Posté le 14/11/2013

Le Caire—Ecartez-vous États-Unis, un vieux camarade va surement retourner en Égypte : La Russie.

Ce jeudi, Les officiels russes et égyptiens les plus influant ont entamé des discussions au Caire, signalant un changement potentiel spectaculaire dans la politique étrangère entre ces deux pays suivant la décision américaine de couper partiellement l’aide militaire alloué à l’Égypte. Cette action américaine est venue en réponse à l’éviction du président islamiste, élu démocratiquement mais très controversé, Mohamed Morsi.

Mais l’Égypte et la Russie sont loin d’être des étrangers. Pendant 20 ans, les deux pays étaient les alliés les plus proches qu’il peut exister.  (Ahram Online a publié une série de photographies de célèbres figures politiques égyptiennes et russes en train de sourire et poser ensemble à travers les siècles tout le monde, en partant du chef du parti communiste Nikita Khrouchtchev à une célébration de la construction du barrage d’Aswan, jusqu’aux actrices Nadia Lufti et Larissa Golubkina rigolant et se pomponnant ensemble à Moscou.

Mais au début des années 70, le président égyptien Anwar Sadate, à commander l’expulsion de 20 000 conseillers militaires soviétiques hors d’Égypte, et en plus de négocier une paix avec Israël, à décider de changer la politique étrangère de l’Égypte, s’alignant désormais sur les États-Unis.  Depuis ceci, le gouvernement américain à fourni environ 1,3 milliard de dollars en aide militaire, jusqu’à la récente décision de supprimer cette aide.

Lors d’une conférence de presse jeudi, on a demandé au ministre égyptien des Affaires étrangères Nabil Fahmy si la Russie remplacerait les États-Unis en tant qu’allié principal. Fahmy a simplement répondu : « Le poids de la Russie est trop lourd pour être le remplaçant de quiconque. »

Fahmy a prévu de rencontrer son homologue, le ministre des Affaires étrangères russes Sergei Lavrov, en même temps que le ministre de la Défense russe Sergei Shoigu et le ministre de la Défense égyptienne Abdel Fattah el-Sissi, le chef militaire largement respecté qui est à l’origine de la destitution de Mohamed Morsi.

Les négociations entre ces grandes figures politiques incluent des accords potentiels sur des armes, qui pourraient s’élever à plus de 2 milliards de dollars, selon des enquêtes de la BBC.  À la suite de la suppression partielle de l’aide militaire américaine, l’Égypte espère acquérir des équipements militaires lourds, comme des avions de chasse, des missiles antitanks, et un système de défense aérienne, en mettant particulièrement l’accent sur la lutte contre l’insurrection croissante dans la péninsule du Sinaï (bien que les États-Unis n’aient coupé aucune n’aide concernant le renforcement des efforts de lutte contre le terrorisme dans cette région).

« La Russie et l’Égypte sont déterminées à forger un partenariat plus fort, et une coopération mutuelle bénéfique » a annoncé Lavrov dans une interview accordée au journal égyptien Al-Ahram.

La relation à présent froide entre les États-Unis et l’Égypte est vue de manière de plus en plus hostile entre les États-Unis et la Russie alors que la bataille en Syrie bat son plein.

Mardi, les États-Unis et la Russie – Un des plus fervents supporteurs du président syrien Bachar al-Assad – ont encore échoué à s’accorder sur une date pour négocier la paix en Syrie, étant en désaccord quant à la présence ou non dans ces négociations de l’allié de la Syrie : l’Iran.

Mercredi, le département de la défense américaine a annoncé qu’il abandonnait ses plans de se fournir chez l’exportateur public russe Rosoboronexport quant à l’acquisition d’hélicoptères cargo pour le compte de l’armée aérienne afghane— Rosoboronexport  fournit également le régime de Bachar al-Assad.

La visite de deux jours d’un convoi russe au Caire coïncide avec la fin de 3 mois de couvre-feu et d’état d’urgence décrétés à la mi-août quand des centaines de supporteurs pro-Morsi ont été tués par les forces de l’ordre lors d’une de leur manifestation. C’était le pire massacre de l’histoire de l’Égypte moderne, et le gouvernement n’a pas encore enquêté sur la totalité de l’affaire. Pendant la visite russe se sont aussi déroulées les condamnations de 12  supporteurs pro-Morsi à 17 ans de réclusion pour avoir pris part à de violentes manifestations étudiantes.

Suivant l’éviction de Morsi – éliminé pour s’être octroyé de grands pouvoirs et avait  positionné l’Islamisme comme le fer de lance de sa politique – le ministre des Affaires étrangères russes a vivement conseillé la réduction des forces de sécurités égyptiennes. Mais ce mercredi, le ministre des Affaires étrangères Lavrov a annoncé au journal Al-Ahram, « Nous sommes certains que l’Égypte va surmonter cette crise actuelle, et va considérer tous les aspects politiques, ethnique et religieux qui constitue sa société ».

Commentaire:

Cet article, posté le 14 novembre, est plus récent que le premier, mais montre tous les enjeux géopolitiques de l’Égypte. Les Américains, en réponse à la sévère répression des nombreux manifestants égyptiens, ont annulé la livraison de nombreux systèmes de défense et d’armes destinées à l’armée égyptienne, forçant ceux-ci à se fournir vers un pays rival : la Russie.

Le journal, bien qu’étant américain, s’efforce de rester le plus objectif possible et se contente de décrire la position de chaque protagoniste, et ce que les Américains auraient à perdre s’ils persistent leur embargo envers le nouveau gouvernement. Comme dans le premier article, on voit que les Américains sont clairement en faveur des manifestants, mais va tout de même continuer de financer l’Égypte afin de lutter contre le terrorisme.

La Russie, elle va se rapprocher de l’Égypte, et renouveler un vieux partenariat avec elle. Elle va chercher à renforcer sa position dans une région extrêmement stratégique (le Sinaï). Les États-Unis vont-ils laisser faire les Russes et maintenir leur embargo d’armes, ou au contraire vont-ils le lever et « abandonner » les milliers de manifestants égyptiens.

 

Bibliographie :

 

http://www.huffingtonpost.com/2013/12/02/egypt-student-protests_n_4370872.html

http://www.huffingtonpost.com/2013/11/14/russia-egypt_n_4273089.html


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