Fiche Pays Tuvalu- 2014

Brève présentation des îles Tuvalu :

Tuvalu

Superficie : 24 km2

Nombre d’habitants : 10 000 (estimation pour 2013)

Nom des habitants : Tuvaluans

Capitale : Funafuti

Langues : tuvaluan et anglais

Monnaie : dollar australien

 

En quoi le réchauffement climatique impacte t il la géopolitique de demain ?

INTRODUCTION :

Géographie :

Les Tuvalu, en forme longue l’État des Tuvalu sont un État et un archipel polynésien, au centre de l’océan Pacifique, au sud de l’équateur et proche des Kiribati. (carte)

Bien que cet archipel n’ait pas de subdivision administrative, le pays est tout de même divisé en 9 îles ou plutôt atolls (certains atolls se subdivisent à leur tour en « îles » ou « îlots ») à savoir : Funafuti, Nanumea, Nanumaga, Niutao, Nui, Niulakita, Nukufetau, Nukulaelae, Vaitupu.

Ces 9 atolls sont  dispersés sur une superficie maritime de 1,3 million de km2 .

Son village principal est le Vaiaku il se trouve sur l’atoll de Funafuti (sa capitale) qui se trouve sur l’îlot de Fongafale et qui fait 12 kilomètres de long. C’est l’endroit le plus large de l’île, abritant la piste d’aéroport, avoisine les 400 mètres. C’est là que vit la moitié de la population du royaume sur 2,6 km2.

Cet archipel est l’un des plus petits États du monde.

Caractéristiques de la population :

La population est partagée entre Polynésiens qui représentent 95% de la population et de Micronésiens qui représentent 4% de celle-ci.

Les religions dominantes sont le Congrégationalisme à 97%  et l’adventisme du 7ème jour – Protestantisme évangélique à 1,4%

Communication :

  • Téléphones, lignes fixes : 1000
  • Téléphones portables : 0
  • Postes de radio : 4000
  • Téléviseurs : 800
  • Fournisseurs d’accès à Internet : 1 seul

Transports :

Aucune infrastructure dans ces îles. Les Tuvalus disposent de 0 km de route goudronnée, bien que Funati s’étend sur environ 19,5 km , 12,5km ne sont que des pistes par où les voitures ont tendance à passer. Il y a absence de voies ferrées, aucune voie navigable. Concernant la marine marchande : 5bateaux , navires par type :

  • cargo 3
  • navire cargo à passagers 1
  •  pétrolier 1

Cet archipel dispose d’un seul aéroport à Funati dont la piste s’étend sur 1 524 à 2 437 m. Funafuti et Nukufetau sont les seuls ports maritimes, utilisés principalement par les transporteurs dans le commerce du coprah…Toutes les îles ne sont desservies que par une inter-île de ferries de Tuvalu.

Chronologie des faits historiques :

  • En 1568 : le navigateur espagnol Álvaro de Mendaña de Neira découvre l’île de Nui
  • 1892 : protectorat de l’ Empire britannique
  • 1978  : Indépendance
  • 1986  : Constitution
  • 1998  : Signature du protocole de Kyoto
  • 2000  : 189e état membre de l’ONU

Politique intérieure :

Les Tuvalu sont un Etat membre du Commonwealth qui dispose d’un parlement monocaméral de 15 représentants élus pour quatre ans. Le Premier ministre est élu par une majorité des membres du Parlement.
Aux Tuvalu, les partis politiques n’existent pas de manière formelle. Les alliances et les choix des candidats se font sur des critères de respectabilité, de réputation et d’alliances communautaires et coutumières.

A l’issue des dernières élections au Parlement qui se sont déroulées le 16 septembre 2010, M. MatiaToafa est élu Premier ministre à une courte majorité de 9 voix sur 15. Toutefois, le 21 décembre 2010, une motion de censure adoptée par le Parlement par 8 voix contre 7 le force à démissionner. Il est remplacé par M Willie Telavi, alors ministre des Affaires intérieures, qui a rallié l’opposition, le temps de faire voter la motion de censure. Le maintien du lien avec la Couronne britannique est un thème récurrent de la vie politique.

Au sein de chacune des huit îles habitées, des conseils traditionnels de chefs opèrent en tandem avec le gouvernement établi. En vertu de la loi de Falekaupule (1997) les conseils disposent d’une plus large autonomie, notamment pour l’établissement des priorités locales du développement, de l’amélioration des infrastructures économiques et éducatives du pays ainsi que dans la gestion des ressources.

Fonctionnement de l’Etat :

  • Organe exécutif : Chef d’Etat : Reine d’Angleterre, représenté par Iakoba Italeli et 1er ministre : Enele SOPOAGA
  • Organe Législatif : Parlement monocaméral « Fale i Fono »
  • Organe judiciaire : Haute Cour : 2/an

Politique extérieure :

Les Tuvalu entretiennent de bonnes relations avec leurs voisins du Pacifique, notamment l’Australie et la Nouvelle-Zélande, mais également avec les Iles Fidji, partenaire économique primordial et nœud de communication important pour Funafuti. Les Tuvalu sont membres du Forum des Iles du Pacifique (FIP), de la Banque asiatique de Développement, de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), du Fonds monétaire international (FMI) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les Tuvalu dépendent de l’aide internationale. Les principaux donateurs sont l’Australie (8,7 m euros pour 2012-13), la Nouvelle-Zélande (4,7 M euros pour 2012-13), le Japon et l’Union européenne.

L’Etat des Tuvalu compte quatre représentations diplomatiques : Suva, Londres, Bruxelles et New York.

Economie :

Les ressources naturelles

Tuvalu est une micro-économie très fragile. Sur l’ensemble des 9 îles, la pauvreté des sols est un frein à l’agriculture.  Tuvalu est un micro-état de 26 km² ce qui signifie donc qu’il a très peu de terres cultivables.

La noix de coco, Taro géant des marais et quelque fruits exotiques sont quasiment les seuls fruits fournis par les atolls. Cet handicap face à l’agriculture explique le recours à une agriculture vivrière pratiquée par 80% des Tuvaluans.

Cependant, le pays a un atout majeur pour l’économie : L’Etat dispose d’une Zone Economique Exclusive de 1 300 000 km² et de ressources halieutiques extrêmement riche.

Fort de ce constat, le gouvernement a concentré ses efforts sur la pêche en fondant la compagnie commerciale de pêche NAFICOT. Mais bien que cette entreprise perdure, ses bénéfices sont extrêmement faibles.

On peut donc conclure que Tuvalu a une base économique étroite et limitée

 Exportation / Importation

La balance commerciale de pays illustre bien l’économie fragile de Tuvalu avec un niveau d’importation de 54$ millions $ et un niveau d’exportation de 28,9 millions $ , ainsi , le pays importe bien plus qu’il n’exporte.

Le tourisme

Le tourisme reste très faiblement développé du fait de l’éloignement des îles, de l’absence d’installation hôtelière (il n’y a qu’un seul hôtel ou sinon les habitants louent des chambres dans leur propre habitat) et des axes routiers qui sont très limités (pour la plupart non goudronné).

Les îles ont recensé environ 1100 touristes l’année dernière, ce qui reste très peu.

L’Etat dispose de très maigres revenus donc on peut se demander comment l’économie de Tuvalu s’en sort elle ?

Tuvalu dépendent de l’aide internationale, ses principales ressources financières viennent de l’extérieur.

Les principaux donateurs sont :

  • Australie avec 8,7 millions d’euros pour 2012-13.
  • En plus de l’aide financière, l’Australie apporte une aide technique non-négligeable pour aider Tuvalu à contrôler sa ZEE.
  • La nouvelle Zélande avec 4, 7 millions d’euros pour 12-14
  • Le Japon
  • L’union européenne dans le cadre du 10ième Fonds européen de développement. L’enveloppe de programmation de l’UE se monte à 5,5 millions d’euros.

PROBLEMATIQUES URBANISTIQUES 

Face à l’urbanisation incontrôlée de l’archipel, la population et la pression qu’elle  exerce se trouve être le déclencheur d’une situation qui ne peut qu’aller de mal en pis. En effet, le poids démographique est progressivement devenu un « fléau » pour le bon  développement du pays.

  • En 1979l’Etat de Tuvalu compte 7300 habitants ainsi que 1400 expatriés soit environ 280 habitants au kilomètre carré.
  • 1980, la population de Funafuti est passée de 2 000 à 4 500 habitants.
  • 2006, l’archipel comptait au total environ 9 000 habitants.
  • De plus, entre 2003 et 2008, la population de l’archipel passe respectivement de 11 305 à 12 177 habitants, soit une augmentation de 872 habitants.
  • En 2008, une densité de 468 habitants au kilomètre carré ce qui est beaucoup.

Après avoir subit une explosion démographique en quelques années, l’archipel de Tuvalu doit faire face à un autre problème : la répartition spatiale de la population. En effet, la répartition de la population dépend des contraintes spatiales qui incombent à une île ou à un archipel. En effet, la superficie totale de Tuvalu est de 26 km², cependant, l’ensemble de cette superficie n’est pas exploitable.

Pour l’archipel de Tuvalu, la majorité de la population se répartit sur les 4 atolls principaux :

  • l’atoll de Funafuti dont 3 îles sont occupées (Fongafale, Funafala et Amatuku) : près de 4492 personnes y vivent.
  • l’atoll de Nui : 548 habitants y vivent.
  • l’atoll de Nukufetau est constitué de 33 îles où vivent 586 personnes (recensement de 2002).
  • l’atoll de Vaitupu est composé d’une île principale et 9 îlots : 1591 habitants (recensement de 2002) y habitent dont 600 étudiants entre 13 et 21 ans car on y trouve la seule école secondaire de Tuvalu.

PROBLEMATIQUES ENVIRONNEMENTALES

Disparition des ressources naturelles :

La traduction immédiate du poids considérable exercé par la pression démographique, doublé d’une urbanisation galopante, se révèle être la disparition progressive des ressources naturelles. Comme cela a été mis en exergue précédemment, un des problèmes majeurs qui s’impose aux tuvaluans est celui qui relève des questions alimentaires. En effet, les tuvaluans ne possèdent aucunes terres arables, cultures, pâtures, forêts ou zones irriguées. De plus, directement impacté par le réchauffement climatique, les îles de Tuvalu sont submergées par la mer lors de grandes marées ou envahis par l’eau de mer qui remonte par capillarité dans le sol poreux. Ainsi, de plus en plus de sel est déposé sur et dans les terres, dont le potentiel cultivable est déjà largement amoindri, et empêche toute nouvelle récolte.

Montée des eaux

Les  Tuvalu sont un Etat Insulaire, isolé. La plupart de ses îles sont formées à partir d’un récif corallien.

L’altitude moyenne de l’archipel ne dépasse pas les 3 mètres au-dessus de la mer. Tuvalu est le premier Etat souverain qui pourrait devenir inhabitable d’ici 50 à 80 ans. Mais l’élévation du niveau de la mer, augmentant l’intensité et la fréquence des inondations, tempête et cyclones, a déjà commencé à ravager l’Etat :

•             Erosion du sol

•             Salinisation des terres arables

 Eau portable est rare

Etant donné que la montée des eaux a provoqué la salinisation des sols  plus le rajout des problèmes de pollution de Tuvalu. Puisque l’Etat a une superficie très petite, la population stock ses déchets sur son territoire et devient de plus en plus submergé par ses déchets qui pollue l’eau. On assiste à une raréfaction de l’eau potable. Tuvalu n’a quasi plus de source d’eau potable. C’est donc maintenant la pluie qui constitue la ressource d’eau douce potable

Biodiversité menacée

La biodiversité de Tuvalu est également menacée, quel soit maritime ou terrestre.

On assiste à une disparition progressif des seuls ressources de l’Etat.

Tout d’abord la biodiversité marine avec les coraux dû à :

  • La surexploitation des ressources
  • Le chalutage des encres de navires
  • Et l’augmentation de la température à l’échelle mondiale qui a un lien directe avec la montée des eaux.

Puis ensuite la biodiversité terrestre avec les cocotiers et les palmiers dues à :

  • La salinisation de plus en plus importante rendant les peu de terres cultivable non cultivable
  • La pression de la population : création de logement plutôt « rustique » à l’aide des cocotiers
  • La pression démographique de plus en plus importante : augmentation des besoins alimentaires.

 PROBLEMATIQUES GEOPOLITIQUES

Réfugiés climatiques :

« Ceux qui sont forcés de quitter leurs lieux de vie temporairement ou de façon définitive à cause d’une rupture environnementale (d’origine naturelle ou humaine) qui a mis en péril leur existence, ou sérieusement affecté leurs conditions de vie »

Terme apparu pour la 1ière fois en 1985 dans un rapport du Programme des Nation-Unies pour l’Environnement (PNUE)

Aujourd’hui nous sommes face à 150 millions de réfugiés climatiques en 2050 (Rapport ONU 2001).

Droit international et Conventions

Il y a une absence de reconnaissance du statut des « victimes » du climat. D’après la convention de Genève de 1951 « quelqu’un qui a franchi une frontière internationale et qui est persécuté en raison de ces appartenances ou croyances politiques ». Le programme « Climate justice » réunit 70 ONG : « La justice climatique représente une demande nouvelle en raison de violations de plus en plus fréquentes des droits de l’homme associées au changement climatique »

Protocole de Kyoto

Le protocole de Kyoto est un traité international visant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. AOSIS regroupe les pays victimes du réchauffement climatique dont le protocole de Kyoto est en est le résultat.

Tuvalu se positionne comme « la conscience des négociations climatiques »

Un peuple soumis à la migration

Selon les prévisions du GIEC, la population des Tuvalu va être soumise à migration d’ici 50 à 80 ans. En effet, avec la hausse du niveau marin, une part importante des îles de Tuvalu seront submergées.

Les classes dirigeantes tentent ainsi depuis quelques années de préparer des solutions d’extrême urgence si de violentes vagues venaient à submerger les îles. Ainsi des propositions d’installer par exemple des paquebots de croisières pouvant loger les 5000 habitants de l’île principale ont été évoquées.

Destinations envisageables :

  • Australie (refus)
  • Nouvelle-zélande mais sous conditions à savoir : 75 immigrants économique / an – Agés de 18 à 45 ans – Parlent couramment l’anglais et doivent y trouver un emploi.

LA SOUVERAINETE DES TUVALU : QUEL DEVENIR ?

Si de multiples difficultés d’ordre conceptuel et juridique entourent ce type de migration, la question devient encore plus compliquée lorsque le territoire d’un Etat va disparaitre…

Généralement on définit un Etat d’un territoire et d’un peuple qui exerce sa souveraineté sur l’un comme sur l’autre.

Dans le cas de Tuvalu, un élément aussi fondamental que le territoire va venir à manquer, et il n’est pas certain que l’Etat continue alors à exister…

Les habitants de Tulavu deviendront-ils des apatrides ?

Certes il existe des accords bilatéraux entre les Tuvalu et les pays d’accueils ont été fixé au préalable comme on a pu le voir. Il s’agira pour le pays d’accueil d’intégrer cette nouvelle population à la leur.

Quel sera leur statut ?

Tuvalu sera sujet d’inévitables concessions… Pour les immigrés il s’agira d’accepter les propositions du pays d’accueil, mais tout en conservant leur identité, leur uses et coutumes… et leur souveraineté… Or cette question de la souveraineté représente déjà la plus difficile tâche de l’intégration réussie.