Fiche Pays – Afrique du Sud

 

1. INTRODUCTION 

L’Afrique du Sud est un état d’Afrique australe, bordé à l’ouest par l’océan Atlantique, à l’est par l’océan Indien, et est limité au nord par le Swaziland, le Mozambique, le Zimbabwe, le Botswana et la Namibie. C’est un état fédéral composé de 9 provinces : Cap-Nord, Cap-Est, Cap-Ouest, État libre, Kwazulu-Natal, Nord-Ouest, Mpumalanga, Gauteng et Limpopo.

Il n’est pas facile de résumer la riche histoire de l’Afrique du Sud en quelques lignes… Cependant, il est toujours intéressant d’évoquer les événements majeurs qui ont marqué l’histoire du pays pour mieux comprendre son environnement actuel.

Histoire 

L’Afrique du Sud, avant l’arrivée des Européens, est composée principalement de peuples bantous qui viennent du Delta du Niger. Les premiers royaumes remontent au Xe siècle et un des royaumes les plus connus et anciens, Mapungubwe, commerce essentiellement avec les ports de l’Afrique de l’Est, l’Inde et la Chine.

En 1652, la compagnie hollandaise des Indes orientales installent une station de ravitaillement maritime au Cap – un arrêt important sur le plan géographique et politique car c’était alors la seule route commerciale en provenance de l’Europe et des Amériques vers l’Inde, les « Iles aux épices » des Antilles et vers l’Orient.

Ultérieurement, les Néerlandais, les Britanniques et dans une certaine mesure, les Français, se sont affrontés pour le contrôle du Cap, les Britanniques ayant finalement triomphés en 1806. Les Boers néerlandais ont commencé leur périple vers l’arrière-pays pour échapper à la domination des Britanniques. C’était aussi le début du Mfecane (« l’affrontement ») des africains contre les Boers, qui a commencé dans le Zoulouland et encouragé par le militarisme grandissant du roi Chaka Zoulou. La situation du pays devient alors critique et les conflits et massacres s’accentuent.

Le 20ème siècle a vu la fin de la Guerre d’Afrique du Sud (aussi connue sous le nom de Seconde guerre des Boers) qui a eu lieu de 1899 à 1902 puis, la création de l’Union d’Afrique du Sud en 1910 où le général boer Louis Botha sera le premier chef de gouvernement. En 1912, l’ANC (Congrès national africain), un parti politique bantou, est fondé.

En 1948, le parti national remporte les élections et met en place la politique d’apartheid. En 1961, l’ANC débute la lutte armée contre le pouvoir en place dans laquelle s’engage Nelson Mandela. En 1963, celui-ci est arrêté et condamné à la prison à perpétuité. En 1986, une guerre civile éclate et l’état d’urgence est déclaré. Le pays fait l’objet de sanction économiques et se retrouve isolé sur le plan international.

En 1990, l’ANC et tous les mouvements noirs sont légalisés, et Nelson Mandela est libéré. En 1991, les dernières lois de l’apartheid sont abolies et en 1994, Nelson Mandela devient le premier président noir du pays. Il se retire de la vie politique en 1999 et laisse place à Thabo Mbeki, son ancien vice-président.

En 2009, celui-ci est remplacé par Jacob Zuma.

Ce dernier démissionne le 14 février 2018 et est remplacé par Cyril Ramaphosa.

Nom officiel : République d’Afrique du Sud

Capitale administrative : Pretoria

Autres grandes villes : Le Cap (capitale législative), Bloemfontein (capitale judiciaire), Johannesburg (capitale économique)

Nature du régime : parlementaire

Chef d’Etat : Cyril Ramaphosa (15 février 2018)

11 langues officielles : afrikaans, anglais, ndebele, sotho du Nord, sotho, swati, tsonga, tswana, venda, xhosa et zoulou

Monnaie : Rand sudafricain

Superficie : 1 219 090 km²

Données démographiques

Le pays compte près de 55,9 millions d’habitants en 2016 et possède un accroissement naturel de 1,6%. La population urbaine compose 65,3 % de la population totale. L’âge moyen y est de 24 ans.

Environ 80% de la population est d’origine noire africaine, moins de 10% est d’origine européenne, moins de 10% est métisse africaine, asiatique et/ou européenne et environ 2,5% est asiatique, principalement d’origine indienne.

Près de 80% de la population est chrétienne. Il existe des minorités hindouistes, musulmanes, juives, athées et des croyances africaines traditionnelles.

Personne ne sait exactement combien de non sud-africains résident dans le pays. Le gouvernement avance parfois le chiffre de 5 à 6 millions dont la moitié en situation irrégulière et majoritairement zimbabwéenne. Mais selon différents organismes, les chiffres seraient plus proches des 2 à 3 millions. Ces derniers affluent de toute l’Afrique : Zimbabwe, Mozambique, Namibie, Lesotho, mais aussi RDC, Somalie… Avec un taux de chômage à plus de 26%, les Sud-Africains vivant principalement dans les townships, ont souvent du mal à accepter la présence de ces étrangers, ce qui donne régulièrement lieu à des violences xénophobes.

2. RISQUE POLITIQUE

La constitution de l’Afrique du Sud semble solide, elle est d’inspiration loi anglaise, Common Law et de droit romain hollandais, Roman Dutch Law. C’est le pays le plus démocratique du continent africain et la constitution est l’une des plus efficaces du point de vue des droits de l’homme. Malgré la solidité légale, et même si l’Apartheid fait partie du passé, les tensions entre blancs et noirs sont une réalité et sont notamment dues aux immenses inégalités de richesses dans le pays (les blancs ont en moyenne des salaires 6 fois plus élevés que les noirs).

Tensions politiques internes :

Le président Jacob Zuma, reconduit au pouvoir en 2014 après la victoire confortable de l’ANC (parti largement dominant depuis la fin de l’apartheid), a été plus contestée que jamais en 2018, après, notamment, sa décision d’opérer un remaniement ministériel pour se séparer du Ministre des Finances Pravin Gordhan. Principal garant de l’orthodoxie budgétaire aux yeux des investisseurs et des institutions internationales, ce dernier était en désaccord avec Zuma, alors que les accusations de détournement de fonds publics et d’ententes secrètes avec le milieu des affaires à l’encontre du Président s’accumulaient. Les divisions internes du parti s’aggravent ainsi de jour en jour jusqu’à la démission de Jacob Zuma le 14 février 2018, et l’accession de Cyril Ramaphosa à la tête de l’Etat.

Pour autant, l’Afrique du Sud affiche des performances satisfaisantes selon les indicateurs de gouvernance de la Banque Mondiale, mais qui tendent à se dégrader notamment en matière de respect des lois. La criminalité (l’Afrique du Sud étant très souvent présente dans les classements des pays les plus dangereux au monde) et la corruption handicapent fortement le pays.

Dans le même temps, l’absence de réponse aux attentes de la population sur le chômage de masse, la pauvreté et la persistance d’inégalités demeure une source d’instabilité du pays.

Politique extérieure de l’Afrique du Sud :

L’Afrique du Sud est particulièrement impliquée en Afrique australe et dans la zone SADC (Communauté de développement d’Afrique australe). La stabilisation de la République démocratique du Congo, conçue comme la porte d’entrée de la SADC, est au cœur des priorités de l’Afrique du sud, qui participe à la brigade d’intervention au sein de la MONUSCO (Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo). Le commandant des forces de la MONUSCO est d’ailleurs, depuis 2016, le général sud-africain Derrick Mgwebi.

BRICS/G20 : Soucieuse de développer des partenariats au sein des pays du sud, l’Afrique du Sud s’investit beaucoup dans les BRICS afin de promouvoir une politique non-alignée. Le pays accueillera le 10è sommet des BRICS en 2018. Enfin, il est le seul état africain membre du G20.

3. RISQUES ECONOMIQUES ET FINANCIERS (données 2016)

PIB : 294,9 milliards USD

PIB par habitant : 5 273,59 USD

Taux de croissance : 0,3%

Taux de chômage : 26,6%

Taux d’inflation : 6,7%

Balance commerciale : 0,15% du PIB

Endettement de l’Etat : 52,4% du PIB

Principaux fournisseurs de l’Afrique du Sud en 2016 : UE à 28 (31%), Chine (18,1%), Etats-Unis (6,7%), Inde (4,2%), Arabie Saoudite (3,8%)

Principaux clients de l’Afrique du Sud en 2016 : UE à 28 (22,9%), Chine (9,2%), Etats-Unis (7,4%), Botswana (5%), Namibie (4,7%) L’Union Européenne (Allemagne, Royaume-Uni et France notamment) demeure ainsi le premier partenaire commercial de l’Afrique du Sud et une zone indispensable pour les exportations sud-africaines.

Comptant pour près de 20 % du PIB de l’Afrique sub-saharienne et 62 % de celui de l’Afrique australe, l’Afrique du Sud est en 2016 la 3ème économie d’Afrique en termes de PIB après le Nigeria et l’Egypte mais reste néanmoins la plus développée et la plus diversifiée.

Toutefois, le point bas de la croissance semble avoir été atteint en 2016. Mais les perspectives, si elles demeurent éloignées du potentiel de croissance (proche de 2 %), sont davantage encourageantes.

L’économie sud-africaine s’est originellement développée autour de l’exploitation de ressources naturelles abondantes. L’Afrique du Sud est le plus grand producteur et exportateur mondial d’or, de platine et de chrome d’Afrique, et le 4ème plus grand producteur de diamants. Le pays détient 70% des réserves mondiales de platine. La part du secteur minier dans le PIB s’est aujourd’hui légèrement réduite. Cependant, il constitue toujours l’un des secteurs clés de l’économie sud-africaine, la moitié des exportations restant constituées de minerais. Face à un secteur en perte de vitesse, le pays souhaite désormais assurer la transition d’une économie minière vers une économie plus diversifiée et plus compétitive.

On observe ainsi l’émergence d’un puissant secteur des services, notamment bancaire et financier. La bourse de Johannesburg est la 1ère du continent, la 17ème capitalisation au monde, et le secteur bancaire, globalement sain et convenablement capitalisé, constituent dorénavant des atouts majeurs de l’économie.

La consommation intérieure constitue traditionnellement l’un des principaux moteurs de la croissance, représentant 61 % du PIB. L’émergence d’une classe moyenne, qui a plus que doublé au cours des vingt dernières années, à près de 12 M d’individus, a principalement résulté de l’augmentation des prestations sociales et de la politique de discrimination positive mise en place au début des années 2000.

Les fondamentaux économiques – croissance, investissement, balance du compte courant – sont à un niveau inquiétant, et ce depuis longtemps. Les indicateurs sociaux et notamment le niveau du chômage (qui oscille entre 26 et 36 % selon la mesure adoptée) ne sont pas meilleurs, et l’inégalité persistante n’est que modérément atténuée par l’émergence d’une classe bourgeoise noire dépendante des contrats publics. C’est le paradoxe de la situation actuelle : le nouveau Cabinet nommé par CyrilRamaphosa affiche une volonté de revenir vers les politiques néolibérales dont l’échec à relever les défis du pays est en grande partie responsable de la montée des frustrations. Économiquement, trois dossiers demeurent sensibles : la question foncière avec l’émergence espérée d’une classe de petits fermiers noirs ; le maintient en l’état ou l’approfondissement de la Black EconomicEmpowerment ; enfin la lutte contre la corruption érigée comme une priorité par le nouveau gouvernement.

4. RISQUES GÉOGRAPHIQUES ET ENVIRONNEMENTAUX

Selon l’index de performance environnementale de 2016, l’Afrique du Sud occupe la 81è place sur 180 pays.

Pollution : La pollution de l’air et de l’eau qui résulte des activités minières pose des risques sérieux sur la population et leur environnement. Le secteur minier représente ainsi la plus grande source de pollution en Afrique du Sud, cette situation étant liée à une législation peu contraignante pour les compagnies.

Le pays consomme près de 40 % de l’énergie consommée en Afrique. Le charbon est de loin la source d’énergie la plus importante, dont le pays détient près de 4 % des ressources mondiales. L’Afrique du Sud qui a ratifié le protocole de Kyoto est ainsi responsable de plus de 38% des émissions de CO2 du continent africain.

Stress hydrique : La majeure partie du pays est aride ou semi-aride et l’absence de grandes rivières ou de lacs importants requiert de sévères mesures de contrôle de l’eau. Ainsi, l’eau constitue l’une des ressources les plus critiques pour l’Afrique du Sud : la forte et croissante demande excède les capacités de fournitures des réserves existantes.

Le développement durable n’est pas encore une priorité en Afrique du Sud et les enjeux environnementaux sont rarement traités sur la scène publique. Pourtant, les projections démographiques et économiques suggèrent bien que l’Afrique du Sud devra faire face à de grandes difficultés pour satisfaire les besoins en eau dans les décennies à venir, d’autant plus que cette ressource est aussi affectée par le changement climatique.

En 2017, l’économie sud-africaine a continué de subir les effets du phénomène climatique El Niño, qui a occasionné la pire sécheresse qu’ait connue le pays depuis 30 ans. Le Cap, l’une des plus grandes villes du pays est en proie à une sécheresse sans précédent, entraînant par la même occasion une importante crise de l’eau. L’Afrique du Sud, pourtant le plus gros producteur africain de maïs, a dû en importer cette année.

5. HARD POWER

Armée : L’armée sudafricaine est considérée par le classement Global Firepower comme la 46ème armée la plus puissante du monde avec environ 70 000 soldats. Ce chiffre est peu élevé et le fait qu’elle ne possède pas l’arme atomique ne permet pas à l’Afrique du Sud de significativement peser militairement sur le plan international.

Le pays est par ailleurs le seul état d’Afrique à être membre du G20. Son appartenance au Commonwealth est aussi une chose positive dans ses relations internationales. Sur le plan régional, l’Afrique du Sud est l’une des premières puissances économiques du continent. Son rayonnement diplomatique s’est accru avec l’élection en 2012 de Nikosazana Dlamini-Zuma (femme politique sud-africaine) à la présidence de l’Union Africaine, équivalent de la Commission européenne en Afrique. Le pays s’est engagé dans de nombreuses opérations de maintien de la paix en Afrique, notamment au Darfour, au Congo ou au Zimbabwe, ce qui lui a permis d’affirmer sa position de meneur politique dans le continent.

6. SOFT POWER

L’Afrique du Sud post-apartheid a réussi à bâtir un vrai soft power grâce à son exemplarité démocratique notamment avec : la réputation d’occuper une position moralement élevée, qu’elle doit à la façon pacifique dont sa propre transition après l’Apartheid a été négociée, à sa décision d’abandonner ses stocks d’armes nucléaires et à une politique étrangère inspirée des principes pour lesquels le mouvement de libération nationale s’était battue. Cela lui a donné une tribune d’où elle peut s’attaquer à plus grand qu’elle et être entendue – et ainsi se positionner sur la scène mondiale et devenir un interlocuteur privilégié pour les différents acteurs internationaux.

L’Afrique du Sud bénéficie également d’une influence forte en Afrique Sub-Saharienne. Son combat contre l’Apartheid et ses leaders comme Nelson Mandela, Robert Sobukwe ou encore Steve Biko ont fait du pays une référence de l’idéologie panafricaine.

Le pays est aussi bien présent dans les domaines de la musique (diversité des styles musicaux, ouverture mondiale), de l’art (scène du street art importante, préservation des arts traditionnaux ou encore création du premier plus grand musée d’Art contemporain en Afrique) et du sport. L’Afrique du Sud est surtout connue pour son équipe de rugby et son organisation de la coupe du monde de Football en 2010, faisant de lui le premier pays africain à organiser la compétition.

CONCLUSION – SWOT

Fort de ses liens commerciaux avec ses voisins et avec les pays de l’OCDE, l’Afrique du Sud est une véritable puissance économique et diplomatique à l’échelle régionale. Au niveau mondial, son rayonnement économique, diplomatique et culturel n’est que limité et en forte concurrence avec les autres pays des BRICS.

Forte auparavant d’une croissance à plus de 5%, son développement souffre de la crise économique mondiale, du ralentissement européen avec qui elle a des liens importants, et de ses problèmes politiques internes. En effet, le pays est un des plus inégalitaires au monde en termes de répartition des richesses. Un taux de chômage très élevé et des tensions persistantes entre les différentes communautés handicapent le bien-être social.

Toutefois, l’Afrique du Sud reste l’un des états les plus dynamiques d’Afrique, attirant de nombreux IDE, avec des institutions et des infrastructures performantes et des relations commerciales internationales relativement établies. Aussi, le gouvernement, après des années de délaissement, prend depuis 2010 d’importantes mesures afin de tenter de contrer le fléau du VIH qui touche plus de 10% de la population.

Si, après les troubles qui entachent sa stabilité intérieure, l’Afrique du Sud réussit à rassurer les investisseurs, elle pourra davantage augmenter son attractivité sur des domaines porteurs comme le commerce et le tourisme.

FORCES

FAIBLESSES

  • Puissance économique et politique régionale/continentale
  • Sol riche en ressources minières
  • Bonne diversification de l’économique et un secteur des services développé
  • Environnement législatif protecteur pour les investisseurs internationaux
  • Inégalités sociales
  • Insécurité et haut taux de criminalité
  • Pays ravagé par le VIH
  • Chômage élevé et pénurie de main d’œuvre qualifiée
  • Ralentissement de la croissance

OPPORTUNITES

MENACES

  • Position géographique favorable pouvant permettre un développement des échanges commerciaux internationaux via les ports maritimes
  • Potentiel dans le secteur du tourisme
  • Intégration dans la scène politique internationale (BRICS & G20)
  • Changement climatique : risque élevé de sécheresse
  • Tensions politiques internes grandissantes
  • Actualité des violences xénophobes envers les autres populations africaines

Références :

http://www.larousse.fr/encyclopedie/pays/Afrique_du_Sud/104193

http://www.lemoci.com/fiche-pays/afrique-du-sud/

https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/afrique-du-sud/presentation-de-l-afrique-du-sud/

http://www.coface.com/fr/Etudes-economiques-et-risque-pays/Afrique-du-Sud

https://saspecialist.southafrica.net/fr/fr/topics/entry/fr-brief-history

http://transnationale.eelv.fr/2014/07/06/quel-developpement-durable-pour-lafrique-du-sud/

www.banquemondiale.org/

PONS-VIGNON Nicolas, propos recueilllis par DIAWARA Malick et FORSON Viviane , « Afrique du Sud – Ramaphosa : les défis économiques qu’il doit relever », URL : http://afrique.lepoint.fr/economie/afrique-du-sud-ramaphosa-les-defis-economiques-qu-il-doit-relever-09-03-2018-2200976_2258.php

SIDIROPOULOS Elizabeth, L’Afrique du Sud sur l’échiquier mondial : “donateur” émergent et acteur géopolitique https://poldev.revues.org/962

Fiche pays – Zambie

 

LA ZAMBIE

Pays enclavé d’Afrique australe, la Zambie est principalement formée d’un ensemble de plateaux de 900 à 2 100 mètres d’altitude. La région basse du pays se trouve dans le sud, le long de la vallée du fleuve Zambèze. Le climat tropical est tempéré par l’altitude. Le pays est couvert de savane arborée. Le territoire zambien est bordé par les lacs Tanganyika et Mweru au nord-est et par le vaste lac artificiel de Kariba au sud. A l’intérieur, le pays compte aussi quelques lacs : au centre dans la région de Lusaka, et au nord-est avec le lac de Bangweulu.

 carte-zambie

INTRODUCTION:

 

Hymne national: Stand and Sing of Zambia, Proud and Free

Devise national : Une Zambie, une nation.

Indépendance du Royaume unis (24 octobre 1964)

Fête national : 24 octobre

Forme de l’état : République                                                                                        

Langue officiel : l’anglais (et les principales langues bantoues : bemba, nyanja, tonga, lozi,..)

Capital : Lusaka

-9 provinces 

Groupes ethniques : plus de 70. Essentiellement bantous. (pas de pression ethniques particuliaire.)

-Ethnies matrilinéaires : les Lozis (Ouest – 8%), les Bembas (Nord-est – 36%), les Tongas (sud-ouest – 15%) et les Ilas (Sud).

-Ethnies patrilinéaires (arrivé après) : les Kololos principalement et les Ngonis (originaire du Natal)

Superficie totale 752 614km2

Population totale : 13 046 508 habitants

Densité 18hab/km2

IDH : 2013 : 0,44 et 2014 : 0,45. (163ème  sur 169 pays classés en 2012.)

RNB/Habitant : 1490$/habitant

Espérance de vie : environ 45 ans (en 2013)

Taux d’alphabétisation : 71,2%

Croissance démographique : 2,8 à 3% (2012)

Monnaie : Kwacha Zambien (ZMW) 1€=6535,35 KMW / 1$ = 5043,95 KMW

Principales ressources : Cuivre, cobalt, pierres précieuses…

Religion : christianisme (religion officielle) : catholiques 35 %, protestants 55 % ; religions traditionnelles et islam 10 %, le reste de la population restent acquis aux religions traditionnelles africaines.

 

1. EVALUATION DU RISQUE POLITIQUE  

 

  • La stabilité gouvernement et des institutions :

La Zambie est une république parlementaire dont le droit est fondé sur le système britannique. Tous les citoyens de plus de 18 ans peuvent voter, et le scrutin présidentiel est uninominal à un tour. Chaque président est limité à 2 mandats de 5ans. Le pouvoir législatif est exercé par une seule Chambre composée de 150 sièges renouvelés tous les 5 ans.

Ancienne Rhodésie du Nord, la Zambie se distingue des autres pays de la région par sa stabilité notamment politique: cinq Présidents ce sont succédés en 47 ans dont Michaël Sata du Patriotic Front, élu en septembre 2011, dans le cadre d’une nouvelle alternance.

Sa campagne était axée sur la lutte contre la corruption, l’amélioration du pouvoir d’achat et la création d’emplois. Ces dernières élections ont renforcé les pouvoirs démocratiques de la Zambie.

En plus du président de la république,il y a deschefs traditionnels, qui commandentencore beaucoupde respect, maisdétiennentpeu de pouvoirde décision, sauf quand il s’agit dela distribution des terres. 

 

  • Le niveau de corruption

Un degré proche de 100 signifie que la corruption est faible ou qu’elle n’exerce pas une limitation sur la liberté individuelle, à l’inverse, plus il est proche de 0, plus la corruption est grande et limite fortement la liberté des individus. Au Zambie, on peut voir que le niveau de corruption a augmenté depuis 1999 mais depuis 2009, elle diminue et limite donc un peu moins la liberté individuelle. C’est en 2005 qu’on enregistre le plus bas degré donc la période avec la plus forte corruption et  limitation sur la liberté individuelle (25).

La Zambie est un pays ou la corruption est élevée, c’est donc devenu une des principales préoccupations du président élu en 2011 le but était de la faire baisser pour créer un environnent favorable à un développement économique et social mais aussi pour améliorer la prestation des services au peuple zambien. Le gouvernement de M. Sata a renforcé le cadre juridique contre la corruption par des lois. Il y a moins de plaintes pour corruption attribué à une meilleure sensibilisation de l’opinion publique sur ce que constitue la corruption. Deux anciens ministres ont été renvoyés pour corruption, cela montre que le gouvernement ne soutient la corruption et qu’il est prêt à faire passer le pays à autre chose.

En 2012, l’indice de perception de corruption est de 37 %, le Zambie est au 88ème au rang mondial alors qu’en 2011 il était au 91ème rang.

 

  •         La politique externe :

Pays enclavé et stable, mais entouré de voisins connaissant des troubles, la Zambie est attachée à la paix et à la stabilité régionales. Présente lors des opérations de maintien de la paix de l’ONU au sein de la Mission des Nations unies et de l’Union africaine au Darfour (MINUAD), la Zambie est aussi membre actif dans les organisations régionales (l’Union Africaine, la SADC et le Marché Commun de l’Afrique de l’Est de l’Afrique Austral).

La Zambie entretient des liens politiques et économiques étroits avec la Chine, 3ème investisseur dans le pays, très présente dans les mines de la Copperbelt.

La Zambie accueille traditionnellement les réfugiés dont le flux a été alimenté ces dernières années par l’instabilité en République Démocratique du Congo et au Zimbabwe (fin juin 2012, 34 000 réfugiés et 500 demandeurs d’asile).

 

  • Les conflits  externes et pays voisins entrainant un risque potentiel :

Dans la région, il vaut mieux éviter les régions frontalières de l’Angola et de la République démocratique du Congo, car les longues guerres civiles dans ces pays ont eu un effet déstabilisateur dans les régions limitrophes. La frontière avec l’Angola est partiellement minée. De plus on trouve également des mines terrestres dans la zone frontalière avec le Mozambique, ainsi que dans quelques régions reculées de la Southern Province et de la Central Province. Il est conseillé d’utiliser exclusivement les routes très fréquentées. Mais il n’y a pas des conflits importants entre la Zambie et les autres pays ni à l’intérieur du pays.

 

  • Les conditions de sécurité dans le pays lié à la criminalité et au terrorisme :

Le niveau moyen annuel d’homicides (mort délibérément infligée à une personne par une autre personne y compris l’infanticide) est de 4,2 sur 10 entre 2009 et 2012. C’est en 2012 qu’on enregistre le plus haut taux (niveau 5) et en 2009 le plus bas (niveau 3).

Il y a des violences urbaine « habituelles », pickpockets mais la sécurité est globalement correcte en journée. Les vols et les agressions à main armée se multiplient, surtout dans les grandes villes. On note aussi une recrudescence des vols de voitures perpétrés sous la menace, voire accompagnés de violences. Il existe des risques terroristes mais ils sont faibles.

 

1. EVALUATION DES  RISQUES ECONOMIQUES ET FINANCIERS

 

Le PIB par habitant Le taux de croissance du PIB Le taux d’inflation annuel Le solde budgétaire* Le solde courant* La dette externe* Le solde commercial* La stabilité du taux de change
1058,81 7,8 % 6,9 % – 5 – 3,8 31,1 17,16 instable

*en % du PIB

 

  • Le PIB par habitant

 En Zambie, le PIB par habitant estimé en 2013 s’élève à 1058,81 euros. Il serait inutile et non significatif de comparer ce chiffre avec celui des autres pays car on ne prendrait pas en compte certains facteurs indispensables comme le pouvoir d’achat et le coût de la vie. C’est pourquoi nous avons utilisé le PIB par habitant basé sur les taux de parité des pouvoirs d’achat pour comparer la Zambie avec le reste du monde.

 

On constate qu’il s’élève à environ 1683$ (soit environ 1212€), ce qui le positionne parmi les 30 pays où le PIB/habitant relatif au taux de parité des pouvoirs d’achat est le plus faible sur un effectif de 207 pays. Sur ce graphique, on constate que le PIB par habitant a augmenté de plus de 1000$ en 50 ans, soit de 600%.

 

  • Le taux de croissance du PIB
Le taux de croissance du PIB étant de 7,8%, la Zambie fait partie des 20 pays où le taux de croissance du PIB est le plus élevé. Cela s’explique par le secteur du bâtiment qui est de plus en plus actif et donc de plus en plus rentable dans le pays mais aussi grâce à la production de cuivre. On constate que le taux de croissance du PIB est très irrégulier jusqu’en 1998, il a tendance en suite à augmenter de façon plus ou moins régulière depuis 2000.

 

  • Le taux d’inflation annuel

Le taux d’inflation s’élève à 6,9% pour l’année 2013, chiffre en baisse constante depuis 1999. En économie, une baisse du taux d’inflation signifie une augmentation du pouvoir d’achat, donc une éventuelle augmentation du PIB par habitant et un meilleur niveau de vie.

 

  • Le solde budgétaire

Le solde budgétaire est de – 5 en pourcentage du PIB en Zambie. Cela signifie que le pays est en déficit. Cela peut paraître grave mais la plupart des pays du monde sont en déficit dû à la situation de crise actuelle. Notons que la France relève un solde budgétaire de -7,5 en pourcentage du PIB.

 

  • La dette externe

Elle représente 31% du PIB de la Zambie soit plus du quart. Si on compare à celui de la France qui est de 91% du PIB et à celui de la Lybie qui est de 4,3%, on peut dire que ce chiffre n’est pas alarmant mais qu’il doit être surveillé car il demeure important et pourrait avoir de graves conséquences sur l’économie zambienne.

 

  • Le solde commercial 

Le solde commercial de la Zambie s’élève à 17,16 % du PIB. Cette donnée signifie que le pays exporte plus qu’il n’importe. On dit alors que la balance commerciale de la Zambie est excédentaire ce qui est un point positif pour le pays. Le cuivre est le pilier de l’économie zambienne depuis les années 1930. Le secteur du cuivre ne représente que 10% environ du PIB mais assure quelque 80% des recettes d’exportation et 10% de l’emploi formel. C’est donc le principal atout de la Zambie.

 

 

  • La stabilité du taux de change

 

Depuis 2008, le taux de change a tendance à être moins instable en Zambie. Cependant on note que depuis janvier 2014, il n’a cessé d’augmenter. Cette instabilité, bien que moins forte qu’en 2006, relève d’une incertitude de l’économie zambienne. Une instabilité des taux de change rend les banques relativement prudentes à l’égard des entreprises et celles-ci ont donc du mal à trouver des investisseurs. 

(La monnaie de la Zambie est le kwacha à 1 kwacha = 0,0001 euro)

 

Aujourd’hui, la Zambie est considérée comme la 9ème puissance africaine et la 93ème puissance mondiale. Bien qu’elle soit aujourd’hui en progrès sur le plan économique (hausse du PIB…), la Zambie doit poursuivre ses efforts afin de s’aligner un jour, parmi les plus grandes puissances africaines puis les plus grandes puissances mondiales.

Avec l’aide du FMI, la Zambie a rationnalisé sa politique budgétaire ces dernières années et cela lui a permis d’améliorer sa compétitivité sur le marché mondiale du cuivre notamment. La Zambie est un pays doté de nombreuses ressources encore inexploitées comme l’hydroélectrique qui représente pour elle un potentiel majeur.

 

1. RISQUES GEOGRAPHIQUES ET ENVIRONNEMENTAUX

 

  • Les risques sismiques et géologiques 

Selon des études scientifiques, les risques sismiques en Zambie sont modérés, voire faibles. La Zambie est proche d’une zone où le risque de tremblement de terre est fort.

Si un séisme survenait, cela provoquerait une véritable catastrophe humaine mais aussi un désastre économique. En effet, 60% de la population active travaille dans le domaine agricole et la part de rendements représente 20% du PIB. L’exploitation du cuivre représente 50% du PIB zambien, le maintien de ces ressources est donc primordiale.

 

  • Les risques sanitaires et épidémiques

En Zambie, l’espérance de vie ne s’élève qu’à 49 ans par personne, ce chiffre peut être expliqué par plusieurs facteurs.

La Zambie est touchée par de nombreuses épidémies. Selon une étude, environ 1,1 millions de Zambiens vivent avec le syndrome du VIH soit plus de 7% de la population. Il cause la mort de plus de 50 000 zambiens chaque année.

On peut constater un problème d’accès aux soins médicaux. En effet, on ne compte que 0,1 médecin pour 1000 habitants alors qu’en France on compte 3,33 médecins pour 1000 habitants. C’est pourquoi les vaccins sont rares, on a donc relevé un fort taux de femmes atteintes par le cancer du col de l’utérus qui représente la deuxième maladie la plus mortelle chez les femmes.

Enfin, la principale cause de mortalité en Zambie est le paludisme. Cette maladie est due à des parasites transmis à l’homme par des piqûres de moustiques infectés, elle fait plus de 500 000 victimes en Zambie chaque année. 

 

  1. 1.  EVALUATION DU HARD POWER  
  • Pouvoir militaire

La Force de défense zambienne « Zambian Defence Force » (ZDF), se compose de l’ Armée Zambienne (Zambian Army) , l’ Armée de l’Air « Zambian Air Force » (ZAF) , et Service national zambien « Zambian National Service » (ZNS). La ZDF est conçue principalement pour la défense intérieure en Zambie. La Zambie n’a pas de marine de guerre en raison de son enclavement.

 

Divisions Militaires Armée, armée de l’Air, Police, Forces paramilitaires
Effectifs disponible pour le service militaire Hommes (16-49 ans) : 3 041 069 (est. 2010)Femmes (16-49 ans) : 2 948 291 (est.2010).Total : 5 989 360
Effectifs militaires aptes au service militaire Hommes (16-49 ans) : 1 745 656 (est.2010)Femmes (16-49 ans) : 1 688 670 (est.2010)Total : 3 434 326
Personnels actifs 16 500 (est. 2011)
Dépenses militaires en dollars 320 millions de $ (est.2012)
Dépenses militaires (pourcentage du PIB) 1,55 % (2012), selon La Banque Mondiale

 

Comme toutes les branches de l’armée zambienne, les citoyens de la nation sont tenus de s’inscrire à l’âge de 16 ans. Les citoyens peuvent se joindre dès 16 ans avec le consentement des parents ou à 18 ans lorsque ces derniers sont classés comme adultes par la Zambie. Il n’y a pas de conscription. Les candidats doivent être citoyens zambiens. Les candidats doivent également subir un test pour le VIH. 

 La Zambie dispose d’une force de défense constituée de 16 500 personnels actifs. Les dépenses militaires (selon le SIPRI) s’élèvent à 320 millions de dollars en 2012. Ces dépenses comprennent notamment toutes les dépenses courantes et en capital pour les forces armées, y compris les forces de maintien de la paix; ministères de la défense et autres agences gouvernementales engagées dans des projets de défense; forces paramilitaires et des activités spatiales militaires.

 

L’armée zambienne est divisée en :

  • 3  brigades
  • 1  régiment blindé composé d’un bataillon de chars et 1 bataillon blindé de reconnaissance.
  • 9  bataillons d’infanterie (dont 3 bataillons de réserve)
  • 1 Régiment d’artillerie (1 bataillon Lance-roquettes multiple (LRM) et deux bataillons d’artillerie sur le terrain)
  • 1 Régiment des ingénieurs

 

L’Armée de l’air de la Zambie « Zambian Air Force » (ZAF), établie en 1968, a pour principales missions de défendre les frontières de la Zambie et de protéger son espace aérien. En outre, elle offre diverses formes de soutien aérien, la reconnaissance, le transport des missions pour la police et procède à une évacuation des fournitures médicales et du personnel dans les zones inaccessibles. Enfin, l’organisation assure le transport d’urgence en cas de besoin.

Les 5 grandes bases aériennes sont : Livingstone, Lusaka, Mbala, Mumbwa et Ndola.

 

  • Poids du pays dans les institutions internationales

La Zambie est un pays enclavé et stable mais entouré de voisins subissant des troubles. La paix et la stabilité régionale sont alors des notions importantes pour le pays. Cela se traduit notamment par une contribution significative aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, avec 216 personnels en janvier 2013, dont 157 principalement de police, au sein de la Mission des Nations unies et de l’Union africaine au Darfour (MINUAD).

La Zambie est un membre actif des organisations régionales, notamment l’Union Africaine, la SADC et le Marché Commun de l’Afrique Orientale et Australe, (COMESA, qui a son siège à Lusaka). La Communauté pour le développement de l’Afrique australe (CDAA) et le COMESA s’orientent tous deux vers des unions douanières, et la participation de la Zambie à ces deux organismes en même temps peut s’avérer difficile à maintenir. Le pays est également membre du Mouvement des Non-Alignés.

Du fait de son statut de PMA, la Zambie bénéficie d’une aide importante de la communauté internationale. Elle est très dépendante de l’aide extérieure en raison de l’explosion démographique et l’ampleur de la dette extérieure.

Les Etats-Unis, le Japon et la Norvège sont les trois premiers donateurs bilatéraux, tandis que l’Union Européenne et la Banque Mondiale sont les deux principaux bailleurs multilatéraux. Le total des aides à la Zambie s’est élevé en 2007 à 556 millions USD, soit 4.9 pour cent du PIB.

La Zambie entretient des liens politiques et économiques étroits avec la Chine, 3ème investisseur dans le pays (après l’Afrique du Sud et le Royaume-Uni), très présente dans les mines de la Copper Belt, qui fournissent l’essentiel des ressources commerciales du pays. Enfin, le Président Sata affiche une relation amicale avec Robert Mugabe et une proximité envers la politique du président Zimbabwéen.

Concernant ses relations commerciales avec l’Union Européenne, la Zambie fait partie du groupe de négociations « Afrique orientale et australe » (ESA) dont certains membres ont signé le 31 août 2009 un accord de partenariat économique intérimaire. La Zambie a paraphé l’accord fin 2007 mais n’a soumis son calendrier d’accès au marché qu’en septembre 2008. Elle applique l’accord intérimaire depuis décembre 2008 mais n’est pas décidé à le signer, se désolidarisant ainsi d’autres pays de la région. L’offre d’accès au marché devrait libéraliser 80 % de la valeur des importations zambiennes en provenance de l’UE d’ici 2015.

 

  • Technologies et innovations

Zambie – Indice de l’économie du savoir

L’indice de l’économie du savoir de la Zambie s’élève seulement à 2,56 en 2012, contre 3,71 en 1995. (Index, 0=le plus bas et 10 le plus élevé en 2012).
Cependant, l’indice de l’économie du savoir de la Zambie en termes d’innovation s’élève à 2,09 en 2012, contre 1,98 en 2000. (Index, 0=le plus bas et 10 le plus élevé en 2012).

L’inadaptation des infrastructures est l’une des grandes préoccupations des habitants et des gouvernementaux. Cependant, plusieurs projets de réhabilitation des routes, financés en grande partie par les aides, sont en cours.

 

1. EVALUATION DU SOFT POWER

  • Reconnaissance culturelle

La Zambie a bénéficié d’une reconnaissance officielle culturelle avec la Charte de la renaissance culturelle africaine par UNESCO. En effet, la Zambie est signataire de cette charte adoptée par la Sixième Session Ordinaire de la Conférence tenue le 24 janvier 2006 à Khartoum (Soudan).

Cette charte a mis en place divers objectifs, tels que l’idée de promouvoir la liberté d’expression et la démocratie culturelle qui est indissociable de la démocratie sociale et politique, ou encore l’idée d’encourager la coopération culturelle internationale pour une meilleure compréhension entre les peuples à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Afrique.

  • Vecteurs d’influences
  • Médias

Les médias audiovisuels ont bénéficié d’une certaine libéralisation au cours des années 90. La réception des émissions télévisées est limitée aux zones urbaines et son coût est excessif. C’est pourquoi la radio est le média qui relaie le mieux l’information nationale et internationale dans tout le pays. L’arrivée de nouvelles technologies (satellitetéléphone portableInternet) contribue à la mondialisation de la culture. Concernant la Zambie, les contenus proviennent le plus souvent de son voisin, l’Afrique du Sud, ou du Nigeria, et également des États-Unis qui sont omniprésents. La société zambienne sous tous ses aspects est fortement soumise à ces influences.

 

Zambie – Nombre d’internautes

(Recense le nombre de personnes se connectant à l’Internet)

 

  Zambie Rang Afrique Rang monde
Nombre d’internautes (2011) 1 549 620 n°14 sur 54 n°97 sur 195
  Zambie Rang Afrique Rang monde
Téléphone mobile      
Nombre d’abonnés (2011) 8 164 553 n°21 sur 54 n°83 sur 195
Taux de pénétration (2011) 60,59 % n°25 sur 54 n°140 sur 195
Téléphone fixe      
Nombre d’abonnés (2010) 90 100 n°29 sur 54 n°141 sur 195
Taux de pénétration (2010) 0,64 % n°37 sur 54 n°162 sur 195

 

 

Par comparaison avec d’autres pays comme le Nigeria ou l’Afrique du Sud, la Zambie n’a accédé que tardivement à une culture de l’écrit, notamment en raison du poids de la tradition orale, des obstacles économiques et de l’analphabétisme qui persiste dans les zones rurales.

Cependant, les supports les plus lus restent les journaux, même si plusieurs titres, tel le Times of Zambia, sont contrôlés par le gouvernement. The Post, avec son slogan « the Paper that digs deeper », est le quotidien privé le plus populaire. Les périodiques ne touchent pas les régions les plus reculées et, devenus onéreux, ils ne sont pas à la portée de tous, même si chaque exemplaire a généralement plusieurs lecteurs. En 2009, le classement mondial sur la liberté de la presse établi chaque année par Reporters sans frontières situe la Zambie au 97e rang sur 175 pays.

 

 

Zambie – Indice de la liberté de la presse

 

Selon l’organisme Reporters sans frontières, sur l’ensemble de la période 2002-2010, on enregistre une moyenne annuelle de 23,7. C’est en 2004 qu’on enregistre le plus haut niveau (29,8) et en 2008 qu’on enregistre le plus bas niveau (15,5). Cependant par comparaison, sur la même période 2002-2010, on enregistre une moyenne annuelle de 51,9 pour le Zimbabwe.

Cet indicateur reflète le degré de liberté dont bénéficient les journalistes et les médias de chaque pays et les moyens mis en œuvre par les États pour respecter et faire respecter cette liberté.

 

  • Cinéma

La production cinématographique de la Zambie reste très modeste, mais la première édition du Festival international du film de Zambie s’est déroulée à Lusaka en 2006. Lusaka possède aujourd’hui (est.2010) un cinéma multiplexe, installé dans un centre commercial construit en 2004 et doté de cinq salles.

De plus, « Mystic Pictures » est une compagnie zambienne de film et membre de la commission du film du Cap en Afrique du Sud. Cette compagnie travaille avec différentes équipes de films et télévision à travers le monde. La maison de production est affligée avec le Conseil national des arts de la Zambie et les membres sont accrédités par les services nationaux d’information zambienne.

 

  • § ONG

La Zambie bénéficie de nombreux plan d’intervention d’organisation non gouvernementale. Elles agissent dans différents domaines tels que l’éducation, agronomie, enseignement, gestion, construction, santé. Elles défendent principalement le droit des enfants et lutte contre la pauvreté et la justice.

Exemples d’aides provenant d’ONG en Zambie :DanChurchAid (Danemark), Fidesco (10 pays dont Etats-Unis, Australie, France, Royaume Uni…),GVEP International (Angleterre),Pain et Eau pour l’Afrique (France)…

 

1. CONCLUSION ET SWOT

Forces

Faiblesses

-stabilité politique (démocratie)-matières premières abondantes (cuivres)-plusieurs ethnies (richesse culturelle)-armée indépendante-population jeune

 

 

-criminalité-pauvreté-enclavement-pays pauvre et un des moins développés au monde-risques sanitaires et épidémiques importants

-économie assez faible, basé sur l’agriculture

-Faible espérance de vie

 

Opportunités

Menaces

-potentiel pour les investissements-potentiel dans l’industrie du cuivre et dans l’hydroélectrique (pas encore exploité du tout)-développement des secteurs liés aux exportations-aide international importante (FMI, …)-membre du Commonwealth

-aide des organismes internationaux (FMI..)

-ONG

 

-commerce de contrebande-dépendantes des aides extérieurs-dépendantes des autres pays au niveau du commerce 

 

 

Aujourd’hui, la Zambie est un pays stable à différents niveaux, considérée comme la 9ème puissance africaine et la 93ème puissance mondiale. Bien qu’elle soit en progrès sur le plan économique (hausse du PIB…), la Zambie doit poursuivre ses efforts afin de s’aligner parmi les plus grandes puissances africaines puis les plus grandes puissances mondiales.

Avec l’aide du FMI, la Zambie a rationnalisé sa politique budgétaire ces dernières années et cela lui a permis d’améliorer sa compétitivité sur le marché mondiale du cuivre notamment. La Zambie est un pays doté de nombreuses ressources encore inexploitées comme l’hydroélectrique qui représente pour elle un potentiel majeur et la tendance démocratique de la politique du pays lui permet une grande marge de manœuvre.

En plus de son retard économique sur le reste du monde, la Zambie doit régler de nombreux problèmes sociaux et sanitaires. Bien que les chiffres sanitaires ne soient pas en baisse, le système de santé de la Zambie offre des politiques intéressantes depuis la décentralisation. Mais afin de réaliser ces projets, la Zambie a besoin de temps et d’un soutien financier de la part de l’ONU.

La Zambie est donc un pays en retard de développement mais qui semble avoir un avenir plutôt prometteur.

 

1. POUR ALLER PLUS LOIN

 

Ci-dessous trois liens qui vous permettront d’approfondir certains points sur la Zambie :

http://www.afrik.com/zambie-48-ans-d-independance-grace-au-gandhi-africain

http://www.jeuneafrique.com/Gouvernement-pays_101_zambie

http://www.jeuneafrique.com/Chronologie-pays_101_Zambie

 

SOURCES :

Sites internet :

 

Bibliographie:

  • L’art zambien (Ambassade de France en Zambie et au Malawi)
  • Desserte collective des quartiers pauvres en Zambie, un long apprentissage -Anne Bousquet (Flux n°56/57 Avril – Septembre 2004 pp. 71-86)

Fiche pays – Mozambique

INTRODUCTION

Ancienne colonie portugaise, le Mozambique est indépendant depuis le 25 juin 1975. Après 16 ans (de 1977 à 1992) de guerre civile, qui se sont terminés par les accords de paix de Rome le 4 octobre 1992, le pays s’ouvre sur une période de stabilité et de développement économique. Le pays se trouve en Afrique australe, ouvert sur la mer et proche de l’Afrique du Sud.

 mmozamb

Le Mozambique est une république avec pour président Armando Emilio GUEBUZA qui a été réélu en 2009. Il est entouré par l’Afrique du Sud, le Swaziland, le Zimbabwe, le Malawi, la Zambie et la Tanzanie. Il a pour capital Maputo une ville portière dit un arrière-pays, puisqu’elle présente une zone d’influence et d’attraction économique par son port. Sa langue officielle est le portugais et a pour monnaie le metical.

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Son drapeau a été adopté le 1er mai 1983. Avec le Guatemala, son drapeau est l’un des seuls Etats au monde sur lequel est représenté un fusil. Il est constitué de 5 couleurs, le noir pour le continent africain, le jaune pour les richesses minérales, le vert pour les richesses agricoles, le blanc pour la paix et le rouge pour le combat du peuple pour l’indépendance. On retrouve aussi une étoile jaune pour la solidarité du peuple et la croyance du peuple au socialisme, le livre pour l’éducation, la houe pour les pays et l’agriculture et le fameux fusil, un AK-47 pour la détermination du peuple à protéger sa liberté.

En ce qui concerne son indice de développement humain, il était de 0,322 en 2011. Depuis 2 000 le pays a connu une augmentation de 2% par an, en sachant qu’à la base le Mozambique a un IDH faible, et ce à cause des précédents conflits, ce nouveau chiffre montre une forte amélioration.  En effet, il y a  eu d’importants progrès en termes de présence à l’école, de durée de vie (qui passe de 42 ans en 1997 à 52 en 2013).

Néanmoins dans les 104 pays couverts par l’Indice de Pauvreté Multidimensionnelle, on estime à environ 1,56 milliard les personnes vivant dans une pauvreté multidimensionnelle. Les pays dont le pourcentage « IPM pauvre » est le plus élevé se trouvent tous en Afrique : Éthiopie (87 %), Libéria (84 %), Mozambique (79 %) et Sierra Leone (77 %).

II- Une évaluation du risque politique

  1. 1.      La stabilité du gouvernement et des institutions

Le président actuel Armando Guebuza est au pouvoir depuis 2005. Il est aussi à la tête du Frelimo, parti qui dirige le pays depuis son indépendance en 1975. S’y opposant les actions du Renamo, parti traditionnel d’opposition qui s’est opposé au Frelimo pendant la guerre civile (jusqu’en 1992), se sont multipliées depuis 2012. Leurs moyens restent relativement limités, mais peuvent néanmoins affecter l’économie du pays (avec par exemple le blocage de la seule voie de chemin de fer permettant le transport du charbon). Par ailleurs, la perspective des élections d’octobre 2014 pourrait raviver les tensions entre les deux mouvements.

De plus, les incertitudes pèsent sur la succession d’A. Guebuza qui ne peut, selon la Constitution, pas briguer un troisième mandat. Il a pourtant été reconduit pour cinq ans à la tête de son parti en septembre 2013, laissant présager une possible réforme de la Constitution lui permettant de se présenter aux prochaines élections.

  1. 2.     Les conditions socio-économiques

Les Mozambicains cultivent et consomment le manioc, l’igname, le maïs et différentes sortes de millets. En effet, 81% de la population active travaille dans le secteur primaire, et il représente 28.8% du PIB en 2010. Géographiquement parlant, le climat est subtropical, caractérisé par des étés chauds et humides et des hivers courts et doux. Le relief est constitué de plaines côtières, avec une altitude plus élevée au centre, des hauts plateaux au nord-ouest, et montagneux à l’ouest.Les ressources naturelles sont le charbon, le titane, le gaz naturel, l’énergie hydraulique, le tantale, et le graphite.

Pour ce qui est de l’exploitation des sols, les Mozambicains font partie des peuples dont l’agriculture est le plus important. La plupart se nourrissent de leur récoltes ou revendent sur les marchés leur production.

– terres cultivées : 5,43 % (est. 2005)

– cultures permanentes : 0,29 % (est. 2005)

– terres irriguées : 1 180 km2 (est. 1993)

En termes de gouvernance, l’environnement des affaires reste difficile. Le Mozambique est relativement moins bien classé que ses principaux voisins (à l’exception du Zimbabwe) selon les indicateurs de gouvernance de la Banque Mondiale. Le pays pâtit de la persistance de la corruption ainsi que des performances médiocres des services publics et du système judiciaire.

  1. 3.     Les conflits internes

Bien que les différentes ethnies soient présentes au Mozambique, ce ne sont pas eux qui causent directement des problèmes, mais plutôt des segments intra ethniques choisissant les uns la RENAMO, les autres le FRELIMO pour des raisons d’histoire locale parfois anciennes.

On peut aussi citer des conditions de sécurité des plus compliquées dans le pays, depuis juin 2013, la situation dans la province de Sofala, par exemple, est tendue suite aux accrochages violents entre les partisans du Renamo (le parti principal de l’opposition et ancien mouvement rebelle) et les forces de l’ordre. Les voyages non-essentiels vers la province de Sofala, à l’exception de la capitale régionale Beira seront donc déconseillés.

  1. 4.     Le niveau de corruption

 

L’indice de perception de la corruption, développé par  l’ONG Transparency International, correspond à 2 ,6 sur la période 2000-2006. Sachant que 0 représente un niveau de corruption très élevé et 10 un niveau de corruption très faible.

 

  1. 5.     Les conditions de sécurité dans le pays lié à la criminalité et au terrorisme

La pratique d’enlèvements contre rançons existe au Mozambique et a augmenté récemment, notamment à Maputo. A ce stade, les étrangers résidant au Mozambique n’ont pas été particulièrement visés, mais le risque d’être victime de ce type de crime ne peut pas être considéré comme nul.

Les crimes perpétués : vols, effractions, vols de véhicules perpétrés sous la menace, voire accompagnés de violence, attaques à main armée dans les villes et sur les routes de province ne cessent d’augmenter. C’est à Maputo, dans le centre commerçant et dans sa banlieue industrielle, Matola, que l’insécurité est la plus grande.

Le Mozambique a fait partie des pays les plus minés au monde, en raison de la guerre civile qui s’y est déroulée de 1977 à 1992. Le déminage a cependant beaucoup progressé ces dernières années. Les sites minés font l’objet d’une signalisation et il convient d’être vigilant lors de déplacements en province en dehors des routes et des zones urbaines.

 

III- Une évaluation des risques financiers

Le Mozambique est un pays qui connait un PIB de 14.2 Milliards de dollars en 2012, de plus son PIB par habitant, toujours en 2012 est de 1 169 dollars.

Il connaît une forte croissance démographique (2.8 % par an), avec environ 300 000 nouveaux arrivants sur le marché du travail chaque année. La croissance est tirée par des projets à forte intensité de capital, en particulier dans les industries extractives. Le taux global de chômage s’établit à 27 %. L’économie formelle est essentiellement urbaine et ne représente que 32 % de l’emploi total. Bon nombre de jeunes actifs sont contraints d’accepter des emplois marginaux dans l’économie informelle, en ville comme dans les zones rurales, sans guère de perspectives de décrocher un emploi stable.

Le solde courant devrait continuer à se détériorer. Après un ralentissement des exportations de charbon en 2013, conséquence notamment des inondations qui ont affecté le transport malgré la hausse de production, les ventes de produits miniers devraient à nouveau s’accélérer en 2014. Cette hausse restera toutefois insuffisance pour couvrir la forte progression des importations. Les besoins de biens d’équipements restent en effet élevés pour l’exploitation minière mais aussi l’exploration des immenses réserves gazières découvertes au large des côtes mozambicaines en 2010.

Le déficit public ne devrait pas diminuer en 2014 compte tenu des prévisions de dépenses liées aux projets d’infrastructures ainsi qu’à la hausse attendue de la rémunération dans le secteur public. Les grèves qui ont éclaté en 2013 dans le secteur médical ont conduit à une augmentation de 15% des salaires pour cette catégorie de fonctionnaires et de nouvelles revendications salariales dans le secteur public ne peuvent être exclues. La perspective des élections nationales (législatives et présidentielles) d’octobre 2014 devrait compliquer la maîtrise des dépenses sociales.

 

IV- Une évaluation des risques géographiques et environnementaux

Les risques géologiques sont divers : forte pluie, inondations, sécheresse…

Cette année, 17 personnes ont trouvé la mort depuis la mi-janvier dans des inondations et des dizaines de milliers d’autres ont fui les flots déchaînés. Selon les agences de secours qui ont lancé un appel à l’aide internationale, il y aurait plus de 70.000 personnes déplacées.

Les inondations ayant continué, en fin janvier, ayant dévasté des vallées du sud du pays, dans le bassin du fleuve Limpopo, alors que le gouvernement et les ONG tentaient de s’organiser pour venir en aide aux populations sinistrées, le Mozambique dû subir le phénomène, des foules de Mozambicains ayant fui les inondations campant tant bien que mal sur le bord des routes, sans nourriture et parfois sans abri.

De même, en 2003, la sécheresse affectait 587.000 personnes au Mozambique selon le Ministre mozambicain de l’agriculture, Helder Muteia.

Risques sanitaires :

Les maladies transmises par l’eau, la nourriture ou l’environnement sont très présentes. Les maladies diarrhéiques sont très répandues. Le choléra est endémique dans les régions pauvres du pays ; les épidémies sont fréquentes. Le risque de bilharziose est présent, plus particulièrement dans la région du lac Malawi.

Puis, pour les maladies transmises par contact interhumain, on retrouve des sporadiques de méningite. Des symptômes sont une fièvre soudaine et intense, des nausées, des vomissements et une raideur dans la nuque, on l’attrape par voie aérienne (toux, éternuements), contact interhumain proche (baisers) ou via l’utilisation d’objets contaminés (vaisselle, couverts). Le sida est fortement prévalent : 12% de la population adulte est séropositive d’après l’UNAIDS. Le SIDA est l’une des causes principales de mortalité.

 

V- Une évaluation du Hard power

Les forces armées du Mozambique sont formés en 1994 à partir des anciennes factions de la guerre civile. L’armée est sous la responsabilité du ministère de la Défense. L’actuel ministre de la Défense est Filipe Nyussi. Le commandant en chef des forces armées est Armando Guebuza, actuel président du Mozambique.

Le budget accordé aux forces armées est de 2,5% du produit national brut en 2008. Le personnel actif total est de 11 200 personnes.

Le Mozambique est membre de la Communauté des pays de langue portugaise, de l’Organisation internationale de la francophonie et du Commonwealth of Nations.

VI- Evaluation du Soft power

Le Mozambique a été découvert par les Portugais en 1502. A travers les traditions du peuple Mozambicain, on retrouve certains aspects de la  culture portugaise qui est ancrée depuis des siècles.

Pour ce qui concerne la musique et la danse, le timbila des Chopi, une sorte de xylophone, a été inscrit sur la Liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité en Afrique en 2008. Le kwaito est la principale danse au Mozambique. La musique a hautement été influencée par celle du Portugal.

Des lieux à visiter seraient le lac Malawi, appelé Lac Nyassa au Mozambique. Une des particularités du lac Malawi est la richesse exceptionnelle de sa faune aquatique, qui comporte plus d’espèces que celle de n’importe quel autre lac : on en connaît aujourd’hui environ 800 dans ce lac.

Mais aussi le Mont Binga, qui est la plus haute montagne du Mozambique, et en Afrique orientale. Elle est située près de la frontière du Zimbabwe, dans le parc transfrontalier de Chimanimani, dans la province de Manica. Le sommet du mont Binga est le point culminant du Mozambique ; son altitude est de 2 436 m. La région autour du mont est boisée sur environ 80 km², non peuplée, assez méconnue et non cartographiée.

Pour ce qui est du tourisme de Maputo, les amateurs d’architecture se rendant au Mozambique ne devront pas manquer de visiter la capitale mozambicaine où ils pourront admirer de nombreux bâtiments art déco dont le Club Ferroviário ou le théâtre Gil Vicente.

Même si la ville est délabrée après une sanglante guerre civile, elle n’en conserve pas moins un patrimoine architectural impressionnant et de longues artères rectilignes agréables, presque toutes bordées d’arbres, le plus souvent des flamboyants ou des acacias.

La ville de Lourenço Marques a cependant surtout été marquée par son architecture coloniale, dont quelques-uns des plus beaux vestiges – la gare centrale datant de 1924 (place des Travailleurs) et la Maison de Fer datant de 1892 (avenue Samora Machel) – ont été réalisés sur les plans de Gustave Eiffel. L’édifice du marché municipal (ancien marché Vasco de Gama) et les nombreuses anciennes villas portugaises des quartiers résidentiels constituent les autres fleurons de l’architecture coloniale de Lourenço Marques.

Enfin il est indispensable de se rendre au musée d’histoire naturelle, place Travessia do Zambeze, fleuron de la ville à l’époque portugaise où sous le nom d’Álvaro de Castro il recevait plus de 100 000 visiteurs par an. Le musée abrite notamment une collection d’embryons d’éléphant en gestation.

L’île du Mozambique (en portugais Ilha de Moçambique) est une île située dans le canal du Mozambique au nord du pays. Elle est située à 3,3 km de la côte, à laquelle elle est reliée par un pont routier. L’île et la ville sont inscrites sur la liste patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1991.

 

CONCLUSION

Le Mozambique est un pays à fort potentiel touristique, et avec d’immenses ressources gazières découvertes au large. Son ouverture vers la mer et sa proximité avec le marché sud-africain, sont ces forces. La création du parc transfrontalier est très bénéfique permettant des alliances et le commerce avec les pays voisins, et possédant des lieux reconnus par l’UNESCO.

Malgré des désaccords entre deux parties politiques (Frelimo et Renamo), le pays garde néanmoins une certaine stabilité économique et sociale. Mais il ne reste pas moins que le pays est complètement dépendant des aides internationales, ces supposées corruptions politiques déstabilisent la société et ces insuffisantes d’infrastructures du transport pénalisent énormément le pays.

Le Mozambique peut envisager des opportunités très bénéfiques pour lui, grâce ces alliances avec d’autres pays de l’Afrique par le parc transfrontalier de Kruger.

 

SOURCES

L’état de la paix et de la sécurité en Afrique et les réponses du PSC en 2013

Compte rendu de la conférence de l’Institut d’Étude de Sécurité (ISS) du 29 novembre 2013.

L’Institut d’Étude de Sécurité est une organisation africaine qui a pour vocation de renforcer la sécurité humaine sur le continent. Il effectue des recherches, indépendantes et faisant autorité, qui permettent de fournir des analyses et des conseils d’expertises politiques, et délivre une formation pratique et une assistance technique.

L’ISS œuvre pour que tous les habitants d’Afrique connaissent la paix et la prospérité. Sa mission et son objectif primordial est de permettre une meilleure sécurité humaine en Afrique, à travers des conseils stratégiques fondés sur des données précises, un soutien technique, et un renforcement des capacités.

L’ISS a été fondé en 1991, en tant qu’Institut de Politique de Défense, par l’actuel Directeur Général, le Dr. Jakkie Cilliers, en coopération avec M. PB Mertz. Le siège social de l’Institut est à Pretoria, en Afrique du Sud et il dispose également de bureaux régionaux à Addis-Abeba (Ethiopie), Dakar (Sénégal) et Nairobi (Kenya).

29 novembre 2013

Conférence de l’Institut d’Etude de Sécurité, Addis-Abeba
(Institute for Security Studies, ISS)

Alors que l’année 2013 touche à sa fin et que 2014 approche, une évaluation des tendances sécuritaires sur le continent et des efforts pour maintien de la paix en Afrique s’impose.

Le séminaire avait pour but de passer en revue les différents aspects des questions de paix et de sécurité en 2013 et les réponses du Conseil de Paix et de Sécurité (Peace and Security Council, PSC), et de réfléchir aussi bien sur les tendances dans différentes régions, que sur la situation de certains pays et les enjeux de 2014.

Poursuivant le succès de la première revue annuelle de l’ISS – le PSC 2012-2013, lancé en janvier de cette année au sommet de l’UA (Union Africaine) – ce séminaire majeur des enjeux africains a contribué à la préparation de la seconde édition de la revue du PSC.

Le séminaire a permis de réunir des représentants des pays concernés, des membres du PSC, et plus largement les représentants permanents de l’UA, la Commission de l’UA, les représentants des Communautés Economiques Régionales (CER), de l’Organisations des Nations Unis (ONU) et de l’Union Européenne (UE), aussi bien que la communauté diplomatique et les institutions travaillant sur la paix et la sécurité en Afrique.

Intervenants au cours de ce séminaire :
• Colin Stewart, Chef de cabinet et Directeur adjoint de Bureau de L’ONU à L’UA, Addis-Abeba.
• Dr Solomon A. Dersso, Chercheur Senior en Prévention de Conflit et Division d’Analyse de Risque, ISS, Addis-Abeba.

Dans sa présentation, Colin Stewart a considéré le travail du PSC avec la perspective de la coopération entre l’UA et l’ONU. Cette coopération est selon lui un véritable défi, étant donné la nature politique de la composition tant du conseil de sécurité de l’ONU (CSONU) que du PSC. Mais il a souligné que beaucoup de progrès avaient été fait particulièrement sur la coopération du secrétariat de l’ONU et de la commission de l’UA, sur leur méthode de travail et les échanges de données et d’analyses. La mission en Somalie et l’évaluation commune pour l’Union Africaine pour la Mission en Somalie (African Union Mission in Somalia, AMISOM) sont des exemples de coopérations fructueuses. La coopération n’a en revanche pas fonctionné au Mali et en République Centrafricaine (RCA). L’expérience montre jusqu’à présent que la collaboration des instances de l’ONU avec l’UA et la Commission de l’UA, qui ont convenu de structures et de mécanismes de coopération, mènera à de meilleurs résultats. Cependant chaque cas ou situation est unique et exige un partenariat et une approche spécifique.

Le Dr Solomon A. Dersso a quant à lui récapitulé les résultats préliminaires des recherches de la Revue Annuelle du PCS 2013-2014. Il a d’abord établi l’état de la paix et de la sécurité en 2013. A cet égard, il a noté que tandis que l’Afrique Centrale et l’Afrique du Nord faisaient l’expérience d’une détérioration de leurs perspectives de paix et de sécurité, l’Afrique de l’Ouest, le Sahel, l’Afrique de l’Est et la Corne de l’Afrique ont persisté dans le niveau d’insécurité qu’ils avaient connu ces dernières années. En dépit de nombreux succès dans le Sud de l’Afrique, le conflit au Mozambique risque encore de redémarrer, en raison de la possibilité de détérioration de l’accord de paix de 1992.

La réponse de Dersso s’est aussi arrêtée sur les réponses apportées par le PSC aux différents cas rencontrés dans le courant de l’année. Une analyse statistique a révélé que le PSC a mandaté un des plus grands, si ce n’est le plus grand nombre de déploiement de forces de maintien de la paix, et que les ordres du jour ont été dominés à hauteur de 70% par des questions relatives aux régions de l’Afrique Centrale et de l’Est et de la Corne de l’Afrique.

D’autres points ont soulevé comment :
a) le manque de financement continuait à contraindre les objectifs d’efficacité du PSC pour affirmer son rôle de leadership
b) l’impact du rôle du PSC a varié selon les cas
c) la faible reconnaissance de l’autorité du PSC par les CER et les RM est due à des divergences politiques qui empêchent l’apport de réponses efficaces,
d) le succès du PSC dépend non seulement d’un consensus et d’un soutien régional solide, mais aussi d’une coopération avec l’ONU et d’une mobilisation des soutiens de la part des partenaires, comme ce fut le cas pour la Somalie et Madagascar.

La tenue de cet événement a été rendu possible grâce au financement de la fondation Hanns Seidel. L’ISS remercie également pour son soutien ses principaux partenaires : les gouvernements de Norvège, de Suède, d’Australie et du Danemark.

Article original consultable sur : http://www.issafrica.org/events/the-state-of-peace-and-security-in-africa-and-the-pscs-responses-in-2013

Focus :

Revue Annuelle du Conseil de Paix et de Sécurité 2012-2013
(28 janvier 2013)

Revue Annuelle du PSC

Les PSC contribue et engage un nombre de questions relatives au PSC de l’UA et à ses activités pour 2012-2013. Ces questions peuvent se décliner comme suit : Quels évolutions et perspectives pour la paix et la sécurité en Afrique en 2012-2013 ? Quels ont été les enjeux de paix et de sécurité auxquels l’Afrique a du faire face en 2012 ? Quelles ont été les réponses de l’Afrique, par l’intermédiaire du PSC, à ces enjeux ? Quels résultats ces réponses ont-elles obtenu et obtiennent-elles aujourd’hui ? Quels enseignements peut-on tirer des différents travaux du PSC en 2012 ? Comment le PSC prend-il ses décisions ? Qui sont les acteurs et quels sont leurs rôles dans le processus de décisions du PSC ? Ces mécanismes fonctionnent ils correctement pour permettre un échange et une interaction efficace entre ces différents acteurs et le PSC ?
En réponses à ces questions, la Revue Annuelle offre au PSC, à ses états membres et à la commission de l’UA, tout comme aux autres institutions travaillant avec le PSC, un aperçu des perspectives et des critiques sur la nature et la mesure de leur contribution pour répondre efficacement aux menaces contre la paix et la sécurité sur le continent. La Revue Annuelle contribue également de manière très importante à l’amélioration du cadre des coopérations, à la collaboration et à la cohérence des prises de décisions, entre le PSC et la Commission de l’UA, les REC, l’ONU et plus largement la communauté internationale.

Auteurs : Dr. Solomon A. Dersso, avec la contribution de S.E. Mohamed Fathi Idriss et du Dr. Jide Okeke.

Hommage à Mandela

Présentation du journal

Le journal d’où sont tirés cet article est El Pais, quotidien espagnol proche des idées socialistes suivant une ligne éditoriale de centre-gauche et appartenant au plus important groupe de médias espagnol, Prisa. Son nom complet est « El Pais : diario independiente de la mañana » (« Le Pays : journal indépendant du matin »). La presse espagnole est généralement très dynamique. Ce journal fondé par José Ortega Spottorno a été publié pour la première fois le 4 mai 1976, soit six mois après la mort de Franco. Il a été le premier journal démocrate du début de la transition espagnole, car le reste des journaux espagnols venaient de la période du franquisme.

C’est une traduction de son original publié dans The New York Times, quotidien new-yorkais distribué internationalement et parmi les plus prestigieux journaux d’Amérique. Fondé le 18 septembre 1851, il est le journal de référence des démocrates américains ainsi que des républicains modérés.

Présentation de l’original

Cet article, « De rebelle à prisonnier puis à président » a été traduit par María Luisa Rodríguez Tapia à partir de l’article publié par Bill Keller dans le New York Times. Il a été le rédacteur en chef de ce quotidien américain de 2003 à 2011 et a notamment gagné le Prix Pulitzer en 1989 pour sa couverture sur l’assouplissement et l’effondrement final du régime communiste, et l’éclatement de l’Union soviétique lorsqu’il était correspondant du Times à Moscou.

Il a été publiés le 6 décembre 2013, le lendemain de la mort de Nelson Mandela.

De rebelle à prisonnier puis à président

Nelson Rolihlahla Mandela, qui a dirigé l’Afrique du Sud lors de son émancipation du gouvernement de la minorité blanche, fut le premier président noir de son pays et s’est converti en un symbole international de dignité et de tolérance. Il est mort pendant la nuit du jeudi 5 décembre 2013, ce qu’a annoncé le président sud-africain Jacob Zuma. Il avait 95 ans.

Mandela avait dit depuis longtemps qu’il voulait une sortie discrète, mais la période qu’il passa cet été dans un hôpital de Pretoria entraina une clameur de disputes familiales, de médias avides de nouvelles, de politiques en quête d’attention et une effusion nationale d’émotion et de peine. Au final, Mandela décéda dans sa maison, à 20h50 heure locale, et sera enterré, selon son souhait, dans le village de Qumu où il a grandi. Début juillet, une ordonnance judiciaire a décrété qu’on ré-enterrerait là-bas les restes exhumés de trois de ses fils, et ce qui ainsi mis fin à une querelle familiale qui avait causé une sensation dans les médias.

La lutte de Mandela pour la liberté le fit grimper de la royauté tribale à la libération clandestine, puis de travailler comme prisonnier dans une carrière, pour enfin culminer à l’espace présidentiel du pays le plus riche en Afrique. Et ainsi, à la fin de son premier mandat, à la différence de tant de révolutionnaires triomphant se considérant comme des âmes sœurs, il renonça à se présenter à la réélection et remis volontairement le pouvoir à son successeur démocratique.

La question la plus habituelle au sujet de Mandela était comment, depuis que les blancs avaient humilié systématiquement son peuple, avait torturé et assassiné beaucoup de ses amis et l’avaient maintenu emprisonné durant 27 années, pouvait-il avoir une telle absence de rancœur.

Le gouvernement qu’il forma quand il eut l’opportunité de le faire fut une fusion inimaginable de races et croyances, qui comprenait beaucoup de ses anciens oppresseurs. Etant nommé président, il a invité l’un de ses geôliers blancs à l’investiture. Mandela a vaincu sa méfiance personnelle, proche de la haine, pour partager le pouvoir et un prix Nobel de la paix avec le président blanc qui l’avait précédé, F. W. de Klerk.

Comme président, entre 1994 et 1999, il dédia une grande énergie modérer le ressentiment de son électorat et à tranquilliser les blanc qui craignaient les représailles.

L’explication de cette absente de rancœur, du moins en partie, est que Mandela était quelqu’un de rare parmi les révolutionnaires et les dissidents morals: un homme d’Etat habile, qui n’avait aucune difficulté à faire des concessions et qui s’impatientait avec les doctrinaires.

Quand on posa cette question à Mandela, en 2007 –après un tourment aussi sauvage, comment contrôlez-vous cette haine ? -, sa réponse fut presque méprisante : « La haine obscurcit l’esprit. Empêche d’exécuter une stratégie. Les leaders ne peuvent pas se permettre le luxe de haïr ».

Pendant ces cinq années de présidence, Mandela même s’il resta une figure vénérée à l’étranger, perdu du brio dans son propre pays, dans ses efforts pour maintenir unie une population divisée et transformer un mouvement de libération indiscipliné en un gouvernement crédible.

Certains Noirs – dont parmi eux Winnie Madikizela-Mandela, son ex-femme, qui a réuni un important groupe de partisans parmi les plus mécontents – se plaignaient qu’il ne s’était pas donné suffisamment de hâte à combler la grande brèche entre la majorité noire pauvre et la minorité blanche aisée. Certains Blancs dirent qu’il n’avait pas su contrôler le crime, la corruption ni le copinage.

Depuis, Mandela avait commencé à prêter moins d’attention aux détails de gouvernement et avait transféré les responsabilités journalières à son second, Thabo Mbeki, qui lui succèdera en 1999. Mais la plupart de ses compatriotes savaient clairement que sans son autorité patriarcale et sa finesse politique, l’Afrique du Sud aurait pu sombrer dans une guerre civile bien avant d’atteindre son imparfaite démocratie.
Après avoir abandonné la présidence, Mandela a porté le poids de ce statut moral à travers le continent, comme médiateur pour la paix et comme défenseur pour augmenter les investissements étrangers.

La montée d’un « fauteur de trouble »

Mandela avait déjà passé plusieurs années en prison, accomplissant sa peine de condamnation à vie, quand il a attiré l’attention du monde entier comme un symbole de l’opposition à l’apartheid, littéralement «loin» en afrikaans, un système de création de districts raciales qui arrachait aux Noirs leur état les citoyens et les reléguait à vivre dans des «territoires» et districts aux allures de réserve.

Autour de 1980, les dirigeants exilés du principal mouvement antiapartheid, le Congrès National Africain, ont décidé que cet éloquent défenseur était le parfait héros pour humaniser leur campagne contre un système qui a refusé 80% des votes des Sud-Africains. Mandela a noté avec une certaine ironie dans son autobiographie de 1994, Le long chemin jusqu’à la liberté, que cette congrégation a fait de lui le plus célèbre prisonnier politique du monde sans savoir exactement qui il était.

En Afrique du Sud cependant, et parmi ceux qui ont suivi de plus près la situation du pays, Nelson Mandela était déjà un nom qui faisait parler.

Il est né sous le nom de Rolihlahla Mandela, le 18 juillet 1918 à Mvezo, un petit village de vaches, maïs et huttes de boue situé sur les collines du Trankei, un ancien protectorat britannique du sud. Il aimait signaler que son nom avait le sens familier de « fauteur de trouble ». Son nom anglais, plus formel, il le devait à un maitre quand il a commencé à aller à l’école à sept ans. Son père, Gadla Henry Mphakanyiswa, était un chef de la tribu Thembu, un sous-groupe de la nation Xhosa.

« La première chose dont il faut se rappeler de Mandela est qu’il était issu d’une famille de la royauté », dit Ahmed Kathrada, un activiste qui a partagé une cellule avec lui et qui était l’un de ses plus intimes amis. « Cela lui a toujours donné la force ».

L’incorporation à un mouvement

Mandela a commencé à agrandir ses horizons aux écoles des missionnaires méthodistes et à l’Université de Fort Hare, soit l’unique université résidentielle pour Noirs de tout le pays. Plus tard, il dit que quand il est arrivé à l’université il se considérait avant tout un Xhosa, mais que quand il partit, il avait une perspective africaine plus large.

Il a rencontré Olivier Tambo quand il étudiait le Droit à Fort Hare, un autre futur dirigeant du mouvement de libération. De retour chez lui, il apprit que sa famille lui avait choisi une fiancée. Comme la femme ne lui a pas paru attrayante et la perspective de travailler dans l’administration tribale encore moins, il s’enfuit à la métropole noire de Soweto.

Là-bas, on lui a dit de parler à Walter Sisulu, qui dirigeait une société immobilière et était une figure du Congrès National Africain. Sisulu a observé ce grand jeune de portée aristocratique et au regard sûr et, après une entrevue, a décidé que ses prières avaient été exaucées.

Mandela a immédiatement impressionné les militants par sa capacité à convaincre les sceptiques. “Son point de départ est ’Je vais convaincre cette personne de toute façon’ », dit Sisulu. «C’est un don qu’il a. Il va voir n’importe qui, n’importe où, avec cette même confiance ».

Bien qu’il n’ait jamais terminé la carrière du Droit, Mandela a ouvert le premier cabinet d’avocat noir d’Afrique du Sud avec Tambo. Impatient devant l’impuissance apparente des plus grands de l’ANC, Mandela, Tambo, Sisulu et d’autres militants ont formé la Ligue de la Jeunesse de l’ANC, et ont orchestré une prise du pouvoir générationnel.

Durant ses années de jeune avocat à Soweto, Mandela s’est marié avec une infirmière, Evelyn Ntoko Mase, avec qui il a eu quatre enfants, dont une fille qui mourut au neuvième mois. Mais les demandes de son travail politique l’ont tenu à l’écart de sa famille. Le mariage s’est refroidi et a terminé brusquement.
« Il a dit, ‘Evelyn, je sens que je ne t’aime déjà plus ‘», dit-elle dans une interview pour un documentaire « Reste avec les enfants et la maison ».

Peu après, un ami l’a présenté à Nomzamo Winifred Madizikela, une belle et décidée assistante sociale qui travaillait dans le domaine de la médecine et avait 16 ans de moins que lui. Mandela est follement tombé amoureux d’elle et a déclaré à son premier rendez-vous qu’il pensait se marier avec elle. Il l’a fait en 1958, alors qu’il était impliqué, avec d’autres activistes, dans un marathon judiciaire pour trahison.
Pendant le procès, la légende grandit

En 1961, avec la patience du mouvement de libération à la limite après que la police ait tué 69 manifestants pacifiques dans le district de Sharpeville l’année précédente Mandela s’est dirigé vers pour une nouvelle voie, celle de l’insurrection armée.

C’était un virage brusque pour un homme qui, peu de semaines auparavant, avait proclamé que la non-violence était un principe inviolable de l’ANC. Plus tard, il a expliqué que renoncer à la violence « n’est pas un principe moral mais une stratégie ; il n’y a rien de bon moralement d’utiliser une arme inefficace ». Mandela est devenu le premier commandant d’une armée hétéroclite de la libération, avec le pompeux nom d’Umkhonto we Sizwe, Lance de la Nation.

Les gouvernements sud-africains étaient obsédés par l’idée de se débarrasser de Mandela et ses camarades. En 1963, Mandela et huit autres dirigeants de l’ANC ont été accusés de sabotage et de complot pour renverser l’État, des délits passibles de la peine capitale. Il a été appelé le Procès de Rivonia, le nom de la ferme où les accusés avaient conspiré.

A la suggestion de Mandela, les accusés, sûrs de la condamnation, ont décidé de transformer le procès en un drame moral qui les fera valoir au tribunal de l’opinion publique mondiale. Ils ont reconnu qu’ils avaient commis des actes de sabotage et ont tenté d’exposer une justification politique pour lesdits actes.

Le discours de quatre heures avec lequel Mandela a ouvert le dossier de la défense a été l’un des plus éloquents de sa vie.

« J’ai lutté contre la domination blanche, et j’ai lutté contre la domination noire » a-t-il assuré au tribunal. « J’ai organisé l’idéal d’une société libre et démocratique dans laquelle toutes les personnes vivent ensemble en harmonie et avec égalité des opportunités. C’est un idéal pour lequel j’espère vivre et le voir devenir réalité. Mais votre honneur, si cela est nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis disposé à mourir ».

Sous d’énormes pressions des libéraux sud-africains et d’autre pays (dont un vote quasi-unanime de l’Assemblée Générale des Nations Unies) pour que soit respectée la vie des accusés, le juge a acquitté l’un d’eux et a condamné Mandela et les autres à la peine à perpétuité.

Une éducation en prison

Mandela avait 44 ans quand ils l’ont menotté et mis dans un ferry en direction de la prison de Robben Island. Il sorti à 71 ans.

Robben Island, une île aux eaux infestées de requin, à 12km de la ville de Cabo, a été à travers les siècles garnison navale, hôpital psychiatrique et colonie de lépreux, mais a surtout été célèbre comme prison. Pour Mandela et d’autres, Robben Island était une université. Il a affiné ses compétences de leadership, de négociation et de prosélytisme, et son charme et sa volonté de fer se sont révélés irrésistibles, non seulement pour les diverses factions parmi les prisonniers, mais aussi pour certains des administrateurs blanc.

Sans doute pour le respect qu’il inspirait, les autorités l’ont choisi pour lui appliquer des cruautés inutiles. Ses amis ont dit que ces expériences ont renforcé son autocontrôle et l’ont converti, plus encore, en un homme qui a enterré très profondément ses émotions et a commencé à parler dans le «nous» collectif de la rhétorique de libération.

Plus encore, Mandela a déclaré que la prison a atténué tout désir de vengeance en le mettant en contact avec des gardes blancs sympathiques et avec des modérés au sein du gouvernement du Parti National, qui lui ont tendu la main en espérant établir un dialogue. Surtout, la prison lui a appris à être un négociateur hors pair.

La décision de Mandela d’entreprendre des négociations avec le gouvernement blanc a été l’une des plus transcendantes de sa vie, et il l’a prise sans consulter ses camarades, pleinement conscient qu’ils n’auraient pas été d’accord. Durant ses derniers mois d’emprisonnement, tandis que les négociations se confirment, ils l’ont transféré à la prison Victor Verster, hors de la ville de Cabo, où il a résidé dans un bungalow officiel.

Dès qu’ils ont pris connaissance des pourparlers, les alliés de Mandela à l’ANC se sont montrés méfiants, et leur préoccupation n’a pas été apaisée lorsque le Gouvernement leur a permis de parler avec Mandela. Il leur a expliqué son point de vue selon lequel l’ennemi était moralement et politiquement vaincu, qu’il ne lui restait rien de plus que l’armée, et que le pays était ingouvernable. Sa stratégie, a-t-il dit, était de donner aux gouverneurs blancs toutes les facilités possibles pour un retrait ordonné.

Un mariage rempli de problèmes

En février 1990, Mandela a abandonné la prison. Durant les quatre années suivantes il a dédié ses efforts à une laborieuse négociation, non seulement avec le gouvernement blanc mais aussi avec sa propre et révoltée alliance. Pendant que Mandela se languissait en prison, il s’est mis en marche une campagne de désobéissance civile. Et la participante la plus enthousiaste était Winnie Mandela.

Quand Mandela est entré en prison, le couple avait déjà deux filles mais avait eu peu de temps pour profiter de la vie de famille. Durant la majeure partie de ses années de mariage, ils se sont vus au travers de l’épais panneau de verre du parloir de la prison. La police la tourmentait sans cesse, et Winnie a fini emprisonnée et plus tard exilée dans un village afrikaner éloigné, Brandfort, où elle n’a pas cessé de défier ses gardiens.

Lorsqu’elle est apparue, libre, dans le tumulte de Soweto en 1984, elle s’était transformée en une agitatrice. Elle s’entoure de jeunes voyous qui terrorisaient, séquestraient et tuaient les Noirs qu’elle considérait comme hostile à la cause.

Les amis disaient que Mandela regrettait souvent d’avoir choisi la cause avant de la famille, alors que, longtemps après qu’il sut que Winnie Mandela avait maintenu un règne de la terreur, Mandela a refusé de prononcer une seule critique.

Quand il était président, il a reconnu sa popularité et l’a nommée vice-ministre des arts, un poste pour lequel elle a été impliquée dans des scandales économiques. En 1995, Mandela a demandé le divorce, qu’on lui a concédé l’année suivante, après une déchirante d’audience publique.

Puis, Mandela est devenu amoureux à la vue de Garça Michel, la veuve de l’ancien président du Mozambique et activiste dans les causes humanitaires. Ils se sont mariés le jour où Mandela fêtait son 80ème anniversaire. A sa mort, il la laisse comme veuve, ainsi que ses deux filles avec Winnie, Zenani et Zindziswa, une fille de sa première épouse, Makaziwe, 17 petits-enfants et 14 arrière-petits-enfants.

Ses limites en tant que président

Deux ans après que Mandela sorti de prison, des dirigeants blancs et noirs se sont réunis dans un centre des congrès en banlieue de Johannesburg pour commencer des négociations qui, malgré les difficultés, conduiraient à la fin du gouvernement blanc. Tandis que les extrémistes, tant blancs que noirs, avaient recours à la violence pour tenter d’influencer le résultat, Mandela et le président blanc, De Klerk, discutaient et manœuvraient pour réussir un transfert de pouvoir pacifique.

Au final, cependant, Mandela et son équipe de négociateurs ont réussi à atteindre le grand pacte qui garantissait des élections libres en échange de promettre aux partis de l’opposition la répartition du pouvoir et la garantie que les blancs ne souffriraient pas de représailles.

Lors des élections d’avril 1994, les électeurs ont fait dans certains endroits des queues de kilomètres de longueur. L’ANC a obtenu 62% des voix, et 252 des 400 sièges de l’Assemblé Nationale, de sorte que Mandela, leader du parti, était assuré d’être président.

Mandela a pris possession le 10 mai, et a accepté la charge avec un discours patriotique pour tous. « Jamais, jamais, jamais plus cette belle terre n’expérimentera à nouveau l’oppression de l’un par l’autre », a-t-il déclaré.

Comme président, Mandela a montré un énorme talent pour les grands gestes de réconciliation. Mais il y avait une limite à ce qu’il pouvait faire –grâce aux exhortations, symbolismes, appels au meilleur dans chacun de ses citoyens- pour couvrir la distance entre le privilège blanc et la pauvreté noire. Durant son mandat il a peu avancé vers les objectifs qu’il s’était fixé en termes de logement, d’éducation et d’emploi.

Le journaliste sud-africain, Mark Gevisser, dans la biographie du successeur de Mandela, Thabo Mbeki, qu’il a publié en 2007, dit : «L’héritage fondamental de la présidence de Mandela –entre les années 1994 et 1999- est un pays dans lequel l’Etat de droit a été consolidé dans une Charte de Droit irréfutable, et dans lequel les prédictions sur les conflits ethniques et raciaux n’ont pas été réalisés. Ces exploits, par eux-mêmes, font de Mandela un Saint. Mais il était beaucoup mieux comme libérateur et bâtisseur d’une nation qu’en tant que gouverneur ».

Dans son étape d’ex président, Mandela a prêté son charisme à un certain nombre de causes dans le continent africain, a participé à des pourparlers de paix pour mettre fin à de nombreuses guerres et a aidé son épouse, Graça, à amasser des fonds pour des organismes de bienfaisance en faveur des enfants.


Commentaires

Cet article a pour but de rendre hommage à Nelson Mandela, grand défenseur de la lutte anti-apartheid qui s’est éteint le jeudi 5 décembre 2013 à l’âge de 95 ans et enterré ce mardi 10 décembre avec la présence de nombreux chefs d’État. Après quatre heures de discours officiels, l’ancien archevêque anglican Desmond Tutu a conclu cet hommage en déclarant en afrikaans “Dieu, je te demande de bénir notre pays. Tu nous as donné un trésor merveilleux, avec cette icône de la réconciliation”.

Sitographie:
http://internacional.elpais.com/internacional/2013/12/06/actualidad/1386356936_122339.html
http://internacional.elpais.com/internacional/2013/12/06/actualidad/1386342542_889665.html
http://www.enespagne.com/presse_espagnole.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/El_Pa%C3%ADs
http://fr.wikipedia.org/wiki/The_New_York_Times
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bill_Keller
http://topics.nytimes.com/top/opinion/editorialsandoped/oped/columnists/billkeller/index.html
http://www.lefigaro.fr/international/2013/12/09/01003-20131209LIVWWW00488-hommage-nelson-mandela-francois-hollande-nicolas-sarkozy-madiba.php

Le clan Mandela se dispute l’héritage

Présentation du journal

Le journal d’où sont tirés cet article est El Pais, quotidien espagnol proche des idées socialistes suivant une ligne éditoriale de centre-gauche et appartenant au plus important groupe de médias espagnol, Prisa. Son nom complet est « El Pais : diario independiente de la mañana » (« Le Pays : journal indépendant du matin »). La presse espagnole est généralement très dynamique. Ce journal fondé par José Ortega Spottorno a été publié pour la première fois le 4 mai 1976, soit six mois après la mort de Franco. Il a été le premier journal démocrate du début de la transition espagnole, car le reste des journaux espagnols venaient de la période du franquisme.

C’est une traduction de son original publié dans The New York Times, quotidien new-yorkais distribué internationalement et parmi les plus prestigieux journaux d’Amérique. Fondé le 18 septembre 1851, il est le journal de référence des démocrates américains ainsi que des républicains modérés.

 

Présentation de l’original

Cet article « Le clan Mandela se dispute l’héritage » a quant à lui été rédigé par la journaliste socialiste Marta Rodriguez.

Il a été publiés le 6 décembre 2013, le lendemain de la mort de Nelson Mandela.

 

Le clan de Mandela se dispute l’héritage

Les différends entre les enfants pour le sort de sa dépouille et l’implication présumée de son ex épouse Winnie dans l’élimination des ‘traitres’ de la cause ‘anti-apartheid’ ont marqué ses dernières années.

Si en politique Nelson Mandela n’a pas de successeur, il ne semble pas non plus qu’il va avoir un digne héritier dans sa famille élargie. Pendant les mois où il a été malade, le clan Mandela a fait l’objet de disputes en plein jour dans lesquelles tantes et neveux se sont mutuellement accusés de rechercher la gloire et de l’argent du patriarche.

Il y a quelques années, Mandela a désigné son petit-fils ainé, Mandela, comme chef du clan, mais il n’a pas su mettre de l’ordre dans la famille qui vit essentiellement de son nom célèbre et des énormes bénéfices que donnent les entreprises que Madiba a créé pour, d’une certaine manière, compenser pour les siens sa longue absence en prison.

Personne dans cette famille ne parait se souvenir que la haine et la rancœur ne faisait pas parti de l’ADN du vieux Madiba. Ils se sont emmêlés dans des batailles judiciaires. Premièrement pour voir qui gère ces énormes bénéfices et ils n’ont pas hésité à accuser de s’approprier ce qui n’était pas à eux trois anciens camarades dans la lutte contre l’apartheid.

Puis, et plus scandaleux, si possible, sont venus les différends pour savoir où Mandela serait enterré. Le président avait laissé savoir qu’il comptait le laisser reposer à Qunu, le village où il a grandi, et où il a enterré ses trois enfants. Mais Mandela, sans consensus, les a déterré et déplacé à Mvezo, le village où il est le chef et où il veut construire un complexe urbain. L’entreprise s’est tordue quand ses tantes ont dénoncé devant les caméras de télévision les corps des trois Mandela qui devaient être exhumés par ordonnance du tribunal. Les conflits avaient touché quelque chose de si sacré pour les Africains que sont les morts des familles. Trop pour un pays qui retient son souffle pour qu’alors, en Juin, le Prix Nobel de la Paix finisse par entrer gravement malade dans un hôpital de Pretoria, sa vie pendant à un fil. Ils ne se sont pas souciés d’embarrasser un pays et même le gouvernement, et l’archevêque Desmond Tutu les a récriminés pour avoir entaché la mémoire de Madiba.

La honte ne s’arrête pas ici puisque Mandela est sous un procès en suspend pour avoir menacer avec un pistolet un conducteur durant un conflit de trafic. L’audience devait être tenue la semaine prochaine mais a été reportée.

Peut-être que le plus grand dégoût personnel dont Mandela a souffert a été la séparation de sa femme depuis trois décennies. Winnie Mandela, militante, personnage féminin de caractère a élevé ses deux filles alors que Mandela se sacrifiait pour les droits des Noirs selon sa propre stratégie.

Quand Mandela avait déjà renoncé à la lutte armée et proclamait la négociation politique, son épouse Winnie mettait en marche sa propre équipe de football, le Mandela Football Club, qui n’a jamais eu rien à voir avec la pratique du sport mais plutôt avec la lutte de guérillas. Leur objectif a était les informateurs noirs, qu’ils considéraient comme traitres de la cause noire. À cet effort s’ajoute le meurtre d’un adolescent et deux jeunes de Soweto, comme l’a reconnu l’arrêt de justice. Il est vrai que Winnie Mandela est venu ressortie punie de pénalité mineure, seulement pour l’enlèvement de l’une des victimes, mais son image a été détériorée, en particulier en dehors de l’Afrique du Sud. Ici, la population noire la vénère encore comme la mama, la mère du pays qui, loin de rester à la maison pleurer son précieux mari, entame sa propre stratégie.

Mandela finit par se séparer de son épouse peu après sa sortie de prison. Le couple a affirmé que les 27 années de prison avaient été trop pour la survie de l’amour conjugal, bien que Madiba a toujours montré amour et affection pour Winnie et l’a même défendue des accusations, assurant qu’en l’attaquant ses ennemis essayaient de l’attaquer lui. Mais la vérité est que Winnie n’était pas sur la même longueur d’onde que le militant. En outre, elle a toujours récriminé le fait que Mandela était trop mou avec les racistes blancs, qui acceptera de recevoir le prix Nobel de la paix avec le dernier président de l’apartheid, FW de Klerk.

Mandela mort, l’Afrique du Sud est devenue orpheline d’un leader qui a aidé cette société diversifiée à continuer unie, comme Madiba a rêvé et a lutté toute sa vie. Il s’est retiré de la vie politique depuis plus d’une décennie, fêtant les 80 et avec la satisfaction de voir l’Afrique du Sud sur la voie d’un système démocratique, loin du racisme institutionnalisé courant pendant le colonialisme britannique et l’apartheid. Madiba a pris sa retraite avec la conscience du travail accompli, même s’il y avait encore un tronçon de ce long chemin qu’il a commencé à parcourir dans sa jeunesse pour parvenir à l’égalité sociale.

Une décennie plus tard, Mandela est toujours là, comme la vigie absente qui guide la politique. Depuis le Congrès National Africain (ANC), son parti de toute une vie, qui bien sûr n’a pas arrêté de profiter de sa figure et de son héritage, jusqu’à l’Alliance Démocratique (AD), la formation traditionnellement des Blancs, réclame une partie de son héritage. Ce Madiba est à moi, semblent-ils vouloir dire. Mais quand l’an prochain est pleine d’anniversaires qui marquent l’avenir de l’Afrique du Sud post-Mandela, comme le 20e anniversaire de l’adoption de la Constitution qui a permis de démanteler les lois de l’apartheid et les premières élections au suffrage universel. Toute une étape qui, remplie de fierté à une citoyenneté animée par Mandela et ses camarades, a tourné la page des siècles de haine raciale et de rancune raciale.
En outre, 2014 est une année électorale, et en principe, bien que l’ANC ait tous les sondages sous les yeux, il n’a jamais été de trop d’exhiber le drapeau de Mandela, et encore plus si le parti traversent une situation aussi délicate qui met même un terme au Président Jacob Zuma, accusé de construire un complexe de maisons avec l’argent des contribuables.

Aucun parti ne perd l’opportunité de mettre en évidence quelque lien avec celui qui a été le libérateur du pays et le père de l’Afrique du Sud démocratique. Ceux de l’AD ont même osé utiliser l’image de Madiba dans ses actions, ce qui a provoqué la réaction de colère de l’ANC. Ainsi que de nouvelles formations que menaient de vieux amis de l’ANC comme Julius Malema et Mampehla Ramphele.

Cependant, les citoyens assistent à ces prises de conscience que ce sera difficile de trouver un nouveau Mandela dans les années à venir. Le pays est toujours confronté à des inégalités sociales fortes qui coïncident avec les races et les taux élevés de violence et de délinquance, héritées de la brutalité d’un régime répressif, comme l’apartheid.

Commentaires

Cet article a pour but de rendre hommage à Nelson Mandela, grand défenseur de la lutte anti-apartheid qui s’est éteint le jeudi 5 décembre 2013 à l’âge de 95 ans et enterré ce mardi 10 décembre avec la présence de nombreux chefs d’État. Après quatre heures de discours officiels, l’ancien archevêque anglican Desmond Tutu a conclu cet hommage en déclarant en afrikaans “Dieu, je te demande de bénir notre pays. Tu nous as donné un trésor merveilleux, avec cette icône de la réconciliation”.

Sitographie:
http://internacional.elpais.com/internacional/2013/12/06/actualidad/1386356936_122339.html
http://internacional.elpais.com/internacional/2013/12/06/actualidad/1386342542_889665.html
http://www.enespagne.com/presse_espagnole.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/El_Pa%C3%ADs
http://fr.wikipedia.org/wiki/The_New_York_Times
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bill_Keller
http://topics.nytimes.com/top/opinion/editorialsandoped/oped/columnists/billkeller/index.html
http://www.lefigaro.fr/international/2013/12/09/01003-20131209LIVWWW00488-hommage-nelson-mandela-francois-hollande-nicolas-sarkozy-madiba.php

L’Afrique du Sud : Futur leader du développement africain ?

Compte tenu des divisions qui persistent en son sein, l’Afrique du Sud est-elle en mesure de s’imposer comme le leader du développement africain ?

Introduction

La Banque mondiale reconnait en 2009 l’Afrique du Sud comme la première puissance économique de l’Afrique (PIB : 492M$) devant l’Égypte (442M$), le Nigeria (315M$) et l’Algérie (233M$). Mais cette apparente bonne santé économique cache des inégalités profondes : en dix ans, le nombre de personnes sous le seuil de pauvreté a été multiplié par dix atteignant les 10% de la population. Pourtant, le spectacle offert au monde lors de la dernière Coupe du Monde de Football a donné l’image d’un pays soudé.

L’Afrique du Sud est une terre de contraste. Pointé du doigt il y a quelques décennies par l’ensemble de la communauté internationale pour des politiques ségrégationnistes, le pays fait aujourd’hui quasiment figure de modèle pour les autres pays d’Afrique en raison du tournant démocratique qu’il a effectué. La diversité des populations qui y cohabitent et la relative richesse de l’Afrique du Sud par rapport aux autres pays du continent ne doivent toutefois pas faire oublier la précarité de la situation sud-africaine. Touchée par la pauvreté comme par la violence, la plupart de la population vit encore dans une grande précarité qui contraste avec la richesse du sous-sol du pays. Les récentes évolutions connues par le pays ont donc eu le mérite de participer à l’émergence d’une classe moyenne noire, mais elles ont provoqué un exil des populations blanches, plus diplômées. Comment le pays va-t-il pouvoir faire face aux nouveaux défis d’insertion à l’économie mondiale, en s’accommodant des changements démographiques comme de sa dépendance aux exportations de matières premières ?

Il nous semble important de dresser un panorama de la situation 10 ans après l’Apartheid pour comprendre les enjeux auxquels est confrontée l’Afrique du Sud (Partie I). Ensuite, nous chercherons à comprendre les forces sur lesquelles l’Afrique du Sud peut capitaliser pour s’imposer comme le leader du développement africain (Partie II)  sans en omettre les failles et les risques qui font de l’Afrique du Sud un colosse aux pieds d’argile (Partie III).

I – Afrique du Sud : 10 ans après l’apartheid

A) Histoire en Bref

Ancienne colonie portugaise puis néerlandaise, le territoire tombe sous la coupe des Britanniques au début du XIX° siècle. Les Boers, qu’on nommera par la suite Afrikaners, prennent néanmoins le contrôle politique du pays au début du XX° siècle, après s’être unifiés autour d’une idéologie nationaliste qui donnera, dans les années 1940, naissance à l’Apartheid qui entérine légalement la séparation politique, géographique et économique des différentes ethnies cohabitant dans le pays. Ces mesures conduisent, en 1960, à l’interdiction de l’ANC, parti politique Bantou fondé en 1912 et prônant une plus importante participation de la population noire aux affaires du pays. L’année suivante, la rupture des liens institutionnels avec la Grande Bretagne isole un peu plus l’Afrique du Sud sur la scène internationale. L’emprisonnement des leaders de l’ANC, parmi lesquels figure Nelson Mandela, contribue à la hausse des contestations durant les années 1960 à 1980, aboutissant au blocage politique du pays dans lequel la politique d’Apartheid se veut toujours plus virulente.

A partir de 1984, certaines mesures de l’Apartheid sont abrogées, tandis que le gouvernement Afrikaner instaure un régime tri-caméral dans lequel indiens et métis sont représentés. La contestation ne faiblit cependant pas, et l’ANC ainsi que les autres mouvements de l’opposition sont légalisés en 1990, année de libération de Nelson Mandela, qui accèdera à la présidence en 1994 au terme des premières élections multiraciales. Le parti, en dépit de plusieurs changements de leader, s’est depuis lors maintenu au pouvoir, et même renforcé. Jacob Zuma, membre de l’aile gauche du parti, préside le pays depuis 2009. Sa politique d’ouverture  aux partis minoritaires lui confère une forte aura, aussi bien en Afrique du Sud qu’ailleurs.

B) L’Afrique du Sud, une démocratie au bilan contrasté

 L’Afrique du Sud, connue comme la nation arc-en-ciel, abrite aujourd’hui en son sein 50 millions d’habitants issus de communautés variées. Près de 80% de la population est noire, appartenant à différentes ethnies dont les plus représentées sont les Xhosas et les Zoulous. On compte par ailleurs 8% de blancs, majoritairement issus de la colonisation néerlandaise (Afrikaners : 60%) ou britannique. On y dénombre onze langues officielles, parmi lesquelles l’Anglais, l’Afrikaner,  ainsi que 9 langues africaines. L’émergence d’une classe moyenne issue des populations noires, résultat de politiques de discrimination positive comme à une meilleure éducation des populations, est aujourd’hui perçue à l’étranger comme une réussite. Elle compte désormais près de 4 millions d’habitants, soit quasiment autant que la communauté blanche. Cette dernière, en revanche, tend à se réduire (-20% depuis 1994), fuyant les mesures de discrimination positive comme les problèmes de criminalité.

A l’instar du Brésil, le pays est aujourd’hui considéré comme l’un des plus dangereux au monde. Le taux de violence sexuelle y est le plus élevé de la planète, et on dénombre chaque année plus de 20 000 homicides (pour 755 en France en 2009 par exemple). Cette insécurité persistante renforce les clivages existants. A l’inverse, les populations noires les plus pauvres sont entassées dans des bidonvilles (townships), le plus tristement célèbre étant celui de Sowetho, qui compte plus de 4 millions d’habitants sur une centaine de kilomètres carrés. Aux conditions de vie misérables des habitants s’ajoutent les problèmes de l’hygiène et de l’insécurité : l’Afrique du Sud est l’une des nations les plus durement touchées par le SIDA, totalisant chaque année entre 300 000 et 400 000 décès.

C) Situation économique

Le PIB par habitant est l’un des plus élevés d’Afrique (10 700 $ en 2010), classement où seuls les paradis fiscaux et pays pétroliers  obtiennent des résultats comparables. En 2007, le pays représentait le quart du PIB Africain. Depuis 10 ans, à l’exception de l’année 2010 où il a reculé, le PIB n’a cessé de croître à des taux variant entre +2 et +5%.

L’agriculture est l’un des atouts majeurs du pays, premier grenier agricole de l’Afrique et sixième producteur mondial de vin. L’Afrique du Sud s’autosuffit et est le sixième exportateur net de produits alimentaires. Fruit, laine ou sucre, le pays se place dans les premiers exportateurs de nombreuses denrées agricoles.

Par ailleurs, le pays a su se fabriquer d’importantes compétences dans les secteurs secondaires et tertiaires : Si l’ANC obéit apparemment à l’idéologie marxiste, les politiques d’inspiration libérales menées depuis les années 1990 ont renforcé les compétences industrielles que le pays avait développé dans de nombreux secteurs.  Le premier producteur de médicaments de l’hémisphère sud, Aspen Pharmacare, est sud-africain, tandis que les gouvernements post-Apartheid ont prolongé les efforts réalisés par les ségrégationnistes dans l’industrie d’armement, qui fait de l’Afrique du Sud la première puissance militaire du continent, productrice de bombes atomiques ou d’hélicoptères de combat.

Les services ne sont pas en reste : la diversité de la faune et de la flore, l’immensité des paysages et l’histoire du pays sont autant d’attraits pour le tourisme, qui représente à lui seul 5% du PIB. Chaque année, plus de 25 millions d’étrangers transitent par les dix aéroports internationaux du pays. En outre, le développement d’un réseau bancaire efficace a permis au pays de s’imposer comme l’une des places financières majeures de la région. La forte prégnance des minerais dans les échanges ne doit donc pas occulter l’existence d’un tissu industriel et de services suffisamment solide pour ne pas classer de façon manichéenne le pays parmi les économies en développement.

II – Un territoire dynamique et prospère, à même d’entraîner dans son sillage de nombreux pays d’Afrique

A) D’importantes ressources naturelles ayant engendré un développement précoce

Première puissance économique du continent, l’Afrique du Sud est un territoire très riche en ressources minières, qui constituent la principale force du pays à l’exportation. A l’exception de pétrole brut, dont elle est dépourvue, l’Afrique du Sud dispose de gisements importants dans un grand nombre de minerais. Les classements fluctuent d’année en année, en fonction des variations des coûts d’extraction comme du tarissement des gisements, mais le pays apparaît souvent en haut des classements de production d’or, argent, diamants, fer, charbon, nickel, cuivre…

Sans titre (1)

Classement de l’Afrique du Sud dans la production de minerais.

données du graphique : http://www.indexmundi.com ; année 2007

L’Afrique du Sud produit par ailleurs 30% du titane mondial, et reste le premier exportateur. Cette abondance en minerai a par ailleurs eu des répercussions positives sur le tissu industriel du pays : l’entreprise « Anglo American PLC » est aujourd’hui le deuxième groupe minier mondial. « Diamond Miner de Beers » ou « BHP Biliton » sont aussi d’autres géants du secteur.

En raison de sa forte dépendance aux minerais, l’Afrique du Sud est toutefois souvent considérée comme une économie en développement. Elle est en tout cas soumise de façon assez forte aux fluctuations des cours desdits minerais, dont les variations de prix impactent grandement le revenu du pays. Chaque année, le secteur minier représente en effet à lui seul entre 8 et 10% du PIB sud-africain, et près de 60% des exportations du pays.

 B) Un positionnement géostratégique à très fort potentiel dû à l’importance du rayonnement régional

Les fortes ressources en minerais font souvent oublier les nombreux handicaps auxquels le pays est confronté. Le territoire, gigantesque et aride, est par endroit très escarpé et soumis aux tempêtes. Le développement du réseau hydraulique y est difficile. Le gouvernement a quand même réussi à développer d’efficaces infrastructures ferroviaires et routières qui facilitent les échanges sur le continent, et permettent de desservir aisément les nombreux ports présents sur la côte sud du pays. Ensemble, ces ports génèrent autant de trafic que celui de Singapour, premier port du monde.

La force de l’économie sud-africaine, qui domine outrageusement le continent, et à plus forte raison l’Afrique Subsaharienne, a mené au développement de relations ambigües avec ses voisins. Souvent taxé de volontés impérialistes, voire hégémoniques, le pays entretient des relations étroites avec ses voisins qui s’avèrent fonctionner à sens unique. L’agrégation des états limitrophes ou enclavés au sein d’une même organisation commerciale a permis à l’Afrique du Sud d’imposer sa politique commerciale à ses voisins. Membre du SADCC (Southern African Development Coordination Conference) devenu SADC, depuis la fin de l’Apartheid, l’Afrique du Sud n’a pas tardé à vampiriser la quasi-intégralité des investissements à destination des pays d’Afrique australe, et ce, même en dépit d’un coût du travail plus élevé que les 15 autres pays membres.

Les effets négatifs de cette hégémonie sont toutefois à relativiser, dans la mesure où l’Afrique du Sud attire et redistribue des capitaux qui ne seraient sans elle jamais arrivés dans cette zone. Le Bostwana, le Mozambique ou encore le Swaziland bénéficient donc de retombées économiques et technologiques importantes dues au gigantisme de leur voisin. De manière générale, plus on s’éloigne de l’Afrique du Sud au sein du SADC, et plus on a tendance à se plaindre des trop grands pouvoirs qui lui sont accordés. Les pays d’Afrique centrale sont donc aujourd’hui plus enclins à s’organiser pour contrer l’hégémonie du géant austral : la Namibie a par exemple pris l’initiative de se rapprocher du Mozambique par la création d’axes de communication visant à réduire la dépendance vis-à-vis de l’Afrique du Sud.

III –  Mais l’Afrique du Sud reste un pays fragile

 L’unité de l’Afrique du Sud est encore très fragile à la lumière des fractures sociales et économiques qui menacent toujours le pays.

A)   Une forte distorsion sociale

La politique de discrimination positive n’a fait que déplacer les inégalités. De 1990 à 2005, l’Afrique du Sud a perdu 35 rangs en termes d’indicateur de développement humain. Un taux de chômage de 20%, atteignant 40% dans certaines régions, l’Afrique du Sud reste une terre de pauvreté et de fortes inégalités. En dix ans, le nombre de personnes en dessous du seuil de pauvreté a doublé concernant aujourd’hui plus de 50% de la population

La fuite d’un sixième de la population blanche effrayée par la politique de discrimination positive a permis le développement d’une nouvelle classe moyenne, les « blacks diamonds », noire et endettée. Les conséquences de cette politique ont été grandement néfastes :

– Elle ne favorise que les populations noires, éduquées et déjà aisées sans prendre en compte le problème des bidonvilles, toujours aussi nombreux et dangereux, véritable zone de non droit limitrophes aux centres d’affaires des grandes agglomérations (Cape Town, Durban, Johannesburg)

– Dans des certains secteurs (administration), des personnes qualifiées de couleur blanche ont été licenciées ou ont dû partir volontairement à la retraite pour permettre aux entreprises de faire face aux exigences du gouvernement.

– L’offre d’emplois qualifiés pour les populations noires a augmenté sans que l’Etat investisse pour former ces populations, dont l’accès aux universités prestigieuses et à l’éducation supérieure reste toujours, plus un mythe qu’une réalité.

François Conje, qui a menée des études sur l’impact de cette politique sur l’émigration sud-africaine parle de la discrimination positive comme « un nouvel apartheid économique ». Ainsi, 10% de la population blanche vie sous le seuil de pauvreté contre 0% en 2001. Certains estiment que ce n’est qu’un juste retour aux choses après tant d’années ou les riches étaient issus des populations blanche, et les pauvres, des populations noires. 15 ans après l’apartheid, les tensions restent fortes.

Depuis, le nouveau gouvernement de Zuma a décidé d’infléchir sa politique de discrimination positive, conscient de ses faiblesses. La Vice président sud-africaine a déclaré qu’il fallait proposer des salaires attractifs et compétitifs pour favoriser le retour « des forces vives ». La discrimination positive ne doit pas réparer un déséquilibre pour en créer un autre. Elle entend ainsi «recruter des « Skilled White South Africans » résidant en France et à l’étranger dans cette optique de booster la croissance sud-africaine à 6% d’ici 2014. Seulement ces nouvelles mesures servent à attirer les « White South Africans », mais laissent encore une fois de côté, les populations noires les moins aisées.

Cette nouvelle politique ne s’attaque pas aux principaux déséquilibres. Les chiffres restent très parlants : 12 millions de Sud Africains n’ont pas accès à l’eau courante, 20% de la population est illettrée et la mortalité infantile est de 50‰ contre un taux de 4‰ en France.

Elle n’a pas réussi non plus à réduire les écarts de manière significative entre les communautés. La communauté noire reste la plus défavorisée : le taux de chômage atteint les 50%, pour 8% chez les populations blanches. La mortalité infantile est de 70‰ chez les populations noires contre 12‰ chez les blanches. Le revenu moyen est douze fois moins élevé chez les populations noires que chez les blanches.

Les inégalités se sont même creusées au sein de la communauté noire. Ainsi, Guillaume Merveilleux du Vignaux estime ainsi que la politique de discrimination positive n’a fait que « déplacer la  fracture sociale, les “nouveaux riches” noirs ont épousé le mode de vie occidental et sont taxés d’égoïsme et de manque de solidarité sociale par les miséreux des bidonvilles qui demandent plus de réformes ».

Desmond Tutu, prix Nobel de la Paix en 1984, pense que « l’Afrique du Sud est une vraie poudrière qui explosera le jour où les pauvres viendront demander leur part du gâteau : “les dividendes de la liberté” ».

B) Des clivages ethniques et religieux difficile à surmonter

Tant que l’Afrique du Sud ne s’impose pas comme une « nation », unie et forte, elle ne pourra exister sur la scène internationale. Elle doit pouvoir parler d’une seule voix, même si cette voix représente une mosaïque d’ethnies, de langues, et de cultures.

Aujourd’hui, l’Afrique du Sud possède plus de 11 langues officielles avec trois langues qui dominent. 25% de la population a comme langue natale le Zulu, 17% le Xhosa, et 14% l’Afrikaner. Néanmoins, plus de 30% parle l’Afrikaner ce qui en fait la deuxième langue du pays. Les programmes de télévisions doivent jongler entre ces multiplicités des langues. Des séries américaines sont doublées en Afrikaner avec des sous titres en Xhosa. D’autres sont simplement en Anglais ou en Xhosa. Il n’y pas d’effort d’unité, ni d’uniformisation.

Or la langue est d’une des trois constantes identitaires avec l’ethnie et la religion. Elle renforce le sentiment d’appartenance à l’ethnie, et non à la nation. Il est évident que l’Etat sud-africain doit composer avec ces multitudes de culture comme le souligne Will Kymlicka dans Multicultural citizenship. A liberal theory of minority Rights, Oxford (1995) “il est impossible de parvenir à une séparation complète entre Etat et ethnicité…. Les décisions gouvernementales concernant les langues, les frontières intérieures, les jours de congé et les symboles de l’Etat, entrainent inévitablement la reconnaissance et le soutien des besoins et des identités de groupes nationaux et ethniques particuliers”. Certes l’Etat ne peut être culturellement neutre, mais il doit faire le choix de promouvoir une culture, une langue pour soutenir l’unité de la nation. Néanmoins, cela reste un des défis majeurs pour cette Afrique du Sud qui veut s’imposer comme un acteur majeur sur la scène politique.

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Outre la simple barrière de la langue, les tensions inter-raciales tendent grandement les équilibres politiques de la RSA. 90% des terres sont détenues par 13% de la population. Le problème lié à la redistribution des terres après la fin de l’Apartheid ne semble pas près de se régler et alimente les tensions entre les communautés. L’Afrique du Sud reste l’un des pays les plus violent au monde.

Dix ans après l’Apartheid, il reste encore beaucoup de tensions. En avril 2010, à la mort d’Eugène Terreblanche, leader de l’AWB, abattu par deux de ses employés noirs, les tensions ont ressurgi. De nombreux Afrikaners souhaitent le retour d’un système ouvertement raciste, quand la frange extrême de l’ANC souhaite définitivement éliminer de la scène politique et sociale toute organisation liée à l’ancien régime de l’Apartheid.

Les viols sont récurrents (50 000 en RSA contre 2 000 en France), et les meurtres un événement de la vie quotidienne avec 22 000 victimes par an. La multiplication des sociétés de sécurité privée est la seule réponse que l’Afrique du Sud a trouvé pour palier la corruption policière et la prolifération de la violence. Même la police fait appel à ces sociétés pour protéger les commissariats. Les plus riches s’enferment dans des résidences protégées, les femmes seules au volant ont le droit de passer lorsque les feux sont rouges le soir, les trains sont vides après 20h00, on sort rarement sans sa voiture dans le centre ville, et les bidonvilles sont inaccessible pour les blancs non accompagnés par des habitants voisins.

 C) Une situation économique encore fragile

Comme nous l’avons mentionné plus haut, la « fuite des cerveaux » nuit gravement au développement économique de l’Afrique du Sud qui manque de compétence dans des domaines clés, comme la finance et les postes à haute valeur ajoutée. Pour défendre sa position géostratégique, l’Afrique du Sud se doit d’être un pays attractif et freiner les flots grandissants d’émigrants.

Le problème de la répartition des ressources est également vecteur de tensions. Avant 1994 et la fin de l’Apartheid, le système de transfert d’eau douce ne faisait que refléter l’idéologie dominant le pays. Avec la fin de l’Apartheid et les changements politiques l’accompagnant, il a fallu réformer la politique de distribution d’eau, désormais officiellement destinée aux importantes populations de la partie orientale du pays, plutôt qu’aux terres de l’ouest, moins pluvieuses et moins irriguées. La ville de Johannesburg, juchée sur la ligne de partage des eaux, est l’exemple parlant de l’éloignement entre besoins et ressources en eau dans le pays. Alors qu’auparavant, l’Apartheid aboutissait à une absence de débat concernant la distribution hydraulique, censée irriguer les grandes plaines telles que celle de la Great Fish destinées à l’agriculture et propriété des Boers. La nouvelle donne induite par les changements politiques a annihilé la présupposée légitimité de certaines populations concernant l’eau, devenue source de discordes entre besoins des populations, des agriculteurs ou des industries. Nelson Mandela s’est rapidement déclaré contre la loi de 1956 régissant la distribution d’eau, et l’a remplacée en 1998 par une nouvelle loi résumée par le slogan « Some, for all, for ever » (Un peu, pour tous, pour toujours). L’application de cette loi d’apparence révolutionnaire a pourtant dû se faire avec pragmatisme. En 1994, 14 millions de citoyens n’avaient pas accès à l’eau courante. Ce chiffre est encore aujourd’hui de 3 millions.

La relative prospère situation économique cache des problèmes structurels de l’Afrique du Sud. Les pénuries d’électricité sont nombreuses. L’Etat pense même restreindre la consommation par habitant et entreprise pour combler ce déficit structurel. La vieillesse du réseau électrique et des centrales est mis en cause, tout comme le manque d’investissement du gouvernement pour moderniser et donc augmenter la productivité des équipements. La pénurie freine également les autres industries comme la production minière.

L’Afrique du Sud a donc tous les atouts pour s’imposer sur la scène internationale. Elle doit pour cela investir dans l’éducation et les infrastructures pour combattre un déficit structurel qui l’handicape depuis trop longtemps.

Elle doit également composer avec des voisins parfois hostiles. Le développement de l’Afrique du Sud empiète sur celui de ses presque voisins comme la Tanzanie, la République Démocratique du Congo, et l’Angola. La Namibie, la Zambie et le Zimbabwe forment d’ailleurs des accords commerciaux pour créer de nouvelles routes commerciales indépendantes de Prétoria. Le développement sud-africain fait craindre selon Guillaume Merveilleux du Vignaux « une désindustrialisation de ses voisins. C’est normal que ceux-ci résistent et cherchent des moyens de contrer son développement ». La dernière initiative est celle de 20 pays regroupée sous le nom de COMESA qui souhaite l’abolition des droits de douanes pour les pays membres et des liens commerciaux privilégiés. Elle pose une sérieuse menace aux velléités d’expansion de la RSA.

 Conclusion 

François Lafargue donne une piste sur les obstacles que l’Afrique du Sud doit encore franchir pour renforcer sa position géostratégique dans le monde. L’Etat doit entreprendre des réformes profondes, tant en matière d’éducation, que de système électoral. Le but de l’Apartheid était de partager le territoire pour ne pas partager le pouvoir. Aujourd’hui encore, la délimitation des provinces du pays comme des circonscriptions électorales suscitent de vifs débats.

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 IV – Cartes

carte 1

carte 2

 

Sources

Fiche Pays – Afrique du Sud

  1. INTRODUCTION  L’Afrique du Sud est un état d’Afrique australe, bordé à l’ouest par l’océan Atlantique, à l’est par l’océan Indien, et est limité au nord par le Swaziland, le Mozambique, le Zimbabwe, le Botswana et la Namibie. C’est un état fédéral composé de […]

L’état de la paix et de la sécurité en Afrique et les réponses du PSC en 2013

Compte rendu de la conférence de l’Institut d’Étude de Sécurité (ISS) du 29 novembre 2013. L’Institut d’Étude de Sécurité est une organisation africaine qui a pour vocation de renforcer la sécurité humaine sur le continent. Il effectue des recherches, indépendantes et faisant autorité, qui permettent […]

Hommage à Mandela

Présentation du journal Le journal d’où sont tirés cet article est El Pais, quotidien espagnol proche des idées socialistes suivant une ligne éditoriale de centre-gauche et appartenant au plus important groupe de médias espagnol, Prisa. Son nom complet est « El Pais : diario independiente […]

Le clan Mandela se dispute l’héritage

Présentation du journal Le journal d’où sont tirés cet article est El Pais, quotidien espagnol proche des idées socialistes suivant une ligne éditoriale de centre-gauche et appartenant au plus important groupe de médias espagnol, Prisa. Son nom complet est « El Pais : diario independiente de la mañana » […]

L’Afrique du Sud : Futur leader du développement africain ?

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