Fiche Pays – Slovénie

« Un pays récemment indépendant et profondément européen »

Depuis son accession à l’UE en 2004, la Slovénie s’est attachée à renforcer son ancrage européen et à soigner son image de « bon élève » de l’intégration européenne. Elle a assuré une présidence efficace du Conseil de l’UE au premier semestre 2008.

  • Acquérir plus d’indépendance en intégrant l’Union Européenne

Lors du référendum de 2003 sur l’adhésion dans l’Union européenne 89,66 % des votants se prononcent pour l’adhésion. Soit le même score que le référendum pour l’indépendance du pays en 1990. Ces chiffres montrent bien que la volonté d’indépendance est celle d’appartenir à l’Union européenne sont loin d’être contradictoire, bien au contraire.

En adhérant à l’Union européenne, les slovènes comprennent que pour devenir un Etat qui puisse résister à l’influence des pôles de pouvoirs mondiaux, il est nécessaire de s’allier au niveau européen. L’indépendance face aux États-Unis, face aux marchés internationaux et face aux puissances montantes, passe par l’adhésion à l’Union européenne.

C’est pourquoi les slovènes ne s’arrêtent pas à la simple adhésion à l’Union européenne. En 2007, seulement 4 ans après leur entrée dans l’Union européenne, ils adoptent l’euro. La Slovénie a compris qu’une monnaie nationale faible ne pouvait pas faire le poids dans le monde actuel et que seule une monnaie européenne stable permet d’assurer l’indépendance face aux créanciers.

La Slovénie est favorable au renforcement de la gouvernance économique européenne. Elle a rappelé l’importance de la stabilité financière et fiscale dans l’Union et plaidé en faveur d’une plus grande convergence des politiques économiques et monétaires. A cet égard, la Slovénie a été l’un des premiers Etats à ratifier le pacte budgétaire européen (30 avril 2012). Elle figure également parmi les onze Etats-membres de l’UE favorables à l’introduction de la taxe européenne sur les transactions financières, à compter du 1er janvier 2016.

  • En 2008 : Première Présidence de l’UE pour la Slovénie

Le 1er janvier 2008, la Slovénie a pris la tête de l’Union européenne pour six mois, succédant au Portugal qui a assuré cette fonction au deuxième semestre 2007.

Le futur de l’Union européenne était au premier rang des priorités de la Présidence slovène. La Présidence portugaise s’est achevée par le succès de la négociation et de la signature du traité de Lisbonne réformant les institutions européennes. La mission de Ljubljana était de travailler au bon déroulement du processus de ratification du traité, afin qu’il puisse entrer en vigueur avant les élections du Parlement européen en 2009.

Autre grande priorité, la politique énergétique de l’UE ainsi que son rôle dans la lutte  contre le changement climatique. La Présidence slovène a conduit les négociations sur le nouveau paquet “énergie et climat” qui ont été par la Commission européenne.

Enfin, la Slovénie a défendu le lancement du nouveau cycle de la stratégie de Lisbonne afin de faire adopter les nouvelles lignes directrices pour la croissance et l’emploi pour la période 2008-2010.

  • La Slovénie : le porte-parole européen des pays des Balkans Occidentaux

Premier État de l’ex-Yougoslavie à rejoindre l’Union européenne, la Slovénie a souhaité très tôt endosser le rôle de porte-voix des intérêts des pays des Balkans occidentaux au sein de l’Union européenne. Cet engagement en faveur du rapprochement vers l’UE s’est notamment illustré à travers la relance en 2010 par Ljubljana, du processus d’intégration régionale de Brdo, lancé en 2001, afin d’en faire une enceinte de dialogue de haut niveau sur trois thèmes : la résolution des différends régionaux, les opportunités de développement régional, le soutien à la poursuite de l’élargissement de l’UE. Cette relance a pris la forme d’un premier sommet informel des chefs d’Etat des 8 pays concernés, dont la première édition s’est tenue à Brdo, le 25 juillet 2013, en présence du président de la République.

La Slovénie souhaite donner de nouvelles perspectives européennes aux Balkans occidentaux, en renforçant la coopération régionale dans différents domaines.

  • Ljubljana, nouvelle capitale verte de l’Europe

Pour la première fois, c’est une ville de l’est de l’Union européenne que Bruxelles a décidé cette année de récompenser pour ses efforts en matière de développement durable. Ljubljana a été désignée « Capitale verte de l’Europe pour 2016 ». Elle était en compétition dans la dernière ligne droite avec Essen en Allemagne, Nimègue aux Pays-Bas, Oslo en Norvège, Umea en Suède. Douze villes avaient au départ postulé pour décrocher ce titre.

Alors qu’elle tendait de plus en plus à être dominée par la voiture, la capitale slovène s’est donné les moyens de renverser cette tendance en restreignant la circulation automobile et en donnant la priorité aux transports en commun, aux cyclistes et aux piétons. Le centre-ville a été fermé au trafic et de nombreuses pistes cyclables et de voies piétonnes ont été développées. Le réseau de transports en commun a été fortement renforcé. Et depuis 2011, un service de vélos partagés, « BicikelJ », est proposé, lequel rencontre un succès croissant.

Ljubljana cherche aussi à promouvoir l’usage des voitures propres, électriques et au gaz. D’ici à 2020, 1 400 bornes de recharge électrique doivent être installées et des stations-service de gaz naturel seront ouvertes. La ville s’est elle-même engagée à renouveler sa propre flotte de véhicules, pour qu’elle roule au gaz naturel. Et 50 % des bus circulant dans la ville seront des bus électriques ou au gaz naturel.

La capitale slovène s’est également attachée à améliorer sa gestion des déchets. Si son système de tri sélectif a été renforcé, il lui reste néanmoins encore à développer des infrastructures de traitement performantes.

  • La Slovénie : porte d’entrée de l’Europe pour les migrants

Depuis 2015, la Slovénie est le nouvel épicentre du transit des migrants de l’Europe de l’Est vers l’Europe du Nord. La Slovénie, dépassée le flux de migrant a demandé de l’aide à l’EU. Le 22 novembre 2015, Plus de 12 500 personnes sont arrivées en Slovénie en moins de 24h : un record qui dépasse même ceux enregistrés en Hongrie au plus fort de la crise.

Ce petit pays de 2 millions d’habitants de l’espace Schengen est devenu un point de passage obligé pour tous ceux en route pour l’Autriche et l’Europe occidentale depuis que la Hongrie a fermé sa frontière avec la Croatie.

1- Introduction :

Situé entre la Croatie, l’Autriche et l’Italie, le territoire de cette république alpine, qui effleure les rives de la Méditerranée sur une mince bande côtière à Koper, s’étend sur 20 273 km².

Le pays se caractérise par une très grande biodiversité. La forêt (63, 3 %), qui couvre la moitié du pays, abrite un grand nombre d’espèces. Quarante-six kilomètres de côtes longent la mer Adriatique. Le plateau du Karst, par ses formations calcaires érosives spectaculaires et variées, a fait la célébrité géographique de la région.

Ex-république yougoslave, peu peuplée (deux millions d’habitants), la Slovénie est devenue membre de l’Union européenne et de l’Alliance atlantique en 2004, puis membre de la zone euro en 2007. La Slovénie s’est rapidement affirmée comme l’un des pays les plus aptes à rejoindre l’Union européenne, mais elle dût attendre l’entrée groupée de dix pays pour en faire partie.

Très tôt, la jeune République slovène a aussi cherché à obtenir une large reconnaissance internationale. En 1993, elle adhère à la Banque Mondiale, au FMI et au Conseil de l’Europe. Le pays devient membre du GATT en 1994, puis de l’ONU et de la Conférence pour la Sécurité et la Coopération en Europe (CSCE) en 2015.

Discrète, elle a récemment fait parler d’elle à deux reprises. D’abord, quand elle a subi une récession, les indicateurs économiques étant alors mauvais : déficit budgétaire, endettement, nécessaire recapitalisation des banques. Ensuite, depuis 2015, à cause de l’afflux massif d’émigrés dans les Balkans occidentaux en provenance de Syrie.

Comment la Slovénie a-t-elle construit son indépendance ?

2- Évaluation des risques politiques :

  • Stabilité du gouvernement et des institutions :

La chute de l’URSS en 1991 a entraîné l’apparition de 15 républiques indépendantes dont la Slovénie. Juste après la chute une instabilité politique s’est créée car le système politique de l’URSS s’est effondré d’où la nécessité de développer un modèle politique pour être autonome. Actuellement la Slovénie se traduit par un morcellement du paysage politique. Après quatre années passées au pouvoir, Janez Jansa (qui appartient au parti LDS ou Démocratie Libérale Slovène) est remplacé par Borut Pahor qui fait partie des sociaux-démocrates, grâce à une alliance de centre-gauche dont la LDS fait partie. Jansa reprendra le pouvoir jusqu’en 2013 : il est remplacé en février 2013 par Alenka Bratusek qui devient ainsi la première femme à diriger la Slovénie.

La Slovénie est une démocratie parlementaire multipartite. La Constitution de 1991 établit le vote au suffrage universel pour tous les Slovènes âgés de plus de 18 ans, la liberté de culte et la liberté de la presse. Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel et le Premier Ministre est élu pour quatre ans par l’Assemblée Nationale. Le gouvernement est en charge du pouvoir exécutif. L’Assemblée Nationale est composée de 90 députés qui ont un mandat de quatre ans : ces derniers doivent rédiger et voter les lois. Le Parlement slovène exerce le pouvoir législatif, il comprend un Conseil National composé de 40 membres ayant un mandat de quatre ans : ces membres ont pour fonction de proposer des lois et de demander le réexamen d’une loi.

La future élection présidentielle aura lieu en décembre 2017. Le Président sortant se présente à sa propre succession.

  • Conditions socio-économiques :

Selon l’OCDE la Slovénie a été un pays durement touché par la crise économique et financière de 2007 car l’économie slovène était assez florissante juste avant l’arrivée de la crise. Cependant l’OCDE montre que le pays peut se remettre de la crise si elle prend les mesures appropriées. La Slovénie est caractérisée par une petite économie ouverte dans la zone euro : l’OCDE lui conseille de rééquilibrer son économie pour redevenir compétitive rapidement. La Slovénie a essayé de mettre en application ces conseils dans une réforme des retraites pour améliorer la situation budgétaire et stimuler la main d’œuvre. L’OCDE préconise aussi à la Slovénie un assainissement durable de ses finances publiques pour maintenir le développement des échanges et la confiance des investisseurs, d’allouer plus de ressources dans l’éducation et l’enseignement supérieur, et des mesures pour favoriser la circulation des Investissements Directs à l’Etranger (IDE).

  • Les conflits internes :

Dans le pays a eu lieu un conflit interne d’une grande ampleur appelé la guerre d’indépendance de la Slovénie (ou guerre des dix jours) en 1991. Ce conflit a opposé la Yougoslavie et la Slovénie pour l’indépendance de cette dernière. Le gouvernement slovène voulait se détacher de l’emprise du pouvoir central yougoslave incarné par Tito : il savait que la Yougoslavie n’accepterait pas l’indépendance slovène donc il a usé la force au moyen d’un conflit militaire. Le 25 juin 1991 la Slovénie déclare son indépendance et s’en suit une guerre de 10 jours. Les mouvements de troupes commencent le 27 juin : au soir de cette date, la majorité des postes frontières étaient sous contrôle yougoslave. Le ministre de la défense slovène ordonne aux troupes d’attaquer partout où elles ont un avantage. Les forces yougoslaves perdent du terrain, et font face à la désertion de slovènes qui étaient dans leur camp. Le 29 juin 1991, l’aéroport est repris et plusieurs chars sont mis à profit par l’armée slovène. La guerre continue les jours suivants. Plusieurs unités yougoslaves abdiquent : le 2 juillet 1991, les slovènes annoncent un cessez-le-feu unilatéral. Du 3 au 6 juillet 1991, les slovènes reprennent possession des postes frontières. Le 7 juillet 1991 les accords de Brioni entre la Slovénie, la Croatie et la Yougoslavie mettent fin au conflit : se déclenche le processus d’indépendance de la Slovénie. Le bilan pour les troupes slovènes fait état de 18 soldats tués et de plus de 180 blessés.

  • Les pressions ethniques :

La grande partie de la population est de nationalité slovène. Les groupes ethniques présents en Slovénie sont les slovènes (83,1 %), les serbes (2 %), les croates (1,8 %), les bosniaques (1,1 %), d’autres ethnies (12 %), et des minorités hongroises et italiennes représentant 0.5%, selon un recensement datant d’une dizaine d’années.
La Slovénie se caractérise par une migration et une composition culturelle. Les populations hongroises et italiennes vivant sur le territoire se voient accorder un statut de minorité autochtone par la Constitution slovène, et on trouve également des groupes de populations provenant de la Yougoslavie qui ont décidé de fuir cette dernière à la suite de la seconde guerre mondiale pour des raisons économiques et politiques.

La Slovénie se caractérise par le phénomène des « effacés » de 1986 : environ 18000 yougoslaves ont été retirés du registre national pour être transférés sur celui des étrangers car ils n’avaient pas rempli les conditions de demande d’obtention de la nationalité slovène dans les six mois (on a appelé ces individus les « effacés » ou les « radiés »).

En 2003, la Cour constitutionnelle a ordonné au gouvernement d’effectuer une régularisation de 20000 personnes radiées. Cela a aggravée les pressions ethniques liée à l’acceptation d’intégrer les groupes Balkans au sein de leur territoire. Cette “affaire des effacés” a provoqué une réaction très houleuse de la communauté serbe et des communistes.

Les tensions sont devenues plus fortes suite à un débat portant sur la construction d’une mosquée à Ljubljana : la communauté musulmane a eu un discours assez hostile.

Se pose aussi la problématique des roms : en 2006 un village près de la capitale slovène s’est révolté contre une famille de roms qui s’était installée sur cette terre.

  • Les conflits externes et pays voisins entraînant un risque potentiel :

La Slovénie entretient des relations tendues avec la Serbie à la suite de l’éclatement de l’URSS. Cependant on peut noter des tentatives de rapprochement entre ces deux pays sur les plans économiques et politiques pour résoudre les litiges qui les opposent. Le gouvernement slovène n’hésite pas à appuyer la voie européenne de la Serbie pour amener à la stabilité dans la région. Les deux pays essayent aussi de coopérer dans les domaines de l’éducation, de la culture et des sciences. La Slovénie se caractérise aussi par un différend frontalier avec la Croatie qui freine les négociations pour l’adhésion de la Croatie dans l’Union Européenne. En 2010 le parlement slovène a ratifié un accord entre les gouvernements slovènes et croates dans l’objectif de dessiner un nouveau tracé de la frontière entre ces deux pays.

  • Le niveau de corruption :

L’indice de Corruption et de Perception (IPC) augmente de façon constante en Slovénie, ce qui traduit les difficultés du pays à faire face à la corruption. En 2002 l’indice était de 5.50 et il a atteint 6.40 en 2006. En 2010 l’indice de corruption et de perception s’élevait à 6.4. On constate entre 2006 et 2010 un indice qui stagne mais la Slovénie n’arrive pas à le réduire. La corruption augmente entre 2010 et 2012 et il y a des manifestations de la part du peuple pour lutter contre ce phénomène. Le 27 avril 2013 environ un millier de slovènes sont descendus dans le centre de Ljubljana pour protester contre la politique menée face à la corruption et à l’austérité. La corruption est présente dans les sphères les plus hautes de l’Etat car l’ancien premier ministre, Janez Jansa (2004-2008), a été condamné à deux ans de prison ferme pour corruption dans le cadre du « procès Patria » (le procès Patria avait pour mission de juger un contrat d’armement douteux de chars finlandais de l’ordre de 270 millions d’euros).

  • Les conditions de sécurité dans le pays liées à la criminalité et au terrorisme :

La Slovénie condamne le terrorisme et elle est un acteur actif : elle suit les recommandations des Nations Unies en matière de terrorisme. Ces dernières années elle a été épargnée par des actes terroristes mais elle a adopté un ensemble de mesures visant à lutter contre le terrorisme et son financement. Elle a prévu la loi sur la prévention du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme (LBCFT), inscrite dans le code pénal slovène. En novembre 2011 le pays a signé la convention internationale pour la suppression du financement du terrorisme. L’Assemblée Nationale slovène a adopté la Déclaration relative à la lutte commune contre le terrorisme et en avril 2010 le parlement slovène a mis en place une stratégie de sécurité nationale. De plus la Slovénie applique l’arsenal juridique de l’UE relatif à la prévention et à la lutte face au terrorisme. En matière de procédure la Slovénie n’a pas de dispositions légales spéciales donc elle applique les dispositions du Code de procédure pénale (mesures de surveillance secrète, protection des témoins, mesures restrictives).

3- Évaluation des risques économiques et financiers :

La Slovénie constitue un marché ouvert, les opérateurs économiques ayant eu de longue date l’habitude de commercer avec les pays voisins, que ce soit avec les autres Républiques de l’ex-Yougoslavie ou avec l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie, ses trois principaux partenaires. Plus de 50% du PIB est exporté dans l’Union Européenne, en particulier des produits industriels provenant des secteurs de l’automobile, de l’électronique, de la pharmacie et de l’électroménager. Son tissu de PME performantes est reconnu pour ses capacités d’innovation et de réactivité et son respect de l’environnement. Plateforme entre l’Europe occidentale et la région du Sud-Est de l’Europe, la Slovénie, dont le PIB est supérieur à ceux de la Croatie, de la Serbie et de la Bulgarie, est le second pays étranger investisseur dans les Balkans.

Après une brutale récession consécutive à l’explosion de la bulle d’actifs survenue en 2008 et ayant entrainé une contraction du PIB en volume de 10% entre 2009 et 2013, l’économie slovène a enregistré un net rebond à partir de 2014, qui s’est poursuivie en 2015 et 2016, quoiqu’à un rythme moins soutenu. Les prévisions slovènes prévoient pour 2017 et 2018 une croissance annuelle de respectivement 3,6 % et 3,2%%. Ces évolutions favorables ont facilité la consolidation budgétaire et contribué à la révision à la hausse de la notation de la dette souveraine de la Slovénie.

A moyen terme, les projets d’infrastructure – énergétiques, ferroviaires, de centres régionaux de traitement des eaux usées et des déchets, cofinancés par les fonds européens, rendront encore plus attrayant le marché slovène.

Selon l’OCDE la Slovénie a été un pays durement touché par la crise économique et financière de 2007 car l’économie slovène était assez florissante juste avant l’arrivée de la crise. Cependant l’OCDE a montré que le pays pouvait se remettre de la crise si elle prenait les mesures appropriées. La Slovénie est caractérisée par une petite économie ouverte dans la zone euro : l’OCDE lui a donc conseillé de rééquilibrer son économie pour redevenir compétitive rapidement. La Slovénie a essayé de mettre en application ces conseils dans une réforme des retraites pour améliorer la situation budgétaire et stimuler la main d’œuvre. L’OCDE a aussi préconisé à la Slovénie un assainissement durable de ses finances publiques pour maintenir le développement des échanges et la confiance des investisseurs, d’allouer plus de ressources dans l’éducation et l’enseignement supérieur, et des mesures pour favoriser la circulation des Investissements Directs à l’Etranger (IDE).

Les principaux indicateurs :

  • PIB par habitant : En 2015 le PIB par habitant de la Slovénie était de 18 679 €. Il est en constante augmentation depuis 2010. Dans l’ensemble la Slovénie présente un PIB par habitant plus élevé que ceux des pays d’Europe Centrale ou de celui du Portugal ce qui traduit une économie slovène moins touchée que d’autres économies européennes, malgré quelques points faibles.
  • Taux de croissance du PIB : En 2016, le PIB s’élevait à 40,4 MM€, soit une augmentation de 2,5%. En 2012 après deux années consécutives de croissance, le PIB slovène avait connu une baisse de croissance de 2.3%, expliquée en partie par une hausse du chômage entre 2010 et 2012 (le taux de chômage est passé de 7,3% en 2010 à 10% en 2012).
  • Taux d’inflation annuel : Le taux d’inflation annuel en Slovénie n’a cessé d’augmenter entre 2009 et 2013 : il est passé de 0,9% du PIB en 2009 à 2.6% du PIB en 2012. En 2015 il a connu une diminution de 0,8% et en 2016 de 0,2%.
  • Le solde budgétaire (en % du PIB) : En 2012 la Slovénie présentait un déficit budgétaire de l’ordre de 4.6% du PIB. En 2011 son déficit public a atteint 6.4% du PIB. Selon certaines perspectives, le déficit public devrait s’élever à 4.2% du PIB ce qui montrerait une légère baisse du déficit donc des efforts consentis par l’Etat slovène pour équilibrer ses comptes.
  • Le solde courant (en % du PIB): Le solde courant a baissé ces dernières années en Slovénie mais il reste toujours négatif. En 2009 il s’élevait à 1,3% du PIB, en 2010 il atteignait -0.8% du PIB, en 2011 sa valeur était de -0.5% du PIB. Enfin en 2012 le solde courant a encore baissé mais dans une proportion extrêmement moindre puisqu’il a atteint -0.4% du PIB.
  • La dette externe (en % du PIB): La dette externe est le point faible majeur de la Slovénie. En 2014, elle atteignait 115% du PIB ce qui s’explique par une profonde crise bancaire. La fragilité des acteurs économiques est élevée mais l’appartenance de la Slovénie à la Zone Euro peut lui permettre de faire face à ces difficultés. La Slovénie doit prendre des mesures pour stabiliser ses finances publiques, remettre à plat le système bancaire, et engager des réformes de structure. Aujourd’hui elle est s’élève à 83,2% du PIB.
  • Le solde commercial : En 2012 la balance commerciale slovène représentait 5% du PIB du pays. En 2011 elle était proche de 0% du PIB. On peut noter globalement une chute de la balance commerciale de l’ordre de 10% du PIB entre 1990 et 2012 : en 1990 la balance commerciale représentait environ 14% du PIB.
  • Taux de chômage : 7,1% en 2016

4- Évaluation des risques environnementaux et géographiques :

  • Risques sismiques et géologiques :

La Slovénie voit ses régions touristiques les plus affectées par des risques sismiques. Elle souffre des montées de la plaque africaine et des poussées de la plaque adriatique. La capitale, la région de Posocje et les Alpes slovènes sont principalement touchées par ces phénomènes sismiques. La Slovénie a connu des dégâts matériels et environnementaux considérables en 1998 et en 2004.

  • Risques sanitaires et épidémiques :

On distingue d’abord les maladies transmises par l’eau et la nourriture : dans cette catégorie on peut trouver en Slovénie des risques liés à la diarrhée du voyageur, à la typhoïde et à l’hépatite A. On distingue dans un second temps les maladies transmises par les piqures d’insectes et d’arthropodes : dans cette catégorie se développent notamment en Slovénie la maladie virale par la morsure de tique, ou encore la maladie de Lyme. On distingue les maladies transmises par contact avec des animaux : on trouve en Slovénie des risques liés à la rage et à la grippe aviaire H5N1. Puis on distingue les maladies transmises par voie sexuelle ou par voie sanguine : on retrouve ici l’hépatite B. Enfin on distingue d’autres maladies à caractère épidémique en Slovénie : on trouve notamment la rougeole.

5- Évaluation du hard power :

  • Pouvoir militaire réel :

La Slovénie se caractérise par la présence des formes armées slovènes. En 2013 l’armée slovène compte 9056 militaires (7573 hommes et 1583 réservistes). Cette armée se subdivise en trois branches : l’armée de terre slovène, l’armée de l’air slovène, et la marine slovène. L’armée bénéficiait d’un budget de 550 millions d’euros en 2007 (1.6% du PIB). Aujourd’hui un projet est en cours pour réorganiser dans son ensemble les forces armées slovènes pour les transformer d’une force de défense territoriale en force déployées majoritairement pour des opérations de maintien de la paix. Auparavant les forces armées slovènes faisaient l’objet d’un service militaire obligatoire : en 2003 le gouvernement a aboli cette conscription et les forces armées slovènes sont donc réorganisées en une armée professionnelle basée uniquement sur des volontaires. Actuellement le ministre de la défense slovène s’appelle Ljubica Jelusic et le chef d’état-major se nomme Alojz Steiner.

  • Poids du pays dans les institutions internationales :

La Slovénie est membre de l’Union Européenne depuis le 1er mai 2004, elle a rejoint par la suite la zone euro et elle fait partie de l’espace Schengen depuis 2007. Au niveau international la Slovénie s’est retrouvée en première ligne car au premier semestre de l’année 2008 elle a tenu la présidence tournante de l’Union Européenne ce qui lui a conféré d’importantes responsabilités. En mars 2003 elle fait l’objet d’un référendum pour son adhésion à l’OTAN, qu’elle rejoint le 29 mars 2004. D’autre part la Slovénie fait partie des 193 membres de l’Organisation des Nations Unies (ONU) : elle a rejoint l’institution le 22 mai 1992. Enfin la Slovénie constitue un membre fondateur de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) en raison de son économie performante et de son régime démocratique stable.

Soucieuse de contribuer à la stabilité de la région, la Slovénie participe depuis les anées 1990 aux opérations de maintien de la paix menées par l’OTAN dans les Balkans.Aujourd’hui, elle fournit 60 hommes à la KFOR qu’elle considère comme sa priorité (auxquels s’ajoutent une cinquantaine d’hommes au titre de la mission européenne EUOFOR, en Bosnie. Sur la question du Kosovo, les Slovènes soutiennent le plan Ahtissari qui prévoit l’indépendance de la province,mais ils souhaitent conditionner cette indépendance à une adhésion simultanée du Kosovo,de la Serbie et du Montenegro à l’Union Européenne.

  • Technologie et innovation :

Les atouts de la Slovénie sont ses universités et sa production scientifique en matière d’articles scientifiques rédigés et publiés par million d’habitants. La Slovénie se caractérise par la présence de talents et de potentiels scientifiques considérables : ce pays est doté d’une culture de la recherche. Pour contribuer à l’innovation et à la R&D, la Slovénie n’hésite pas à utiliser des subventions, des incitations fiscales, des fonds propres, des investissements spécialisés dans la recherche, et des garanties d’emprunt. Le pays est très performant dans les technologies émergentes : la Slovénie excelle dans les nanotechnologies, les sciences de la vie et de la santé, les procédés de fabrication et l’utilisation efficace et efficiente de l’énergie. Enfin la Slovénie n’hésite pas à développer l’innovation verte.

6- Évaluation du soft power

  • Reconnaissance médiatique et culturelle :

La Slovénie est connue médiatiquement pour avoir présidé l’Union Européenne en 2008 et pour la problématique des Balkans. A ce propos le président de la République française, François Hollande, s’est rendu en 2013 en Slovénie pour envoyer un message d’ouverture à l’intention des Balkans. Il expliquait aux dirigeants serbes, macédoniens, bosniaques, albanais, monténégrins, et slovènes, que l’ouverture de l’UE vers les Balkans ne devait pas s’arrêter aux portes de la Croatie.

La Slovénie est également connue pour ses traits culturels et son patrimoine. Le protée est un symbole fort en Slovénie, le pays possède de nombreuses grottes abritant cet animal (le protée est une espèce d’urodèles, de la famille des proteidae) : on trouve cette espèce notamment dans la grotte de Postojna et dans les grottes de Škocjan. Le protée était représenté sur la pièce de 10 centimes de tolar, entre 1991 et 2006. En 2007 la Slovénie a adopté l’euro comme monnaie et les pièces en euro se caractérisent aujourd’hui par l’inscription d’autres symboles. La Slovénie est connue aussi pour sa plus ancienne revue de vulgarisation scientifique : elle se nommait Proteus et elle a été publiée pour la première fois en 1933. D’autre part la Slovénie détient un certain patrimoine en raison de la présence de certains monuments qui font la richesse du pays. On trouve le château de Ljubljana : c’est un édifice médiéval dont la première mention date de 1144. Après avoir eu différentes fonctions, le château est acheté par la capitale en 1905. On peut trouver la cathédrale Saint-Nicolas de Ljubljana et le pont des Dragons à Ljubljana (construit entre 1900 et 1901). Enfin la Slovénie est également connue dans le domaine du sport. Le ski alpin est le sport le plus populaire mais la Slovénie a développé aussi des équipes dans le football, le basket-ball, le cyclisme, le hockey sur glace, et dans le tennis.

  • Vecteurs d’influence :

Depuis son indépendance de la Yougoslavie le cinéma slovène est en pleine expansion. On peut citer le film No Man’s Land en 2001, tourné en Slovénie, qui fait référence aux différentes guerres qu’à connu le pays dans les années 1990 (ex : guerre d’indépendance de la Slovénie) : ce film a été récompensé par la palme du meilleur scénario au Festival de Cannes en 2001 mais aussi par l’Oscar du meilleur film étranger en 2002. Parmi les réalisateurs célèbres du pays on peut citer Jan Cvitkovic et Damjane Kozole. Depuis l’indépendance, les journaux se sont multipliés car on en compte aujourd’hui plus de 700 : le plus important est Delo. Selon un classement effectué en 2007, la Slovénie se situait au 21ème rang mondial au niveau de la liberté de la presse (données de Reporters sans frontières). De plus la Slovénie compte 81 chaînes de radio dont 8 sont publiques (elles appartiennent au groupe RTV Slovenija qui est financé par l’Etat slovène) et 73 sont privées. Enfin en matière de diaspora on trouve la diaspora serbe en Slovénie. Les Serbes en Slovénie constituent un groupe ethnique vivant sur le territoire slovène. Selon un recensement de 2002 ils correspondaient à environ 2% de la population totale slovène, ce qui en fait le deuxième groupe ethnique le plus important derrière les slovènes. Les serbes se concentrent essentiellement dans des quartiers de Ljubljana (17 486 serbes sont présents dans la capitale). Par ailleurs le maire de la capitale slovène, Zoran Jankovic, est né en Serbie et il possède donc la double nationalité (serbe et slovène).

  • ONG :

On trouve des ONG pour la défense du droit des enfants comme le bureau slovène de l’UNICEF : l’indice de concrétisation des droits de l’enfant s’élève à 8.44/10 en Slovénie ce qui démontre que les droits de l’enfant sont globalement bien respectés. D’autre part certaines ONG sont sensibilisées dans la cause environnementale. En 2005 23 ONG ont proposé un projet de loi au ministre slovène de l’environnement de l’époque (Janez Podobnik) concernant le parc national de Triglav (le plus haut sommet de Slovénie).

7- Conclusion générale :

Pour conclure on peut dire que la Slovénie a réussi sa transition économique et politique après l’effondrement de l’URSS en 1991. Le pouvoir politique est basé sur des institutions solides et structurées, et l’économie slovène arrive à se remettre doucement mais surement de la crise économique et financière de 2007 : la croissance peut repartir dans un avenir plus ou moins proche et la Slovénie présente un PIB par habitant des plus élevés par rapport à ceux de l’Europe Centrale et à celui du Portugal. De plus la Slovénie tente de développer un modèle de croissance efficace et efficient tout en mettant l’accent sur la réduction de son déficit public. Cependant on peut voir que l’économie slovène présente encore des déséquilibres et des failles qui peuvent l’amener, à l’avenir, à modifier sa stratégie : en effet le taux d’inflation annuel en hausse et le poids colossal de la dette externe sont autant d’éléments importants à prendre en compte et à résoudre. De plus on note que l’économie slovène n’est pas encore devenue un modèle parfait (ex : augmentation constante ces dernières années de la corruption) mais elle peut compter sur son potentiel dans les technologies et les innovations, qui est de très bonne qualité. En matière militaire et juridique la Slovénie est performante car elle applique à la lettre ses règles nationales, mais aussi les règles dictées par les autres instances internationales, pour la lutte contre le terrorisme.

D’autre part on peut affirmer que la Slovénie présente des opportunités de croissance et de développement à l’international. Elle bénéficie d’un soft power important car depuis la chute de l’URSS la Slovénie s’est fortement développée dans le domaine culturel à travers le cinéma, le théâtre, les médias (journaux, télévision, radios) et dans le domaine des arts et des spectacles. Cependant on peut noter quelques menaces pesant sur l’Etat Slovène. En effet la guerre d’indépendance de la Slovénie a laissé des traces d’un point de vue historique et au niveau des relations avec ses pays voisins car le pays entretient des relations difficiles (mais qui tendent à s’améliorer) avec la Serbie et la Croatie. La communauté serbe est virulente et des tensions sont toujours vives malgré des relations un peu meilleures.

Ainsi se posent deux défis principaux pour la Slovénie à l’avenir : relancer la croissance économique (et réduire le déficit public) et résoudre les problèmes ethniques. Le dernier défi cité constituait aussi l’un des défis majeurs de la Slovénie suite à son indépendance.

Références :

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https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/slovenie/presentation-de-la-slovenie/

https://www.touteleurope.eu/pays/slovenie.html

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http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/10/22/depassee-par-l-afflux-de-migrants-la-slovenie-sollicite-l-aide-de-l-union-europeenne_4795176_3214.html

http://www.slovenie.fr/politique/institutions.html

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http://www.histoire-et-actualite.fr/commemoration-de-la-semaine/il-20-ans-la-guerre- dindependance-de-la-slovenie-640.html

http://www.rfi.fr/contenu/slovenie-2-ans-prison-ferme-corruption-ancien-premier-ministre-janez-jansa-le-proces-patria

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http://www.humanium.org/fr/slovenie/

http://www.cipra.org/fr/alpmedia/nouveautes-fr/1682

http://europa.eu/legislation_summaries/enlargement/2004_and_2007_enlargement/slovenia/e22110_fr.htm

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