Le pétrole et l’eau sont-ils des enjeux stratégiques de même importance ?

Introduction

Nous allons confronter lors de cette présentation, les différents enjeux concernant deux ressources incontournables qui font l’objet de convoitises aujourd’hui dans le monde entier : l’eau et le pétrole.

            Omniprésente et indispensable au maintien de la vie, l’eau est l’un des corps chimiques les plus essentiels de notre planète. L’eau couvre 71% de la surface de la terre mais cette eau est salée quasiment dans sa totalité : 97,5%. Il ne reste donc que 2,5% d’eau douce dont 2% sont stockés dans les glaciers des montagnes ce qui les rend difficilement utilisables. Il reste donc seulement 0,5% sous forme liquide situé dans les nappes phréatiques ou les autres surfaces tel que les lacs, les rivières et les fleuves.

L’eau est une substance indispensable à la pérennité de tous les êtres vivants : hommes, animaux et plantes, tous ont besoin de leur ration quotidienne d’eau.

Mais l’eau est également une ressource essentielle au développement des sociétés humaines, elle est en effet nécessaire à toutes les activités humaines, ou quasiment.

Ses usages se sont intensifiés et les volumes d’eau utilisés par l’homme ont décuplé depuis le début du XXe siècle.

eau 1Sur le plan mondial, la question de l’approvisionnement en eau devient chaque jour plus préoccupante. Le constat est simple : déjà précaire dans certaines régions du globe, la situation ne pourra qu’empirer dans les années à venir. L’essor démographique que va connaître notre planète dans les vingt-cinq prochaines années va nécessairement s’accompagner d’une explosion de la consommation en eau et d’une dégradation de sa qualité. Cela risque de mettre gravement en péril le ravitaillement en eau douce d’une grande partie de l’humanité et par conséquent aggraver les conflits entre pays voisins ayant des ressources communes.

            Le pétrole, quant à lui, est un liquide d’origine naturelle, une huile minérale faite d’une multitude de composés organiques. L’exploitation de cette source d’énergie est l’un des piliers de l’économie industrielle contemporaine. Chaque jour, environ 100 millions de barils de pétrole sont consommés, mais il y a de moins en moins de découvertes de nouveaux champs de pétrole.

Dans tous les pays du monde, le pétrole est utilisé en tant que source d’énergie mais également en tant que matière première. C’est d’abord une source d’énergie dense, ce qui signifie qu’un faible volume permet de produire une grande quantité d’énergie. C’est aussi une énergie liquide qui est facile à extraire, à stocker, à transporter, facile à utiliser et à manipuler.

            D’un point de vue géologique, les prévisions sont inquiétantes, à cause, notamment, de la baisse régulière des découvertes depuis les années 1970. Aujourd’hui, la production pétrolière a atteint et peut-être dépassé son potentiel maximum. On sait que les gisements de pétrole sont limités et leurs emplacements ne coïncident généralement pas avec celui des pays consommateurs. La dépendance des pays développés envers cette matière première est telle que, sa convoitise a déclenché, ou influé sur le cours de plusieurs guerres. Plus de la moitié des réserves mondiales de pétrole se trouvent dans le sous-sol du Moyen-Orient, ce qui  place cette région au cœur de la géopolitique mondiale du pétrole.

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Nous avons vu que l’eau et le pétrole sont rares, ils sont devenus des biens de consommation. Notons qu’ils se différencient des autres biens par le fait d’être limités et se définissent par l’incapacité de l’homme à les reproduire. On peut donc se poser la question suivante : lequel de ces deux biens génèrent le plus de convoitises ?

Nous verrons dans une première partie les enjeux stratégiques du pétrole depuis le 20ème siècle et dans une seconde partie les enjeux de l’eau, un bien commun ou privé.

I. Le pétrole un enjeu stratégique du XXe siècle

            Cela fait des décennies que le pétrole est déjà un enjeu stratégique. L’accès au pétrole est un enjeu majeur militairement. Depuis la seconde guerre mondiale et peut-être même depuis la première, on n’envisage pas une campagne militaire sans s’assurer de pouvoir fournir en abondance la précieuse huile à ses troupes. Aucun engin, qu’il flotte, qu’il roule ou qu’il vole, ne peut avancer sans pétrole. Les guerres se perdent parfois simplement parce qu’on a failli à fournir des produits pétroliers aux troupes. Sur le plan économique le pétrole a aussi une importance capitale. Il assure le graissage de la machine économique. Depuis plus de cent ans, notre économie s’en nourrit.

A. Le pétrole : l’Or Noir

  •  Les ressources dans le monde

Moyen-Orient : Le plus grand bassin pétrolier du monde s’étend de la pointe de la Turquie à Oman. Il renferme des milliers de gisements. Certaines parties de ce système pétrolier sont encore relativement peu explorées et pourraient donc offrir des ressources supplémentaires, notamment avec l’Irak. Les producteurs de cette région possèdent des gisements de très grande taille et la plupart sont exploitées depuis des décennies. L’étendue réelle des réserves est difficile à estimer. C’est pourtant sur cette région que l’on compte pour répondre à la demande mondiale au cours des années à venir.

Afrique : Le potentiel considérable de l’Afrique en matière d’hydrocarbure est encore relativement sous-exploité faute de moyens. Si quelques pays ont franchi le pic pétrolier, le continent dans son ensemble a augmenté de plus de 30% sa production entre 1994 et 2004. C’est également la partie du monde où le plus de succès d’exploitation a été enregistré ces dernières années, et la seule où plusieurs pays producteurs sont apparus.

Europe : Les ressources d’Europe (hors Russie) sont largement concentrées dans la Mer du Nord. C’est le nord de cette mer qui est chargé en pétrole. Ouverte tardivement (années 1960), et constituant la plus grande région pétrolière découverte dans le monde depuis 1945, la Mer du Nord a été exploitée intensivement, apportant le gros de la hausse de production non-OPEP dans les années 1980 et 1990. Le pic pétrolier a été atteint en l’an 2000 et depuis, la production décline rapidement. Au final, les réserves d’hydrocarbures de l’Europe auront été épuisées plus vite que celles de n’importe quel autre continent.

Amérique du Nord : Les trois pays qui constituent l’Amérique du nord : le Mexique, les États-Unis, et le Canada, explorent et exploitent activement leurs réserves de pétrole et de gaz naturel. Les États-Unis, au contraire de leurs voisins, sont incapables de se d’être autosuffisants énergiquement, même si leur industrie est technologiquement la plus avancée sur la planète.

Amérique du sud, Amérique centrale et Antilles : Plusieurs pays ont des exploitations de pétrole, mais l’ensemble de la production sud-américaine représente environ 5% de la production mondiale.

Russie et Asie Centrale : La Russie avec l’Arabie Saoudite sont les deux géants en termes de dotation totale en pétrole. Le pétrole a joué un rôle important dans l’histoire soviétique. La production Russe s’était effondrée a la chute de l’URSS, et n’atteignait que 6 millions de barils par jour de 1994 à  1999, date à laquelle commença un rebond spectaculaire, pour atteindre 10 millions de barils aujourd’hui. Cette hausse de la production s’appuie sur la modernisation des techniques d’exploitation, car il y a peu de nouveaux gisements.

Région Asie- Pacifique : La région Asie-Pacifique produit un peu moins de 8 millions de barils par jour, chiffre stable depuis 5 ans, cette partie du monde ayant visiblement atteint son pic pétrolier. La consommation de cette partie du monde ne cessant d’augmenter, les importations de cette région ont dépassé celles des États-Unis.

Océan Arctique : Alors que la calotte glaciaire du pole Nord fond sous l’effet du réchauffement climatique, cinq pays (la Russie, la Norvège, le Danemark, le Canada et les États-Unis) se précipitent pour cartographier cette vaste étendue sauvage qui s’ouvre et justifier leurs revendications territoriales. En effet l’océan Arctique pourrait receler un quart du gaz et du pétrole inexploités de la terre. La plus plus grande partie se situerait sur les plateaux continentaux peu profonds. L’United States Geological Survey (USGS) estime à 90 milliards de barils de pétrole, pour la plupart en mer : soit 13% des réserves de pétrole non exploitées. Mais la majeure partie de l’Arctique restant inexplorée, le rapport de l’USGS est, par définition, une étude théorique. Moins optimistes, d’autres rapports semblent indiquer que l’Arctique recèle beaucoup plus de gaz que de pétrole.

  •  La dépendance au pétrole est une partie importante du problème énergétique actuel.

            Devenu indispensable à la vie quotidienne, le pétrole a des effets sociaux importants. On a vu des émeutes parfois violentes dans certains pays suite à des hausses de prix.

Dans les pays développés, une hausse du prix du pétrole se traduit par un accroissement du budget consacré à la voiture, mais dans les pays les plus pauvres, elle signifie moins d’éclairage et moins d’aliments chauds.

Outre le fait que le pétrole est utilisé dans toutes les industries mécanisées comme énergie de base, ses dérivés chimiques servent à la fabrication de toutes sortes de produits, qu’ils soient hygiéniques (shampooing), alimentaires, de protection, de contenant (matière plastique), tissus, etc. Se faisant, le pétrole est devenu indispensable.

L’augmentation du coût du pétrole sur le long terme, la contrainte sur la balance des paiements, les difficultés géopolitiques que posent son approvisionnement, ainsi que sa raréfaction probable dans le futur ont conduit un certain nombre de pays consommateurs à étudier et mettre en place une politique de diminution de cette dépendance depuis les chocs pétroliers des années 1970.

Les effets négatifs du pétrole sur l’environnement s’ajoutent aujourd’hui aux inconvénients pour accélérer la mise en place de cette politique.

Notons qu’en 2008, 96% des transports mondiaux dépendent du pétrole : le transport maritime, aérien, fluvial, routier, utilise presque toujours des moteurs brûlant des hydrocarbures.

  •  L’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP)

            L’OPEP est une organisation intergouvernementale de pays visant à négocier avec les sociétés pétrolières pour tout ce qui touche à la production de pétrole, son prix.

L’OPEP est créée le 14 septembre 1960, lors de la Conférence de Bagdad. À l’origine, seuls cinq pays étaient membres : l’Arabie saoudite, l’Iran, l’Irak, le Koweït et le Venezuela

L’OPEP s’agrandie par la suite avec d’autres pays producteurs : le Qatar en 1961, l’Indonésie en 1962, qui se retire en 2008, la Libye en 1962, les Émirats arabes unis, l’Algérie en 1969, le Nigeria en 1971, l’Équateur en 1973, le Gabon en 1975 qui se retire en 1996 et enfin l’Angola en 2007.

Ils sont aujourd’hui au nombre de 12.

La création de l’OPEP résulte du fait que jusque dans les années 1950-1970, les compagnies pétrolières avaient les pleins pouvoirs sur le cours du pétrole et imposaient leurs prix aux pays producteurs. C’est ainsi que les principaux pays producteurs décidèrent de se regrouper de manière à pouvoir influer sur le cours du pétrole. La prise de contrôle de la production de pétrole se fit par une politique de nationalisation. Étant maîtres de leur production, les pays producteurs peuvent de cette manière influencer le cours du baril de pétrole et ainsi augmenter leurs revenus.

L’OPEP cherche à réguler la production et le prix par un effort coordonné de ses pays membres, notamment en instaurant un système de quotas de production. Les membres constituent donc un cartel de producteurs. Ils se mettent d’accord sur la quantité de pétrole exporté, ce qui influence le prix du marché.

B. Les conflits autour du pétrole

Contrairement à l’eau, le pétrole a déjà joué un rôle majeur dans des conflits internationaux. Son prix et, maintenant, sa rareté provoque des convoitises que les plus puissant veulent s’attacher. Malheureusement pour les pays développés, les réserves de pétrole se trouvent pour la plupart dans des pays du tiers monde. Ceci crée des conflits pour le monopole du pétrole.

  • Les deux guerres mondiales

 

Avant d’être l’élément majeur de certains conflits, le pétrole a déjà servi pour changer le cours d’une guerre. La première guerre mondiale fut une guerre modifiée par le pétrole. Grâce à ce combustible elle devint mondiale et dura relativement peu de temps. C’est lors de ces conflits que, pour la première fois, le pétrole montra son importance et sa supériorité. Churchill convertit peu avant la guerre, la marine britannique au fuel. Il était convaincu de la supériorité du pétrole sur le charbon en mer. Le pétrole permettait la construction de navires plus légers, plus rapides et plus facile à ravitailler en pleine mer. Cinq navires à mazout sont construits en 1912. Bien qu’en nombre inférieur, les anglais vont mener la vie dure aux navires allemands propulsés avec du charbon. Les anglais démontrèrent à tous la supériorité du pétrole en mer. Ils mirent au point les tanks et Lord Curzon proclama que «la cause alliée avait atteint la victoire, portée par une vague de pétrole». Les navires, les locomotives, les camions et les avions dépendaient du pétrole et avaient surpassé le charbon. Telle était la principale leçon que retinrent les chefs militaires. Dès 1918, des signes montrent déjà que le pétrole aura une place importante dans des conflits ultérieurs.

Lors de la seconde guerre mondiale, l’Allemagne avait besoin de beaucoup de pétrole. C’est pour cela qu’en attaquant l’URSS, Hitler avait aussi pour but de mettre la main sur les champs pétrolifères du Caucase. En Extrême-Orient les Japonais impérialistes ont attaqué les États-Unis car ils avaient besoin de pétrole. Il fallait anéantir la flotte américaine pour s’emparer du pétrole d’Indonésie. On peut considérer la seconde guerre mondiale comme la première guerre de l’or noir car les états qui devaient approvisionner leurs armées ont dû réfléchir à des stratégies pour acquérir certaines sources de pétrole.

  • La crise de Suez (1956-1957)

 

Un mois après le départ des Anglais (présents ici depuis 74 ans), le 26 juillet 1956, Gamal Abdel Nasser, le leader égyptien au pouvoir depuis quatre ans, nationalise le canal de Suez qui permet la jonction entre la Méditerranée et la mer Rouge. L’Europe s’interroge : la route du pétrole va-t-elle être coupée ? Il s’en suit des querelles diplomatiques et une montée en puissance des armées autour de l’Égypte. Les Français (principaux actionnaires du canal), les Anglais (principaux utilisateurs du canal) et les Israéliens (qui veulent mettre un terme aux ambitions de Nasser) agissent de concert pour écraser une armée égyptienne soutenue par les Russes. Le 5 novembre 1956, les Français et les Britanniques débarquent et prennent le contrôle de Port-Saïd. Aussitôt Eisenhower donne l’ordre aux européens de se retirer, de peur que tous les pays arabes tombent dans le camp soviétique. Les Russes brandissent la menace atomique s’il n’est pas mis fin à l’expédition. En décembre les troupes anglaises et françaises quittent le territoire égyptien. Les Israéliens font de même en mars 1957 ce qui permet la réouverture du canal que Nasser avait bloqué en coulant 47 vieux navires. La route du pétrole saoudien est de nouveau libre pour l’Europe qui, avec cette expédition, a failli déclencher un conflit nucléaire.

  • Les trois guerres du golfe ?

 

Avec 60% des réserves mondiales de pétrole, le golfe arabo-persique est devenu un point clef à l’équilibre mondial. Donc lorsque la zone est en conflit, les pays puissants prennent partis. C’est ce qui provoque la première guerre du golfe entre 1980 et 1988. Dans les années 70, les Américains ont soutenu l’Iran du Shah pour être le gendarme de la région. L’Irak pourtant aidé par les soviétiques n’a pas pu contester cette supériorité. Il a même été obligé, en 1975, de passer un accord frontalier défavorable avec son voisin concernant le delta du Chatt al-‘Arab. Dès lors les Irakiens n’attendent qu’une seule chose, prendre leur revanche. En janvier 1978, L’ayatollah Khomeiny renverse le Shah et proclame la révolution islamique, donc les Etats-Unis ne soutiennent plus l’Iran qui devient isolé au niveau international. Donc le 22 septembre 1980, l’Irak de Saddam Hussein déclenche la guerre contre son voisin. Petit à petit, malgré une supériorité au niveau du matériel de l’Irak, elle va reculer et ceci deviendra une guerre de tranchées. Au cours de l’été 1987, les Iraniens truffent le Golfe de mines et s’attaquent aux pétroliers. Cette menace sur les approvisionnements en carburant a été violemment ressentie par l’Occident. Les Américains, les Français et les Britanniques envoient des portes avions sur zone pour assurer la libre circulation du pétrole. Les Russes sont présents et la situation devient explosive. La guerre s’arrête le 18 juillet 1988. Aucun des deux pays n’est vainqueur.

Arrive ensuite la seconde guerre du golfe au Koweït entre 1990 et 1991. A la fin du conflit Iran-Irak, le mécontentement populaire grandit. En effet, l’Irak sort épuisée de ces 8 années de guerre où des centaines de milliers de personnes ont perdu la vie. Le pays est ruiné, la dette est estimée à 80 milliards de dollars. Pour tenter de sortir de la crise, Saddam Hussein va vouloir se servir du Koweït. Comme le Koweït, riche voisin, refuse à Saddam Hussein l’aide financière que l’Irak exige, l’Irak va l’envahir le 2 août 1990. Bagdad n’a jamais admis la souveraineté du Koweït, octroyée en 1961 par la Grande-Bretagne. Aussitôt le conseil de sécurité de l’ONU réagit et exige à l’unanimité un retrait immédiat et inconditionnel. Une logique de guerre s’installe. Les pacifistes scandant “Pas de sang pour le pétrole”. Saddam Hussein exhorte les masses arabes et musulmanes à délivrer les lieux saints de l’islam. Il n’est pas à une contradiction près pour masquer sa véritable ambition : devenir le nouveau Nasser arabe en mettant la main sur 40% du pétrole de la région. Le 17 janvier 1991, les hostilités débutent par des bombardements de l’aviation alliée. Le Koweït est libéré en moins de deux mois. Les combats s’arrêtent le 28 février.

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Le dernier chapitre des conflits internationaux dans cette zone remonte à 2003. Depuis la première guerre du Golfe, l’Irak est obligée par l’ONU, de détruire ses armes de destruction massive, armes chimiques et programme nucléaire. Pendant 11 ans, Saddam Hussein n’a pas cessé de jouer au chat et à la souris avec les inspecteurs de l’ONU, censés vérifier le démantèlement de l’arsenal irakien. Le vendredi 20 décembre 2002, les chefs des inspecteurs de l’ONU ont affiché leur scepticisme et dénoncé des zones d’ombre dans le rapport remis par les Irakiens. Aux yeux des États-Unis, ces omissions constituent une violation patente des obligations irakiennes. De nos jours cette guerre est vue comme un moyen pour les Américains de se rapprocher des puits de pétrole et les armes de destruction massive n’étaient que pour justifier ce conflit.

  • Les effets néfastes du pétrole

 

En plus de créer de nombreux conflits, le pétrole a de nombreux effets néfastes mais l’un des plus importants est la pollution que ce soit directement ou indirectement. La première sorte de pollution que peut créer le pétrole directement est les marées noires. Ces marées se créent par des accidents humains, par des naufrages de navires pétroliers ou par des oléoducs qui s’ouvrent. Comment ne pas oublier l’Erika qui a échoué en décembre 1999 sur les côtes du Finistère. L’Iran évalue le préjudice écologique à 371,5 millions d’euro. Des centaines de milliers d’oiseaux sont morts après s’être englués dans le mazout ou encore le cas de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon qui a polluée les littoraux de la Louisiane, du Mississippi, de l’Alabama et de la Floride en 2010. Ces catastrophes détruisent les côtes touchées pour de longues années. Les autres pollutions que provoque le pétrole, cette fois indirectement, c’est les machines qui roulent à l’essence comme les voitures. Cette circulation créée des gaz à effets de serres, ce qui provoque un certain temps un trou dans la couche d’ozone. Est- il possible malgré tout de s’émanciper du pétrole pour éviter toutes ces catastrophes ?

 

II.  Les enjeux stratégiques de l’eau : un bien commun ou privé ?

Pour appréhender le sujet de l’eau nous allons nous poser une série de questions, qui nous permettront ensuite de comprendre le conflit actuel et futur qu’elle génère.

A. Les inégalités hydriques dans le monde et la montée des hydropuissances.

            Il n’y a que les pays développés qui comptent un système de distribution complet de l’eau, qui va du traitement à l’acheminement, tout en permettant aux citoyens d’y avoir accès directement depuis leur foyer. Ce n’est pas le cas de tout le monde, il y a encore des milliers des personnes qui doivent se déplacer vers des puits, ou des rivières  pour extraire leur consommation journalière d’eau. Par conséquent les consommations d’eau autour du monde varient.

 Quels sont les principaux consommateurs d’eau?

Mais les ménages, ne sont pas les seuls consommateurs. D’ailleurs se sont ceux qui consomment le moins proportionnellement à la consommation mondiale totale.

L’activité qui demande le plus d’eau c’est l’agriculture. Et cette consommation augmente de plus en plus avec le temps. En effet, les sols sont moins productifs, ou pas adaptés, et les agriculteurs se voient dans l’obligation d’irriguer davantage et aussi d’utiliser plus d’engrais pour maintenir leur production. Ces produits chimiques descendent dans les nappes phréatiques en polluant l’eau que l’on recueillera plus tard dans les rivières pour notre consommation quotidienne.

Puis, le dernier agent consommateur d’eau c’est les industries. Comme on peut le voir dans le schéma, même s’ils n’utilisent pas autant d’eau que les activités agricoles, leur consommation reste très importante. Des multinationales telles que Coca-cola et Nestlé (qui possède dans le monde plus de 70 marques d’eau): utilisent pour leur production des quantités d’eau aberrantes, à peu près 770 litres d’eau par minute en épuisant les sources des lieux où siègent leurs usines de fabrication. Par ailleurs, elles bénéficient de prix très bas grâce aux nombreuses alliances entres les entreprises qui possèdent l’eau après les privatisations.

La contamination de l’eau :

La consommation de l’eau ne devrait pas nous effrayer puisque à la base l’eau fait partie d’un cycle. Par conséquent on suppose qu’elle ne disparaitra jamais. Mais nous sommes en train de briser ce cycle, en sur exploitant les ressources. Les rivières n’arrivent plus jusqu’à la mer, et l’eau que nous utilisons va le plus souvent directement dans la mer en sautant plusieurs étapes nécessaires au maintien de l’écosystème. Nous sommes en train de contaminer le 0,5% d’eau potable qu’il nous reste. La plus grande contamination vient des exploitations agricoles. Lors de l’irrigation, l’eau descend dans les nappes phréatiques imbibées de produits chimiques. Ces derniers polluent l’eau que l’on recueillera plus tard pour notre consommation. Les industries contribuent aussi à cette contamination, car ils prennent l’eau pour la fabrication et elle sort du circuit avec plein de résidus chimiques et pharmaceutiques.

Ce sont donc ces deux derniers consommateurs sont ceux qui contaminent le plus l’eau. La contamination de l’eau est un enjeu important dans le débat car il réduit la quantité d’eau potable et a des conséquences sanitaires graves sur les populations.

L’eau n’étant pas débarrassée des produits chimiques, pharmaceutiques et bactéries (qui proviennent de l’agriculture, de l’élevage de bétail, etc…) cela engendre des modifications dans notre environnement. Notre corps est en train de se modifier à cause de la présence de ces produits. Les malformations congénitales augmentent près des zones d’agricoles, la fertilité diminue en Europe surtout dans les régions à forte utilisation de pesticides. On retrouve même des toxines industrielles dans les phoques de l’Arctique. Certains pensent qu’ils  se sauvent de ces problèmes en buvant l’eau en bouteille mais ce qu’ils ignorent c’est que l’exposition aux  produits chimiques ce fait aussi sous la douche.

On peut prendre l’exemple de la Trazyne. Les gens pensent que leur gouvernement protège leur approvisionnement en eau, mais ce n’est pas toujours le cas. On peut prendre l’exemple des champs de maïs aux USA, qui demandent l’utilisation d’un pesticide appelé la Trazyne, c’est le principal contaminant retrouvé dans l’eau potable, les eaux souterraines, et les eaux de surface. La Trazyne est fabriquée par la société Suisse Syngenta, une des premières entreprises agrochimiques du monde. Des études scientifiques prouvent que ce produit provoque une castration chez les amphibiens, tels que les grenouilles. Au début celles-ci perdent leurs spermatozoïdes, et au fur et à mesure elles développent des ovaires. Devenant ainsi toutes des femelles. C’est pareil pour les poissons et ça peut engendrer les mêmes effets sur les hommes. D’ailleurs des études montrent qu’aujourd’hui tous les poissons de la Seine sont des femelles.

Tout ceci  peut paraitre exagéré mais ce n’est pas le cas, ce sont des événements d’actualité. L’utilisation de ce produit est aussi liée au cancer des seins et de la prostate.  La Trazyne a été interdite dans tout l’Union Européenne car elle a un rayon de déplacement de plusieurs milliers de kilomètres à travers l’eau des pluies. Malgré l’interdiction de ce produit chimique en Europe, c’est ironiquement qu’une compagnie européenne fabrique et vends 36 milles tonnes de ce produit.

Un autre problème lié à la contamination de l’eau, sont les microbes dans le réseau d’alimentation de l’eau, 40% des gastroentérites sont dues à l’eau potable. Ainsi, plus de deux millions de personnes meurent chaque année de maladies liées à l’eau, pour la plupart ce sont des enfants de moins de 5 ans.

            Nous sommes en train d’épuiser l’eau en la surconsommant dans l’agriculture et l’industrie, ce qui casse son cycle naturel. De plus nous la contaminons en réduisant davantage la quantité d’eau potable qui nous reste et en engendrant des complications sanitaires pour notre futur et ceux des autres êtres vivants. Il semble évident que ce cycle de contamination devrait être arrêté, mais depuis la moitié du XIX siècle l’eau n’est plus considère comme un bien publique.

L’eau n’appartient plus aux États :

En 1992 lors de la conférence de Dublin, pour la première fois, l’ONU a traité du sujet de l’eau comme d’un sujet économique. L’eau étant considérée comme un bien économique normal, elle fait alors partie de la mondialisation de ces entreprises. Un tel événement s’est produit car les entreprises de traitement d’eau, telles que Veolia, Suez, Vivendi, Thames Water, ont exercé beaucoup de pression sur les États pour privatiser le traitement de l’eau. C’est ainsi que l’eau est devenue un bien au gré des entreprises privées. En France c’est sous le gouvernement de Mitterrand que ces événements ont eu lieu.

Suite à cette prise de pouvoir sur le traitement de l’eau dans leurs pays, les entreprises ont élargie leur rayon d’activité aux pays du sud, dont l’exploitation de l’eau était encore publique.

Ces compagnies obtiennent donc la gestion de l’eau en prétextant maîtriser le savoir-faire. En effet, elles sont capables de construire des lignes d’approvisionnement en eau pour les ménages. La différence, c’est que l’eau étant un bien privé, les prix sont fixés par le marché et ne sont pas indulgents vis à vis du fait que ce soit un bien primaire. Plusieurs personnes sont donc exclues de l’utilisation de ce bien car les sources d’eau qu’ils utilisaient gratuitement auparavant sont devenues privées donc payantes.

La situation mondiale a donc changée. Il y a eu une mondialisation de l’exploitation de l’eau, et les multinationales profitent de l’eau dans un but lucratif. Il est impossible, en effet, d’avoir une entreprise qui apporte des profits a ses investisseurs tout en faisant de la charité.

Malgré les campagnes de préventions sanitaires, les entreprises se voient obligées d’aller combler leur besoin dans les sources d’eau inexploitées à cause de leur contamination.

Il faut donc repenser la logique du système. Il est évident qu’il faut payer pour recevoir de l’eau chez soi, payer les canalisations, tuyaux, etc. Mais doit-on prendre cet argent chez les personnes qui ne peuvent pas payer ? Doit-on forcément faire des profits sur ce marché?

            B. Les enjeux stratégiques actuels

 

Peut-on parler d’une néo colonisation de l’eau ? Le néocolonialisme est officiellement le contrôle militaire d’un lieu. Les puissances néocolonialistes utilisent des prétextes humanitaires et démocratiques pour justifier la présence militaire.

  •  Bases militaires Américaines près des sources d’eau

Le contrôle des activités humaines, économiques, sociales et politiques mondiales est assuré de plus en plus par les États-Unis d’Amérique dont la volonté de domination s’exprime dans une stratégie d’interventions directes et indirectes pour orienter la conduite des affaires mondiales en fonction de leurs propres intérêts. L’élément majeur de la stratégie de conquête et de domination du monde par les américains est le contrôle des ressources naturelles.

On va s’intéresser ici à l’eau, prenons le cas de l’Amérique Latine où on constate que les bases militaires américaines sont placées à proximité des ressources en eau. Cela permettant d’assurer un accès facile et permanent aux ressources hydriques et biologiques de grande valeur du bassin amazonien.

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  • Les guerres de l’eau :

            Le cas de Cochabamba : Fin 1999, sans consulter ni en informer la population, le gouvernement de la Bolivie cédait la gestion de l’eau de la vallée de Cochabamba à un organisme privé. Le but annoncé : apporter l’eau potable au tiers des habitants qui n’y ont pas accès. Avec l’appui de la Banque Mondiale et l’accord des autorités locales, la gestion de l’eau est confiée à Bechtel, la plus grande entreprise d’ingénierie des États-Unis. Le prix de l’eau devient très vite inabordable (jusqu’à 300% d’augmentation) et sa marchandisation scandalise une population qui considère l’eau comme un bien commun et sacré. La conséquence de cette privatisation oblige les plus pauvres à aller chercher l’eau dans les rivières polluées par les usines. Ce que l’on appellera par la suite la “guerre de l’eau” était déclenchée. Ce qui est mis hors contexte dans la privatisation de l’eau c’est que sans celle-ci il est impossible de survivre. Le peuple Bolivien a pris cela comme une condamnation de mort, et a lutté pour reprendre possession de ces sources d’eau. La société américaine n’abandonne cependant pas la partie et porte plainte à Washington devant le tribunal commercial de la Banque Mondiale. La Bolivie a perd cette première bataille juridique.

Cinq ans après le soulèvement, seulement 55 % des Cochabambins sont branchés au réseau d’eau potable, l’entreprise publique assurant le service.

La Coordination a réussi à chasser Bechtel mais pas à obliger l’État à fournir l’eau aux populations qui n’ont pas les moyens de payer les factures. Nous sommes face à une victoire exemplaire, mais partielle, contre la privatisation de l’eau.

Le Tigre et l’Euphrate : Le Proche et le Moyen-Orient sont devenu un nid de conflit pour l’eau. Prenons un endroit sensible qui est l’ensemble Turquie-Syrie-Irak. Ces trois pays sont traversés par deux grandes sources d’eau : l’Euphrate et le Tigre. Deux fleuves qui commencent en Turquie, passent par la Syrie puis l’Irak pour enfin se jeter dans le Golfe Persique.

La Turquie vise à construire une série de 32 barrages sur les sources de ces fleuves, ce qui pourra retenir la moitié des eaux de ces derniers, et ainsi réduire l’approvisionnement en eau de la Syrie et l’Irak, d’où des tensions entre les trois pays.

Ce n’est pas un cas isolé, on notera que plus de 260 bassins versants sont transfrontaliers et les populations sont obligées de partager la ressource avec leurs voisins d’où des conflits récurrents notamment dans le cas où le cours d’eau traverse les frontières politiques.

  •  L’eau une nouvelle devise pour les organismes de l’environnement ?

            La gestion des ressources en eau est également un domaine qui intéresse les grands organismes de l’énergie et l’environnement telle que les entreprises Veolia ou Suez. Elles s’implantent un peu partout dans le monde dans le but de préserver les ressources et les rendre accessibles à tous.

Prenons l’exemple de Veolia Environnement qui est une multinationale française, elle est le numéro un mondial des services de l’eau. Dans le cadre d’objectifs pour le développement elle propose d’alléger la dette des pays en développement contre la gestion de leur exploitation d’eau.

Ainsi, Veolia a pour but entre autre de réduire la mortalité infantile, d’assurer un environnement durable, d’inverser la tendance actuelle à la déperdition des ressources environnementales, de réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable et a un système d’assainissement de base.

L’eau est exposée ici comme “monnaie” à la réalisation d’un projet pour le développement durable.

Les grandes entreprises ne sont pas seules à faire des projets autour de l’eau. On peut parler ici d’évènements organisés tel que des forums. A Marseille, la semaine dernière s’est tenu le 6ieme forum mondial de l’eau, l’occasion pour les instituts de veille d’alerter sur les dangers à venir et pour les gouvernements de s’accorder sur les mesures à prendre. « Il faut mettre la gestion de l’eau au centre du prochain sommet de la Terre à Rio en juin prochain ». A 100 jours de Rio+20, le ministre de l’environnement du brésil, appelle à la constitution d’un véritable consensus politique. 50 000 personnes ainsi que 80 chefs d’État et de gouvernement sont attendus pour un sommet où l’eau devrait s’affirmer comme enjeu transversal.

Du 20 au 22 Juin, se tiendra à Rio de Janeiro au Brésil la Conférence des Nations Unies sur le Développement Durable Rio+20. Cette conférence est un espoir pour une nouvelle représentation du développement durable.

Conclusion :

Après avoir exposé tous ces éléments d’analyse autour de l’eau et du pétrole. Il est évident que répondre à notre problématique de départ «lequel des deux biens génère le plus de convoitises?» de manière catégorique est impossible. Nous allons donc proposer une réponse temporelle.

Avant le pétrole dégageait plus de convoitises que l’eau car les gens n’avaient eau 5pas en tête que l’eau potable du monde avait des limites. Enfin aujourd’hui, nous pouvons dire que les deux enjeux sont de même importance car l’absence d’un des deux empêcherait le monde de fonctionner. La différence de leur importance se voit d’après la zone géographique. Mais vont-ils garder la même importance par la suite ? Dans quelques années, les sources des pétrole vont s’épuiser, quelle autre matière pourrait prendre sa place ? Comment mieux gérer les ressources en eau ?

N’oublions pas que le pétrole a remplacé le charbon. Le pétrole est présent dans tous ce qui nous entoure, il est impossible de s’en émanciper du jour au lendemain mais on peut trouver des solutions efficaces même s‘il faudra du temps. Pour l’instant, on devrait économiser le pétrole avec les hydrocarbures ou recycler le plastique qui est à base de pétrole. Pourtant le manque s’affiche plus pour le pétrole et la situation risque de devenir inquiétante dans les prochaines décennies. Mais il faut retenir que le pétrole pourrait éventuellement être remplacé.

eau 6En revanche l’eau est vraiment irremplaçable. Elle est indispensable à la vie du corps humain. Ce n’est pas une question de confort, c’est une question de survie. Pour avoir une idée concrète de ce qui nous attend, il faut voir les solutions potentielles aux limites.  Il y a malheureusement peu de solutions. Cette matière première va surement mener à des guerres dans les pays les plus pauvres et en manque d’eau. Il est possible de rendre l’eau des océans potables mais ce filtrage coûte extrêmement cher, et encore une fois si cela devrait arriver, les pays développés auraient le monopole dessus. Un autre moyen pour économiser l’eau est d’améliorer les systèmes d’irrigations dans les pays du tiers monde. Car dans ces pays la part d’eau utilisé pour l’agriculture sur l’eau totale est énorme.

Des solutions existent mais elles sont encore mal utilisées.

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