Fiche Pays – Qatar

1. Introduction

Depuis le mois de juin 2017, le Qatar se retrouve au cœur d’une crise diplomatique, où nombreux de ses voisins, et notamment l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte, lui tournent le dos et rompent leurs relations diplomatiques avec lui. Entrons plus en détails, pour essayer de comprendre ce pays, de nos jours, isolé par ses pays voisins, les différents risques ou menaces auxquels il fait face, mais aussi les opportunités qu’il rencontre.

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Mais avant de commencer à évoquer ces éléments, il paraît nécessaire de dresser une rapide synthèse du pays du Qatar, dont les différents points pourront être développés et nuancés dans la suite de notre analyse. Tout d’abord, l’Etat du Qatar, ou plus communément appelé Qatar, est un pays du Moyen-Orient, situé sur une petite péninsule dans le golfe Persique, qui partage des frontières, terrestre avec l’Arabie Saoudite et maritime avec le Bahreïn. En ce qui concerne sa forme politique, le Qatar est un émirat du Moyen-Orient et, suite à son indépendance en 1971, une monarchie absolue, l’essentiel des pouvoirs étant donc concentré dans les mains de l’émir, Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani. Il s’agit donc d’un Etat unitaire qui base principalement sa constitution sur la charia. Sa capitale est la ville de Doha, également port principal du Qatar. Doha concentre 40% de la population qatarienne. Selon un recensement de 2017, cette dernière est de 2 673 022 habitants, et ne cesse d’augmenter (+6,31% en 2016). La superficie du Qatar étant d’environ 11 651 km², la densité est de 229 habitants par km². Cette population est composée à plus de 80% d’immigrés, dont principalement des Indiens, des Népalais, des Pakistanais ou encore des autochtones. La majorité étant des hommes (24,5% de femmes, soit 3 hommes pour 1 femme), cela pose des problèmes d’équilibre. La langue officielle est l’arabe, mais l’anglais est beaucoup utilisé pour communiquer notamment dans le monde professionnel. La monnaie officielle est le riyal qatarien. Depuis 1980, l’IDH du Qatar est en constante croissance et est de 0,856 en 2015, ce qui fait de lui le 38ème pays dans le classement mondial. En 2015, l’espérance de vie est de 79 ans, et le taux d’alphabétisation de 97,3%.

2. Évaluation du risque politique

Comme nous l’avons évoqué de manière synthétique précédemment, le Qatar est un émirat, et est donc gouverné par un émir, c’est-à-dire un gouverneur et prince dans les pays musulmans. Il s’agit également d’un Etat unitaire, ce qui signifie qu’il n’y a qu’une seule constitution sur laquelle se baser. La charia est la source principale de la constitution permanente du Qatar. Nous pouvons dire que ce dernier est une monarchie absolue, ou du moins un régime autoritaire, puisque l’essentiel des pouvoirs est concentré dans les mains de l’émir. Il partage le pouvoir exécutif avec le conseil des ministres. Quant au pouvoir législatif, c’est un conseil consultatif, le conseil municipal central, qui est élu, pour un tiers par l’émir, et pour le reste au suffrage universel. Enfin, concernant le pouvoir judiciaire, ce dernier est détenu par des tribunaux de divers degrés qui sont donc indépendants de l’émir. Même si cette description peut apparaître comme étant une organisation démocratique, si l’on tente de faire le parallèle avec les pays occidentaux, l’émir reste tout de même au centre de cette organisation politique et a le dernier mot sur de nombreuses décisions. C’est ce rôle central et, semble-t-il, indétrônable de l’émir, qui paraît incompatible avec la modernisation du pays de nos jours.

Même si, comme la majorité des pays du Moyen-Orient, le Qatar est un régime autoritaire, il adopte une politique intérieure beaucoup moins ferme et réactionnaire que celle de ses voisins. Les distinctions par rapport aux autres pays se font vis-à-vis des libertés individuelles qui semblent largement plus développées que dans certains autres pays voisins, et notamment la liberté des femmes. Ces dernières ne sont, en effet, pas forcées à porter le voile, et ont le droit de voter aux élections municipales. C’est en 2003 que la première femme accède à une fonction ministérielle. Lors des cinquièmes élections du conseil consultatif, élections qui ont lieu tous les quatre ans, le 13 mai 2015, deux femmes ont été élues sur 29 conseillers. On observe alors une certaine progression et ouverture politique avec l’arrivée au pouvoir de Cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani en 1995. En effet, à ce moment-là, la censure sur la presse écrite et audiovisuelle est également levée. Une chaîne de télévision relativement libre, selon les codes en vigueur dans les médias du Golfe Persique, voit le jour en 1996 à Doha : Al-Jazeera. Afin de rompre toute relation diplomatique avec le Qatar, l’Arabie Saoudite a fermé en juin dernier les bureaux de cette chaîne qatarienne qui était installés sur son sol. Des réformes sont adoptées, dont en 2003 une nouvelle constitution qui entre en vigueur deux ans plus tard. Afin de briser son image d’obscurantisme religieux, le Qatar s’ouvre aux autres religions et les laisse s’exprimer sur le territoire, tout en exerçant un contrôle sur leur degré d’importance.

En outre, le Qatar met en place une politique sociale interne (Permanent Population Committee) qui permet d’avoir un regard global sur la qualité de vie des Qataris et la qualité de leur environnement. Cependant, et notamment depuis l’annonce de la Coupe du monde de football en 2022 au Qatar, ce dernier essuie de nombreuses critiques de la part de la presse internationale concernant les conditions de vie au travail des travailleurs expatriés. En effet, ces derniers représentent une main d’œuvre bon marché pour le pays. Comme nous l’avons déjà évoqué précédemment, la grande majorité des habitants du Qatar sont étrangers, la plupart d’entre eux venant d’Inde, du Népal, du Pakistan ou encore du Bangladesh. Le Qatar avait mis en place une réforme en décembre 2016 pour mettre fin à la kafala, également appelée « esclavage moderne », qui était dénoncée par les défenseurs des droits de l’homme. Selon Amnesty International notamment, il s’agissait en fait d’une « fausse réforme », ne changeant véritablement pas les conditions des travailleurs. En fin d’août 2017, une nouvelle avancée pour ce pays émerge lorsque l’émir signe une loi pour l’emploi domestique protégeant les ressortissants étrangers employés à des tâches domestiques. Cependant, même si l’on observe une évolution, cette dernière est encore très lente.

Selon un indice de criminalité, au Qatar, une personne sur 100 000 est emprisonnée. De plus, Doha a été classée comme étant la deuxième ville la plus paisible au monde, et a donc un taux de criminalité très faible. Cependant, le Qatar connait un fort taux de corruption ressenti au sein du pays. Certains accusent alors le Qatar de corruption par rapport à son élection pour la coupe du monde de football en 2022. Cette corruption pourrait à terme nuire au pays.

En ce qui concerne la politique extérieure du pays, le Qatar entretient des relations étroites avec plusieurs puissances internationales. C’est le cas des Etats-Unis qui ont une base militaire sur le territoire qatarien, et qui donc, par intérêts stratégiques, peinent à sanctionner le Qatar vis-à-vis de son présumé soutien aux terroristes. Le Qatar exprime alors une volonté de renforcer ses liens avec les pays occidentaux comme l’Angleterre ou encore la France. En effet, le Qatar tente de jouer et de s’imposer sur la scène internationale, mais également d’installer une certaine stabilité politique dans son pays. Le Qatar est aujourd’hui très opposé à l’Arabie Saoudite et à ses alliés du Moyen-Orient, et on observe alors des rapprochements entre l’Iran et le Qatar. La politique consiste principalement à contenir la volonté expansionniste de l’Arabie Saoudite qui n’a jamais accepté l’indépendance du Qatar en 1996. Le printemps arabe marque une nouvelle étape dans la stratégie d’affirmation régionale du Qatar puisque ce dernier se range du côté des insurgés et soutient des courants islamistes, comme celui des Frères musulmans. C’est cette position, son présumé soutien terroriste, mais aussi son rapprochement avec l’Iran, qui expliquent les ruptures diplomatiques et les fermetures des frontières de l’Arabie Saoudite et de ses alliés envers le Qatar. Cela pourrait constituer un risque important sur le long terme.

3. Évaluation des risques économiques et financiers

Sur le plan économique, le Qatar fait preuve de performances remarquables. En 2016, son PIB était de 152,5 milliards de dollars, ce qui donne un PIB par habitant de 59 331 dollars. Même si le taux de croissance du PIB (2,2%) est en légère baisse ces quatre dernières années, il s’agit du taux de croissance le plus fort dans la région. Cela s’explique notamment par une forte hausse des hydrocarbures depuis les années 2000, mais aussi par les nombreux investissements de Doha dans des infrastructures de production de gaz naturel liquéfié. En effet, le Qatar est le troisième pays à avoir les réserves de gaz les plus importantes au monde, avec 13,3% des réserves mondiales, derrière la Russie et l’Iran, avec qui il partage le champ gazier offshore de North Field. Il est également le premier producteur et exportateur mondial de gaz naturel liquéfié en possédant 32% de la production mondiale.

Le solde budgétaire qatarien a très fortement diminué, en 2013 il était de 15,3% du PIB, et devient déficitaire en 2016 en étant de -4,1% du PIB. Pour l’année de 2017, ils prévoient un léger redressement, avec -3,1%. Quant au solde courant, lui aussi diminue : en 2013, il était de 24% du PIB, et en 2016, de 6,4%. Enfin, pour 2017, le solde courant qatarien est estimé à 9,1% du PIB. Même si la balance commerciale du Qatar a été réduite de moitié par rapport à 2015, elle est tout de même largement excédentaire en 2016, avec 25 milliards de dollars. Le Qatar a connu une forte diminution de ses exportations (-29%, à 55 milliards de dollars) à cause de la diminution du prix des hydrocarbures. En effet, le pétrole et les produits miniers représentent 84% des exportations qatariennes, tandis que les produits manufacturés ne comptent que pour 15% de celles-ci. Le problème du Qatar pourrait alors être le manque de diversification de ses activités qui font la richesse de son pays. Concernant les importations, le Qatar importe majoritairement des produits manufacturés, à hauteur de 71% du total de ses importations en 2015. L’Asie, soit principalement le Japon, la Corée du Sud, l’Inde et la Chine, est la première destination des exportations qatariennes, les fournisseurs du Qatar étant principalement l’Union européenne et les Etats-Unis. En ce qui concerne le taux d’inflation, en 2016, il était de 2,7%. Le taux de change annuel moyen pour 1 euro était de 3,87 riyal qatarien en 2016, et celui-ci est plutôt stable si l’on se réfère aux dernières années.

Le Qatar ne semble pas beaucoup impacté par la baisse du cours du pétrole. Il possède de forts excédents financiers grâce à des revenus presque illimités basés sur une politique volontariste qui lui permettent d’avoir une bonne situation économique et financière. Cependant, depuis le 5 juin 2017, le Qatar subit le blocus imposé par ses voisins. En effet, l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ferment leurs frontières terrestres et maritimes, interdisent aux compagnies aériennes qatariennes de passer au-dessus de leur territoire, mais imposent aussi à certains citoyens qatariens de quitter leur territoire. Cela pourrait alors à terme constituer un réel problème pour ce petit Etat, désormais isolé par ses pays voisins. Mais grâce notamment à ses relations avec l’Iran, le pays parvient tout de même à sécuriser et diversifier ses voies d’approvisionnement et à contenir l’inflation.

4. Évaluation des risques géographiques et environnementaux

Le Qatar possède 7 ports distincts, dont 4 sur son territoire principal, c’est-à-dire sur la presqu’île, et 3 sur les îles avoisinantes, à savoir Al Ryyane, Al Shaeen & Haful Island. Comme le pays a un accès à la mer, il n’est pas très enclavé, même si l’actualité fait que nombreux de ses pays voisins tentent de l’isoler dans la péninsule arabique. Il est cependant très dépendant du détroit d’Ormuz, qui est une zone de tensions fortes dans cette région. Ce détroit est, en effet, tiraillé entre l’Iran et le sultanat d’Oman. C’est pour cela que cette situation, en plus de l’isolement par l’Arabie Saoudite et ses alliés, pourrait constituer un risque pour le pays, et notamment pour ses activités pétrolières, en cas de conflits et de fermeture du détroit d’Ormuz.

En ce qui concerne les risques environnementaux, mis à part la mer qui est la source de richesse du pays, le reste du territoire est en majeure partie du sable, et constitue donc une terre stérile, plate et rocailleuse. Il y a très peu d’averses, tout comme les sources ou nappes d’eau souterraines qui se font très rares. Les risques sanitaires ne sont pas nombreux au Qatar, mais il existe tout de même une maladie qui se transmet par le biais d’un insecte vivant la nuit et véhiculant la leishmaniose. Ensuite, à cause du sable très présent, des infections ophtalmologiques sont possibles.

Les risques sanitaires ne constituent pas un facteur majeur de déstabilisation pour le pays, mais sa situation géographique et les risques qui y sont liés le sont.

5. Évaluation du Hard power

Le Hard power, ou pouvoir de contraindre, d’un pays englobe notamment le pouvoir militaire, le pouvoir économique et le pouvoir matériel et technologique.

Comme nous l’avons expliqué précédemment, le Qatar est un pays très riche, et ce, en grande partie grâce à ses ressources pétrolières. En effet, ses positions haut placées dans les classements des producteurs et exportateurs mondiaux d’hydrocarbures, mais aussi ses importants investissements en infrastructures donnent au Qatar un très fort pouvoir au niveau économique et financier. La crise financière de 2008 a également joué un rôle dans l’enrichissement du Qatar. En effet, c’est en affaiblissant les pays occidentaux et la capacité diplomatique de ses pays voisins, que Doha a su bénéficier de la crise.

C’est surtout lors de la guerre civile en Libye, en 2011, que le Qatar intervient militairement et expose alors pour la première fois une partie de son hard power. Pour faire chuter Kadhafi, sous la couverture de l’ONU, le Qatar mit alors à profit des hommes, mais également des matériels. C’est également lors du printemps arabe qu’il intervient en Syrie. Plus récemment, en 2015, le Qatar montre à nouveau l’étendue de son hard power et intervient au Yémen. Ces interventions de la part du Qatar sont encore nouvelles dans la politique étrangère du pays. C’est également lors de la crise de Bahreïn, que le Qatar a également déployé cette stratégie, lors de laquelle il a envoyé des troupes du Conseil de Coopération du Golfe. Par la suite, le Qatar a préféré miser sur une stratégie de soft power, que nous développerons plus tard dans l’analyse. En 2015, le budget militaire du Qatar était de 1,930 milliards de dollars, et de 11 800 hommes. A titre de comparaison, l’armée française, qui se trouve au sixième rang mondial des plus grandes armées, compte 202 761 hommes et 44,2 milliards d’euros. Ses fournisseurs militaires sont les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Suisse, l’Italie et l’Allemagne.

En ce qui concerne le matériel et la technologie, le Qatar possède certains des plus grands navires de transport et investit grandement dans le système GTL, innovation technologique, qui pourrait lui permettre de devenir leader mondial d’ici 2030. Ce système est un procédé permettant de transformer le gaz naturel en essence liquide. En outre, le Qatar a également pour ambition de devenir un hub régional, c’est-à-dire une plateforme centrale de correspondance dans les connexions entre l’Europe et l’Extrême Orient.

Depuis quelques années, le Qatar essaie de développer des relations de plus en plus étroites avec des pays à l’international. On compte alors parmi ces pays notamment les Etats-Unis, qui, rappelons-le, ont une de leurs bases militaires sur les terres qatariennes, mais aussi la France. L’Iran est aussi un pays avec lequel le Qatar entretient de bonnes relations. Cette relation est d’autant plus renforcée avec la crise diplomatique qui a lieu de nos jours, et depuis juin 2017. En effet, l’Iran notamment apporte de l’aide au Qatar, par exemple pour sécuriser ses approvisionnements, qui se retrouve isolé par ses pays voisins. On pourrait également compter la Turquie. Le Qatar manquant de force militaire, et étant également assez peu peuplé, s’allie et développe ses relations internationales afin de renforcer sa puissance. Cette importance pour le Qatar de nouer des liens internationaux est accrue par sa position géographique.

6. Évaluation du Soft power

Le soft power, ou pouvoir de convaincre, d’un pays englobe notamment la maîtrise des informations, l’influence et la reconnaissance médiatique et culturelle.

Le Qatar a connu une forte progression, et notamment à travers de nombreuses réformes telles que la levée de la censure médiatique. La modernisation du Qatar, mais aussi et surtout sa visibilité et son influence au niveau régional, voire international, se ressent alors beaucoup à travers sa chaîne de télévision, Al-Jazeera. En effet, cette chaîne de télévision qatarienne, créée en 1995, est le principal outil du soft power du petit pays de la péninsule arabique. Al-Jazeera est connue pour être un canal d’expression pour les opinions publiques arabes, et surtout pour celles des peuples opprimés par certains gouvernements jugés illégitimes. Cette chaîne doit en grande partie sa popularité à sa façon de traiter les dossiers régionaux, et se fait rapidement des ennemis, comme l’Arabie Saoudite qui n’est pas partisane d’une telle liberté médiatique. En effet, voulant informer les habitants au plus proche de la réalité, Al-Jazeera diffuse parfois des vidéos choc. Les responsables qataris vont pouvoir nouer des relations et des réseaux dans toute la région, mais également avec des diasporas arabes et musulmanes dans le monde entier. Cela a permis de placer le Qatar au centre des relations entre les différents pays arabes et devient alors un médiateur incontournable. A partir des années 2000, Doha devient le lieu de rencontres publiques ou secrètes, sous forme notamment de grands forums, entre plusieurs protagonistes du jeu politique régional. En 2011, une chaîne est créée en Angleterre, et le Qatar veut continuer de se développer à l’international. Cette volonté peut constituer un risque, car dans certains conflits, la chaîne peut alimenter des tensions. De plus, de nos jours, les bureaux qui étaient installés en Arabie Saoudite ont été fermés.

Pour faire opposition avec le hard power, le Qatar est bien plus réputé pour son soft power présent dans divers milieux comme les milieux sportifs et culturels. Mis à part sa chaîne de télévision, le Qatar se veut également influent à travers le sport, et notamment à travers le football. En effet, sans parler du club de football du Paris Saint Germain (PSG) qui est dans des mains qatariennes, c’est au Qatar que la coupe du monde de football de 2022 aura lieu. Le Qatar accorde également de l’importance dans la Formule 1 et investit à outrance dans sa propre course de Formule 1.

7. Conclusion

Le Qatar, minuscule Etat de la péninsule arabique, est pourtant le pays le plus riche de la région, mais également un des plus riches du monde. Il doit sa fortune aux hydrocarbures très présents sur son territoire et constituant alors la très grande majorité de sa richesse, mais le rendant également très dépendant de celles-ci. Le Qatar bénéficie d’une bonne situation économique et financière, mais sa modernisation et l’évolution de son pays est encore très lente. En effet, même si les libertés individuelles se développent au Qatar, elles sont encore très entravées. Les conditions des travailleurs étrangers sont également un point que de nombreux pays et organisations internationales dénoncent. Comme l’ensemble des pays de la région persique, le Qatar a pour religion l’islam de majorité sunnite et est donc religieusement allié aux autres pays de la région. Cependant, des tensions subsistent avec ces pays et notamment avec l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte, qui ont décidé en juin dernier de briser les relations diplomatiques qu’ils avaient avec le Qatar pour son présumé soutien terroriste. Le Qatar se retrouve alors isolé de la plupart de ses pays voisins, sauf avec l’Iran qui reste un de ses alliés dans cette crise diplomatique. Le Qatar a une très forte volonté de briller à l’international et tente d’étendre son influence, à travers notamment son soft power. Il tente alors d’établir des alliances à travers le globe. Il investit également énormément et affiche sa volonté d’être le leader dans certains domaines et innovations afin de stabiliser sa croissance sur le long terme. Pour le moment, le Qatar doit résoudre les conflits actuels afin de sécuriser ses approvisionnements et protéger son commerce extérieur, largement excédentaire. Le 22 novembre 2017, nous avons appris que c’est l’OMC qui arbitrera le conflit entre le Qatar et ses pays voisins. Affaire à suivre…

SWOT

Forces Faiblesses
·      Important PIB : puissance financière

·      Taux de croissance relativement important (2,2%)

·      3ème pays aux plus grandes réserves de gaz au monde (13,3% des réserves mondiales)

·      Stratégie du soft power : Al-Jazeera et le sport

·      Main d’œuvre peu coûteuse

·      Infrastructures de qualité des services de santé

·      Alliances stratégiques avec des pays du monde : notamment avec les Etats-Unis

·      Coopération militaire et économique avec des pays occidentaux : France, Grande Bretagne

·      Membre de l’ONU, l’OMC

·      Participation à des initiatives de paix

·      Hôte de nombreux événements internationaux

·      Pouvoir militaire faible

·      Critiques de la part de l’extérieur (pour non-respect des droits de l’homme)

·      Critique des conditions de travail des travailleurs étrangers

·      Accusé de soutien au terrorisme

·      Déséquilibre entre hommes et femmes (3 hommes pour 1 femme)

·      Forte corruption

·      Accusé de financer des organisations terroristes

·      Peu de diversification au niveau de ses activités (essentiellement pétrolières)

·      Dépendant de ses importations et des approvisionnements

·      Conditions climatiques et terres fertiles

Opportunités Menaces
·      Rôle grandissant de la femme dans la société

·      Avenir prometteur du système GTL : le Qatar investit grandement dans cette technologie et pourrait devenir le leader d’ici 2030

·      Importance du secteur de l’aéronautique : Qatar Airways, en 2009, fait son premier vol avec un appareil propulsé par du kérosène

·      Diversification de l’économie (pétrochimie, aciérie, fertilisant chimique…)

·      Coupe du monde de football en 2022

·      Crise diplomatique actuelle au Moyen-Orient

·      Alliance entre plusieurs de ses pays voisins pour établir un blocus et l’isoler

·      Crise diplomatique au Moyen-Orient

·      Divers autres conflits : Bahreïn, Lybie

·      Les Etats-Unis deviennent de plus en plus autonome quant au gaz, d’ici 2020 il pourrait devenir le premier producteur de pétrole au monde

·      Destination du gaz à travers le monde en train de changer : désormais dirigé vers l’Asie

·      Le terrorisme de plus en plus menaçant et présent au Moyen-Orient, et dans le monde

8. Références

Qatar : les indicateurs économiques, Société Générale, novembre 2017 https://import-export.societegenerale.fr/fr/fiche-pays/qatar/indicateurs-croissance

Principaux indicateurs économiques, Coface, juin 2017 http://www.coface.com/fr/Etudes-economiques-et-risque-pays/Qatar

Réserves de gaz dans le monde, CDE, février 2015 https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/reserves-de-gaz-dans-le-monde

Le commerce extérieur du Qatar en 2016, Trésor, 12 juillet 2017 https://www.tresor.economie.gouv.fr/Ressources/17120_le-commerce-exterieur-du-qatar-en-2016

Crime Index 2017 Mid-Year, Numbeo, juillet 2017 https://www.numbeo.com/crime/rankings.jsp

Fiche pays Qatar 2017, Geolinks, 12 janvier 2017 http://www.geolinks.fr/sans-categorie/le-qatar-fiche-pays/

Qatar, Perspective monde, juillet 2016 http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/pays/QAT/fr.html

Brèves : le hard power du Qatar, Qatar infos, 8 septembre 2015 https://www.qatarinfos.net/2015/09/breves-le-hard-power-du-qatar/

Le hard power du Qatar : engagements en Libye et en Syrie, Ondes de choc, mars 2015 https://ondesdechoc.wordpress.com/2015/03/19/le-hard-power-du-qatar-engagements-en-libye-et-en-syrie/comment-page-1/

Mohammed El Oifi, Al-Jazeera : les ressorts incertains de l’influence médiatique, Cériscope, 2013 http://ceriscope.sciences-po.fr/puissance/content/part2/al-jazeera-les-ressorts-incertains-de-l-influence-mediatique?page=4

Ahmed Benchemsi, Qatar : la loi sur l’emploi domestique “est une avancée” mais cela “en fait des travailleurs de second ordre”, France TV, 24 août 2017 https://www.francetvinfo.fr/monde/qatar-la-loi-sur-l-emploi-domestique-est-une-avancee-mais-cela-en-fait-des-travailleurs-de-second-ordre_2340957.html

Marion Degeorges, Travailleurs étrangers au Qatar : Amnesty International dénonce une « fausse réforme », Le Monde, 12 décembre 2016 http://www.lemonde.fr/international/article/2016/12/13/travailleurs-etrangers-au-qatar-amnesty-international-denonce-une-fausse-reforme_5048428_3210.html

Qatar, Population Data, 22 mars 2017 https://www.populationdata.net/pays/qatar/

La géographie du Qatar, Vivre au Qatar, 22 avril 2017 https://www.vivreauqatar.com/le-qatar/la-geographie-du-qatar/

Bernard Guetta, Les atouts du Qatar, France Inter, 27 juin 2017 https://www.franceinter.fr/emissions/geopolitique/geopolitique-27-juin-2017

Isolé par les pays arabes, le Qatar s’inquiète pour ses approvisionnements, RFI Savoirs, 5 juin 2017 https://savoirs.rfi.fr/fr/comprendre-enrichir/geopolitique/isole-par-les-pays-arabes-le-qatar-sinquiete-pour-ses-approvisionnements

L’OMC va arbitrer le litige entre le Qatar et les Emirats arabes unis, 22 novembre 2017 http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/11/22/97002-20171122FILWWW00205-l-omc-va-arbitrer-le-litige-entre-le-qatar-et-les-emirats-arabes-unis.php

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