Les familles Chinoises sont toujours à la merci des autorités malgré l’annonce de l’allégement de la politique de l’enfant unique.

De Simon Denyer, publié le 22 novembre dans le Washington Post.

Présentation du journal :

Le Washington Post est un journal américain, fondé en 1877, dont le siège est à Washington.

Il sort de l’anonymat dans les années 1930 grâce à sa ligne éditoriale toujours suivie aujourd’hui et sa politique commerciale agressive.

Il est le premier quotidien à sortir 7 jours sur 7 en 1880 et à détenir un médiateur qui est chargé de contrôler l’indépendance du journal dès 1970.

Il est aujourd’hui sous la direction de Donald E. Graham, qui se rapproche du centre droit mais la ligne éditoriale du journal reste principalement centriste.

Le Washington Post est indépendant et est constamment à la recherche de la vérité. Journal d’investigation, il est à l’origine de deux grandes révélations :

          1971 : publication des rapports secrets du Pentagone américain durant la guerre du Vietnam.

          1972 : scandale du Watergate qui conduit, entres autres, le Président Nixon, à démissionner.

Ce journal a pour grand principe la protection des sources d’information des journalistes.

Présentation de l’article :

A l’issue du troisième plenum du XVIIIème Congrès du Parti communiste chinois (PCC), se tenant du 9 au 13 novembre 2013, le PCC a rendu publique un document énonçant des réformes importantes sur le plan économique et social chinois, et notamment l’assouplissement de la politique de l’enfant unique. Précédemment, les couples vivant en ville étaient autorisés à avoir un deuxième enfant si les deux parents étaient enfant unique. Aujourd’hui, ils pourront avoir un deuxième enfant si seulement l’un des parents est enfant unique. Les ruraux, eux, étaient autorisés à avoir un deuxième enfant si le premier était une fille. Aucun changement n’est prévu pour ces derniers.

L’article a été rédigé le 22 novembre. Il tient donc compte des nombreuses réactions des chercheurs, politiciens et citoyens et permet d’avoir leurs points de vue.

L’auteur, Simon Denyer, est correspondant et chef du bureau chinois pour le Washington Post. Avant de rejoindre le Washington Post, il travaillait pour l’agence de presse Reuters, en Inde, Pakistan, Afghanistan et il a passé plus de 4 ans à couvrir les nouvelles d’Asie de l’Est. Il a également travaillé à paris, New York et Londres. Il a édité le livre « Foreign Correspondent : Fifty years of reporting South Asia », anthologie d’écriture du sous-continent.  Il a par conséquent de solides connaissances sur la Chine et sa culture.

L’article choisit ici est principalement informatif et ne recouvre pas spécialement de prise de position de sa part.

 

Traduction de l’article :

Les familles Chinoises sont toujours à la merci des autorités  malgré l’annonce  de l’allégement de la politique de l’enfant unique.

 

De Simon Denyer, publié le 22 novembre dans le Washington Post.

Pékin – Quand, Lois, âgée de 36 ans, a entendu que la Chine allait alléger sa politique de l’enfant unique,  elle fut heureuse et soulagée.  Cette maman Pékinoise vient tout juste de découvrir qu’elle était enceinte  de son deuxième enfant depuis 5 semaines, un bébé qui aurait été illégal sans la réforme de la loi puisqu’elle n’envisageait aucune autre alternative que de le garder.  Elle avait exclu l’avortement et s’était mis en tête d’avoir un enfant caché en ne lui laissant pas la possibilité d’aller à l’école. Si elle se faisait prendre, elle devrait faire face à une amende de plus de 50 000$.

« Lorsque les nouvelles normes ont étés énoncées, mes amis ont dit que cela tombait juste pour moi, comme dans un conte de fée », nous confia Lois pendant l’interview, pendant que sa fille de 6 ans jouait avec des amies sous une imposante statue de Mao Zedong, dans le parc de Pékin.

Mais, le mercredi, 5 jours après l’annonce de cette nouvelle loi, la réalité de la politique du planning familiale chinois touche les familles. Lois a lu un article dans lequel le gouvernement dit que la loi ne prendra pas effet immédiatement et que les enfants nés avant seront illégaux.

« Si mon bébé est né juste un jour trop tôt, il sera illégal », nous dit-elle. « C’est ridicule et impensable. Je trouve cela injuste, je suis désespérée, en colère, humiliée. »

L’allégement de la politique de l’enfant unique, politique très controversée datant de 1980, fait partie de l’ensemble des réformes économiques et sociales annoncées par le Président Chinois, Xi Jinping.

Prenant en compte des préoccupations de plus en plus importantes pour la Chine, telles que le vieillissement de population ainsi qu’une pénurie de main d’œuvre, la nouvelle politique du planning familial statue sur le fait que si un membre du couple est enfant unique,  le couple a la possibilité d’avoir deux enfants.

Dans le passé, les couples vivant en ville, pouvaient avoir un deuxième enfant si les deux parents étaient enfant unique. Les ruraux, eux, pouvaient avoir un second enfant si leur premier enfant était  une fille.

Selon les politiciens et les experts, ce changement affectera environ 15 à 20 millions de couples et va augmenter le nombre de naissances d’environ 1 million par an.  Mais le niveau de la population chinoise ne sera pas tant affecté puisqu’il atteindra, comme prévu avant la réforme de la loi, 1,5 milliards d’habitants dans 20 ans, pour 1,3 milliards actuellement.

Lois, a demandé à être identifiée sous son nom anglais plutôt que par son nom chinois pour éviter d’attirer l’attention des autorités. Elle, qui est journaliste,  est enfant unique mais son mari, un ingénieur informatique, ne l’est pas. Ce qui signifie qu’ils ne peuvent avoir qu’un enfant sous la loi actuelle.

Sa fille, arrêtant de jouer, nous dit combien elle est excitée parce qu’elle va avoir un frère ou une sœur plus jeune. Lois dit que sa fille participait activement à la discussion sur le nom du bébé quelques jours plus tôt, pendant que ses jeunes amies étaient ravies de la voir enceinte au parc mardi. Maintenant, toutes les inquiétudes ont ressurgies.

« Mon mari est très inquiet que les voisins nous dénoncent », dit Lois.

 

Un labyrinthe de règles rigides

 

Les pénalités pour les parents qui violent la loi de l’enfant unique sont sévères.

Yang Zhizhu, un professeur assistant à l’Institut des sciences politiques de la jeunesse chinoise, a perdu son travail en 2010 et a été condamné à payer une amende de 40 000 $, lorsque sa femme a eu une seconde fille. L’année dernière, il a été autorisé à reprendre son travail mais seulement pour faire de la recherche pour un salaire dérisoire de 1000 $ par mois. Il n’est néanmoins pas autorisé à donner des cours.

Il a passé l’année à faire des recherches  sur la politique de l’enfant unique. Comme beaucoup d’experts, il dit que cette dernière a souvent été faite respectée brutalement par des stérilisations ou des avortements. Le gouvernement a énormément exagéré les bénéfices de cette politique, dit-il, et l’assouplissement annoncé ne résoudrait que peu les problèmes démographiques.  « C’est comme mettre du petit bois pour allumer un feu» explique-t-il.

Les règles sont tellement rigides que même ceux qui se soumettent à la politique officielle doivent passer par un labyrinthe bureaucratique dirigé par des fonctionnaires avec d’importants pouvoirs discrétionnaires.

Par exemple, si la loi change, Lois dit qu’elle devra retourner dans sa maison de la province de Sichuan, une fois qu’elle aura rencontré les fonctionnaires de Pékin, afin de prouver qu’elle est enfant unique. Ses parents seront interrogés pour être sûr qu’ils ne sont pas divorcés et n’ont pas d’autres enfants. Lois dit qu’elle devra surement obtenir à peu près 20 tampons officiels avant de pouvoir compléter le processus.

Les provinces mettront en place leur propre planning pour conduire le changement. Dans celles où l’accroissement de la population est important, les décideurs locaux pourront choisir de favoriser les  couples plus âgés  et retarder la permission d’avoir un deuxième enfant pour les jeunes couples, nous explique Wang Peian, vice-ministre de la santé et de la commission du planning familial national. Les opposants disent que ce fonctionnement laisse un pouvoir discrétionnaire considérable aux autorités locales, ce qui provoquera des abus et de la corruption.

Mao Qunan, le porte-parole de la commission, résistant à de telles critiques, a dit dans une interview que les autorités locales « élimineront les problèmes de corruption et d’exécution brutale de la loi. »

Contraintes financières

 

Même après que la politique de l’enfant unique se soit assouplie, toutes les personnes concernées ne se précipiteront pas pour avoir un autre enfant, spécialement s’ils tiennent compte des coûts de logement et de scolarisation.

Une enquête du service microblog de Sina Weibo, la semaine dernière,  montre que près de 60% des répondants souhaitaient avoir un deuxième enfant alors que 30% d’entre eux ne désiraient pas en avoir un deuxième. Un autre sondage, du journal Southern Metropolis Daily, montre que 66% des gens veulent 2 enfants, 9% en veulent plus que deux et 21% n’en veulent qu’un, principalement pour des raisons financières.

Parmi les réticents à se jeter à l’eau, Xu Minhua, 28 ans, et sa femme, Miranda Yao, 33 ans qui se sont rencontrés lorsqu’ils travaillaient pour une entreprise pharmaceutique allemande et qui ont eu leur premier enfant l’année dernière. « C’est principalement à cause de la pression économique », dit Yao.

Avec leurs parents qui vivent en province et aucune possibilité de garderie, ils ont engagés une nourrice pour les aider à s’occuper de leur fille. Ils doivent faire face à de lourdes dettes hypothécaires.

« Si nous avions beaucoup d’argent, nous aurions surement un autre enfant, » explique Xu, « mais aujourd’hui nous n’avons que deux chambres ».

En ville, Zhang Yufei, âgé de 42 ans, et sa femme, Ma Yanyan, 30 ans, ont décidé qu’ils peuvent se permettre d’avoir un deuxième enfant et étaient très heureux de l’annonce du changement de politique.

Zhang a un jeune frère, mais sa femme est enfant unique. « Si nous avons un deuxième enfant, cela augmentera la capacité de la famille à supporter les risques, » dit Ma, assise avec son fils de 13 mois dans les bras. « Nous avons entendu beaucoup de parents qui ont perdu leur seul enfant. »

Le couple veut seulement un compagnon pour leur fils. Néanmoins, ils vont attendre quelques temps.

« Mon fils respire de l’air de plus en plus polluée », explique Zhang. « Le Parti [Communiste] nous a dit que l’air serait plus pure dans 5 ans, alors peut-être que nous attendrons jusque-là. Nous avons confiance en eux. »

Lorsqu’on lui demande comment il se sent sous les règles qui donnent tant de pouvoir discrétionnaire aux autorités sur les dispositions familiales, Zhang a seulement une réponse : « C’est absurde ».

 

Commentaires, comparaisons et critiques :

Nous pouvons supposer que Simon Denyer, même s’il ne donne aucun avis explicite sur le sujet est plutôt défavorable à cette politique de l’enfant unique. En effet, il n’est pas contre cet assouplissement mais montre les failles de cette politique mise en place en 1980.

On peut voir à travers les témoignages qu’il a choisi que pratiquement tous les citoyens sont démunis face à cette situation : une maman désespérée enceinte d’un deuxième enfant, victime de la politique de l’enfant unique ; un chercheur renvoyé de son poste et condamné à payer de lourdes amendes pour avoir eu un deuxième enfant et un couple n’ayant pas les moyens financiers d’avoir un deuxième enfant. Seul un couple, à la fin de l’article, est ravi de pouvoir avoir un deuxième enfant et fait confiance au Parti communiste chinois. Mais là encore, l’auteur montre qu’ils ne veulent pas voir la réalité du pouvoir discrétionnaire des autorités.

De plus, il prouve, en s’appuyant sur des sondages et des témoignages, en quoi cette politique ne résoudra surement pas les problèmes démographiques du pays. De plus, cet assouplissement entrainera de nombreuses complications au niveau bureaucratique et augmentera le pouvoir discrétionnaire des autorités

Il n’est pas le seul à avoir cette vision de la politique de l’enfant unique, puisque le journal chinois Yazhou Zhoukan (Hong Kong), a plutôt un regard critique sur l’efficacité de cet assouplissement.

En effet, dans un article paru le 21 novembre 2013, l’auteur, Zhang Qianye, mentionne l’avis des chercheurs : les enfants uniques adultes seront peu nombreux à exercer leur droit à un second bébé. De plus, même si la politique de l’enfant unique était totalement supprimée, le rebond du taux de fécondité serait limité, dû à la charge financière que représente un enfant supplémentaire.

Zhang Qianye cite également l’avis de nombreux démographes : le Parti communiste chinois ne supprime pas la politique de l’enfant unique du fait de l’importante source de revenus que représentent les recettes financières du planning familial (surplus à payer lorsqu’un couple a un deuxième enfant). De plus, plus de 500 000 personnes sont employées afin de contrôler les naissances et seraient alors touchées de plein fouet en cas de suppression de ce contrôle.

Le journal chinois ne signale que rapidement l’avis des partisans au maintien de cette politique, qui estiment que l’assouplissement de la politique ne ferait qu’accentuer les tensions au niveau de l’accès aux ressources par l’ensemble de la population.

 

Bibliographie :

http://www.courrierinternational.com/notule-source/the-washington-post

http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Washington_Post

http://www.washingtonpost.com/

Zhang Qianye, « Le baby-boom attendra », initialement dans Yazhou Zhoukan, traduit par Courrier International, du 28 Novembre au 4 Décembre 213, N°1204.

Annexe : article original

Chinese families still at mercy of officials despite announced easing of one-child policy

 

By Simon Denyer, Published: November 22 on Washington Post

In BEIJING — When 36-year-old Lois heard the news that China was relaxing its one-child policy, she was delighted and relieved. The Beijing mother had just discovered she was five weeks pregnant with her second child, a baby who would be illegal under existing law, and the alternatives were bleak. She had ruled out an abortion but faced the prospect of keeping the infant in hiding and not being able to send the child to school. If caught, she could face a fine of more than $50,000.

“When the policy change came out, my friends said it had happened just for me, just like a story you read in a novel,” Lois said in an interview, while her 6-year-daughter skipped and played with friends under an imposing statue of Mao Zedong in a park in Beijing.

But on Wednesday, five days after the announcement, the reality of China’s ­family-planning policy hit home. Lois read a newspaper article in which officials said that the law would not take effect immediately and that babies born before a yet-to-be-determined date would be illegal.

“If my baby is born just one day early, it is illegitimate,” she said. “It is ridiculous and unbelievable. I feel the unfairness of it, I feel desperation, I feel anger. I feel humiliated.”

The relaxation of the controversial one-child policy, which dates to 1980, is part of a sweeping package of economic and social reforms announced by Chinese President Xi Jinping.

Unveiled amid mounting concern about an aging population and a potential labor shortage, the new family-planning policy states that if either member of a couple is an only child, they may have two children. In the past, urban couples could have a second child if both of them were only children; rural couples could have a second if their first child was a girl.

The change will affect about 15 million to 20 million couples and push up the birthrate by about 1 million births a year, officials and experts say. But China’s overall population level will not be affected much and will still peak below 1.5 billion in about 20 years, from about 1.3 billion now, officials said.

Lois asked to be identified by her English name rather than her Chinese name, to avoid drawing the attention of authorities. The magazine writer is an only child, but her husband, a software engineer, is not. That means they could have only one child under existing rules.

Her daughter paused from her play to say how excited she was about getting a younger brother or sister. Lois said the girl was a very active participant in a discussion about baby names a few days ago, while her young friends had been thrilled to feel the mother’s tummy at the park Tuesday. Now, all the worries have come flooding back.

“My husband is very worried that the neighborhood committee would report us,” Lois said.

A maze of rigid rules

Penalties for parents who break the one-child laws are severe.

Yang Zhizhu, a former law professor at the China Youth University for Political Sciences, lost his job in 2010 and was fined $40,000 when his wife had a second daughter. Last year, he was allowed back but only to do research for a paltry salary of less than $1,000 a month. He is not allowed to lecture.

He has spent years researching the one-child policy. Like many experts, he said it has often been brutally enforced through forced sterilizations and abortions. The government has vastly overstated the policy’s benefits, he said, and the announced relaxation would do little to solve demographic problems. “It is like carrying a bundle of sticks to put out a fire,” he said.

The rules are so rigid that even those who comply with the official policy have to negotiate a bureaucratic maze run by officials with broad discretionary powers.

For example, if the law ­changes, Lois said she would have to return to her home province of Sichuan, as well as meet officials in Beijing, to verify that she is an only child. Her parents would be investigated to ensure they had not been divorced and had more children. Lois said she would probably need to obtain about 20 official stamps to complete the process.

Provinces will be able to set their own timetables to implement the changes. In places where population growth is high, local officials could decide to favor older couples and delay permission for younger couples to have a second child, said Wang Peian, vice minister of the national health and family planning commission. Critics say that arrangement would leave considerable discretionary power in the hands of local officials, leading to more corruption and abuse.

Mao Qunan, the commission’s spokesman, countered such concerns, saying in an interview that officials would “eliminate problems of corruption and brutal law enforcement.”

Financial constraints

Even after the policy is relaxed, not everyone affected will be rushing to have another child, especially given the rising costs of housing and schooling.

A survey on the Sina Weibo microblogging service this past week found that nearly 60 percent of participants would choose to have a second child but that nearly 30 percent would not. Another poll, by the Southern Metropolis Daily newspaper, found that 66 percent of people wanted two children, 9 percent wanted more than two and 21 percent wanted just one — mainly for financial reasons.

Among those reluctant to take the plunge are Xu Minhua, 28, and his wife, Miranda Yao, 33, who met while working for a German pharmaceutical company and had their first child last year. “Mostly it’s economic pressure,” Yao said.

With the couple’s parents living in the provinces and no day-care facilities nearby, they have hired a nanny to help look after their daughter. They also face heavy mortgage payments.

“If we had plenty of money, we might have another child,” Xu said, “but right now, we only have two rooms.”

Across the city, 42-year-old Zhang Yufei and his wife, Ma Yanyan, 30, have decided they can afford a second child and were very happy with the announced change in policy.

Zhang has a younger brother, but his wife is an only child. “If we have a second child, it will increase our family’s ability to sustain risk,” said Ma, sitting with her 13-month-old son in her arms. “We have heard a lot of stories of parents who have lost their only children.”

The couple also want a companion for their son. Nevertheless, they may wait a while.

“My son is breathing in more and more polluted air,” Zhang said. “The [Communist] Party told us the air will be better in five years, so maybe we will wait until then. Let’s trust them.”

When asked how he felt living under rules that gave officials so much power over his family arrangements, Zhang had a simple answer: “It’s absurd.”

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