“J’accuse” n°1 : Gestion de l’arc des crises par les sociétés occidentales

J’accuse les gouvernements occidentaux d’une immense hypocrisie vis-à-vis des attentats commis sur le  continent européen. Le 13 novembre dernier, on commémorait les deux ans du drame survenu à Paris, l’attaque terroriste la plus meurtrière sur le sol français. Bilan : 137 morts et 413 blessés. Évidemment, suite à cette tragédie, les gouvernements du monde entier ont apporté un soutien à la France à travers des déclarations d’hommages aux victimes. Sur les réseaux sociaux, nombreux ont été ceux ayant posté des images marquées du fameux « Je suis Paris ». Une référence au slogan « Je suis Charlie », créé à l’occasion de l’attentat visant le journal satirique français. Cette hypocrise s’exprime, selon moi, à travers deux phénomènes marquants. D’une part, la pression médiatique autour de l’attaque de Charlie Hebdo était telle que l’on avait l’impression que dire « Je suis Charlie » était devenu obligatoire. On voyait des publications se multiplier sur Internet ainsi que des déclarations de politiques prônant la liberté d’expression alors même qu’ils faisaient du « Dieudonné bashing » quelques semaines plus tôt. D’autre part, lorsque d’autres actes terroristes ont été commis à Barcelone ou à Londres par exemple, le soutien était clair et unanime. Mais quand les victimes se situent plus loin, en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient il y a étonnement peu de communication des médias et pratiquement aucune réaction sur les réseaux. J’accuse cette solidarité sélective dont fait preuve une grande majorité de la population, soutenue par tous les médias traditionnels. Après l’attentat du 7 janvier 2015, visant Charlie Hebdo, le président de la République de l’époque, François Hollande avait invité certaines personnalités politiques internationales à participer à une « marche républicaine ». Je n’ai aucune animosité envers cette démarche qui était initialement dédiée à transmettre un message fort de soutien aux victimes. Ce qui me dérange, c’est la présence de certains chefs d’États comme Benjamin Netanyahou. Le premier ministre israélien est connu pour sa politique extérieure extrêmement agressive envers la population palestinienne et notamment l’utilisation de phosphore blanc lors de bombardements sur la bande de Gaza. Comment peut-on parler de marche pour la paix tout en invitant à cette occasion un chef d’État menant une politique extérieure expansionniste ? J’accuse la manière dont la « crise des migrants » a été gérée par les grandes nations européennes. On remarque que les pays frontaliers à la Syrie n’hésitent pas à accueillir un nombre impressionnant de personnes fuyant la guerre malgré une puissance économique très limitée. Les pays européens eux, ferment pour la plupart leurs frontières justifiant qu’ils ne peuvent pas accueillir toute la misère du monde et que ce flux trop important pourrait contenir des terroristes potentiels. Il est tout de même important de rappeler que les puissances occidentales et notamment la France ont mené des actions de déstabilisation au Moyen-Orient (en Lybie par exemple). De plus, la France reste l’un des premiers exportateurs d’armes dans le monde fournissant des pays comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar qui eux-mêmes financent des groupes djihadistes. Ces informations prises en compte, je ne comprends pas comment les gouvernements peuvent se permettre de traiter ces personnes de cette façon. Des familles se retrouvent dans une situation extrêmement précaire à cause, indirectement, de ces mêmes gouvernements. Même chose pour le terrorisme, comment peut-on s’étonner d’être attaqué sur son territoire alors que l’on est l’un des principaux acteurs du commerce de la guerre ?
La menace terroriste qui pèse sur le monde n’étant pas prête de s’éteindre de sitôt, j’ai bien peur que cette hypocrisie ne dure encore un bout de temps.

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