Citation emblématique d’Immanuel Wallerstein :

« Le capitalisme, depuis sa naissance dans la seconde moitié du XVIe siècle, se nourrit du différentiel de richesse entre un centre, où convergent les profits, et des périphéries (pas forcément géographiques) de plus en plus appauvries ».

Tirée d’une interview accordée à Le Monde le 11 octobre 2008 au sujet de la crise économique, du capitalisme et des différentes perspectives en lien avec ce sujet.

CV d’Immanuel Wallerstein :

Immanuel Wallerstein est un sociologue et historien américain né le 28 septembre 1930 à New York. Il est chercheur senior à l’Université de Yale. Il a fait ses études à l’université Columbia, où il obtient une licence en 1951, une maîtrise en 1954 et un doctorat en philosophie en 1959. Il travailla ensuite comme maître de conférences jusqu’en 1971, date à laquelle il devient professeur de sociologie à l’Université McGill à Montréal. À partir de 1976, il travailla comme professeur de sociologie à l’Université de Binghamton (SUNY).

Il a fondé et dirigé pendant 29 ans le centre Fernand Braudel pour l’étude des économies, des systèmes historiques et des civilisations à l’Université de Binghamton. Il reçut de nombreuses récompenses et occupa par intermittence le poste de Directeur d’études associé à l’École des hautes études en sciences sociales de Paris. Il fut également le président de l’Association internationale de sociologie entre 1994 et 1998.Il débuta sa carrière en tant qu’expert des affaires post-coloniales africaines, la vaste majorité de ses travaux étant entièrement dédiée à ce sujet jusqu’au début des années 70, lorsqu’il commença à se distinguer comme historien et théoricien de l’économie mondiale capitaliste au niveau macroscopique. Sa très précoce critique du capitalisme mondial a fait de lui l’éminence grise du mouvement altermondialiste.

Bibliographie d’Immanuel Wallerstein  :

Wallerstein est l’auteur de nombreux ouvrages, la plus importante s’intitule ”The Modern World-System”, il parut en trois volumes en 1974, 1980 et 1989.

  • The Modern World-System I: Capitalist Agriculture and the Origins of the European World-Economy in the Sixteenth Century, Academic Press Inc.; 1st edition (1974)
  • The Modern World-System II: Mercantilism and the Consolidation of the European World-Economy, 1600-1750, Emerald Group Publishing Limited (June 28, 1980)
  • The Modern World-System, vol. III: The Second Great Expansion of the Capitalist World-Economy, 1730-1840’s.,Academic Press (1989)

Les axes de recherche d’Immanuel Wallerstein :

Wallerstein rejette la notion de « Tiers-Monde » et affirme qu’il n’existe qu’un seul monde connecté par un réseau complexe de relations d’échanges économiques. Pour lui, il s’agit d’une « économie-monde», ou «système-monde». Nous donnerons les définitions de ces termes ci-après.
Pour cela, il s’inspire de trois principaux courants intellectuels :
– Karl Marx (1818-1883), dont il reprend la prise en compte de l’importante première des facteurs économiques et de leur dominance sur les facteurs idéologiques dans la détermination des politiques mondiales.
– Fernand Braudel (1902-1985), est un historien français. Dans son ouvrage La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II (publié en 1949), il expliqua le développement des grands réseaux d’échanges économiques dans les empires de l’époque modernes mais aussi leurs implications politiques.
– La Théorie de la dépendance avec ses concepts de « centre », de « périphérie » et de « semi-périphérie » ainsi que ses propres travaux sur l’Afrique post coloniale et ses théories traitant du problème des pays en voie de développement.

Wallerstein utilise un vocabulaire qui lui est propre c’est pour cela que nous avons jugé nécessaire de donner certaines définitions. (Source de ces définitions: Comprendre le monde, Introduction à l’analyse des systèmes-monde, Immanuel Wallerstein traduit de l’anglais par Camille Horsey).
Système : ensemble connecté doté de règles internes et inscrits dans une certaine durée.
Système-monde moderne : c’est le système monde dans lequel nous vivons actuellement, dont les origines remontent au XVIe siècle en Europe et en Amérique. Le système monde moderne est une économie-monde capitaliste.
Economie-monde capitaliste : la thèse du livre est qu’une économie-monde est nécessairement capitaliste et que le capitalisme ne peut exister que dans le cadre d’une économie-monde. Le système monde moderne est donc une économie-monde capitaliste.
Economie-monde/système-monde : ces deux termes sont liés. Un système monde n’est pas le système du monde mais un système qui constitue un monde et qui peut occuper, comme cela à été le plus souvent le cas, une zone plus réduite que la totalité du globe. Selon les analystes des systèmes monde, les unités de la réalité sociale au sein desquelles nous agissons et qui nous imposent leurs règles sont pour la plupart de tels systèmes-monde. Dans l’analyse des système-monde, il n’y a eu jusqu’à présent que deux types de système monde : les économies-monde et les Empires-monde. Un Empire monde (tel que l’empire romain ou la Chine des Han) est une vaste structure bureaucratique dotée d’un centre politique unique et d’une division axiale du travail, mais englobant plusieurs cultures. L’expression « système mondial » suggère par exemple qu’il n’y a eu qu’un système monde dans toute l’histoire mondiale. De même, « économie mondiale » est une expression utilisée par la plupart des économistes pour décrire, non pas un système intégré de production mais les relations commerciales entre les états.

La thèse d’Immanuel Wallerstein :

Le concept du système-monde, a été développé par Wallerstein, en collaboration avec Giovanni Arrighi et Samir Amin. Il affirme que le sous-développement des pays du Sud est dû à leur place dans la structure de l’ordre économique international. Selon lui, vu que les pays sont globalisés, l’économie mondiale se caractérise par le centre, la semi-périphérie et la périphérie. Les grandes puissances constituent le centre de l’économie-monde, et les pays en développement se situant dans la périphérie. Il situe l’origine du « système-monde » moderne dans l’Europe du Nord-Ouest du XVIe siècle.

Selon lui, le « système-monde » capitaliste n’est pas homogène, que ce soit culturellement, politiquement ou économiquement parlant. Il y a de nombreuses inégalités (culturelles, sociales ou encore dans la distribution des richesses et des pouvoirs politiques). Contrairement aux théories en faveur de la mondialisation et du capitalisme, Wallerstein ne conçoit pas ces différences comme de simples irrégularités qui seront effacées à mesure que le système évoluera de façon globale. Selon lui, la division actuelle du monde en centre, semi-périphérie et périphérie est une caractéristique propre du système-mondial. Les régions qui sont à l’écart du « système-monde » sont considérées comme des périphéries. Il y a une division du travail fondamentale et institutionnelle entre le cœur et la périphérie : le cœur a un niveau de développement technique de haut niveau et des produits manufacturés de haute complexité, le rôle de la périphérie se limite à celui d’apporter les matières premières, des produits agricoles et de la main-d’œuvre bon marché aux acteurs en croissance du centre. L’échange économique entre le cœur et la périphérie est donc inégal : la périphérie est obligée de vendre ses produits à bas prix mais doit acheter les produits du centre au prix fort. Cette inégalité, une fois établie, tend à se stabiliser en raison de contraintes quasi-déterministes.

La théorie de Wallerstein a subi de sévères critiques, non seulement de la part des néolibéraux ou des milieux conservateurs, mais également de la part d’historiens qui remirent en doute certaines de ses allégations historiques. Malgré cela, à l’heure actuelle sa théorie intéresse au plus haut point les mouvements altermondialistes.

Exemple de la pensée d’Immanuel Wallerstein :

On pourrait illustrer sa théorie du « système monde » par l’augmentation continuelle de la marchandisation des choses, y compris la main-d’œuvre humaine. Les ressources naturelles, les terres, la main-d’œuvre mais également les relations humaines se font peu à peu arracher leur valeur intrinsèque et sont transformés en marchandises sur un marché qui dicte leur valeur d’échange.

Critique personnelle :

La théorie de Wallerstein nous a permis de comprendre la manière dont le monde actuel fonctionne.

Afin d’illustrer notre critique, nous utiliserons des phénomènes contemporains tels que la mondialisation. Ce phénomène illustre bien sa théorie car ce sont les grandes puissances (en particulier les Etats-Unis) qui jouent un rôle d’une part pour diffuser la mondialisation. Cependant il faut comprendre qu’il faut voir plus loin dans le temps afin de comprendre la raisons de ces phénomènes et non pas se limiter au XXème ou au XXIème siècle.
Pour revenir aux disparités Nord/Sud, nous pensons que la pauvreté et le sous développement des pays de Sud sont dus en grande partie aux décisions prises par les pays du Nord car les pays pauvres sont dépendant économiquement des grandes puissances. Cette dépendance n’est surement pas la seule raison mais elle y contribue grandement.

Cinq mots illustrant sa pensée :

– Système-monde
– Economie monde
– Capitalisme
– Centre/Périphérie
– Dépendance

Annexe :

Sources utilisées :

Comprendre le monde, Introduction à l’analyse des systèmes-monde, Immanuel Wallerstein traduit de l’anglais par Camille Horsey
http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/11/le-capitalisme-touche-a-sa-fin_1105714_1101386.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Immanuel_Wallerstein
http://classiques.uqac.ca/contemporains/WALLERSTEIN_Immanuel/WALLERSTEIN_Immanuel_photo/WALLERSTEIN_Immanuel_photo.html

 

 

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