintao « Ce qui a appartenu à la Chine est Chinois », reste à savoir maintenant si la puissance économique taïwanaise suffira à faire face à cette volonté affichée de l’Empire du milieu, récemment promu au rang de troisième puissance mondiale.

 

 

 

Bibliographie :

Ministère de l’économie et des finances :http://www.missioneco.org/Taiwan/

Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Taiwan

Septimanie export : http://www.septimanie-export.com/fr/fiches-pays/taiwan/donnees-generales

Ministère des affaires étrangères : http://fr.wikipedia.org/wiki/Taiwan

 

Annexe 

taiwan

 

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