Fiche Pays – Moldavie

1. Introduction

  • Capitale : Chisinau
  • Forme de l’Etat : République parlementaire
  • Langues officielles : Roumain
  • Ethnies : Moldaves (75%), Russes (7%), Ukrainiens (6,6%), Roumains (6%), Bulgare (2%)
  • Monnaie : Leu moldave (MDL)
  • IDH : 0,69 (2016), 126e rang selon le classement PNUD 2015
  • Démographie : 3 560 millions (dont 2,998 millions présent en Moldavie au présent) d’habitants soit 128 habitants/km² (2016)

2. Évaluation des risques politiques

  • Stabilité du gouvernement et des institutions

Depuis 2009, au Parlement prédomine une coalition de centre-droit, l’Alliance pour l’Intégration Européenne (AIE), composée des partis suivants : le Parti libéral-démocrate, le Parti démocrate, et le Parti libéral. L’existence d’un objectif commun, qui consisté à réformer le pays, afin de pouvoir intégrer l’Union Européenne, ne suffit pas, et une crise politique importante naît en février 2012.

Le gouvernement a dû démissionner le 8 mars 2013, suite à une motion de censure adoptée au parlement. Il faut également mentionner que la Moldavie n’a pas eu de président pour une période de 630 jours. Différents présidents intérimaires ont assuré à tour de rôle le fonctionnement normal de cette institution.

Après les élections parlementaires du 30/11/2014 les sièges au sein du parlement sont distribués de la façon suivante :

  • Parti des socialistes de la République de Moldavie (PSRM) : 20,51% (25 députés)
  • Parti libéral-démocrate de Moldavie (PLDM) : 20,16% (23 députés)
  • Parti des communistes de la République de Moldavie (PCRM) : 17,48% (21 sièges)
  • Parti démocrate de Moldavie (PDM) : 15,8% (19 députés)
  • Parti libéral (PL) : 9,67% (13 députés)

Jusqu’en 2016, les élections nationales directes en Moldavie étaient uniquement législatives pour élire tous les quatre ans un Parlement monocaméral de 101 députés, qui élisaient ensuite, à la majorité qualifiée des 3/5es, le président de la République, pour deux mandats consécutifs au maximum. Depuis le changement constitutionnel de 2016, des élections présidentielles au suffrage universel ont également lieu. Le 13/11/2016 Igor Dodone le candidat de la coalition pro-russe  a gagné les élections dans le II tour avec 52,18%,  contre Maia Sandu  candidate de la coalition pro-européenne « Action et solidarité ».

  • Conditions socio-économiques 

La Moldavie reste le pays le plus pauvre d’Europe (environ 30% de la population sous le seuil de pauvreté). L’économie du pays est très dépendante des transferts d’argent des travailleurs migrants (1/4 du PIB selon les estimations). En 2016 la somme des argents entrants en Moldavie est de 1,76 milliards dolars.  En Plus de 500 000 moldaves vivraient à l’étranger . Le taux de chômage officiel (en % de la population active) atteint 6,1% en 2017.

  • Conflits internes

La situation intérieure est marquée par les revendications de la Transnistrie. Cette région est située sur la rive gauche du Dniestr, le long de la frontière terrestre avec l’Ukraine. Elle a fait sécession de la Moldavie en 1990, et les tensions croissantes ont débouchées sur un conflit armé violent de courte durée, en 1992. Depuis, la région autoproclamée se donne toutes les apparences d’un Etat constitué (président, gouvernement, parlement, monnaie, police, armée). Des négociations en vue d’un règlement du conflit se tiennent régulièrement dans un format dit 5+2 : les deux parties, les trois médiateurs (OSCE, Russie, Ukraine) et les deux observateurs (UE et Etats-Unis).

  • Pressions ethniques 

Les pressions ethniques n’existent pas au sein du pays. En Moldavie, on retrouve des dizaines d’associations ethnoculturelles. En vertu du principe de l’égalité et de l’universalité de la législation (principe énoncé par la Constitution), les minorités ethniques ont la possibilité de développer leur culture traditionnelle. Sur le territoire du pays, on retrouve des écoles adaptées pour l’ensemble des 18 minorités différentes.

  • Conflits externes et pays voisins entraînant un risque potentiel 

La Moldavie entretient des bonnes relations avec les pays de l’Union Européenne, ainsi qu’avec ses voisins : la Roumanie et l’Ukraine. Cependant, les relations entre la Moldavie et la Russie sont complexes. La Russie souhaite conserver son influence dans ce pays, notamment au travers du conflit transnistrien. La Russie contrôle l’opérateur national Moldovagaz, détenu à 50% par Gazprom. Les exportations de vin moldave vers la Russie pèsent de manière importante dans la balance commerciale moldave, et les autorités russes utilisent cet élément comme un moyen de pression (blocage des exportations).

  • Niveau de corruption 

En 2015, Transparency International accorde la note de 35/100 à la Moldavie, qui détient la 103ème place parmi les 154 pays qui participent à l’étude. Le niveau de corruption est extrêmement élevé. Dans des telles conditions, l’Etat ne peut plus agir pour l’intérêt général. Les changements politiques n’ont jamais eu de conséquences positives sur le niveau de corruption du pays. Au contraire, la situation semble s’aggraver.

  • Conditions de sécurité dans le pays lié à la criminalité et au terrorisme

La criminalité organisée en Moldavie est un problème inquiétant, à cause de l’impact direct sur la population moldave. Cet aspect n’est pas caché, et les habitants se rendent compte de la gravité du problème lorsque des criminels règlent leur compte au sein de l’espace public. Les criminels développent des relations amicales avec des hommes politiques et des hommes d’affaires. L’évasion fiscale, le trafic d’influence et la contrebande sont les activités préférées des groupes criminels. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette situation n’affecte pas les touristes ou les étrangers, qui ne sont pas les cibles des groupes criminels.

3. Évaluation des risques économiques et financiers

  • PIB par habitant PPA: 1901 $ USD (2016)
  • Taux de croissance du PIB : -0,4 % (2015) ; 4,1 % (2016)
  • Taux d’inflation annuel : 8,44 % (2015) ; 7,5% (2016)
  • Solde budgétaire (en % du PIB) : -2,3 % (2015) ; -3,2% (2016)
  • Balance courante (en % du PIB) : -36,38 % (2016)
  • Dette publique (en % du PIB) : 44,83 % (2016)
  • Solde commercial : -2896 millions $ (2016)
  • Stabilité du taux de change : moyenne 1 € = 20,43 MDL (12/11/17) ; 1$= 17,55MDL (15/11/17).

4. Évaluation des risques géographiques et environnementaux

  • Risques sismiques et géologiques 

Les risques sismiques et géologiques ne sont pas négligeables. Conformément au programme SHARE (Seismic Hazard Harmonization in Europe), la géographie générale de la sismicité sur le continent européen est connue. Elle résulte, principalement, de l’affrontement entre les plaques tectoniques africaine et eurasienne. Le danger est le plus fort en Turquie, en Grèce, en Italie, en Roumanie et en Moldavie. Selon les données statistiques, au cours des 215 dernières années, 20 tremblements de terre d’une magnitude de 7 à 9 selon l’échelle de Richter ont eu lieu sur le territoire de la Moldavie.

  • Risques sanitaires et épidémiques

Il faut absolument éviter de boire l’eau du robinet. Le risque épidémique est de type européen, mais il peut prendre des proportions importantes (exemple de l’épidémie d’oreillons fin 2007, avec 20 000 cas cumulés en mars 2008). L’OMS listait parmi les 10 causes de décès principales en 2002, les infections respiratoires basses et la tuberculose (risque fort).

5. Évaluation du Hard Power

  • Pouvoir militaire réel 

Les forces armées de Moldavie sont composés de l’Armée de terre moldave et de l’Armée de l’air moldave. Le nombre de personnes aptes au service militaire s’élève à 852 875 (16-49 ans) hommes (2014), et les actifs réels de l’armée sont constitués par 12 500 personnes (2016). A cause de la situation en Transnistrie, l’armée moldave est très peu engagée dans des opérations internationales.

  • Poids du pays dans les institutions internationales 

La Moldavie est fortement soutenue par les institutions financières internationales. Des institutions internationales sous l’égide des Nations Unies contribuent aussi au soutien du pays. Une vingtaine d’agences, de fonds et de programmes des Nations Unies sont actifs en Moldavie, depuis l’intégration du système en 1992. Le FMI a lancé une facilité de paiement de paiement sur trois ans, octroyée à Chisinau en 2010, et prévue pour atteindre jusqu’à 440,3 millions d’euros. Ces mesures ont énormément facilité la baisse du déficit budgétaire de 3,9% entre 2009 (6,3%) et 2011 (2,4%). Un nouveau programme de coopération pour 2013-2017 a été lancé fin 2012 entre l’ONU et la République de Moldavie. En 2016 le FMI a accordé aussi un crédit de 180 millions euros .Ce programme soutient les objectifs du pays dans différents domaines : gouvernance démocratique, justice, égalité et droits de l’homme, développement humain.

  • Technologie et innovation 

Disposant d’un capital humain développé, grâce à un système scolaire et universitaire performant (Sans aucun doute, il y a de la corruption au sein des universités et écoles, mais cet élément ne constitue pas un piège pour les étudiants et jeunes chercheurs passionnés, qui réussissent à obtenir les premières places aux différents concours internationaux, qui font leurs études dans les meilleures écoles et universités du monde et qui ont des projets très intéressants pour les investisseurs), la Moldavie a eu quelques résultats impressionnants dans le domaine de la technologie et innovation : – nouvelle méthode de détermination de la pureté génétique du tournesol ; – microhydrostation électrique ; – procédé d’obtention de nano composite ; – technologie de fabrication de métamatériaux ; – couche hyper conductrice utilisée en micro-électronique ; – nouveau procédé de conservation du sperme ; – inhibiteurs de la leucémie HL-60 et du cancer du sein ; – développement de nouveaux types de matériaux ostéoplastiques, etc. A titre d’exemple, en 2006, les inventions des savants moldaves ont été récompensées par 11 médailles en or, 5 en argent et une de bronze au salon international des innovations de Bruxelles.

6. Évaluation du Soft Power 

  • Reconnaissance médiatique et culturelle 

La situation en Moldavie n’est pas un sujet d’actualité traité par les médias internationaux. Ce pays a donné naissance et a accueilli de nombreux écrivains (Gr. Ureche, I. Neculce, V. Alecsandri, M. Eminescu, P. Halippa, A. Pouchkine, etc.), des metteurs en scène (V. Derbenev, V. Gajiu, A. Gordon, E. Lotjianu, etc), des sculpteurs (A. Plamadeala, V. Cozma), des peintres (M. Berezovschi, P. Coban), des acteurs (R. Banica, A. Dragostin) et des scénaristes (M. Danieliuc, E. Loteanu). Le capitale comporte une troupe de ballet, et il existe des troupes pratiquant des danses populaires. Sur la scène européenne/internationale, la richesse culturelle moldave n’est pas très valorisée, parce qu’il est difficile pour les moldaves de se faire connaître à l’étranger.

  • Vecteurs d’influence 

Malheureusement, la Moldavie n’a pas la possibilité d’agir de façon efficace sur la scène internationale ou même européenne. En réalité, ce petit état est fortement touché par ces problèmes économiques (Il y a même une anecdote connue par la plupart des moldaves, qui circule au sein du pays : « Nous sommes les seuls à ne pas avoir connu cette crise financière en 2007-2008. On vit une crise depuis toujours. »). Dans de telles conditions, où les familles sont contraintes à quitter le pays pour chercher une meilleure vie ailleurs, où il n’y a quasiment pas de transparence au niveau des indicateurs économiques et financiers du pays (les indicateurs officiels qu’on retrouve facilement sur internet ne reflètent pas forcement la réalité), où la corruption existe dans tous les domaines possibles, où les représentants de l’état ne s’intéressent pas au peuple, ce n’est pas facile d’évoluer même dans le cadre du pays. Il n’est alors pas question de pouvoir exercer une influence considérable qui dépasserait les frontières du pays.

  • ONG 

Il y a beaucoup d’organisations non gouvernementales qui existent en Moldavie (Invento, Oberliht, Consult-Nord, VICON, etc.). Cependant, leur influence est assez faible. L’avantage le plus important reste de permettre aux jeunes d’évoluer du point de vue intellectuel et culturel, en leur donnant la possibilité de trouver des centres d’intérêt communs.

Des missions de bénévolat, des volontariats sont organisés périodiquement par différentes ONG étrangères (International Volunteer Programs Association, Etats-Unis ; Equal Rights Trust, Angleterre ; AIESEC). Différentes ONG étrangères participent également au déroulement du processus électoral en Moldavie, pour s’assurer du respect des normes.

7. Conclusion générale

La Moldavie est un pays qui ne détient pas suffisamment de ressources pour être capable de bénéficier d’un avantage concurrentiel performant. L’absence de réformes et le niveau de corruption élevé expliquent parfaitement le niveau de vie de la population moldave et l’indice de bonheur brut national qui est très faible. Les conséquences sont dramatiques, et la plupart d’indicateurs sociaux le prouvent (selon le rapport de la situation mondiale sur l’alcool et la santé, effectué par l’Organisation Mondiale de Santé, et publié en 2015, les moldaves sont les plus gros consommateurs d’alcool au monde, et ils boivent en moyenne 18,22 litres d’alcool par an, soit trois fois la moyenne mondiale).

L’économie souterraine est estimée à près de 40 % du PIB. Les recettes les plus importantes de l’état sont constituées par les subventions européennes et internationales accordées au pays, les prêts à long terme, et les ressources financières que les moldaves obtiennent, en travaillant à l’étranger. On estime que près d’un million de moldaves sont partis dans d’autres pays (Russie ; Roumanie ; Italie ; Portugal ; France, etc.), parce qu’ils n’avaient plus les moyens de survivre dans leur pays d’origine, et ils envoient constamment de l’argent à leurs membres de famille qui sont restés en Moldavie.

Cependant, dans un pays ruiné de tous les points de vue, on atteste une volonté, manifestée par  certaines catégories de citoyens moldaves, de changer la situation actuelle. Par exemple, il y a de plus en plus de jeunes qui partent ailleurs pour faire leurs études, mais qui reviennent après, pour essayer d’appliquer les connaissances et les compétences obtenues dans des pays plus développés. L’Union Européenne participe également à ce processus de changement, en investissant dans différents projets intéressants pour le développement du pays. La Moldavie est également considérée comme un « élève-modèle ».

Le système politique est assez stable, et les risques auxquels seraient confrontés les étrangers en visitant la Moldavie sont très faibles. C’est aussi le cas pour ceux qui souhaiteraient investir en Moldavie. Le système corrompu présente également un avantage qui n’est pas négligé par les investisseurs : les décisions sont prises d’une façon beaucoup plus rapide, et les aspects négatifs de l’appareil bureaucratique s’estompent. Les perspectives d’avenir sont plutôt bonnes, parce que la Moldavie est actuellement dans une phase où seule la croissance pourrait être envisagée.

Références

http://news.abidjan.net/documents/docs/Classement_2015.pdf

https://fr.actualitix.com/pays/mda/statistiques-presentation-moldavie.php

https://fr.wikipedia.org/wiki/Élections_en_Moldavie

http://www.bnm.org/ro/content/ratele-de-schimb

http://www.bnm.org/ro/content/raport-asupra-inflatiei-nr-4-2-noiembrie-2017

http://www.moldavie.fr/La-Republique-de-Moldavie-est-elle-un-pays-pauvre.html

https://www.cityzeum.com/ar/les-pays-ou-l-on-consomme-le-plus-d-alcool-au-monde

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