La reconstruction

La reconstruction

Les pays sont constamment en mouvement et passent par des phases de gloire et des phases d’oubli dans l’Histoire, c’est notamment le cas de la Mongolie qui a dominé le monde sous Gengis Khân et qui aujourd’hui a un poids très réduit dans les relations mondiales, ou encore des États-Unis qui, il y a moins de trois siècles, n’étaient qu’une vaste étendue de terre très peu peuplée et encore moins développée. En se plaçant dans une vision chinoise du temps, on peut considérer que ces phases s’enchainent sous forme de cycle et que ce qui a été sera à nouveau. Dans ce cadre, on peut penser que les États, les peuples ou les territoires qui ont été puissants, sont destinés à retrouver cet état. Ce phénomène peut être résumé par le terme « reconstruction » qui se définit par l’« action de reconstruire ce qui a été détruit », l’« action de rétablir dans son état premier » selon le dictionnaire Larousse de la langue française. En reprenant ces définitions on peut voir qu’elles peuvent convenir à différents thèmes de la géopolitique. Nous tenterons ici de voir quels sont les différents types de reconstruction et quelles en sont les modalités.

La reconstruction des territoires, des pays.

 

Les évolutions et les interactions des pays se font en grande partie par les conflits, conflits le plus souvent armés. Ces événements laissent des traces sur les territoires, en détruisant les infrastructures, les villes, les peuples et parfois même la confiance en soi et dans la nation. Ces destructions amènent à des reconstructions de plusieurs types. La première reconstruction que l’on peut identifier est celle qui consiste à reconstruire les villes, les routes et tout ce qui a physiquement été détruit. Pour faire cela il faut des liquidités, pour les vainqueurs la solution a souvent été de faire payer les vaincus, en pillant les ressources du vaincu ou en lui faisant signer des traités l’obligeant à payer partie ou totalité de la reconstruction. C’est ce qui a été fait par la France à travers le traité de Versailles à la fin de la Première Guerre Mondiale.  Ce besoin de liquidité peut aussi venir de la relance de l’économie par des plans de grands travaux destinés à remettre en état tout ce qui a été détruit et souvent en améliorant ce qui était avant. Enfin ce besoin d’argent lié à la reconstruction physique peut être comblé par des aides, ce fut notamment le cas après la Seconde Guerre Mondiale avec le plan Marshall qui a permis à l’Europe de se relever rapidement tout en donnant à une autre nation une partie de sa souveraineté.

La destruction qu’occasionne un conflit conduit de la même manière à la reconstruction non pas des biens cette fois mais mentale, c’est-à-dire que suite à un conflit il s’agira pour une nation de reconstruire la confiance dans l’État, dans le système et dans ses dirigeants. Dans ce cadre les États mettent en place des programmes de soutien aux anciens combattants, communiquent sur les héros de la nation et doivent soit montrer la pertinence du système en place soit l’abandonner pour en créer un nouveau assurant la confiance du peuple dans son gouvernement.

Les conflits dans les pays tiers engendrent de la même façon des reconstructions qui peuvent constituer une opportunité financière ou diplomatique. L’histoire nous a montré que l’intervention d’un État étranger dans la reconstruction d’un autre amène à l’insertion de cet État dans les affaires internes du pays (Plan Marshall). Plus récemment et dans un autre contexte, la reconstruction peut devenir un marché comme un autre. Au Mali c’est la France qui a, par son intervention à la demande du pouvoir légitime de l’État souverain du Mali, soutenu la population et permis au pays de garder ses intérêts. Cependant la France a perdu le marché de reconstruction au profit de son allié et voisin européen, l’Allemagne. On voit donc que la reconstruction est un enjeu, non seulement pour les pays touchés par la destruction mais aussi pour des pays tiers prêts à lutter pour conquérir ce qui n’est qu’un marché comme un autre.

 

Reconstruction de la puissance des États

 

Suivant des cycles et des évolutions dans le jeu des puissances mondiales les États gagnent et perdent en puissance régulièrement. Les nations ayant eu des époques de gloire voulant revenir à cet état, elles tentent de recouvrir cette puissance à travers différents éléments, dont les principaux sont la force armée, l’économie et une place confortable dans les relations diplomatiques. Nous avons de nos jours de nombreux exemples de volonté de reconstruction de ces puissances d’antan, la grande Serbie, la Russie des Tsars, l’Autriche-Hongrie ou encore l’empire Ottoman. Dans chacun des pays héritiers de ces anciennes puissances on retrouve des volontés de reconstruire la puissance qui a été la leur.

Nous allons, afin d’illustrer ces propos, prendre l’exemple de la Russie. Ce choix s’est fait de par la lecture des propos de l’ancien secrétaire à la défense américain, Robert Gates qui a dit « Vladimir Poutine essaie de rendre à la Russie son statut de grande puissance ». Dans ce cadre nous pouvons voir une reconstruction dans la force armée russe avec une augmentation de 25% des dépenses militaires au cours de ces 20 dernières années avec un effort plus intense au cours de la dernière décennie (figure 1). Ce processus de reconstruction de la puissance militaire russe est un élément essentiel de sa stratégie expansionniste. La stratégie militaire russe est aujourd’hui basée sur « des forces armées modernes, mobiles et bien équipées » (Vladimir Poutine, 27 février 2013) pour assurer sa sécurité et conforter son influence dans le Monde. Dans l’espace post-soviétique, une force armée retrouvée renforce les moyens dont le pays dispose pour participer à des opérations de maintien de la paix, mais aussi pour exercer des pressions sur ses partenaires. Nous pouvons dès lors aisément remarquer que la volonté de la Russie est de reconstruire son influence sur l’Europe orientale et de retrouver son poids dans les relations internationales, ce qu’elle est en train de faire petit à petit sous l’impulsion de son leader, Vladimir Poutine.

Concernant maintenant l’économie, la Russie se reconstruit et s’appuie sur cet élément fondamental qu’est sa puissance économique. Avec une croissance autour de 7% par an depuis dix ans (source : FMI et Institut fédéral des statistiques russes). L’économie russe est un des leviers au service de la stratégie politique du pays, l’énergie est dans ce cadre un élément de pouvoir utilisé comme instrument de politique extérieur. En constituant de grands groupes, comme Gazprom, dont est actionnaire majoritaire la Fédération de Russie, elle utilise sa capacité énergétique dans une vision politico-stratégique. Sa relation avec l’UE est fixée par l’énergie, la Russie représentant un tiers de son approvisionnement énergétique. Enfin pour conclure sur la puissance économique Russe et son rôle dans un retour vers une puissance ante-chute du mur, on peut regarder ses investissements et ses transferts financiers à l’étranger. La Russie investit dans les États, en chiffre ses transferts financiers représentent 40 % du PNB du Tadjikistan et 27 % de celui du Kirghizstan et est notamment rentré au capital de l’État chypriote. La Russie étend donc son influence par les différents moyens à sa disposition afin de reconstruire la nation dans son état de grandeur d’antan.

 

Reconstruction des identités

 

On parle beaucoup des mouvements nationalistes, régionalistes ou encore des radicalismes religieux et, bien que très différents, ils ont un point commun : ils souhaitent tous un retour à un état qu’ils considéraient comme meilleur. Réaction à la mondialisation, mouvement de fond ou autres raisons, ce n’est pas le sujet ici. Nous nous pencherons ici sur les mécanismes de reconstruction des identités.

Bien que mondialisées, si ce n’est globalisées, on assiste sur la scène nationale et internationale au cours de ces dernières années à une montée en puissance des revendications identitaires, lesquelles sont basée sur l’histoire d’un peuple, d’un territoire ou d’une religion. Dans ce cadre nous voyons apparaitre des mouvements pour le rétablissement des langues régionales, de l’enseignement de l’histoire régionale et qui fondent même des alliances entre régions (Figure 2).

C’est dans ce même cadre que Michel Wieviorka écrit « bien des drames ont eu lieu, au Cambodge, dans l’Afrique des Grands Lacs, en ex-Yougoslavie, en Amérique latine avec les dictatures militaires, dans l’Afrique du Sud de l’apartheid, tandis que d’autres, plus anciens, ont cheminé, dans la conscience des groupes concernés tout d’abord, puis de certaines sociétés, et dans l’opinion internationale : l’esclavage, le génocide des Arméniens, par exemple. » Et pourtant ces peuples, se reconstruisent autour d’une identité, d’une langue, d’un ennemi commun. C’est notamment le cas en Afrique où suite aux conflits ou aux génocides les peuples se reconstruisent en resserrant les rangs, en se radicalisant parfois et ce afin de reconstruire ce qu’ils étaient. Plus connu et peut-être plus marquant, on a vu après l’holocauste et une période de choc de la part du peuple juif, naitre une véritable identité juive assumée qui, dans un climat crée par le procès Eichmann et la Guerre de six jours, se reconstruit et invite le reste des sociétés à en faire de même.

La reconstruction des identités passe bien souvent aussi par le communautarisme, positif ou négatif, seul le temps nous le montrera, mais c’est un phénomène bien réel. Poussé par des phénomènes économiques et sociaux, on assiste aujourd’hui en France à la reconstruction des identités des citoyens issus de l’immigration, qui autrefois s’intégraient parfaitement. En effet, ces citoyens sont aujourd’hui la deuxième ou troisième génération et le problème vient de là, en effet, la première génération a une « identité de base » qui a été élaborée dans les conditions ordinaires de leur enfance et de leur jeunesse dans le pays d’origine. Comme ce sont rarement les individus les plus fragiles qui ont la force d’effectuer le choix de l’émigration, cette « identité de base » se montre assez solide pour préserver les immigrés de première génération d’effondrements personnels graves. La grande majorité d’entre eux, d’ailleurs, surmonte admirablement les difficultés de l’immigration. La situation de leurs enfants est différente et cause des difficultés. Pour pallier à cette souffrance psychologique les individus se recentrent sur eux-mêmes et se construisent, se reconstruisent une identité propre qui peut parfois être en désaccord avec l’identité de groupe de la masse citoyenne, ce qui engendre certains problèmes.

 

Synthèse

 

A travers les divers éléments que nous avons pu voir ici, nous pouvons dorénavant comprendre à quel point les phénomènes de reconstruction sont importants et décisifs dans les relations intra et extra États. En effet la reconstruction des puissances et des territoires ont un effet direct ou indirect sur les rapports de force mondiaux et donc sur les relations diplomatiques des États. Et les reconstructions des identités ont des conséquences sur la politique intérieure, montée des revendications indépendantiste ou mouvement de radicalisation religieuse notamment, mais aussi sur la politique extérieure des nations, c’est notamment le cas pour la France et ses voisins européens qui, à travers la reconstruction anarchique d’une identité autour de l’islam, connaissent aujourd’hui des difficultés avec certains de leurs ressortissants devenus membres de l’État Islamique.

Il serait intéressant, maintenant que les contours de la reconstruction comme thème géopolitique sont tracés, de voir quelles sont les implications précises de chaque type de reconstruction sur les politiques intérieures et extérieures des États.

 

Annexe :

Figure 1
Figure 1
Figure 2
Figure 2

TEXTE : Source : trumanlibrary.org

George C. Marshall


Plan Marshall

Initiative européenne essentielle pour la reprise économique.

(Discours prononcé à l’université de Harvard, 5 juin 1947)

    Le 5 mars 1946, dans son discours de Fulton sur le « Nerf de la paix », Winston Churchill avait dénoncé, en présence du président Truman, le Rideau de fer qui partageait l’Europe en deux camps hostiles. Un an plus tard, la Guerre froide conduit les dirigeants des États-Unis à redéfinir la politique étrangère du pays. Le président Truman, le 12 mars 1947, demande au Congrès d’accorder une aide économique et financière à la Grèce, victime de lourdes destructions durant la Guerre mondiale et aux prises avec une guerre civile, ainsi qu’à la Turquie, considérée comme la pièce maitresse dans la région.
Truman place cette demande dans le contexte global de la lutte entre deux types de sociétés. Sans nommer l’Union soviétique, il dénonce la violation des accords de Yalta et expose une théorie des dominos : si l’Amérique n’aide pas la Grèce, les pays voisins tomberont les uns après les autres. C’est ce que l’on appellera la politique d’endiguement (containment), inspirée par George Kennan.
Le 5 juin suivant, la doctrine Truman est élargie à l’ensemble de l’Europe. C’est le secrétaire d’État, le général Marshall, qui est chargé de proposer une aide économique à la reconstruction de l’Europe. Le plan Marshall donne naissance à l’Organisation européenne de coopération économique (OECE), dont les membres acceptent l’aide et les mesures de coordination qu’elle impose, alors que les pays qui refusent cette aide, se regroupent autour de l’Union soviétique, pour former le camp socialiste. La division de l’Europe est consommée, elle ne prendra fin qu’en 1989.


Je n’ai pas besoin de vous dire, Messieurs, que la situation mondiale est très grave. Cela est bien évident pour tous les gens intelligents. Je crois que l’une des plus sérieuses difficultés, c’est que le problème est d’une si grande complexité que la masse même des faits présentés au public par la presse et la radio rend extrêmement difficile, pour l’homme de la rue, une évaluation nette de la situation.

De plus, la population de ce pays se trouve très loin des régions troublées de la terre, et elle a beaucoup de peine à imaginer la misère, les réactions qui la suivent chez les peuples qui ont longtemps souffert, et l’effet que ces réactions ont sur leurs gouvernements au cours de nos tentatives pour établir la paix dans le monde.

Lorsqu’on a étudié les besoins de la reconstruction de l’Europe, les pertes en vies humaines, les destructions de villes, d’usines, de mines et de voies ferrées ont été estimées de façon assez exacte, mais il est devenu évident au cours des mois qui viennent de s’écouler que ces destructions visibles sont probablement moins graves que la dislocation de toute la structure de l’économie européenne.

Depuis dix ans la situation est très anormale. Les fiévreux préparatifs de guerre et l’activité encore plus fiévreuse déployée pour soutenir l’effort de guerre ont détruit toutes les branches des économies nationales. L’outillage industriel n’a pas été entretenu, a été endommagé ou est tout à fait démodé. Sous la domination arbitraire et destructive des nazis, presque toutes les entreprises ont été attelées à la machine de guerre allemande. Les relations commerciales anciennes, les institutions privées, les banques, les compagnies d’assurances et les compagnies de navigation ont disparu, faute de capitaux, par suite de leur absorption lorsqu’elles ont été nationalisées, ou simplement parce qu’elles ont été détruites. Dans beaucoup de pays, la confiance en la monnaie nationale a été rudement ébranlée.

L’effondrement de la structure commerciale de l’Europe s’est produit pendant la guerre. La reprise économique a été sérieusement retardée par le fait que, deux ans après la cessation des hostilités, l’accord n’a pas encore été réalisé sur les traités de paix avec l’Allemagne et avec l’Autriche. Mais, même si une solution plus rapide de ces problèmes difficiles était acquise, la reconstruction de la structure économique de l’Europe demandera évidemment beaucoup plus de temps et des efforts plus grands que nous ne l’avions prévu.

L’un des aspects de ce problème est à la fois intéressant et grave : le fermier a toujours produit les vivres qu’il peut échanger avec les citadins contre les autres choses nécessaires à la vie. Cette division du travail est à la base de la civilisation moderne. A l’heure actuelle, elle est menacée de ruine. Les industries des villes ne produisent pas assez de marchandises à échanger avec les fermiers producteurs de vivres. Les matières premières et le combustible manquent. L’outillage industriel manque, ou est trop usé. Le fermier et le paysan ne peuvent trouver sur le marché les marchandises qu’ils veulent acheter. Si bien que la vente de leurs produits fermiers en échange d’argent qu’ils ne peuvent utiliser leur semble une transaction sans intérêt. Ils ont donc cessé de cultiver beaucoup de champs pour en faire des pâtures, bien qu’ils manquent de vêtements et des autres produits ordinaires de la civilisation. Pendant ce temps, les habitants des villes manquent de vivres et de combustible. Les gouvernements sont donc forcés de se servir de leurs ressources en devises étrangères et de leurs crédits pour acheter ces produits indispensables à l’étranger, épuisant ainsi les fonds dont ils ont un urgent besoin pour la reconstruction.

Une situation très grave se crée donc rapidement, qui est de fort mauvais augure pour le monde. Le système moderne qui repose sur la division du travail et l’échange des produits est en danger de s’effondrer. La vérité, c’est que les besoins de l’Europe pendant les trois ou quatre prochaines années en vivres et en autres produits essentiels importés de l’étranger, notamment d’Amérique, sont beaucoup plus grands que sa capacité actuelle de paiement, c’est pourquoi elle devra recevoir une aide supplémentaire très importante ou s’exposer à une dislocation économique, sociale et politique très grave.

Le remède consiste à briser le cercle vicieux et à restaurer la confiance des habitants de l’Europe en l’avenir économique de leur propre pays et de l’Europe tout entière. Le fabricant et le fermier, dans de très vastes régions, doivent pouvoir et vouloir échanger leurs produits contre des monnaies dont la valeur constante ne fasse pas de doute. En dehors de l’effet démoralisant qu’a le désespoir des peuples en question sur le monde entier, et des troubles qu’il peut provoquer, les conséquences de cette situation pour l’économie des États-Unis devraient être évidentes pour tous. Il est logique que les États-Unis fassent tout ce qu’ils peuvent pour aider à rétablir la santé économique du monde, sans laquelle il ne peut y avoir aucune stabilité politique et aucune paix assurée. Notre politique n’est dirigée contre aucun pays, aucune doctrine, mais contre la famine, la pauvreté, le désespoir et le chaos. Son but doit être la renaissance d’une économie active dans le monde, afin que soient créées les conditions politiques et sociales où de libres institutions puissent exister.

Cette aide, j’en suis convaincu, ne doit pas être accordée chichement, chaque fois que surviennent les crises. Toute aide que ce gouvernement pourra apporter à l’avenir devrait être un remède plutôt qu’un simple palliatif. Tout gouvernement qui veut aider à la tâche de la reprise économique jouira, j’en suis sûr, de la plus entière coopération de la part du gouvernement des États-Unis. Tout gouvernement qui intrigue pour empêcher la reprise économique des autres pays ne peut espérer recevoir notre aide. De plus, les gouvernements, les partis et les groupes politiques qui cherchent à perpétuer la misère humaine pour en tirer un profit sur le plan politique ou sur les autres plans se heurteront à l’opposition des États-Unis.

Il est déjà évident qu’avant même que le gouvernement des États-Unis puisse poursuivre plus loin ses efforts pour remédier à la situation et aider à remettre l’Europe sur le chemin de la guérison, un accord devra être réalisé par les pays de l’Europe sur leurs besoins actuels et ce que ces pays de l’Europe feront eux-mêmes pour rendre efficaces toutes les mesures que le gouvernement des États-Unis pourrait prendre. Il ne serait ni bon ni utile que ce gouvernement entreprenne d’établir unilatéralement un programme destiné à remettre l’économie de l’Europe sur pied. C’est là l’affaire des Européens. L’initiative, à mon avis, doit venir de l’Europe. Le rôle de ce pays devrait consister à apporter une aide amicale à l’établissement d’un programme européen, et à aider ensuite à mettre en oeuvre ce programme dans la mesure où il sera possible de le faire. Ce programme devrait être général et établi en commun par un grand nombre de nations européennes, sinon par toutes.

Il est absolument essentiel au succès de toute mesure que pourraient prendre les États-Unis que la population de l’Amérique comprenne la nature du problème et les remèdes qui doivent être appliqués. Les passions et les partis-pris politiques ne devraient point y avoir de part. Avec de la sagacité et une acceptation, par notre peuple, des immenses responsabilités que l’histoire a clairement imposées à notre pays, les difficultés que j’ai soulignées peuvent être et seront surmontées.

 

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