Fiche pays – Sierra Leone

Quels sont les moyens mis en œuvre par le Sierra Leone pour s’intégrer dans l’économie mondiale?

1. Introduction : 

Les Britanniques fondent Freetown en 1787 et y installent des esclaves affranchis. Le 27 avril 1961, le pays obtient son indépendance.

Initialement, l’Indépendance était prévue pour Juin 1960, mais à cause de luttes entre ethnies, le pays connaît une grande instabilité politique. En 1964, Albert Margaï, remplace son frère Milton Margaï comme Premier ministre.

Selon l’indicateur de Développement humain ce pays fait partie des nations les plus pauvres de la planète.

  • Données géographiques : 

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Superficie : 71 740 km²

Capitale : Freetown

Elle fait partie du Commonwealth.

  • Données ethniques : 
Ethnies principales : Langues :  Religions :
Les Themné (23,3 %) au Nord

Mendé (30,4 %) au Sud

Les Krio ou Créoles (10,3 %) à l’Ouest

Langue officielle : anglais

Langues traditionnelles : Mendé, Temné, Krio

Islam (60%)

Religions traditionnelles (30%)

Christianisme (10%)

  • Données démographiques : 

Population (2016) : 7 396 190 habitants

Croissance démographique annuelle : 3.2 %

Densité : 103,10 hab/Km²

Espérance de vie à la naissance (2015) : 51. 31 ans

Âge médian : 18 ans

Indice de fécondité : 4.52 enfants/femme

Taux de natalité (2015) : 38.70 ‰

Taux de mortalité infantile(2015) : 103 ‰

Taux d’alphabétisation (2015) : 51.40%

Indice de Développement Humaine (2015) : 0.42/1 (186ème / 194 pays)

On souligne que malgré un taux de natalité et un indice de fécondité élevés, le taux d’accroissement naturel est plus faible que dans les deux pays voisins du fait d’un fort taux de  mortalité (13.27 ‰ en 2015). Notons néanmoins que le taux de mortalité ne cesse de décroitre depuis ses 20 dernières années (de façon quasiment similaire à l’indice de fécondité d’où une stagnation du taux d’accroissement naturel).

La densité moyenne (103.1 habitants par km2), ne prend pas en compte l’inégalité de répartition de la population sur le territoire : les plaines et les bas plateaux, ainsi que la péninsule de Freetown, sont nettement plus peuplés que les plateaux et les montagnes intérieurs.

2. Evaluation des risques politiques :

La Sierra Leone devient un exemple de relèvement post-conflit et de consolidation de la paix mais reste malgré tout un Etat fragile : absence de services publics, corruption, criminalité, chômage des jeunes.

  • La stabilité du gouvernement et des institutions

La vie politique s’est, depuis son indépendance du Royaume-Uni en 1961, caractérisée par une instabilité politique. En effet nombreux ont été les coups d’Etat entre son indépendance et le début de la guerre civile en 1991. Ce n’est qu’à la suite de cette guerre, en 2002, que le pays retrouve une stabilité qui lui permet de se reconstruire et de se lancer dans un processus de développement.

L’importance en nombre des coups d’Etat sont principalement dû à un multipartisme, et surtout à l’opposition du RUF, parti rebelle, au gouvernement. Chacun convoite autant le pouvoir que la zone diamantifère de l’Est du pays.

En 1999, alors que la guerre civile est à son summum, des accords sont passés entre le RUF et le gouvernement : le RUF dépose les armes et a en échange une place au sein de ce gouvernement.

Cependant le pacte est vite rompu et les rebelles tentent une nouvelle fois de s’emparer de Freetown en 2000. Les forces anglaises mobilisent leurs forces et les retiennent.

En janvier 2002, la paix est officiellement conclue. Mais les militaires britanniques ne se contentent plus d’assumer les tâches d’évacuation des civils. Ils lancent une « réforme du secteur de la sécurité » (R.S.S.), concernant aussi bien la police et l’armée que la justice, sans être requis par le pouvoir sierra-léonais ni par l’O.N.U.

La guerre civile qu’a connue le pays est officiellement terminée depuis janvier 2002, alors que les derniers combats remontent à l’année 2000. Aujourd’hui, en l’absence de toute violence politique, la Sierra Leone est un pays assez paisible et la situation de sécurité permet de se déplacer sur l’ensemble du territoire, à l’exception de la frontière avec le Liberia qui est déconseillée sauf raison impérative.

Des élections générales – première consultation de cette ampleur depuis le début de la guerre civile – ont lieu le 11 août 2007. La participation est très élevée (75 %). Ne pouvant briguer un troisième mandat, le président sortant désigne le vice-président Solomon Berewa pour devenir le candidat du SLPP. Ce dernier est opposé à Ernest Bai Koroma, le candidat de l’APC ainsi qu’à Charles Margai, qui, en dissidence avec le SLPP, a décidé de créer son propre parti, le Mouvement du peuple pour un changement démocratique (PMDC).

L’APC remporte également 59 des 112 sièges à l’Assemblée, contre 43 pour le SLPP. La tâche à accomplir par les nouvelles autorités est immense : affectée d’un taux de chômage supérieur à 60 % de la population active, la Sierra Leone occupe l’avant-dernière place du classement du P.N.U.D. pour l’I.D.H. Une des premières mesures du gouvernement est de lancer, en octobre 2007, une enquête sur les actions du gouvernement sortant et d’interdire aux anciens ministres et hauts responsables de l’État de quitter le pays sans autorisation préalable.

Ainsi, il apparaitrait dans le pays une préoccupation grandissante pour l’avenir démocratique, politique, économique et social du pays.

Bien que la Sierra-Leone ait encore à faire face à de nombreux défis (déficit budgétaire, pauvreté extrême et chômage très important, surtout chez les jeunes, corruption endémique, la défense de l’état de droit, la nécessité pour les autorités d’élargir l’espace politique…), l’alternance politique est la preuve d’un système politique plutôt sain, système prêt à agir pour la prospérité et la paix du pays.

Toutefois, la stabilité politique et sociale reste fragile à l’approche des élections présidentielles de 2018. Le président, Ernest Bai Konoma, du parti All People’s Congress, ayant déjà réalisé deux mandats (soit le maximum d’après la constitution) pourrait être tenté d’en obtenir un troisième. Les propos tenus par son parti politiques et ses soutiens indiquent laisse présager que cette possibilité n’est pas à exclure. De plus, récemment dans l’actualité nous avons pu constater que ce schéma arrivait à d’autres pays voisins de l’Afrique subsaharienne qui s’en sont suivi d’oppositions violentes.

Le risque d’instabilité sociale et politique à court terme se répercute sur l’environnement des affaires déjà difficiles (148ème /190 économies selon l’étude Doing Business 2017 de la Banque Mondiale).

  • Les conditions socio-économiques

La Sierra Leone est membre de l’Union du fleuve Mano (Mano river union, MRU) créée en 1973 pour promouvoir l’intégration économique et qui regroupe également le Libéria, la Guinée et la Côte d’ivoire. Le dernier sommet de l’Union du fleuve Mano s’est tenu à Conakry en juin 2016.

La Sierra Léone dispose d’un fort potentiel agricole. L’agriculture reste le principal moyen de subsistance des habitants. Ce secteur représente 56 % du PIB et 2/3 des emplois du pays. La production agricole est concentrée sur quelques produits de base : riz, cacao ou café. La pêche est d’un apport limité malgré des ressources halieutiques abondantes.

Le secteur industriel est limité aux seules industries de biens de consommation. L’accès à l’électricité est une problématique cruciale. En dépit de nouvelles capacités de génération, le réseau ne permet de couvrir que 50 % de la demande de Freetown, estimée à 80MW.

Le réseau routier est en cours de réhabilitation sur financement international (principalement l’UE). Il n’existe plus de chemin de fer, les deux lignes existantes ayant été démantelées dans les années 70.

Dans le secteur tertiaire, la Sierra Leone connaît une expansion très rapide du marché de la téléphonie mobile, qui supplée l’absence de lignes fixes dans la plupart des zones rurales. Quant au tourisme, florissant auparavant, il a été annihilé par la guerre. Le secteur bancaire se restaure après avoir été, lui aussi, anéanti. La guerre civile a endommagé l’économie, « la stabilité du pays dépend en partie de la relance de l’économie » (France diplomatie. Op. Cit). Nombreux sont les investisseurs étrangers qui ont quitté la Sierra Leone suite à la guerre civile.

Le secteur du tourisme, qui connaissait une croissance importante (x2.5 entre 2007et 2013), a été largement freiné par l’apparition de l’épidémie du virus Ebola, à laquelle des tensions politiques grandissantes s’ajoutent. De plus, le risque de résurgence de l’épidémie d’Ebola et politique ainsi que le chômage dissuaderont certains investisseurs. Enfin, les mesures d’austérité budgétaire, la pauvreté et le chômage élevés ne permettront pas de stimuler la demande interne.

La Sierra Leone dispose d’un important potentiel minier (diamant, rutile, or, bauxite, fer) dont l’exploitation soutient la hausse du PIB. Des concessions de minerai de fer et d’importants investissements réalisés par les groupes African Minerals ou London Mining expliquent cette croissance.

Confronté à l’épidémie du virus Ebola et à la chute des cours du minerai de fer (50% des exportations) en 2014/2015, la croissance du pays s’est remise sur une pente croissante en 2016.

D’après les prévisions, l’économie poursuivrait son accélération graduelle en 2017 avec une reprise progressive de la production du minerai de fer et des investissements (notamment dans les infrastructures). La hausse de la production de fer resterait néanmoins limitée en 2017, avec une remontée lente des cours du minerai de fer et un environnement des affaires global qui freinerait l’investissement.

En plus du secteur minier, la construction de nouvelles infrastructures boosterait la croissance en 2017. De nouveaux investissements dans l’agriculture devraient également relancer un secteur durement touché pendant l’épidémie.

Dans le domaine pétrolier, le Russe Lukoil, qui avait acquis un champ en eaux profondes en novembre 2012, a lancé les premiers forages en juin 2013. En octobre 2012, l’Américain Chevron et plusieurs « juniors » africaines avaient également obtenu des licences d’exploration.

Le budget sierra léonais repose en partie sur l’aide des bailleurs internationaux. Les recettes budgétaires identifiées par le FMI pour 2012 sont de 560 MUSD environ, composées à 71% de ressources propres et à 29% d’aide projet et d’aide budgétaire. Les recettes internes de l’Etat devraient fortement progresser grâce aux recettes minières, pour atteindre un niveau de 20% du PIB environ.

Cependant le niveau de corruption est encore très important, même si de plus en plus de mesures sont prises par le gouvernement appuyé pas l’ONU pour le baisser (hausse des sanctions…).

Le taux de chômage de la jeunesse est extrêmement élevé. On l’explique du fait que cette génération adulte n’a bénéficié que de très peu d’éducation. En effet, ils ont été « recrutés pour la guerre civil alors qu’il n’était que des enfants. C’est enfants soldat sont donc aujourd’hui handicapés par rapport à leur niveau d’études précaire. L’Etat a donc ce défi de former toute une génération afin de l’intégrer dans un domaine professionnel et par enchaînement logique diminuer le taux de chômage.

  • Les conflits internes 

En janvier 2002, la paix est officiellement conclue. Mais les militaires britanniques ne se contentent plus d’assumer les tâches d’évacuation des civils. Ils lancent une « réforme du secteur de la sécurité » (R.S.S.), concernant aussi bien la police et l’armée que la justice, sans être requis par le pouvoir sierra-léonais ni par l’O.N.U.

Un accord bilatéral assurait jusqu’en 2010 la professionnalisation des forces armées sierra léonaises par un contingent de 100 militaires (la plus importante coopération militaire britannique dans le monde) au sein de l’International Military and Advisory Training Team (IMATT).

Cette dernière a été transformée en International Security Sector Advisory Team (ISSAT) en mars 2013 afin de soutenir la formation de la police et des forces civiles de sécurité. Le Royaume-Uni, qui est le premier partenaire bilatéral du pays, axe désormais son soutien sur le volet civil et plus particulièrement sur ses aspects jeunesse, éducation et soutien au secteur de la justice grâce à un budget de 28 M£ pour les années à venir.

Le pays est actuellement en paix. Les différentes mesures prises par l’ONU sont progressivement réduites, voire supprimées, comme la levée de l’embargo sur l’exportation des diamants de conflit. Une diminution des effectifs des forces des casques bleus (Mission des Nations unies en Sierra Leone) est également engagée.  La mission s’est achevée en 2005.

  • Les pressions ethniques

Deux ethnies, d’importance sensiblement égale, constituent environ 60 % de la population : les Mendés (au nord), venus du Soudan occidental (l’actuel Mali), et les Temnés (au sud), venus du Fouta-Djalon (en Guinée). Le nord-ouest du pays, le long de la frontière guinéenne, est peuplé par les Limbas et les Sussus. Les krios, ou créoles (2 % de la population), sont les descendants d’esclaves libérés qui, amenés d’Angleterre à la fin du xviiie s. s’établirent à Freetown, la capitale.

Ces différentes ethnies cohabitent plutôt bien au sein de la frontière sierra léonaise. Certaines tensions ont encore lieux mais elles ne représentent pas un risque majeur pour la sécurité et la stabilité du pays.

  • Les conflits externes et pays voisins entrainant un risque potentiel

Aujourd’hui, en l’absence de toute violence politique, la Sierra Leone est un pays assez paisible, et la situation de sécurité permet de se déplacer sur l’ensemble du territoire, à l’exception de la frontière avec le Libéria qui est déconseillée sauf raison impérative.

Son avancée vers un système démocratique tend à stabiliser les relations de la Sierra Leone avec ses voisins (Guinée au Nord et à l’Est, Libéria au Sud). L’ONU est très impliquée pour la stabilité du pays, les pays voisins prennent en considération que leurs actions envers la Sierra Leone ont une ampleur internationale.

Bien que quelques conflits ethniques subsistent, les relations qu’entretiennent ces 3 Etats est un signe positif d’une baisse du risque de conflits en dehors des frontières.

  • Le niveau de corruption

Indice Perception de la Corruption : 123ème /176 pays

Bien que des progrès ont été noté depuis la fin de la guerre civile, la Sierra Leone reste toujours dans les 70 pays qui souffrent le plus de la corruption. Les domaines publiques sont particulièrement affectés (police, santé, éducation…).

Le gouvernement a mis en place l’ACC-SL en 2000, l’Anti-corruption Commission, qui prend la suite de l’Acte de Prévention de la Corruption établit en 1960.

La retours de la paix social dans le pays mène à une hausse de l’implication de la population dans la vie publique (accès à l’éducation, à la santé…) dont le gouvernement fait la promotion. Cependant, la population n’a souvent pas les moyens de payer toutes ces nouvelles charges et c’est ici qu’apparaît la corruption. Notamment depuis l’épidémie Ebola où la corruption a croît dans le domaine de la santé.

« There are stories of women being told that their babies will not be monitored in labour unless they give money to the nurse in charge, unofficial payments being taken in order to triage or register patients and medications and medical equipment that should be free, being sold at a mark-up.”, The Guardian.

La mise en place de sanctions et de la surveillance a fortement contribué à faire baisser le niveau de corruption, de nouveau en hausse dans les années 2000, mais cependant de nombreux progrès restent à faire.

  • Les conditions de sécurité dans le pays lié à la criminalité et au terrorisme

Niveau de criminalité violente (2012): 3.5 (échelle allant de 1 à 5)

Relativement faible, la criminalité est néanmoins en hausse. Freetown demeure pour l’instant l’une des capitales les plus sûres d’Afrique de l’Ouest.

Bien qu’actuellement plutôt basse, la criminalité est en hausse en Sierra Leone.

La petite délinquance est largement répandue. Les agressions à main armée se multiplient également, notamment la nuit.

Certaines mesures sont à prendre, tel que ne pas sa promener la nuit, ne pas porter de bijoux de valeur, éviter les quartiers défavorisés, ne pas circuler en automobile la nuit sur les routes de provinces…

Il existe aussi le risque d’attentats terroristes. En particulier la Al-Shabaab somalienne menace de perpétrer des attaques dans tous les pays qui contribuent par l’envoi de troupes à la Mission de l’Union Africaine en Somalie (AMISOM).

3. Evaluation des risques économiques et financiers  :

PIB (2016) : 3,669 Md USD

PIB/hab‎ (2016) : 496,05 USD

Taux de croissance annuelle PIB (2016) : 4.3 %

Risque pays : D (allant de A1 à E)

Taux d’inflation (07/2017) : 18.57%

Solde budgétaire (en % du PIB) : -8% (2016), prévision 2017 : -6%

Solde courant (en % du PIB) : -16.2% (2016), prévision 2017 : -16.3%

Dette publique (en % du PIB) : 48.1% (2016)

Balance commerciale (10/2016) : – 54.392 USD Million

Exportations de la France vers la Sierra Leone (2015) : 13,7 M€ (DGT)

Importations françaises depuis la Sierra Leone (2015) : 27,1 M€ (DGT)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (Banque mondiale 2014) :

  • Primaire (agriculture) : 56 %
  • Secondaire (industrie) : 15,6 %
  • Tertiaire (services) : 28,3 %

Change : devrait rester stable par rapport au dollar américain.

  • 1 USD =7 645,00SLL
  • 1 EUR =9 033,17SLL

4. Evaluation des risques géographiques et environnementaux :

  • Les risques sismiques et géologiques

Risques mineurs, voire inexistants.

Néanmoins récemment (août 2017) d’importantes inondations ont eu lieu et ont causé des glissements de terrains meurtriers (près de 500 morts.

  • Les risques sanitaires et épidémiques

 L’eau est considérée comme non potable. En cas de maladie ou d’accident, l’infrastructure médicale à disposition est quasi inexistante. La plupart des médecins ont émigré pendant la guerre, très peu sont revenus.

Il y a le Choléra récurrent, épidémies presque fréquentes ces dernières années (1500 cas en 2006). Au niveau des  fièvres hémorragiques : risque permanent d’éclosion, fièvre de Lassa endémique dans l’est.

Il faut aussi faire attention aux morsures de chien qui transmettent la rage (très présente dans le pays).

Tout le territoire de la Sierra Leone est impaludé, c’est-à-dire que le risque d’attraper le paludisme via des piqures de moustique est très important.

La malaria est endémique au Sierra Leone. Il est fortement conseillé de dormir sous une moustiquaire, d’utiliser des produits anti-moustiques contenant du DEET et de prendre un produit prophylactique pour les courts séjours.

En mai 2014, le virus Ebola fût très virulent en Sierra Leone faisant près de 4000 morts et 14 000 cas détectés (d’après RFI). L’OMS a déclaré une « urgence de santé publique mondiale » en août 2014 face à l’ampleur et la vitesse de l’épidémie. Le virus n’est actuellement plus présent (après avoir perduré deux ans, soit jusqu’en 2016).

5. Evaluation du Hard Power du pays :

  • Pouvoir militaire réel

En 2009, le gouvernement de la Sierra Leone a été pour la première fois en mesure d’offrir des troupes dans le cadre d’une opération de maintien de la paix et a déployé une compagnie de reconnaissance de secteur pour participer à la mission des Nations Unies et de l’Union africaine au Darfour. En 2011, le gouvernement de la Sierra Leone s’est engagé à déployer un bataillon de 850 soldats dans le cadre de la mission de l’Union africaine en Somalie.

La Sierra Léone est donc sur le bon chemin pour se faire une place parmi les puissances militaires africaines.

L’objectif principal restant la paix intérieure. L’ONU s’est retirée depuis Mars 2014 après avoir apporté son soutien au pays depuis 2002, date de fin de la dernière guerre civile. Le gouvernement sierra léonais assure un contrôle aussi bien terrestre que maritime au  sein de ses frontières, ce qui permet d’accroitre la confiance des investisseurs étrangers qui voient que le risque de guerre civile a fortement diminué.

  • Poids du pays dans les institutions internationales

La Sierra Leone est membre du Commonwealth.

La Sierra Leone est également membre, aux côtés du Libéria, de la Guinée et de la Côte d’Ivoire, de l’Union du fleuve Mano (Mano River Union, MRU) créée en 1973 pour promouvoir l’intégration économique.

CEDEAO (Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest) : but principal est de promouvoir la coopération et l’intégration avec pour objectif de créer une union économique et monétaire ouest-africaine.

UA (Union Africaine) : buts sont d’œuvrer à la promotion de la démocratie, des droits de l’Homme et du développement à travers l’Afrique, surtout par l’augmentation des investissements extérieurs par l’intermédiaire du programme du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD)

  • Technologie et innovation

On trouve aujourd’hui des institutions d’ingénieurs en Sierra Leone, telles que la SLIE ou l’ICE, où la recherche et le développement y est un objectif majeur. Ces institutions servent aussi à former des ingénieurs (civiles…) qui pourront plus tard briller à l’international. La radio est le mode de communication et d’information de loin le plus utilisé avec 72% des sierra léonais qui l’écoutent au quotidien. L’usage du téléphone, de la télévision ou encore d’internet reste encore très limité.

Bien que le gouvernement accorde de plus en plus d’importance sur la place du pays à l’échelle internationale, le budget reste très faible et de nombreux objectifs, notamment en termes de sécurité intérieure ou de santé publique, restent  à compléter.

6. Evaluation du Soft Power du pays :

  • Reconnaissance médiatique et culturelle

Le Musée de Sierra Leone a été créé en 1957 à Freetown. Y sont exposés d’anciennes statues, des poteries et d’anciennes armes locales telles que des flèches empoisonnées qui montrent l’ancien mode de vie et les croyances des habitants du pays.

  • Vecteurs d’influences (cinéma, médias, diasporas…)

La diaspora SLDN a été corroborée du Forum d’investissement de la Sierra Leone, qui s’est tenue à Londres le 4 Juin 2005. La conférence était une initiative de Sierra-Léonais vivant au Royaume-Uni. L’objectif étant de travailler avec des partenaires internationaux, il a réuni des organisations non gouvernementales et des représentants de divers ministères du GSL, comme ils ont cherché à trouver des solutions durables au développement en Sierra Leone. La SLDN collecte des dons et agit pour le bien-être des sierra léonais (remise en état de puits…).

  • ONG

Il n’existe pas d’ONG vraiment influente. Cependant la Sierra Leone bénéficie de l’aide de nombreuses ONG étrangères et très implantés en Afrique telles qu’ “Action contre la Faim”, “Internet et Développement”, “Pain et eau pour l’Afrique”…

7. Conclusion :

Malgré de nombreux coups d’Etats, une guerre civile qui a conduit à une forte instabilité politique et économique du pays, la situation se stabilise depuis 2002.

La Sierra Leone a rejoint trois organisations africaines et fait partie des pays qui soutiennent les pays d’Afrique les plus défavorisés. Il y a donc une volonté bien marquée de s’étendre à l’international.

Cependant, il reste encore de nombreuses barrières à franchir pour garantir un fonctionnement sain sur le long terme. Le taux de la petite criminalité ne cesse d’augmenter, l’insécurité règne dès la nuit tombée et dans de nombreux quartiers pauvres, voire extrêmement pauvres. Le niveau sanitaire est au plus bas, avec de nombreux risques de maladie (fièvre jaune, malaria, rage…) et la réapparition du virus Ebola. L’espérance de vie reste très faible du fait de ses problèmes sanitaires.

Du point de vue économique, le pays dispose de grandes ressources agricoles et minières. Grace à cette nouvelle stabilité, les investisseurs étrangers reconsidèrent les capacités minières du pays. Aussi, suite à la guerre civile de 1991, le taux de chômage reste significatif et constitue un frein au développement économique du pays (fort taux d’analphabétisme dans la population en âge de travailler).

Cependant, malgré la hausse des sanctions, le niveau de corruption est très élevé et bloque de nombreuses activités. De ce fait, le gouvernement ne touche pas les taxes qui lui sont dues sur ces activités économiques.

Le budget du gouvernement n’est pas suffisant pour faire face efficacement à tous ces défis. Il y a donc des choix à faire, et la vigilance et la sécurité priment après toutes ces années de guerre. De nombreuses ONG engagés sont présentes dans le pays et aident à nourrir la population et à son développement (écoles…).

La Sierra Leone ne pourra se développer qu’aux conditions de repenser son économie en profondeur en formant ses habitants et ainsi leur donner les moyens et savoirs pour travailler. Un regain économique pourrait rendre le pays davantage attractif pour les investisseurs externes (ce qui créera de l’emploi) qui était parti suite à la grande instabilité politique.

Analyse SWOT :

Forces Faiblesses
Importantes ressources minières

Production de café, riz, cacao

Potentiel touristique

Soutien financier international

Activité portuaire importante amenée à se développer

Vulnérabilité aux conditions météorologiques

Forte dépendance aux cours des matières premières

Corruption, droits de propriété insuffisamment protégés

Risque de résurgence de l’épidémie de virus Ebola

Infrastructures insuffisantes, défaillance du système de santé

Difficultés d’accès au crédit pour les petites et moyennes entreprises

Extrême pauvreté, chômage important

Opportunités Menaces
Ouverture sur le réseau maritime : développement de son commerce international

Partenariats potentiels avec des investisseurs étrangers : terrain des investissements internationaux

Développement de son armée

Tensions politiques pour les prochaines élections

Groupes susceptibles de vouloir renverser le pouvoir en place

Remise en cause du gouvernement dans certaines implications (accueil d’entreprises étrangères)

Stabilisé menacée par le chômage

Références

Anti-corruption Ressource Center : http://www.u4.no/publications/overview-of-corruption-and-anti-corruption-in-sierra-leone/

IPS : http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=5509

BBC : http://www.bbc.com/news/world-africa-14094194

Département Fédéral des Affaires Etrangères : http://www.eda.admin.ch/eda/fr/home/reps/afri/vsle/rhsie.html

France Diplomatie :  http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/sierra-leone/presentation-de-la-sierra-leone/

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays/sierra-leone-12359/

Conseil de Sécurité des Nations Unis : http://www.un.org/fr/documents/view_doc.asp?symbol=S/PV.7148

http://www.un.org/fr/documents/view_doc.asp?symbol=S/2014/192

Astrium :  http://www.astrium.com/fiches-pays/sierra-leone-sl.html

World Health Organization (WHO) :  http://www.who.int/countries/sle/fr/

45e Nord Ca : http://www.45enord.ca/2013/02/loperation-sculcture-en-sierra-leone-mission-accomplie/

-Diplomatie Belgium : http://diplomatie.belgium.be/fr/Services/voyager_a_letranger/conseils_par_destination/afrique/sierra_leone/ra_sierra_leone.jsp

-ICE :  http://www.ice.org.uk/About-ICE

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