Hubert Vedrine

Citation emblématique d’Hubert Vedrine :

« Nous ne sommes pas à l’avènement d’un “ monde multipolaire ” plus juste, plus harmonieux et forcément stable, mais au début d’une longue redistribution des cartes qui prendra la forme d’une bagarre ou, en tous cas, d’une compétition multipolaire à rebondissements multiples et à l’issue incertaine »

Le Temps des Chimères, Fayard, 2009.

CV d’Hubert Vedrine :

Hubert Védrine, né le 31 juillet 1947 dans la Creuse, est un diplomate et homme politique français membre du Parti socialiste (PS). Fils de Jean Védrine (ami et collaborateur de François Mitterrand), il fait ses études à Sciences Po Paris avant d’intégrer l’ENA. A sa sortie en 1974, il est affecté au Ministère de la Culture, puis à celui de l’Environnement avant de rejoindre les Affaires Etrangères.

Après avoir travaillé avec le président François Mitterrand, il est nommé au Conseil d’État. En 1988, il devient porte-parole de la Présidence. En 1991, il est nommé secrétaire général de la Présidence de la République, jusqu’en mai 1995. Il réintègre ensuite le Conseil d’État avant de rejoindre le cabinet d’avocats Jeantet Associés. Il assure également des chroniques dans Le Point.

En mai 1997, il est nommé Ministre des Affaires Étrangères par le Président Chirac, sur la proposition du Premier Ministre Lionel Jospin. Il le reste jusqu’en mai 2002. C’est durant cette période qu’il définit la notion et l’utilisation du terme d’« hyperpuissance » pour qualifier les États-Unis.

En 2003, il crée une société de conseil géostratégique : Hubert Védrine Conseil et travaille à ce titre avec plusieurs grandes entreprises françaises. Depuis 2003 également, il préside l’Institut François Mitterrand et est membre du Conseil d’Administration de LVMH.

Il est nommé en 2005, par le secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan, membre du Haut Conseil pour l’Alliance des Civilisations. En 2007, il participe au comité chargé de préparer la Conférence de Paris sur l’environnement visant à poser les bases d’une future Organisation des Nations unies pour l’Environnement. Il a été pressenti pour être nommé Ministre des Affaires Etrangères par Nicolas Sarkozy.

Il assure depuis mars 2008 un cours sur les Réalités Internationales à l’IEP de Paris.

Bibliographie d’Hubert Vedrine :

–          Mieux aménager sa ville, Éditions du moniteur, 1979

–          Les Mondes de François Mitterrand – À l’Élysée de 1981 à 1995, Fayard, 1996

–          L’hyperpuissance américaine, Fondation Jean-Jaurès, 2000

–          Les cartes de la France à l’heure de la mondialisation, Fayard, 2000

–          Entretiens avec Rony Brauman, Fremeaux et associés (coffret 3 CD), 2003

–          Face à l’hyperpuissance, Fayard, 2003

–          Multilatéralisme : une réforme possible, Fondation Jean-Jaurès, 2004

–          François Mitterrand : Un dessein, un destin, Gallimard, coll. Découvertes, 2006

–          Continuer l’Histoire, avec Adrien Abecassis et Mohamed Bouabdallah, Fayard, 2007

–          Atlas du monde global, avec Pascal Boniface, Armand Colin / Fayard, 2008

–          Atlas des crises et des conflits, avec Pascal Boniface, Armand Colin, 2009

–          Le temps des chimères, articles, préfaces et conférences (2003-2009), Fayard, 2009

Les axes de recherche d’Hubert Vedrine :

Quels phénomènes expliquent le passage d’un monde unipolaire, caractérisé par l’hyperpuissance des Etats-Unis à un monde multipolaire ?

La thèse d’Hubert Vedrine :

Depuis la chute du mur de Berlin novembre 1989 et la dissolution de l’Union Soviétique fin 1991, un nouvel ordre mondial s’est installé.

Nous sommes dans un premier temps passés d’un monde bipolaire à un monde unipolaire, marquant l’hégémonie des Occidentaux et plus particulièrement l’hyperpuissance des Etats-Unis. On voit alors les prémices d’une “gouvernance et régulation mondiale”. Les nouvelles espérances laissent place à de veilles rengaines telle que: “Les occidentaux et les autres” illustrations du conflits entre l’occident et l’islam, idée véhiculée par Huntington, à travers Le Choc des Civilisations.

Mais avec la mondialisation, “la suprématie américaine d’aujourd’hui s’exerce aussi bien sur l’économie, la monnaie, la technologie, les domaines militaires que sur les modes de vie, la langue et les produits culturels de masse qui submergent le monde, modelant les pensées fascinant jusqu’aux adversaires des États-Unis.”

Le déclin de l’Hégémonie Américaine survient dans les années 2000, avec la tragédie des attentats terroristes du 11 Septembre 2001, revendiqués par Al Qaeda (groupe islamiste).

Hubert Védrine nous présente les signes annonciateurs de l’amplification de l’unilatéralisme américain, notamment:

–          les refus américains de Kyoto et de la Cour Pénale internationale ;

–          l’abandon de plusieurs négociations multilatérales de désarmement ;

–          les décisions de réarmement ;

–          les prémices de la nouvelle doctrine de guerre préventive du Pentagone ;

–          le contournement de l’ONU ;

Préface de Face à l’hyperpuissance.

A l’heure des spéculations d’un monde multipolaire et d’une “communauté internationale”, les Etats-Unis perdent en puissance notamment à cause de la crise et de la montée des nouvelles “puissances émergeantes”.

Illustration:

–          La puissance militaire des Etats-Unis est réaffirmée par la décision d’intervenir en Irak en 2003 durant le mandat du Président Bush Jr. C’est une déclaration de guerre contre le terrorisme, qui donnera lieu à plusieurs interventions telles que celles aux Philippines (2002) et en Somalie (2006). Les Etats-Unis essayent de conserver le statut de gendarme du monde, en intervenant également en Afghanistan (2001), au Pakistan et en Haïti (2004), et en Libye (2011).

“C’est dans les années 1990 que se situe le moment que l’on peut qualifier de moment de l’hyperpuissance, ou de moment unipolaire. Il a été incarné avec retenue par George Bush père, puis par Clinton, avant que cela dégénère en vision agressive et simpliste chez Bush fils (caricaturale mais pas aberrante). L’élection d’Obama a corrigé cette trajectoire… ”

“La montée des émergents marque la fin du monopole que l’Occident, sous son visage européen ou sous son visage américain, a exercé depuis cinq siècles au nom de son universalisme, et donc la relativisation de son leadership”.

On parle alors d’une “émergence pacifique” (idée du courant de Jiang Zemin).

LA REDISTRIBUTION DE LA PUISSANCE, LE DÉBAT – MAI AOUT 2010

–          Hubert Védrine s’exprime également sur la politique d’Obama: celui-ci est président des Etats-Unis, mais il sait que ce leadership américain relatif devra être exercé dans un monde multipolaire compétitif et instable. Pas schématique et figé comme au temps de la guerre froide.

==> Discours du Caire si ce n’est pour arrêter l’engrenage du clash Islam – Occident, OBAMA- JUIN 2009

Certains points de  l’émergence de « nouvelles puissances » restent à nuancer :

“Parmi les autres pays émergents, quels sont ceux qui vous paraissent le mieux à même de s’affirmer comme de vrais pôles du système multipolaire en train de se dessiner ?

Je pense comme tout le monde au Brésil et à l’Inde. Mais je ne vois pas le système multipolaire comme un monde ordonné. Je continue à penser que les États-Unis resteront les premiers, même avec la crise, les interrogations actuelles et les performances statistiques chinoises. Aucun des autres pôles dont nous parlons ne possède le même spectre de moyens de puissance et d’influence, même si par-derrière a commencé un immense bras de fer planétaire, qui durera, de toute façon, longtemps. L’Inde et le Brésil ne relèvent pas encore de la première catégorie. Ils en arrivent seulement maintenant à se demander s’ils veulent, et s’ils peuvent, exercer une influence autre que régionale. Ils resteront entre les deux pendant longtemps, des puissances régionales importantes, pas tout à fait encore des puissances mondiales.”

Critique personnelle :

Même si l’émergence rapide de la Chine reste indéniable et que les Etats-Unis sont interdépendante avec elle, la Chine est loin d’atteindre le Soft Power américain. Un Monde multipolaire se dessine mais, il aurait plus tendance à illustrer un désordre mondial plutôt qu’un nouvel ordre. C’est dans cette optique que les Etats-Unis essayent de conserver ce qu’il reste de leur hégémonie, bien qu’ils aient encore beaucoup d’influence sur le reste du monde.

Cinq mots illustrant sa pensée :

–          Hyperpuissance.

–          Unilatéralisme.

–          Unipolaire/Multipolaire.

–          Multilatéralisme – Nations Unies.

–          Choc des Civilisations/ Islam – Occident.

Schémas illustrant la pensée d’Hubert Védrine :

 

 

 

 

 

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