Fiche Pays – Croatie

Entrée dans l’association politico-européenne le 1er juillet 2013, la Croatie a dû faire beaucoup d’efforts quant aux exigences de Bruxelles, notamment en ce qui concerne la réduction de sa dette, de son déficit public mais aussi en matière de corruption. Son premier ministre Andrej Plenković a annoncé vouloir adopter l’euro d’ici 2024-2025, mais doit pour cela satisfaire aux critères de convergence souhaités par Bruxelles. En mai 2017, la Commission européenne a proposé l’abrogation de la procédure de déficit excessif (PDE) qui avait été engagée en janvier 2014, un an après l’entrée du pays dans l’UE. Malgré ces gros efforts réalisés lors des 2 dernières années, le pays des Balkans a encore beaucoup de chemin à parcourir, principalement au niveau de sa dette publique qui reste au-dessus des 80% de son PIB. En cas d’adhésion, elle serait le 20ème pays à rejoindre l’euro zone, après la Lituanie en 2015.

Introduction croatie

Données générales

Nom officiel : République de Croatie

Nature du régime : démocratie parlementaire (constitution de juin 1991)

Présidente de la République : Mme Kolinda Grabar-Kitarović (en fonction depuis le 18 février 2015) : première femme élue à la tête de l’Etat

Premier ministre : M. Andrej Plenković (depuis le 19 octobre 2016)

Président du Parlement : M. Gordan Jandroković (depuis le 5 mai 2017)

Données géographiques

Superficie : 56 594 km²

Capitale : Zagreb – 700 000 habitants (1,1 million avec l’agglomération)

Villes principales : Split (190.000 hab), Rijeka (145.000 hab), Osijek (115.000 hab)

Langue officielle : croate

Monnaie : kuna (HRK) (1 € = environ 7,5 HRK)

Fête nationale : 25 juin (anniversaire de la déclaration d’indépendance de 1991)

 Données démographiques

Population : 4 170 600 habitants (recensement 2016)

Densité : 74,53 hab/km² (2016)

Croissance démographique : – 0,8%

Espérance de vie : 72,5 ans (hommes), 79,3 ans (femmes).

Taux d’alphabétisation : 98 % (2015)

Religions: catholicisme majoritaire (86,3%), orthodoxes (4.4%), musulmans (1.5%), protestants (0.3%)

Indice de développement humain : 0,827 (49e rang mondial sur 194) – source populationdata.net en 2015

Taux de pauvreté : 19,5% (2015)

Données économiques 

Taux de croissance du PIB : +2,9% (estimation 2016)

PIB : 50,425 milliards $ (2016)

Évaluation du risque politique

La stabilité du gouvernement et des institutions

Le système politique, établi par la Constitution de 1991, était à l’origine présidentiel. Il a été rééquilibré en 2000, lors du tournant européen pris par le pays, pour devenir un régime parlementaire où le premier ministre, issu de la majorité au Parlement, conduit la politique nationale.

L’élection du président Ivo Josipovic (social-démocrate) le 10 janvier 2010 a montré l’aspiration des Croates à une moralisation de la vie politique, mais aussi à la justice sociale. Le président a joui d’une forte popularité.

Le 4 décembre 2011, après 8 années d’exercice du pouvoir par le HDZ (centre droit), les élections législatives ont vu la victoire à la majorité absolue d’une coalition réunissant quatre partis (SDP/sociaux-démocrates, HNS/démocrates libéraux, IDS-DDI/Diète démocratique d’Istrie et HSU/Parti des retraités). Le gouvernement du premier ministre Zoran Milanovic (SDP) a obtenu la majorité qu’il espérait pour prendre des décisions difficiles.

Ses priorités ont été axées sur la mise en œuvre d’engagements pris vis-à-vis de l’UE (privatisation des chantiers navals, application concrète des réformes, poursuite de la lutte contre la corruption…) et l’adoption de mesures d’austérité budgétaires rendues nécessaires par la situation dégradée des finances publiques (relèvement de la TVA à 25 %, réduction des salaires du secteur public de 3%…).

Le HDZ (Union démocratique de Croatie), qui avait quant à lui subi une importante défaite lors des élections législatives après les scandales de corruption qui ont entaché l’image du parti au plus haut niveau, a remporté les élections européennes d’avril 2013 avec une liste commune avec la droite nationaliste et eurosceptique. Les élections locales de mai 2013 ont toutefois constitué pour le HDZ une victoire en demi-teinte : victoire dans les campagnes et à Zagreb, alors que la coalition au pouvoir, même divisée, est parvenue à gagner la plupart des grandes villes.

Le nouveau parti d’extrême gauche, le Parti travailliste de Dragutin Lescar, antimondialiste et anti-establishment, qui a émergé lors des élections législatives, demeure la troisième force politique dans les sondages, même s’il n’a pas obtenu de siège de maire ou de joupan (chef de l’exécutif régional) lors des élections locales.

Le 18 février 2015, la Croatie élit Mme Kolinda Grabar-Kitarović à la fonction de Présidente de la République, femme très cultivée et polyglotte. C’est la première femme élue à la tête du pays.

Les élections anticipées de septembre 2016 ont ramené au pouvoir la coalition formée par l’Union démocratique (HDZ) de centre droit et le parti réformiste MOST (« le Pont »). Elle dispose de 75 sièges (dont 61 pour HDZ) sur 151 et du soutien des élus des minorités ethniques (12 sièges). Le nouveau premier ministre et chef du HDZ Andrej Plenković, contrairement à son prédécesseur, veut se concentrer sur la réforme économique et administrative, l’amélioration des relations avec la Serbie et la Bosnie Herzégovine, et abandonner le discours populiste et nationaliste qui avait contribué à la chute du précédent gouvernement après 5 mois d’exercice. Le programme de réformes reste centré sur la restructuration de l’administration et des entreprises publiques (1/3 des emplois), au besoin par les privatisations et les réductions d’effectifs, la révision des avantages sociaux et du système de retraite, la réforme du système hospitalier.

Ainsi, il apparait dans le pays une préoccupation grandissante concernant l’éthique et la morale en politique où les électeurs font la chasse à la corruption et aux magouilles politiques en tous genres, pourtant traditionnellement monnaie courante dans le pays.

L’alternance politique est la preuve d’un système politique plutôt sain en Croatie, système qui reste cependant menacé par des déficits budgétaires considérables et une dette financière conséquente.

Les conditions socio-économiques

Le contexte socio-économique croate reste malheureusement semblable à celui que connaissent les autres pays de la zone des Balkans. Le pays a souffert de la crise économique de 2008 et a été pendant plusieurs années en récession. Entre 2003 et 2006 pourtant, le pays faisait figure de petit miraculé économique des Balkans, avec une croissance annuelle moyenne de 5% (essentiellement grâce au tourisme). Mais à partir de 2009, elle a connu une récession assez grave ; en 2012, –2% (soit pire que la moyenne européenne : –0,3%) et cela a duré jusqu’en 2015.

Les déficits publics étaient également plus importants que la moyenne européenne (4,6% du PIB contre 3,8%) et le chômage touchait une grande partie de la population active (15,9% en 2012 à comparer aux 10,5% de la moyenne européenne), avec un très faible taux d’emploi des femmes (50,2% au lieu de 62,4% en moyenne européenne). Face à ces conditions sur le marché de l’emploi, de très nombreux Croates travaillaient sans être déclarés (notamment chez les commerçants) ce qui a eu pour conséquence le développement d’une forte économie souterraine.

Depuis son entrée dans l’Union européenne en juillet 2013, le marché du travail croate semble avoir été redynamisé : en effet, en 2017, le chômage n’est plus que de 10,6%. Certes, cela reste légèrement supérieur à celui de la France (9,8%) et de l’Union européenne (7,6%), néanmoins c’est nettement moins qu’en Espagne (17,3%). En 2016, le déficit public croate est repassé sous la barre des 3% du PIB, ce qui lui  a permis de dégager un léger excédent et de régler un petit peu sa lourde dette (86% du PIB). En dépit de cela, ses comptes publics demeurent fragiles.

Le niveau de corruption

Dresser la liste des affaires de corruption qui ébranlent le sommet de l’État croate relève de l’exploit. Si les citoyens, en tous cas, ont cessé de les compter, il n’en demeure pas moins une sévère lutte contre cette tendance qui gangrène le fonctionnement de l’Etat croate depuis de nombreuses années. Le gouvernement, l’Armée, la justice, le monde sportif (notamment la sélection nationale de football) et même la santé sont les secteurs les plus touchés par les scandales envers lesquels la population croate est de moins en moins tolérante : le peuple attend des gages de transparence venant des partis politiques et une justice plus forte et indépendante.

Népotisme, corruption, pots-de-vin…les affaires n’en finissent plus et on assiste à une lassitude croissante de l’opinion publique, devenue plus sensible au népotisme ces dernières années. On remarque néanmoins une volonté de changement de la part des gouvernements ces derniers temps, mais d’après Damir Matkovic, rédacteur en chef adjoint au service politique étrangère à la télévision publique croate HRT, au micro de France Inter : « même un pharaon ne peut pas changer si rapidement la situation en Croatie ».

Récemment entrée dans l’Union européenne, la Croatie est davantage contrôlée par Bruxelles et cette situation sera sûrement à même de changer lors des prochaines années.

Les conditions de sécurité dans le pays lié à la criminalité et au terrorisme

La Croatie est un pays sûr où la délinquance de voie publique (vols, agressions, violences) est très faible. Néanmoins, pendant la période touristique, et notamment sur la côte, il est conseillé d’appliquer les mesures de vigilance normale (fermer les véhicules en ne laissant rien d’apparent, éviter de porter sur soi de grosses sommes d’argent, garder ses bagages près de soi, conserver sur soi son passeport ou sa carte d’identité…).

Les grands rassemblements nationalistes ou sportifs, particulièrement ceux liés au football, peuvent être l’occasion de violences. Il conviendra d’éviter toute provocation.

Par ailleurs, il demeure un certain nombre de zones minées en Croatie. Elles correspondent aux anciennes zones de confrontation. Il est recommandé d’y prêter la plus grande attention et de se renseigner localement sur les conditions de sécurité et de circulation.

Les conflits internes (et externes) et pressions ethniques

Les tensions ethniques sont souvent citées comme une des sources majeures de récents conflits internes et internationaux. La dimension internationale des conflits ethniques est un des éléments qui caractérise le conflit des Balkans. En effet, quand un conflit ethnique déborde dans les États avoisinants, une instabilité généralisée à l’ensemble de la région vient nécessairement déstabiliser la zone. C’est précisément le type de pressions qui secouent la Croatie encore aujourd’hui.

L’origine de ce conflit ethnique tient à la confrontation des programmes des deux pays adverses : la Serbie qui insistait sur la nécessité que « tous les Serbes vivent dans le même État » tandis que la Croatie revendiquait comme programme national le « droit historique » c’est-à-dire revendiquait « une Croatie dans ses frontières historiques ». À la disparition de la Yougoslavie, cette exigence de « frontières historiques » sous-entend, de fait, tout le territoire de la Bosnie-Herzégovine (jusqu’à la rivière Drina) et certaines parties de la province serbe de Voïvodine. À l’opposé, les revendications d’un seul et même État serbe exigeaient en plus de la Serbie et du Monténégro qu’il regroupe les territoires peuplés de Serbes en Croatie (Krajina) et en Bosnie-Herzégovine. Cette résurgence d’idées prônées par des mouvements nationalistes militants fut à l’origine d’un des plus tragiques conflits ethniques du XXe Siècle en Europe.

Aujourd’hui, la Serbie et la Croatie se sont réconciliées en partie, mais les blessures de la guerre et les verdicts du tribunal pénal international continuent d’empoisonner leurs relations. La Croatie fait cependant tout son possible pour ralentir les négociations entre l’Union européenne et la Serbie en ce qui concerne l’adhésion de cette dernière à l’UE, et elle a de ce fait « trahi » sa promesse de ne pas reproduire ce que la Slovénie, autre pays de l’ex-Yougoslavie, a fait pour l’empêcher de rentrer elle aussi dans l’Union européenne.

Les conflits externes et sa politique extérieure

Les conflits internes et externes de la Croatie lient ce pays avec ses voisins. Ils ont en commun une histoire complexe sur fond de conflit ethnique : celle de la Yougoslavie. (Histoire présentée ci-dessus).

Au niveau de sa politique extérieure, la Croatie est engagée activement dans la coopération régionale et se présente comme un élément stabilisateur, désireux de soutenir les efforts de tous les pays de la région pour rejoindre l’Alliance atlantique et l’UE qu’elle a rejoints respectivement en 2009 et 2013.

La Croatie est présente dans plusieurs initiatives de coopération régionale : SEECP (processus de coopération du Sud-est européen), dont elle a exercé avec dynamisme jusqu’en mai 2007 la présidence, et Conseil de Coopération régionale (RCC), nouvelle organisation issue de la disparition en 2008 du Pacte de Stabilité et qui repose sur le principe d’une forte appropriation régionale. Elle n’est en revanche plus membre du CEFTA (Accord de libre-échange centre-Européen) depuis 2013, l’organisation regroupant aujourd’hui beaucoup de pays membres de l’ex-Yougoslavie.

L’accord d’arbitrage du 4 novembre 2009 pour la résolution du différend frontalier entre la Croatie et la Slovénie a levé le blocage slovène à l’ouverture des chapitres de négociation. La signature d’un mémorandum en mars 2013 au sujet d’un autre différend concernant la Ljubljanska banka, contentieux bancaire lié à l’éclatement de l’ex-Yougoslavie, a permis la ratification du traité d’adhésion de la Croatie par le Parlement slovène.

La Croatie suit avec attention la situation en Bosnie-Herzégovine, où vit une importante communauté bosno-croate (environ 11 % de la population totale). Elle soutient le maintien d’un État central renforcé, dans lequel les trois peuples constitutifs seraient à égalité et condamnent les tentatives sécessionnistes.

Zagreb développe des relations de confiance avec Tirana et Skopje. La Croatie a reconnu le Monténégro. La montée en puissance des relations bilatérales entre les deux États témoigne de leur volonté commune d’apurer les séquelles de la guerre et de joindre leurs efforts dans leur objectif commun de rapprochement européen.

Avec la Serbie, le processus de normalisation des relations est l’une des clés de la stabilisation de la région. Les deux pays ont signé un accord de coopération en matière de défense. Zagreb a reconnu l’indépendance du Kosovo le 19 mars 2008, en même temps que la Hongrie et la Bulgarie. Le déplacement du président serbe en novembre à Vukovar, où il a présenté des excuses pour les crimes commis, et à Zagreb, a permis de franchir une nouvelle étape dans le processus de réconciliation et de normalisation engagé depuis l’élection du président Josipović début 2010.

Les gestes accomplis visent à créer un environnement politique propice au règlement des problèmes pendants et au développement des échanges économiques. Ivo Josipović, alors président du pays, a également organisé le 1er juillet 2013, en marge des célébrations d’adhésion à l’Union européenne, une rencontre entre les présidents des Balkans occidentaux (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Macédoine, Monténégro, Serbie, Slovénie) afin d’utiliser la dynamique de l’entrée dans la Croatie dans l’UE pour relancer la coopération régionale et le « processus de Brdo » lancé en 2010, qui permet de faire le point sur la situation politique et sécuritaire dans les Balkans occidentaux, d’intensifier la coopération régionale et d’échanger sur les réformes indispensables dans la perspective du renforcement des relations avec l’Union européenne.

L’entrée de la Croatie au sein de l’OTAN est devenue effective depuis le sommet de l’Alliance en avril 2009. Priorité est donnée à la participation aux opérations extérieures de l’OTAN. De même, la Croatie a renforcé sa contribution aux opérations de maintien de la paix de l’ONU avec la participation à 8 missions et fait preuve d‘un intérêt croissant pour les opérations de la PSDC (Politique de Sécurité et de Défense Commune de l’UE). Le 28 juin 2011, la Croatie a reconnu le Conseil national de transition (CNT) libyen comme représentant légitime du peuple libyen.

La coopération avec la France sur la Syrie a été très appréciée (financement direct de l’opposition syrienne à hauteur de 175 000 EUR) et la Croatie souhaite la poursuivre. Les autorités croates ont soutenu toutes les initiatives de la communauté internationale visant à mettre fin aux violences (deux officiers croates ont participé à la mission des observateurs des Nations unies) et ont notamment appliqué l’ensemble des sanctions renforcées adoptées par l’Union européenne. Enfin, la Croatie peut apporter un soutien intéressant à l’action de l’Union européenne au Mali, les Croates manifestant un intérêt croissant pour la résolution de la crise malienne.

Evaluation des risques économiques et financiers

PIB (2016) : 50,425 milliards de dollars

PIB par habitant (2016) : 10 210  €

Taux de croissance (2016) : +2,9%

Taux de chômage (2017) : 10,6% (15,8% en 2012)

Taux d’inflation (2017) : 1,4%

Déficit public (2017) : 0,8% du PIB

Dette publique (2016) : 87% du PIB

Balance commerciale (2016) : excédentaire (3,19% du PIB)

Principaux clients (2014) : Italie (13,9%), Bosnie-Herzégovine (11,8%), Slovénie (11,3%), Allemagne (11,2%), France 8ème client (2,2%

Principaux fournisseurs (2014)Allemagne (15,1%), Italie (14,3%), Slovénie (10,8%), France 12ème fournisseur (2,3%)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

–       agriculture : 5,5 %                      : blé, maïs, betteraves à sucre, fruits, vin, huile d’olive

–       industrie : 27,4 %                       : textile, bois, sidérurgie, aluminium et agro-                                                                     alimentaire

–       services : 67,1 %                        : tourisme principalement

La Croatie a affiché de bonnes performances de croissance économique entre 2000 et 2008 (+4,2% en moyenne), qui lui ont permis  de bénéficier du niveau de richesse le plus avancé de la zone de l’Europe du Sud-Est (PIB par hab de 10210 € en 2013, seules la Slovénie et la Grèce font mieux dans cette zone). C’est également le pays le second pays le plus développé des Balkans occidentaux juste derrière la Slovénie.

Toutefois, la crise financière de 2009, qui a brutalement stoppé les entrées de capitaux (baisse de l’IDE, crédit crunch et nouvelle sélectivité des banques), mais dont les conséquences sur le plan local ont été bien jugulées par la Banque centrale croate -qui dispose de solides réserves en devises-, a engendré une crise de confiance impactant le secteur des entreprises et des ménages soumis depuis à des logiques plus attentistes de désendettement et d’épargne.

Le potentiel exportateur de la Croatie reste limité (bien que des niches existent : agroalimentaire, armement, logistique), mais la Croatie semble compenser cela avec ses exportations de services : en effet l’activité touristique génère annuellement environ 20% du PIB: en 2016, le pays a enregistré le nombre record de 16 millions de visiteurs. Cela est le résultat principalement de la politique de développement des infrastructures afin de moderniser et de rendre le pays attractif. Mais cette dépendance par rapport au tourisme est un risque que prend la Croatie,

Le gouvernement doit continuer d’œuvrer à la mise en place de réformes structurelles dans les entreprises déficitaires du secteur public productif, à valoriser ses avantages comparatifs, attirer de nouveaux investissements, et à améliorer ses capacités d’absorption des fonds structurels européens tout en cherchant à maîtriser ses comptes publics et la trajectoire de sa dette qui a beaucoup augmenté ces dernières années (87% du PIB en 2016)), Toutefois, comme évoqué précédemment, la croissance semble avoir repris depuis 2 ans, et l’on peut espérer une amélioration quant à l’équilibre de ses comptes publics.

Evaluation des risques géographiques et environnementaux

Les risques sismiques et géologiques

La Croatie n’est pas connue comme étant une zone particulièrement à risque au niveau géologique ni même sismique.

Les risques sanitaires et épidémiques

Concernant les risques sanitaires et épidémiques, aucune vaccination n’est obligatoire en Croatie. Si les soins préventifs et les précautions traditionnelles sont recommandés, les risques sanitaires en Croatie sont minimes.

Évaluation  du hard power

Pouvoir militaire réel

Les forces armées de la République de Croatie se composent de trois grands corps d’armée :

–       L’Armée de terre croate (Hrvatska vojska (HV))

–       L’Aviation militaire et la défense aérienne croate “(Hrvatske Zracne Snage (HZS))”

–       La Marine militaire croate (Hrvatska ratna mornarica (HRM))”

Aujourd’hui, sur un total de 770 000 hommes en âge de porter l’uniforme, l’ensemble des forces armées croates aligne 16 000 volontaires, en plus des 2 000 réservistes opérationnels contre 110 000 militaires et 1 800 000 réservistes il y a 15 ans. Cette réduction de l’effectif est due non seulement au service militaire obligatoire aboli le 1er janvier 2008, mais aussi du fait de leur entrée dans l’OTAN. Cette restructuration complète est la mise en œuvre du Plan de modernisation (2007-2015), qui, outre la réorganisation complète de l’armée en petites unités modulaires et interarmes, passe par la modernisation de l’instrument militaire ainsi que sa doctrine d’emploi des forces en vue d’éventuelles projections internationales sous mandat ONU ou OTAN.

Cependant, la crise économique qui a touché en 2008-2009 l’ensemble des pays d’Europe n’a pas épargné l’armée croate, déjà très affaiblie. Ainsi, la Croatie s’est vu tout simplement économiquement incapable de moderniser et même d’entretenir son armée dans son état actuel. La Croatie n’a, cependant, pas à craindre d’agressions et bénéficie de toute façon de la protection de l’OTAN.

Relations internationales et poids du pays dans les institutions internationales

Durant ses premières années d’existence, la Croatie a été le théâtre du déploiement de plusieurs missions de l’ONU et de l’OTAN sur son territoire ou sur les territoires voisins (SFOR, KFOR…). Toutefois, la nouvelle république a rapidement cherché à devenir un membre actif aux opérations de paix dans le monde surtout au sein des instances régionales telles que l’OTAN et l’Union européenne (à laquelle elle a adhéré en 2013). Ainsi, dès 1999, 10 observateurs militaires sont envoyés surveiller les accords de paix au Sierra Leone au sein de la MINUSIL (Mission des Nations Unies en Sierra Leone). Cette participation accrue aux missions de maintien de la paix a permis à l’armée croate de renforcer ses structures de défense.

Lors des dernières années, l’armée croate s’est déployée au sein de plusieurs missions de maintien de la paix en Afghanistan, en Syrie, au Liban, en Inde, au Kosovo, en Haïti, etc.

Au sein de l’Union européenne, la Croatie ne représente que 0,33% du PIB de l’UE28 ce qui ne lui permet pas de peser lourdement sur les décisions prises et ne lui confère pas une très forte légitimité.

Par ailleurs, l’adhésion de la Croatie ne modifie pas le rang de l’Union européenne par rapport aux États les plus étendus du monde. Loin derrière la Russie, le Canada, la Chine, les États-Unis, le Brésil et l’Australie… arrive l’Union européenne dans sa configuration à 28 comme précédemment à 27.

Évaluation  du soft power

Reconnaissance médiatique et culturelle, vecteurs d’influence

Mosaïque d’influences variées, longtemps marquées par son alphabet propre (le glagolitique), la Croatie est aussi riche d’une histoire mouvementée. Au cours du dernier millénaire, elle parvint toutefois à préserver son identité, bien que faisant partie intégrante d’entités diverses plus vastes, souvent dominatrices. Sa récente émancipation est l’occasion de redécouvrir la culture croate sous sa véritable identité.

Située au carrefour des civilisations qui ont toutes contribué à l’identité européenne, la Croatie a trop souvent été perçue comme une frontière, mais l’ouverture de l’Europe et son indépendance lui permettent de dévoiler son riche héritage culturel et historique.

En effet, la Croatie ne compte pas moins de 7 sites exceptionnels classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Bordée par 1200 îles, la Croatie, en totalisant plus de 6200 km de littoral, a le 3e littoral le plus long de la Méditerranée.

Pour toutes ces raisons, le boom du secteur touristique a des allures de miracle dans une Croatie dont l’économie éprouve toujours des difficultés.

Ayant bien compris la force et l’atout que représentait le secteur du tourisme pour l’image et le positionnement du pays tant économique que politique, l’objectif du gouvernement est de doubler les recettes d’ici 2020 pour les porter à 14 milliards d’euros et de faire de la Croatie l’un des vingt pays les plus attrayants du monde en matière de tourisme. Rien qu’à l’été 2017 (juillet et août), le pays a enregistré 8 millions d’arrivées de touristes, ce qui est é fois supérieur à la population totale du pays (source : tradingeconomics.com). En 2014, la Croatie occupait la 24e place au classement des principales destinations touristiques mondiales.

SWOTCapture d’écran 2014-02-25 à 12.00.46

Bibliographie :

France Diplomatie : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/croatie/presentation-de-la-croatie/

Le Figaro : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/07/01/20002-20130701ARTFIG00399-la-croatie-une-economie-fragile.php

Le Moniteur du Commerce International : http://www.lemoci.com/011-47376-Presentation-generale-Croatie.html

Credit Mundi : http://www.credimundi.fr/fr/risques-pays/rating/

Larousse encyclopédie : http://www.larousse.fr/encyclopedie/images-eco/Croatie/185654

Agora Vox : http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/l-arrivee-de-la-croatie-dans-l-138048

Le Monde : http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/12/01/secouee-par-des-scandales-de-corruption-la-croatie-se-dirige-vers-l-alternance_1611869_3214.html

Université de Sherbrooke/Perspective Monde: http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?langue=fr&codePays=HRV&codeTheme=17&codeStat=SECU.GPI.CONF

Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_en_Croatie_(1991-1995)#Impact_et_cons.C3.A9quences

Erudit/Etudes Internationales : http://www.erudit.org/revue/ei/2006/v37/n4/014627ar.html

Persée Revue Scientifique : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-342x_1994_num_59_1_4252

Toute l’Europe.eu/Diplo Web : http://www.touteleurope.eu/actualite/lue28-la-croatie-ca-change-quoi.html

La Croatie en France : http://www.cronet.org/croatie/en_bref.htm

Le Monde : http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/07/01/croatie-le-tourisme-seul-secteur-qui-ne-connait-pas-la-crise_3439873_3214.html

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *